
{"id":9183,"date":"2014-03-01T02:00:07","date_gmt":"2014-03-01T01:00:07","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=9183"},"modified":"2019-03-17T19:23:17","modified_gmt":"2019-03-17T18:23:17","slug":"marc-hiver-motown-fabrique-tubes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/marc-hiver-motown-fabrique-tubes\/","title":{"rendered":"La Motown : une fabrique de tubes &#8211; Marc HIVER"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9183?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9183?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"haut\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Motown. Comment le jazz \u00ab\u00a0authentique\u00a0\u00bb a donn\u00e9 naissance \u00e0 un jazz \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb (notamment par la m\u00e9diation du <em>rhythm and blues<\/em>) puis \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 jazzy et au rock and roll, bref, \u00e0 la nouvelle musique populaire am\u00e9ricaine\u00a0? Et cette musique s\u2019\u00e9tant export\u00e9e, devenant celle de l\u2019am\u00e9ricanisation, comment le jazz \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb est-il devenu la bande-son de nos soci\u00e9t\u00e9s industrielles\u00a0? Poser ces questions n\u2019est pas sans int\u00e9r\u00eat musical, psychologique, sociologique, politique et pas seulement \u00e9conomique dans notre champ interdisciplinaire des industries culturelles.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Interdit \u00e0 la reproduction payante<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La Motown et le devenir du jazz\u00a0: un exemple de transition vers la vari\u00e9t\u00e9 par le rhythm and blues<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Elvis-Presley.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9348\" title=\"Elvis Presley\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Elvis-Presley-300x180.jpg\" alt=\"rock\" width=\"233\" height=\"140\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Elvis-Presley-300x180.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Elvis-Presley.jpg 460w\" sizes=\"auto, (max-width: 233px) 100vw, 233px\" \/><\/a>Motown, en partie avec elle, comment le jazz est-il devenu un paradigme musical et formel des industries culturelles\u00a0? Il s\u2019agira ici d\u2019un exemple dat\u00e9, le d\u00e9but des ann\u00e9es soixante, mais il permet d\u2019approcher les processus qui \u00e9tayent l\u2019id\u00e9e directrice de cet article. On ne peut seulement se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 une exploitation blanche de la musique noire am\u00e9ricaine, par exemple dans les ann\u00e9es cinquante, \u00e0 une sorte de \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9ration\u00a0\u00bb de la musique noire, pour la vendre, en l\u2019\u00e9dulcorant (Elvis Presley, Jerry <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jerryleelewis.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-9347\" title=\"jerryleelewis\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jerryleelewis.jpg\" alt=\"rock\" width=\"199\" height=\"124\" \/><\/a>Lee Lewis), \u00e0 la jeunesse blanche. Cette exploitation \u00ab\u00a0blanche\u00a0\u00bb existe, bien entendu, mais elle n\u2019explique pas en terme de r\u00e9ception (en noir et blanc) ce que le jazz est devenu massivement\u00a0: la nouvelle musique populaire am\u00e9ricaine et un ciment social qui tend \u00e0 rapprocher deux communaut\u00e9s noire et blanche urbaines au cours d\u2019un combat contre la s\u00e9gr\u00e9gation qui n\u2019est toujours pas \u00e9radiqu\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/restroomsegregation.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9351\" title=\"restroomsegregation\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/restroomsegregation.png\" alt=\"\" width=\"256\" height=\"84\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la musique populaire il existe une position radicale o\u00f9 il faut r\u00e9volutionner le statu quo et m\u00eame le ciment social induit par cette musique recouvrant en fait un jeu de pouvoir et de domination. Et pourtant le rapprochement entre Noirs et Blancs, via le devenir de la production et de la r\u00e9ception du jazz, ne serait-il pas \u00e0 porter au cr\u00e9dit de celui-ci, \u00e0 partir du moment o\u00f9 on l\u2019envisage du point de vue de l\u2019\u00e9volution d\u2019un processus m\u00e9diatique et d\u2019une logique culturelle\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est dans ce sens que j\u2019analyse l\u2019int\u00e9r\u00eat d&rsquo;une position critique qui, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, repose sur la pertinence de sa d\u00e9fense de la nouvelle musique \u00ab\u00a0europ\u00e9enne\u00a0\u00bb contre la d\u00e9ferlante de l\u2019am\u00e9ricanisation et de la mondialisation qui ne laisserait de place \u00e0 aucune alternative\u00a0; mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, et c\u2019est ce qui nous concerne le plus dans notre champ interdisciplinaire des industries culturelles, un prolongement de certaines de ces analyses sur les m\u00e9canismes des industries culturelles. \u00c0 une certaine conception de l&rsquo;art qui en fait l\u2019\u00e9gal des sciences et de la philosophie, \u00e9choit la fonction critique du statu quo, des modes de pens\u00e9e et des logiques de communication\u00a0; aux industries culturelles les fonctions, entre autres, de ciment social et de d\u00e9fense des \u00ab\u00a0lieux communs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/asphaltjungle.