A propos de l'auteur : Anne-Lise Melquiond

Description
Anne-Lise Melquiond prépare une thèse sur le thème de l'apocalypse dans les séries actuelles à l'université de Paris Ouest (directeur : David Buxton). Elle est enseignante en Lettres - Histoire dans le secondaire à Rouen.

Edité par Anne-Lise Melquiond

À partir de la formule de Borges, « toute la métaphysique n’est qu’une partie de la littérature fantastique », on comprend que celle-ci (ainsi que les récits mythiques de la science-fiction) est la métaphysique de notre époque. Et c’est sans doute une des principales raisons du succès planétaire de Game of Thrones, à savoir son caractère allégorique d’un monde en proie à des querelles intestines, et en attente de la catastrophe qui semblerait imminente (« winter is coming »).

« Game of Thrones » ou les crises de l’empire – Anne-Lise MELQUIOND

À partir de la formule de Borges, « toute la métaphysique n’est qu’une partie de la littérature fantastique », on comprend que celle-ci (ainsi que les récits mythiques de la science-fiction) est la métaphysique de notre époque. Et c’est sans doute une des principales raisons du succès planétaire de Game of Thrones, à savoir son caractère allégorique d’un monde en proie à des querelles intestines, et en attente de la catastrophe qui semblerait imminente (« winter is coming »).

L’originalité de « Falling Skies » est le rapport entretenu avec l’histoire, en particulier l’histoire américaine. D’ailleurs, pendant tout le développement du projet, la série s'appelait « Concord ». Ce titre renvoie aux batailles de Lexington et de Concord (1775), qui marquaient le début de la Guerre d'indépendance. Finalement, Spielberg a pensé que « la chute des cieux » était un titre plus en phase avec l'esprit du projet. Et si l'équipe de production a changé quasiment chaque saison, rendant les personnages de moins en moins cohérents, une des constantes de la série reste son rapport à l’histoire.

« Falling Skies », la leçon d’histoire – Anne-Lise MELQUIOND

L’originalité de « Falling Skies » est le rapport entretenu avec l’histoire, en particulier l’histoire américaine. D’ailleurs, pendant tout le développement du projet, la série s’appelait « Concord ». Ce titre renvoie aux batailles de Lexington et de Concord (1775), qui marquaient le début de la Guerre d’indépendance. Finalement, Spielberg a pensé que « la chute des cieux » était un titre plus en phase avec l’esprit du projet. Et si l’équipe de production a changé quasiment chaque saison, rendant les personnages de moins en moins cohérents, une des constantes de la série reste son rapport à l’histoire.

Rien de trop spectaculaire dans The Wire, rien de trop extraordinaire non plus. Une série policière qui ne répondrait pas aux codes du genre, mais qui ne s’en éloignerait pas non plus. The Wire présente en soixante épisodes d’une heure environ sur cinq saisons la ville de Baltimore sous toutes ses coutures et comme totalité.

Le réalisme de « The Wire » rend-il impuissant ? – Anne-Lise MELQUIOND

Rien de trop spectaculaire dans The Wire, rien de trop extraordinaire non plus. Une série policière qui ne répondrait pas aux codes du genre, mais qui ne s’en éloignerait pas non plus. The Wire présente en soixante épisodes d’une heure environ sur cinq saisons la ville de Baltimore sous toutes ses coutures et comme totalité.

The Leftovers est une série apocalyptique basée sur le roman éponyme de Tom Perrota, également coscénariste de la série. Si cette série ne montre pas — à la manière d’un blockbuster — le monde en train de s’effondrer, elle nous révèle (qui est le sens littéral de l’apocalypse) de manière métaphysique comment survivre à la catastrophe. La série commence trois ans après la disparition brutale d’environ 2 % de la population mondiale. Il n’y a pas eu d’explication, de justification, ni de raison à cet événement. Il n’y a pas non plus de corps à pleurer ni à enterrer.

« The Leftovers » : l’apocalypse intérieure – Anne-Lise MELQUIOND

The Leftovers est une série apocalyptique basée sur le roman éponyme de Tom Perrota, également coscénariste de la série. Si cette série ne montre pas — à la manière d’un blockbuster — le monde en train de s’effondrer, elle nous révèle (qui est le sens littéral de l’apocalypse) de manière métaphysique comment survivre à la catastrophe. La série commence trois ans après la disparition brutale d’environ 2 % de la population mondiale. Il n’y a pas eu d’explication, de justification, ni de raison à cet événement. Il n’y a pas non plus de corps à pleurer ni à enterrer.

Dans la cinquième saison de la série, à un moment où tout espoir a disparu, le leader des survivants, l'ex-shérif Rick Grimes déclare à son groupe « We are the walking dead ». Cette formule désespérée du héros met en lumière le lien entre les zombies et les humains. En effet, le zombie ressemble à un humain auquel on aurait arraché sa conscience. Le zombie est donc une figure métaphorique d’un sujet contemporain absent de lui-même, c'est-à-dire qu’il n'a pas conscience d'exister et ne ressent rien. C'est un homme vivant à l'extérieur et mort à l'intérieur, un mort-vivant.

« The Walking Dead » : survivre en milieu apocalyptique – Anne-Lise MELQUIOND

Dans la cinquième saison de la série, à un moment où tout espoir a disparu, le leader des survivants, l’ex-shérif Rick Grimes déclare à son groupe « We are the walking dead ». Cette formule désespérée du héros met en lumière le lien entre les zombies et les humains. En effet, le zombie ressemble à un humain auquel on aurait arraché sa conscience. Le zombie est donc une figure métaphorique d’un sujet contemporain absent de lui-même, c’est-à-dire qu’il n’a pas conscience d’exister et ne ressent rien. C’est un homme vivant à l’extérieur et mort à l’intérieur, un mort-vivant.

The Wire est une série appartenant à la quality TV que l’on peut définir par « l’ensemble de productions distinct de la télé-réalité et des séries dites à épisodes […] ces récits sérialisées se sont développés depuis une vingtaine d’années d’abord sur les chaînes câblées, puis sur d’autres supports. Alors que, dans la série traditionnelle, l’épisode reste l’unité narrative principale, qui apporte chaque fois une solution à un problème posé au début de ce dernier, les nouvelles séries fonctionnent plutôt comme des feuilletons : pris individuellement, les épisodes perdent tout ou partie de leur complétude habituelle et leur succession est par contre décisive pour la compréhension du récit »

« The Wire », sa « littérarité » et la question du réalisme – Anne-Lise MELQUIOND

The Wire est une série appartenant à la quality TV que l’on peut définir par « l’ensemble de productions distinct de la télé-réalité et des séries dites à épisodes […] ces récits sérialisées se sont développés depuis une vingtaine d’années d’abord sur les chaînes câblées, puis sur d’autres supports. Alors que, dans la série traditionnelle, l’épisode reste l’unité narrative principale, qui apporte chaque fois une solution à un problème posé au début de ce dernier, les nouvelles séries fonctionnent plutôt comme des feuilletons : pris individuellement, les épisodes perdent tout ou partie de leur complétude habituelle et leur succession est par contre décisive pour la compréhension du récit »