Conversation avec ChatGPT 5.5 autour d’un cas d’usage sur l’échange humain-machine dans un atelier d’écriture poétique – Marc Hiver
Le cadre général
Le cadre général qui questionne certains universitaires des SHS et même des membres de la Web-revue : ne plus savoir si les articles de leurs collègues ou les mémoires et thèses de leurs étudiants n’ont pas été rédigés par une IA ! Par parenthèse, on n’empêchera pas les dérapages et le seul jugement qui comptera ne deviendra-t-il pas, compte tenu de l’ampleur du phénomène : le texte est-il intéressant scientifiquement ou non ? Et s’il est intéressant, faut-il le noter positivement ? Et s’il apporte une nouveauté… mais alors là je ne veux pas provoquer par anticipation le lecteur de cet essai ! Je reviendrai à la rentrée sur cette question qui dépasse l’IA générative et nous projette dans les agents IA et leur toujours plus grande autonomie comme ces drones ukrainiens qui finissent leur trajectoire, voire la recherche d’une cible (un camion par exemple), guidés par la seule IA.
Notons aussi que désormais les maisons d’édition et les plateformes musicales sont encombrées d’une foultitude de productions générées par l’IA ! Ce qui constitue un vrai problème de discrimination. Des essais traduits par David Buxton pour la Web-revue rappellent aussi les incidences sur l’emploi et l’environnement. Le dernier article -d’un point de vue marxiste- de Jason Read qui figure dans le présent numéro de juillet-aôut 2026, documente assez bien tous les fantasmes et l’idéologie liés à l’IA dans son terreau capitaliste. Et le Pape Léon XIV, en compagnie de Christopher Olah (cofondateur d’Anthropic), signe sa première encyclique (Magnifica humanitas) et alerte sur les dangers d’une l’IA qui ne se mettrait pas au service de l’humanité et tenterait de la remplacer.
Un cas d’usage
Modestement, je mets les mains dans le cambouis et présente donc un nouveau cas d’usage à propos d’un forum de poésie « amateur ». J’ai proposé à une amie qui publie sous le pseudo Prune Fatôme sur le forum constellation-poetique.fr de me confier les échanges qu’elle a entretenus avec ChatGPT 5.5 afin « d’améliorer » un poème intitulé Brise marine. Le forum n’a pas la prétention de mettre en ligne (quoique !) les futurs grands noms de la poésie du 21e siècle, mais d’animer une sorte d’atelier d’écriture entre amateurs de poésie. D’ailleurs cette collègue m’autorise à mettre entre parenthèses la valeur artistique de son poème dans le cadre de ce forum d’écriture poétique « amateur » au profit de la valeur des échanges avec l’IA. Elle choisit de me confier cette conversation autour d’un texte qui relève d’un sous-genre rhétorique dans la tradition poétique classique comme la marine, la pastorale, l’élégie, l’épigraphe, blason, l’ode anacréontique, etc. En l’occurence ici une marine. Car souvent sur les forums amateurs les participants s’essaient à cette nomenclature classique sans prétendre révolutionner le champ poétique (quoique ! ).
Levons d’abord une ambiguïté : Prune fatôme n’a pas demandé à l’IA générative d’écrire le poème à sa place à partir d’un prompt (une requête) comme ces producteurs hollywoodiens qui mobilisaient une équipe et des stars sous la direction d’un réalisateur qui pouvait être révoqué à tout instant. On pense bien sûr à David O’ Selnick pour le film Autant en emporte le vent !
Non. Il s’agit ici d’interpeller l’assistant IA (ChatGPT) comme on s’adresse à un membre lambda du forum et de voir s’il y a un bénéfice : pas, peu ou prou. À cet égard, entre les six versions j’ai surligné en gras les modifications acceptées par l’autrice.
Quel intérêt pour la Web-revue ? : Tester la qualité et la pertinence éventuelle des échanges entre l’autrice (qui reste maîtresse à bord de son texte final [le final cut pour filer la métaphore cinématographique] et la machine « l’outil », l’algorithme. Et d’abord la fluidité de ces conversation. Et cette fluidité, pour ma part, comme pour beaucoup d’autres « clients », me trouble. Quant à cette pertinence de l’échange, je laisse juge le lecteur un tant soit peu amoureux des Lettres.
Une IA appartient à un groupe capitaliste de la Tech : Open AI pour ChatGPT et Anthropic AI pour Claude. Par conséquent l’utilisateur est un client qu’il convient de satisfaire pour le fidéliser : gratuitement, avec un abonnement grand public à 25 euros par mois ou avec un abonnement pro à 200 euros par mois : la qualité de service ne serait optimale que dans la version pro incluant une plus large mémoire allouée (qui présenterait moins d’erreurs voire d’hallucinations !).
