Industries culturelles Archive

La nouvelle vague de séries policières « scientifiques » des années 2000, et en particulier les franchises CSI, est qualifiée aux États-Unis de « blockbuster TV shows ». Les financements proviennent de différentes sources et il arrive fréquemment qu’une série acquière une double nationalité, car une partie des investisseurs sont d’origine étrangère, ce sont souvent des sociétés de production canadiennes.

Les séries policières « scientifiques » des années 2000 : les franchises « CSI », « NCIS », « Bones » – Amélie FRÉMONT

La nouvelle vague de séries policières « scientifiques » des années 2000, et en particulier les franchises CSI, est qualifiée aux États-Unis de « blockbuster TV shows ». Les financements proviennent de différentes sources et il arrive fréquemment qu’une série acquière une double nationalité, car une partie des investisseurs sont d’origine étrangère, ce sont souvent des sociétés de production canadiennes.

The Wire ( Sur l’écoute en v.f.), l’œuvre majeure de David Simon, est représentative de cette  volonté paradoxale de vouloir être fidèle à la réalité dont elle s’inspire, tout en intégrant des codes fictionnels classiques. Bien que l’ancien journaliste, dans ses entretiens, cherche à distinguer la série de tout ce qui a pu être produit avant à la télévision, celle-ci s’inscrit dans une tradition télévisuelle et s’appuie sur différents genres lui permettant de se construire comme un discours idéologique auprès des téléspectateurs.

« The Wire » : de la série policière à l’échiquier tragique – Pascal LOUGARRE

The Wire ( Sur l’écoute en v.f.), l’œuvre majeure de David Simon, est représentative de cette volonté paradoxale de vouloir être fidèle à la réalité dont elle s’inspire, tout en intégrant des codes fictionnels classiques. Bien que l’ancien journaliste, dans ses entretiens, cherche à distinguer la série de tout ce qui a pu être produit avant à la télévision, celle-ci s’inscrit dans une tradition télévisuelle et s’appuie sur différents genres lui permettant de se construire comme un discours idéologique auprès des téléspectateurs.

La question de l’apport créatif ou artistique a toujours posé problème dans l’analyse des séries télévisées, tant leur production est industrielle, et tant elles résistent à la notion d’auteur, qui a permis aux études du cinéma d’intégrer la culture humaniste. À cet égard, le statut artistique de la série télévisée reste incertain, et même les productions jouissant d'un succès d'estime tendent à disparaître dans un trou noir, une fois sorties de l'antenne.

De qui vient « l’apport créatif » dans la production des séries télévisées ? – David BUXTON

La question de l’apport créatif ou artistique a toujours posé problème dans l’analyse des séries télévisées, tant leur production est industrielle, et tant elles résistent à la notion d’auteur, qui a permis aux études du cinéma d’intégrer la culture humaniste. À cet égard, le statut artistique de la série télévisée reste incertain, et même les productions jouissant d’un succès d’estime tendent à disparaître dans un trou noir, une fois sorties de l’antenne.

À partir de la formule de Borges, « toute la métaphysique n’est qu’une partie de la littérature fantastique », on comprend que celle-ci (ainsi que les récits mythiques de la science-fiction) est la métaphysique de notre époque. Et c’est sans doute une des principales raisons du succès planétaire de Game of Thrones, à savoir son caractère allégorique d’un monde en proie à des querelles intestines, et en attente de la catastrophe qui semblerait imminente (« winter is coming »).

« Game of Thrones » ou les crises de l’empire – Anne-Lise MELQUIOND

À partir de la formule de Borges, « toute la métaphysique n’est qu’une partie de la littérature fantastique », on comprend que celle-ci (ainsi que les récits mythiques de la science-fiction) est la métaphysique de notre époque. Et c’est sans doute une des principales raisons du succès planétaire de Game of Thrones, à savoir son caractère allégorique d’un monde en proie à des querelles intestines, et en attente de la catastrophe qui semblerait imminente (« winter is coming »).

Série feuilletonnante cardinale dans l’histoire des séries, L<em>es Soprano</em> fut comparé à des œuvres appartenant au genre romanesque. Ses deux premières saisons furent projetées et célébrées par le MoMA (<em>The Museum of Modern Art</em>, New York) en février 2001, entrant ainsi dans le panthéon des œuvres d’art de cette institution. Au vu des 71 heures de durée de cette série, peut-on considérer que <em>Les Soprano</em> soit un énorme film, un très long métrage aussi obèse que ses protagonistes ?