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-9353 alignright\" title=\"asphaltjungle\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/asphaltjungle.png\" alt=\"\" width=\"161\" height=\"242\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/lesondujazz.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9354\" title=\"lesondujazz\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/lesondujazz-221x300.jpg\" alt=\"\" width=\"182\" height=\"246\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/lesondujazz-221x300.jpg 221w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/lesondujazz.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><\/a>Alors, avec le jazz et son f\u00e9tichisme du son, ses musiciens et ses arrangeurs, nous p\u00e9n\u00e8trons au c\u0153ur de la fabrication de cette nouvelle bande-son id\u00e9ologique, de cette pulsation sociale plus que de cette nouvelle musique, une bande-son qui permet de ne pas devenir fou et de ne pas se sentir compl\u00e8tement isol\u00e9 dans les d\u00e9serts urbains, qu\u2019on soit Blanc ou Noir, au milieu de l\u2019<em>Asphalt Jungle<\/em> de John Huston. Et si ce paquetage de survie esth\u00e9tique et psychologique des anciens esclaves trouvait son utilit\u00e9, et pas seulement \u00e9dulcor\u00e9 par l\u2019industrie du disque, pour aider une solitude en noir et blanc, un paquetage dont les arrangeurs auraient industrialis\u00e9 la production et instrumentalis\u00e9 la r\u00e9ception\u00a0? Ainsi, T.W. Adorno le reconna\u00eet dans <em>Sur la musique populaire<\/em>\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Ces arrangeurs \u2014 sans doute les musiciens les plus comp\u00e9tents des \u00c9tats-Unis \u2014 restent dans l\u2019ombre, comme les auteurs de sc\u00e9nario au cin\u00e9ma. [\u2026] il importe qu\u2019on ne puisse soup\u00e7onner que la musique n\u2019est pas vraiment improvis\u00e9e\u2026<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Une pulsation id\u00e9ologique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il comprend aussi que pour ceux qui promeuvent cette musique, plus que pour ceux qui la font d\u2019ailleurs, l\u2019enjeu est encore plus cach\u00e9 qu\u2019au cin\u00e9ma. Ces musiciens, ces arrangeurs qui organisent les sons, le rythme et le climat, \u00ab\u00a0<em>the mood<\/em>\u00a0\u00bb, de la bande-son accompagnant notre vie sociale et psychologique, font que le <em>beat<\/em> ne peut se r\u00e9duire comme dans les glossaires techniques \u00e0 un simple synonyme de tempo\u00a0; que le swing \u00e0 distinguer du Swing comme courant des ann\u00e9es 1935-1945 ne renvoie pas seulement \u00e0 des figures ou des jeux rythmiques pr\u00e9sents dans le tr\u00e8s vieux jazz comme dans le <em>free jazz<\/em>\u00a0; que la qu\u00eate du <em>groove<\/em> n\u2019est pas seulement musicale. En d\u00e9finitive, toute cette ing\u00e9nierie esth\u00e9tique, psychologique et sociale cr\u00e9e une <em>pulsation id\u00e9ologique<\/em> autrement plus redoutable que l\u2019\u00e9cran de fum\u00e9e et le fantasme de la toute-puissance visuelle d\u2019un pseudo-monde des images.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/455_In_the_Mood.gif\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-9357\" title=\"455_In_the_Mood\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/455_In_the_Mood-300x193.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"193\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/455_In_the_Mood-300x193.gif 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/455_In_the_Mood-600x387.gif 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/455_In_the_Mood.gif 643w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<h2>L\u2019exemple Motown<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 intervalles r\u00e9guliers, le jazz authentique se d\u00e9tacherait du jazz populaire, cherchant \u00e0 s\u2019\u00e9manciper de cette \u00ab\u00a0pulsation insistante\u00a0\u00bb (Malson), dansante (car une pulsation \u00ab\u00a0non insistante\u00a0\u00bb existe dans toutes les formes de jazz), ce beat, ce swing, ce groove qui en font justement la popularit\u00e9 chez le public noir et peu \u00e0 peu chez le public blanc. Mais dans le m\u00eame temps, le jazz y perdrait sinon son \u00e2me, du moins ce corps, le corps de la n\u00e9gritude dans son plaisir sauvage et orgastique aux racines africaines, donc ce qui garantit son authenticit\u00e9 par opposition \u00e0 la musique europ\u00e9enne savante, s\u00e9rieuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/histoiredujazzmalson.