Aussi, avant tout échange, on doit d’abord, dans le cadre du profil de l’abonné à une IA, définir un contexte statique (par exemple le référentiel d’une entreprise ou d’un auteur) qui permettra à l’IA de ne pas aller puiser tous azimuts et à l’aveugle dans ses bases de données lors des échanges ; un contexte dynamique se constituera au fil de l’échange ; ensuite confier à l’assistant IA un corpus le + à côté du prompt (des pièces jointes qui peuvent illustrer le contexte statique, dans notre cas des exemples (des poèmes) de la production poétique de l’auteur et du courant où il s’inscrit ; enfin il faut formuler précisément son prompt (un prompt peut comprendre jusqu’à une page ou plus). Ici le prompt sur la critique du poème demande à l’assistant IA une analyse critique sans complaisance et équilibrée pour éviter que l’IA congratule (trop !) son client et le fasse passer pour le poète phare de sa génération !
La conversation entre l’autrice et Claude (anthropic AI)
Prompt de départ de Prune Fatôme :
Faire une analyse critique sans complaisance et sur la base du corpus des mes poèmes précédents de mon texte « Brise marine ». :
BRISE MARINE (poème intégralement créé par l’autrice sans aucune aide de l’IA !)
Une brise marine
embrumait le rivage
et les pins maritimes
floutant le paysage
balançaient en leurs cimes
les oiseaux de passage.
Je marchais sur la grève
en mesurant mes pas
avec au bout des lèvres
et malgré le noroît
au gré de l’heure brève
un air léger et frais.
Passé outre ma vie,
ses souvenirs agrestes,
mon regard se ravit
dans un mouvement preste
de nourrir une envie,
éternel palimpseste.
Et voilà que la mer
bouillonne sur la terre
qu’une écume l’enserre
et lui fait la misère
dont je me désespère
en fixant un amer.
Le crachin qui crachine
sur la dune mouvante
édulcore et serine
à moins que je ne mente
au loin la brigantine
en proie à la tourmente.
Appréciation globale de ChatGPT :
Le poème s’inscrit dans la tradition du paysage méditatif : une promenade sur le littoral devient le support d’une réflexion discrète sur le temps, la mémoire et le rapport du sujet au monde. L’ensemble est agréable à lire, porté par une belle cohérence maritime et une musicalité souvent réussie. Toutefois, il souffre aussi d’un certain académisme qui l’empêche parfois de surprendre pleinement.
Forces
✅ Une unité d’atmosphère réussie
Tout le texte respire le littoral :
- brise marine,
- pins maritimes,
- grève,
- noroît,
- écume,
- amer,
- crachin,
- brigantine.
👉 Le vocabulaire est riche sans paraître artificiel. On sent une véritable familiarité avec les paysages de bord de mer.
✅ De belles trouvailles sonores
J’apprécie particulièrement :
« Le crachin qui crachine »
Le redoublement crée un effet presque enfantin tout en restituant parfaitement la monotonie humide du paysage.
✅ Le thème du palimpseste est bien intégré
« éternel palimpseste »
Cette idée de couches de mémoire recouvertes puis révélées s’accorde naturellement avec :
- le brouillard,
- le paysage flou,
- les souvenirs,
- le mouvement de la mer.
C’est probablement le noyau intellectuel du texte.
Faiblesses (sans complaisance)
- Un lyrisme parfois très attendu
On rencontre plusieurs images assez conventionnelles :
« Je marchais sur la grève »
« en mesurant mes pas »
ou
« un air léger et frais »
👉 Elles sont agréables mais peu surprenantes.
Le poème est souvent joli là où il pourrait être singulier.
- Le centre manque légèrement d’enjeu
Après l’installation du décor, la tension poétique baisse un peu.
Par exemple :
« mon regard se ravit
dans un mouvement preste
de nourrir une envie »
reste assez abstrait.
👉 On ne sait pas précisément quelle envie est en jeu.
Le lecteur perçoit une émotion mais pas toujours son objet.
- La strophe de l’écume est un peu démonstrative
« qu’une écume l’enserre
et lui fait la misère »
L’expression « faire la misère » apporte une tonalité familière qui tranche avec le reste du poème.
Certains lecteurs y verront une fraîcheur bienvenue ; d’autres une légère rupture de registre.
La meilleure image du texte
Pour moi :
« Une brise marine
embrumait le rivage »
et surtout :
« les pins maritimes
floutant le paysage »
C’est simple mais très visuel.