« Les Soprano », une œuvre obèse – Aymen GHARBI

Série feuilletonnante cardinale dans l’histoire des séries, Les Soprano fut comparé à des œuvres appartenant au genre romanesque. Ses deux premières saisons furent projetées et célébrées par le MoMA (The Museum of Modern Art, New York) en février 2001, entrant ainsi dans le panthéon des œuvres d’art de cette institution. Au vu des 71 heures de durée de cette série, peut-on considérer que Les Soprano soit un énorme film, un très long métrage aussi obèse que ses protagonistes ?

Cet article propose de revenir sur un autre pan des liens entre femmes et médias : celui de l’histoire, qui se révèle à l’étude très conflictuelle, de l’affirmation des femmes dans les industries de séries télévisées, affirmation qui a pu se faire à la fois via des figures importantes (comme Lucille Ball ou Roseanne Barr), mais aussi par des effets industriels plus ambigus (effets de concurrence, audiences de niche, ciblage des annonceurs).

Création féminine et séries télévisées : discours de subalternes et réappropriations par l’industrie – Céline MORIN

Cet article propose de revenir sur un autre pan des liens entre femmes et médias : celui de l’histoire, qui se révèle à l’étude très conflictuelle, de l’affirmation des femmes dans les industries de séries télévisées, affirmation qui a pu se faire à la fois via des figures importantes (comme Lucille Ball ou Roseanne Barr), mais aussi par des effets industriels plus ambigus (effets de concurrence, audiences de niche, ciblage des annonceurs).

Janvier 2019

 Contenu :

1 Jeux vidéo : ce sera la guerre 

2 Le carton de Fortnite Battle Royal

3 Le marché mondial des jeux vidéo en graphiques

Actualités des industries culturelles et de communication #67, janvier 2019

Janvier 2019

Contenu :

1 Jeux vidéo : ce sera la guerre

2 Le carton de Fortnite Battle Royal

3 Le marché mondial des jeux vidéo en graphiques

Cet article est originalement paru en ligne dans la revue australienne <em>senses of cinema</em> #88 en octobre 2018. Il a été traduit par David Buxton pour la web-revue avec la permission de l'éditeur.

Dans une culture impulsée par le marché et par l’exploitation des données, les films de science-fiction contemporains ont adopté le paradigme du dualisme sécularisé et de l’intelligence artificielle comme la prochaine étape d’évolution. Plutôt que d’offrir la catharsis d’une « esthétique de destruction », ces films apportent de la clôture à nos anxiétés dans leurs fins dystopiques. Si être humain c’est d’être conscient, alors la conscience « artificielle » représente le triomphe évolutionniste de l’humanité.

L’intelligence artificielle (IA) dans le cinéma et la Seconde Venue – Robert ALPERT

Cet article est originalement paru en ligne dans la revue australienne senses of cinema #88 en octobre 2018. Il a été traduit par David Buxton pour la web-revue avec la permission de l’éditeur.

Dans une culture impulsée par le marché et par l’exploitation des données, les films de science-fiction contemporains ont adopté le paradigme du dualisme sécularisé et de l’intelligence artificielle comme la prochaine étape d’évolution. Plutôt que d’offrir la catharsis d’une « esthétique de destruction », ces films apportent de la clôture à nos anxiétés dans leurs fins dystopiques. Si être humain c’est d’être conscient, alors la conscience « artificielle » représente le triomphe évolutionniste de l’humanité.

"True Detective" est une série d’anthologie feuilletonnante. Elle reprend le principe de la série d’anthologie, mais l’étend à une saison entière. L’anthologie acquiert donc la sérialité du feuilleton, mais pour une durée limitée à l’avance. Par conséquent, les personnages, les lieux et l’intrigue ne sont pas les mêmes d’une saison à l’autre et a priori, seul le thème reste commun. L'article part du principe qu’une fiction est fondamentalement composée par trois niveaux : le projet idéologique, l’assemblage (personnages, lieux etc.) qui est la figuration du projet idéologique, et le récit, qui est la mise en mouvement de la figuration de ce même projet. Or, si l’assemblage et le récit changent d’une saison à l’autre, qu’en est-il du projet idéologique ?

« True Detective » : variations sur la crise du mythe patriarcal – Youssef GUETTACHE

« True Detective » est une série d’anthologie feuilletonnante. Elle reprend le principe de la série d’anthologie, mais l’étend à une saison entière. L’anthologie acquiert donc la sérialité du feuilleton, mais pour une durée limitée à l’avance. Par conséquent, les personnages, les lieux et l’intrigue ne sont pas les mêmes d’une saison à l’autre et a priori, seul le thème reste commun. L’article part du principe qu’une fiction est fondamentalement composée par trois niveaux : le projet idéologique, l’assemblage (personnages, lieux etc.) qui est la figuration du projet idéologique, et le récit, qui est la mise en mouvement de la figuration de ce même projet. Or, si l’assemblage et le récit changent d’une saison à l’autre, qu’en est-il du projet idéologique ?