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9359\" title=\"histoiredujazzmalson\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/histoiredujazzmalson.png\" alt=\"\" width=\"126\" height=\"190\" \/><\/a>Ainsi, Lucien Malson \u00e9crit dans son chapitre sur les ann\u00e9es 1954-1959\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Alors qu\u2019une partie du jazz allait se priver bient\u00f4t de cette pulsation insistante, le \u00ab\u00a0rhythm and blues\u00a0\u00bb allait grandir comme une compensation, exister pour nous comme un viatique.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lucien Malson cite aussi Boris Vian\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">On commence \u00e0 s\u2019apercevoir aux \u00c9tats-Unis, disait-il, que le rhythm and blues peut se vendre et qu\u2019il poss\u00e8de quelque chose que les autres musiques n\u2019ont pas. Tout cela signifie que l\u2019on va presser de plus en plus de disques de jazz [sic] et c\u2019est une bien bonne id\u00e9e.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ike_Turner\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ike Turner<\/a> et <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ray_Charles\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ray Charles<\/a> vont dans ce sens d\u00e8s 1951 avant m\u00eame la vogue du rock and roll.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/berrygordysmokeyrobinson.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-9363\" title=\"berrygordysmokeyrobinson\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/berrygordysmokeyrobinson.jpg\" alt=\"Motown\" width=\"181\" height=\"135\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1959, le compositeur noir Berry Gordy fonde \u00e0 D\u00e9troit dans le Michigan avec Smokey Robinson une maison de disques, Tamla Motown, dont les patrons sont noirs avec pour objectif de s\u2019adresser au prol\u00e9tariat noir en pratiquant \u00ab\u00a0un jazz d\u2019une grande simplicit\u00e9 et d\u2019une grande efficacit\u00e9 sensualiste\u00a0: le \u201crhythm and blues\u201d\u00a0\u00bb (Malson) dont le rock est une variante. Et cette musique rencontrera aussi le public blanc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/chevrolet.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-9367 size-medium\" title=\"chevrolet\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/chevrolet-300x135.jpg\" alt=\"Motown\" width=\"300\" height=\"135\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/chevrolet-300x135.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/chevrolet.jpg 334w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pour Motown (Motor Town\u00a0: D\u00e9troit est une ville de construction automobile comme Chevrolet qui, d\u00e8s 1945, a attir\u00e9 une population en qu\u00eate de travail, notamment des Noirs venant de Caroline du Sud, du Mississippi ou du Tennessee), Berry Gordy r\u00e9unit des musiciens de jazz et de blues de D\u00e9troit et les fait enregistrer pour sa nouvelle maison de disques. Ces musiciens de studio accompagnent ainsi, sans en \u00eatre cr\u00e9dit\u00e9s sur les albums, les stars maison\u00a0: Marvin Gaye, Stevie Wonder, Diana Ross and The Supremes, The Four Tops, The Jackson Five, The Temptations et tant d\u2019autres\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/motown-artists-picture-03.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-9369 size-medium\" title=\"motown-artists-picture-03\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/motown-artists-picture-03-300x224.jpg\" alt=\"Motown\" width=\"300\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/motown-artists-picture-03-300x224.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/motown-artists-picture-03-600x449.jpg 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/motown-artists-picture-03.jpg 959w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces musiciens de studio, ces \u00ab\u00a0requins\u00a0\u00bb comme on les appelle dans le jargon, les Funk Brothers pour ceux qui en connaissaient l\u2019existence, et au premier rang James Jamerson qui avait cr\u00e9\u00e9 une ligne de basse, faisaient, sous la coordination d\u2019un arrangeur comme Paul Riser, l\u2019identit\u00e9 sonore du label, le son Motown. Et quand les gens \u00e9coutaient les juke-box ou la radio, car Motown est devenue une des plus grandes machines \u00e0 tubes, ils reconnaissaient la ligne de basse, la grosse caisse, le tambourin, le jeu des guitares, bref tout le dispositif sonore Motown.