Le verbe flouter introduit discrètement une sensibilité contemporaine dans un décor classique.
Lecture de fond
Le poème me semble moins parler de la mer que de la mémoire.
La brume, le crachin, le palimpseste, le paysage qui se brouille :
tout cela suggère un sujet qui regarde le monde à travers les couches de son passé.
La mer n’est pas seulement un décor ; elle agit comme une métaphore de ce travail d’effacement et de réécriture.
Verdict
Un poème agréable, cohérent et bien construit, porté par une atmosphère maritime convaincante et une réelle maîtrise du vocabulaire du littoral.
👉 Sa principale limite est peut-être de rester trop souvent dans une belle évocation là où il pourrait prendre davantage de risques imagés ou émotionnels.
En résumé
Un poème de promenade et de mémoire,
réussi dans son ambiance,
élégant dans sa diction,
mais qui gagnerait encore en force s’il acceptait davantage l’aspérité ou la surprise.
Prompt 2e version du poème (les modifications de l’autrice et non de l’IA !) :
Je marchais sur la grève
en esquivant mes pas
avec au bout des lèvres
et malgré le noroît
au gré de l’heure brève
un air de bon aloi.
Passé outre ma vie,
ses souvenirs agrestes,
mon regard se ravit
dans un mouvement preste
d’aviser ce lavis,
éternel palimpseste.
Et voilà que la mer
bouillonne sur la terre
qu’une écume l’enserre
entamant le bleu-vert
dont je me désespère
en fixant un amer.
Appréciation globale de chatGPT :
Cette version est meilleure que la précédente. Les modifications vont presque toutes dans le bon sens : le poème gagne en précision visuelle, en cohérence lexicale et en subtilité. Il demeure un texte de contemplation maritime et mémorielle, mais avec davantage de densité et moins de formules convenues.
Ce qui reste un peu fragile
- Le poème demeure très descriptif
Le lecteur voit très bien :
- la brume,
- les pins,
- la mer,
- le crachin.
Mais il comprend moins bien ce qui se joue intérieurement.
Le paysage est fort.
Le sujet demeure plus insaisissable.
- Le vers :
« édulcore et serine »
reste le plus faible à mes yeux.
Seriner signifie répéter inlassablement.
Le verbe est intéressant mais légèrement intellectuel ici.
On sent davantage le choix lexical que l’expérience sensible.
- Le dernier vers reste attendu
« en proie à la tourmente »
est une belle image maritime, mais aussi une des plus traditionnelles du répertoire marin.
Après les réussites de :
floutant le paysage
ou
ce lavis
on aurait presque envie d’une image plus personnelle.
Lecture de fond
Cette deuxième version me paraît davantage travailler sur la perception que sur le souvenir.
Tout est affaire de couches visuelles :
- embrumait,
- floutant,
- lavis,
- palimpseste,
- bleu-vert,
- crachin.
👉 Le poème devient presque une réflexion sur le regard lui-même.
Le paysage n’est jamais vu directement :
il est toujours filtré.
C’est sa véritable cohérence.
Verdict
Cette deuxième version est plus aboutie que la première.
Elle gagne :
- en singularité,
- en précision lexicale,
- en cohérence imagée.
Elle reste toutefois davantage un poème d’atmosphère qu’un poème de nécessité intérieure.
En résumé
La première version décrivait un paysage marin.
La seconde commence à montrer comment le regard transforme ce paysage en peinture, en lavis, en palimpseste.
C’est une évolution discrète mais réelle, et elle va dans le bon sens.
Prompt 3e version (deux modifications) :
Le crachin qui crachine
sur la dune mouvante
édulcore et brachine
à moins que je ne mente
au loin la brigantine
une journée clémente.
Appréciation globale de ChatGPT :
Cette version est sans doute la plus singulière des trois, mais aussi la plus risquée. Elle renforce le travail sonore et l’étrangeté lexicale au détriment d’une partie de la lisibilité. Le poème s’éloigne du simple paysage marin pour entrer davantage dans une logique de langage, où les mots semblent parfois choisis autant pour leur résonance que pour leur signification.
La modification problématique
« édulcore et brachine »
C’est ici que se joue l’essentiel.
Le mot brachine est extrêmement rare, dialectal ou régional selon les usages, et demeure largement inconnu de la plupart des lecteurs.
Le problème n’est pas qu’un mot soit rare.
Le problème est que :
« édulcore et brachine »
fait davantage entendre une recherche de sonorité qu’une nécessité sémantique.
Le lecteur comprend :
- crachin,
- brachine,
mais comprend beaucoup moins ce que le verbe apporte à l’image.