Novembre 2018 - Dans ce numéro spécial Chine, les entrées, parfois légèrement réactualisées, portant sur la Chine de la rubrique "Actualités" depuis le début de la Web-revue.

Actualités des industries culturelles et de communication #66, spécial Chine, novembre 2018

Novembre 2018 – Dans ce numéro spécial Chine, les entrées, parfois légèrement réactualisées, portant sur la Chine de la rubrique « Actualités » depuis le début de la Web-revue.

Michelle Chihara enseigne la littérature américaine contemporaine et la <em>creative writing</em> à Whittier College, une université privée au sud-est de Los Angeles ; elle est aussi responsable des pages économiques de la <em>Los Angeles Review of Books</em>, et auteure de fictions primées. Cet entretien, traduit par David Buxton pour la Web-revue, fut publié sur le site de la Johns Hopkins University Press à l'occasion de la publication de son article « Extreme Hoards : Race, Reality Television & Real Estate Value during the 2008 Financial Crisis » dans la revue <em>Postmodern Culture.</em>  L'approche esquissée ici marie la téléréalité, la conjoncture économique et la culture populaire au sens large.

Crise financière et téléréalité : un entretien avec Michelle CHIHARA

Michelle Chihara enseigne la littérature américaine contemporaine et la creative writing à Whittier College, une université privée au sud-est de Los Angeles ; elle est aussi responsable des pages économiques de la Los Angeles Review of Books, et auteure de fictions primées. Cet entretien, traduit par David Buxton pour la Web-revue, fut publié sur le site de la Johns Hopkins University Press à l’occasion de la publication de son article « Extreme Hoards : Race, Reality Television & Real Estate Value during the 2008 Financial Crisis » dans la revue Postmodern Culture. L’approche esquissée ici marie la téléréalité, la conjoncture économique et la culture populaire au sens large.

Jason Read est philosophe, spécialiste de Marx, Spinoza et Deleuze, qui enseigne à l'université du Maine du Sud à Portland. Depuis 2006, il anime un blog, « unemployed negativity » dans lequel il livre régulièrement ses commentaires sur des livres, des films et des séries. Le texte ci-dessous, posté le 28 juin 2018, n'est donc pas un article à prétention académique, d'où le ton informel. Il contient néanmoins des pistes intéressantes sur l'intégration du marketing dans la scénarisation même du film contemporain. Il a été traduit de l'américain par moi, et validé par Jason Read (David Buxton).

L’accumulation primitive de la préhistoire : sur les films de dinosaures – Jason READ

Jason Read est philosophe, spécialiste de Marx, Spinoza et Deleuze, qui enseigne à l’université du Maine du Sud à Portland. Depuis 2006, il anime un blog, « unemployed negativity » dans lequel il livre régulièrement ses commentaires sur des livres, des films et des séries. Le texte ci-dessous, posté le 28 juin 2018, n’est donc pas un article à prétention académique, d’où le ton informel. Il contient néanmoins des pistes intéressantes sur l’intégration du marketing dans la scénarisation même du film contemporain. Il a été traduit de l’américain par moi, et validé par Jason Read (David Buxton).

Une difficulté en cachant toujours une autre et l’analyse étant interminable comme aimait à le rappeler Freud, il faut revenir à cette critique d'Adorno et Eisler vis-à-vis d’Eisenstein, pourtant « le seul créateur de cinéma d’importance qui soit jusqu’ici entré dans la discussion esthétique ».

Parce qu’une fois de plus, au travers de ce contre-exemple, Adorno en profite pour préciser sa pensée dans un débat sur l’ouvrage The Film Sense d’Eisenstein. Pourquoi, d'après Adorno et Eisler, « les réflexions personnelles d’Eisenstein sur la base des rapports entre le cinéma et la musique n’échappent pas tout à fait au cercle vicieux de la forme de pensée qu’à juste titre il a combattue » ?

La question Eisenstein chez T. W. Adorno et Hans Eisler – Marc HIVER

Une difficulté en cachant toujours une autre et l’analyse étant interminable comme aimait à le rappeler Freud, il faut revenir à cette critique d’Adorno et Eisler vis-à-vis d’Eisenstein, pourtant « le seul créateur de cinéma d’importance qui soit jusqu’ici entré dans la discussion esthétique ».

Parce qu’une fois de plus, au travers de ce contre-exemple, Adorno en profite pour préciser sa pensée dans un débat sur l’ouvrage The Film Sense d’Eisenstein. Pourquoi, d’après Adorno et Eisler, « les réflexions personnelles d’Eisenstein sur la base des rapports entre le cinéma et la musique n’échappent pas tout à fait au cercle vicieux de la forme de pensée qu’à juste titre il a combattue » ?