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/standing-in-the-shadows-ofmotown.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-9370 size-full\" title=\"standing in the shadows ofmotown\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/standing-in-the-shadows-ofmotown.jpg\" alt=\"Motown\" width=\"189\" height=\"267\" \/><\/a>Dans le DVD <em>Standing in the Shadows of Motown<\/em> (Motown, la v\u00e9ritable histoire) inspir\u00e9 du livre \u00e9ponyme d\u2019Allan \u00ab\u00a0Dr Licks\u00a0\u00bb Slutsky, les musiciens et l\u2019arrangeur \u00e9voquent leur travail \u00e0 cette \u00e9poque, illustrant un exemple de devenir, de transition du jazz vers le pop et le rock and roll par le rhythm and blues. C\u2019est pourquoi je vais m\u2019attarder sur ce label au nom de l\u2019empiricit\u00e9 revendiqu\u00e9e dans mon approche des industries culturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, ils expliquent comment avec un groove pareil, l\u2019effet subliminal faisait que l\u2019on se \u00ab\u00a0sentait bien\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9coute de cette musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr ces musiciens, s\u2019ils r\u00eavaient tous d\u2019\u00eatre Miles Davis, Charlie Parker ou Coltrane, m\u00eame s\u2019ils travaillaient \u00e0 la Motown en partie pour des raisons alimentaires, \u00e9taient d\u2019abord des musiciens de jazz. Et dans la perspective qui est la n\u00f4tre, ne pas tout r\u00e9duire \u00e0 l\u2019exploitation, voire l\u2019auto-exploitation du jazz, il est int\u00e9ressant de d\u00e9gager les passages, les transitions, les m\u00e9diations vers un jazz populaire pour reprendre l\u2019expression de Malson. La recherche du son Motown peut donc \u00eatre envisag\u00e9e comme une recherche appliqu\u00e9e o\u00f9 le jazz authentique serait la recherche fondamentale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019un d\u2019entre eux, dans le DVD, raconte\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">On aimait beaucoup jouer du jazz \u00e0 l\u2019\u00e9poque [dans les clubs] et ce qu\u2019on jouait, on le r\u00e9utilisait en studio. On utilisait des accords jou\u00e9s la veille dans un morceau de jazz et on le pla\u00e7ait dans les accords de la chanson. La chanson prenait une coloration impr\u00e9vue. Mais les producteurs aimaient et c\u2019\u00e9tait un tube.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cet ensemble, l\u2019arrangeur, interview\u00e9, pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0N\u2019\u00e9tant ni bassistes, ni guitaristes, ni batteurs, les arrangeurs apportaient juste une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, un concept, ensuite ils laissaient faire les pros.\u00a0\u00bb Les valeurs musicales attach\u00e9es au son Motown sont l\u2019\u00e9nergie et la puissance. Et ce son \u00e9volue avec le progr\u00e8s technique et l\u2019arriv\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re de nouveaux arrangeurs et compositeurs qui, par exemple en 1966, transforment sa qualit\u00e9 et le rendent plus sophistiqu\u00e9. 1967 r\u00e9v\u00e9la la guitare et la p\u00e9dale wah-wah de Jimi Hendrix. \u00c9galement en 1967, c\u2019est au funk de Sly Stone de conqu\u00e9rir le public. Fascin\u00e9 par ces nouveaux sons, Norman Whitfield, producteur de Motown, associe \u00e0 ses musiciens de studio (les Funk Brothers) des nouveaux venus\u00a0: Wah-Wah Watson et Denis Coffey, renouvelant ainsi le son Motown, comme toute industrie doit se renouveler et faire \u00e9voluer ses recettes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Motown c\u2019est aussi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une maison de disque \u00ab\u00a0noire\u00a0\u00bb la collaboration de musiciens blancs. Il est rappel\u00e9 dans le film que lors de la mort de Martin Luther King et des \u00e9meutes qui suivirent, alors qu\u2019ailleurs d\u2019autres musiciens de jazz noirs refus\u00e8rent de travailler avec des Blancs, Blancs et Noirs partag\u00e8rent le m\u00eame deuil et rest\u00e8rent amis chez Motown.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9372\" aria-describedby=\"caption-attachment-9372\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/emeutesAdetroit.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-9372\" title=\"emeutesAdetroit\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/emeutesAdetroit-300x169.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/emeutesAdetroit-300x169.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/emeutesAdetroit-195x110.jpg 195w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/emeutesAdetroit.