👉 Là où serine était peut-être un peu intellectuel, brachine risque de devenir opaque.
La nouvelle chute
« au loin la brigantine
une journée clémente. »
Cette modification change profondément la tonalité.
Dans la version précédente :
« en proie à la tourmente »
la brigantine prolongeait l’inquiétude du paysage.
Ici :
« une journée clémente »
introduit un apaisement inattendu.
Est-ce une amélioration ?
Oui et non.
Oui :
Le cliché maritime de la tourmente disparaît.
Non :
La tension du poème baisse fortement.
Après :
- le désespoir,
- l’écume qui entame le bleu-vert,
- le crachin,
la journée clémente paraît presque trop conciliante.
Le texte se referme plus doucement, mais aussi plus faiblement.
Lecture de fond
Cette version accentue une dimension qui me paraît intéressante :
le paysage n’est plus seulement observé ;
il est réécrit par le langage.
On sent une proximité avec certaines écritures où la musique des mots participe autant à la fabrication du sens que leur définition stricte.
C’est probablement l’aspect le plus personnel du texte.
Verdict
Cette troisième version est plus audacieuse mais moins équilibrée.
Elle gagne :
- en singularité,
- en texture verbale,
- en personnalité.
Elle perd :
- en lisibilité,
- en tension dramatique,
- en force de conclusion.
En résumé
La première version décrivait.
La deuxième peignait.
La troisième commence à faire entendre le travail même de la langue.
C’est peut-être la plus intéressante sur le plan stylistique, mais pas forcément la plus aboutie poétiquement. À mes yeux, la deuxième version reste la plus réussie, car elle conserve l’étrangeté sans sacrifier la tension ni la clarté.
Prompt 4e version (une modification) :
Le crachin qui crachine
sur la dune mouvante
édulcore et taquine
à moins que je ne mente
au loin la brigantine
d’une journée clémente.
Appréciation globale de ChatGPT :
Cette version me paraît la plus aboutie des quatre. Elle conserve les qualités de la deuxième version (cohérence des images, fluidité du paysage, thème du palimpseste) tout en corrigeant les deux points faibles des versions suivantes : l’opacité de brachine et le caractère un peu convenu de tourmente. Le poème trouve ici un équilibre satisfaisant entre musicalité, lisibilité et singularité.
La faiblesse principale
La syntaxe du dernier distique reste un peu flottante
« au loin la brigantine
d’une journée clémente »
On comprend globalement l’image :
la brigantine apparaît dans le cadre d’une journée clémente.
Mais grammaticalement, le lien demeure légèrement relâché.
Le lecteur doit reconstituer la phrase.
Ce n’est pas forcément un défaut en poésie, mais ici cela produit une petite impression d’inachèvement.
Lecture de fond
Cette version affirme plus clairement ce qui me semble être le véritable sujet du texte :
le regard transforme le réel en peinture.
On retrouve constamment :
- floutant,
- lavis,
- palimpseste,
- bleu-vert,
- crachin.
Le poème regarde moins la mer qu’il ne regarde sa propre manière de regarder la mer.
C’est ce qui lui donne sa cohérence profonde.
Ce qui pourrait encore être renforcé
Le passage :
« dont je me désespère
en fixant un amer »
reste très beau sur le plan sonore.
Mais il introduit soudain un désespoir que le poème ne développe pas vraiment ensuite.
👉 La mélancolie est présente partout.
👉 Le désespoir apparaît presque trop fort par rapport au reste.
Verdict
Cette quatrième version est, à mon sens, la meilleure du cycle.
Elle possède :
- la cohérence de la deuxième ;
- une musicalité plus souple ;
- des images plus personnelles ;
- moins d’effets gratuits.
En résumé
La première décrivait la côte.
La deuxième peignait un paysage-mémoire.
La troisième expérimentait avec le langage.
La quatrième trouve enfin un équilibre entre regard, souvenir et musique.
C’est la version que je conserverais. Elle donne l’impression d’un poème arrivé à maturité sans perdre sa fraîcheur contemplative.
Prompt 5e version (deux modifications) :
Et voilà que la mer
bouillonne sur la terre
qu’une écume l’enserre
entamant le bleu-vert
et que je m’y repère
en fixant un amer.
Le crachin qui crachine
sur la dune mouvante
édulcore et taquine
à moins que je ne mente
au loin la brigantine
d’une brise clémente.
Appréciation globale
Cette version me paraît supérieure à la quatrième. Le poème gagne en cohérence émotionnelle en abandonnant le désespoir un peu abrupt de la version précédente. Il assume désormais pleinement sa nature contemplative : il ne raconte pas une crise intérieure, mais un accord provisoire entre le regard, le paysage et la mémoire. Le ton devient plus juste.
Quelques réserves
- « air de bon aloi »
C’est probablement le vers qui me convainc le moins aujourd’hui.
L’expression est élégante mais légèrement sentencieuse.
Elle appartient davantage au registre de la langue qu’à l’expérience sensible du poème.
- Le dernier distique reste un peu elliptique
« au loin la brigantine
d’une brise clémente »
fonctionne mieux qu’avant, mais conserve une certaine suspension syntaxique.
Personnellement, cela ne me gêne pas beaucoup, car le poème est déjà construit sur des impressions visuelles fragmentaires.
Verdict
Parmi les cinq versions, c’est celle que je retiendrais.
Elle est :
- plus cohérente,
- plus maîtrisée,
- plus subtile émotionnellement.
Elle ne cherche plus à dramatiser le paysage ; elle laisse la mer, la brume et les souvenirs travailler ensemble.
En résumé
La première version regardait la côte.
La deuxième regardait un tableau.
La troisième regardait les mots.
La quatrième cherchait son équilibre.
La cinquième trouve enfin un cap — et l’amer y est pour beaucoup.
C’est, à mes yeux, la version la plus accomplie du poème.
FIN DE LA CONVERSATION AVEC CHATGPT
Version finale mise en ligne sur le forum après la fin de la conversation :
Une brise marine
embrumait le rivage
et les pins maritimes
floutant le paysage
balançaient en leurs cimes
les oiseaux de passage.
Je marchais sur la grève
en esquivant mes pas
avec au bout des lèvres
et malgré le noroît
au gré de l’heure brève
un air de bon aloi.
Passé outre ma vie,
ses souvenirs agrestes,
mon regard se ravit
dans un mouvement preste
d’aviser ce lavis,
éternel palimpseste.
Et voilà que la mer
bouillonne sur la terre,
qu’une écume l’enserre
entamant le bleu-vert
et que je m’y repère
en fixant un amer.
Le crachin qui crachine
sur la dune mouvante
édulcore et taquine
à moins que je ne mente
au loin la brigantine
sous la brise clémente.
MA PROPOSITION :
Pour dépasser la sidération devant la nouvelle donne de l’IA, alors qu’elle est dans le droit fil de la rationalité technologique occidentale ; pour ne pas succomber à une déploration anticipatrice, il convient a minima de s’interroger – au moins comme le Pape ! sur une IA au service de l’humain et pas une IA qui remplacerait l’humain. Quel dommage, faute d’une immersion dans des cas d’usage de ne pratiquer la critique que d’un point de vue extérieur, même si les dégâts envisagés (emploi, écologiques) sont conséquents.
Dans la Web-revue, nous nous sommes demandé, il y a quelques années, si Internet rentrait dans le champ des industries culturelles. Nous savons que l’élargissement d’un champ provoque ipso facto, une transformation de la problématique de ces industries culturelles. D’ailleurs, le passage de la critique adornienne de l’industrie culturelle (au singulier) à celle des industries culturelles (au pluriel) a initié de type de réactualisation de cette problématique.
Par conséquent, et même si ces premiers essais que je commets sur l’IA balbutient un peu, je propose de s’immerger dans le champ et de ne pas rétrograder la critique universitaire à ce quelle fut, il y a des siècles, en Sorbonne par exemple, une censure a priori ou une politique de l’autruche de clercs religieux, garants des dogmes passéistes.
Après que vous avez lu cet article j’aimerais qu’en commentaire vous m’écriviez si :
- Un tel cas d’usage n’a aucun intérêt ;
- s’il permet de faire le tri actuellement (et même à partir d’un exemple anecdotique pour certains) sur l’état actuel de l’IA dans le contexte scientifique et pédagogique des industries culturelles, créatives et numériques ;
- s’il participe, entre autres, au débat sur l’IA comme simple outil algorithmique ou comme assistant IA machinique, virtuel, robotique ;
- surtout une interrogation qui m’importe le plus, en tant qu’usager et chercheur, à savoir cette fluidité (visible dans notre cas d’usage) dans le dialogue homme-machine qui préfigure la qualité des échanges à venir ;
- et toute remarque de votre part qui nourrirait le débat.
Merci !
Philosophe, spécialiste des sciences de l’information et de la communication, d’Adorno et des industries culturelles
Dernier livre : « Adorno et les industries culturelles – communication, musique et cinéma »,
L’Harmattan, collection « communication et civilisation »