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9372\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9meutes \u00e0 D\u00e9troit<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour un \u00ab\u00a0amateur\u00a0\u00bb de jazz, Motown, c\u2019est une trahison par des Noirs am\u00e9ricains eux-m\u00eames dans le sens d\u2019une marchandisation et d\u2019une commercialisation vers un renouvellement de la musique pop. Par ailleurs, on y apprend que certains des musiciens noirs de jazz avaient fait du piano classique, que Noirs et Blancs am\u00e9ricains pouvaient collaborer \u00e9troitement, qu\u2019en tout cas il y a avait eu une \u00e9volution. Qu\u2019on ne pouvait s\u2019en tenir au mythe simpliste de l\u2019exploitation blanche de la musique noire sans pour autant nier les luttes, les souffrances. Nos coll\u00e8gues de civilisation am\u00e9ricaines nous le rappellent\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019Am\u00e9rique\u00a0\u00bb est plurielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exemple Motown peut sembler abonder dans le sens de ceux qui pensent en termes d\u2019essence du jazz et de d\u00e9voiement par l\u2019industrie du disque. Cependant, en complexifiant les choses, cet exemple oblige \u00e0 repenser ces termes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai donc essay\u00e9 d\u2019\u00e9clairer les questions suivantes\u00a0: comment le jazz \u00ab\u00a0authentique\u00a0\u00bb a donn\u00e9 naissance \u00e0 un jazz \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb (notamment par la m\u00e9diation du <em>rhythm and blues<\/em>) puis \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 jazzy et au rock and roll, bref, \u00e0 la nouvelle musique populaire am\u00e9ricaine\u00a0? Et cette musique s\u2019\u00e9tant export\u00e9e, devenant celle de l\u2019am\u00e9ricanisation, comment le jazz \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb est-il devenu la bande-son de nos soci\u00e9t\u00e9s industrielles\u00a0? Poser ces questions n\u2019est pas sans int\u00e9r\u00eat musical, psychologique, sociologique, politique et pas seulement \u00e9conomique dans notre champ interdisciplinaire. Et c&rsquo;est pourquoi j\u2019ai privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019analyse du devenir du jazz pour ne pas tomber dans le pi\u00e8ge de son essence, des racines et de l\u2019origine.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le n\u00e8gre blanc<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9fl\u00e9chir sur le devenir du jazz permet \u00e0 nouveau d\u2019interroger l\u2019entr\u00e9e par le son et non par l&rsquo;image propos\u00e9e pour aborder les industries culturelles, une entr\u00e9e que nous avons d\u00e9j\u00e0 test\u00e9e dans d&rsquo;autres articles publi\u00e9s dans la Web-revue. Et avancer que cette approche d\u00e9gage le paradigme musical et formel de cette industrialisation ne va pas sans cons\u00e9quences dont j\u2019ai trait\u00e9 dans ces articles. L\u2019analyse \u00e9tant interminable, je ne conclurai pas, mais terminerai par une figure de rh\u00e9torique, d\u00e9j\u00e0 ancienne, caract\u00e9ristique de ce devenir du jazz, une cristallisation de sa double dimension esth\u00e9tique et politique. C\u2019est aussi une mani\u00e8re d\u2019expliquer qu\u2019on peut aimer \u2014 ou non \u2014 le jazz tout en acceptant d\u2019exp\u00e9rimenter les propositions th\u00e9oriques d\u2019un auteur critique qui donnent acc\u00e8s \u00e0 des connaissances plus g\u00e9n\u00e9rales sur les industries culturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/negreblancmailer.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-9374 alignleft\" title=\"negreblancmailer\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/negreblancmailer.png\" alt=\"\" width=\"151\" height=\"229\" \/><\/a>Pour les \u00ab\u00a0amateurs\u00a0\u00bb, l\u2019histoire du jazz reste celle de son authenticit\u00e9 et de ses cr\u00e9ateurs. Pour les recherches dans notre champ interdisciplinaire, le jazz n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 sa post\u00e9rit\u00e9, et \u00e0 toutes les filiations qu\u2019il a engendr\u00e9es. Et ces filiations, qu\u2019il renie parfois un peu rapidement comme enfants d\u00e9voy\u00e9s du commerce et de l\u2019industrie, lui tendent un miroir o\u00f9 il peut contempler un N\u00e8gre blanc. Cette figure du N\u00e8gre blanc, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente chez Arthur Rimbaud et reprise par Paul Verlaine en \u00ab\u00a0d\u00e9dicace\u00a0\u00bb \u00e0 la mort de son ami, \u00e9voqu\u00e9e par L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, devient dialectique chez le romancier am\u00e9ricain Norman Mailer quand il publie en 1958 son essai \u00ab\u00a0Le N\u00e8gre blanc \u00bb\u00a0 ou quand il surnomme ainsi Elvis Presley. Le Blanc saisit le Noir ou est rattrap\u00e9 par lui, comme cette jeune femme \u00e0 la peau presque blanche, cette N\u00e9gresse blanche, le personnage de Lelia dans Shadows (1959), le film de John Cassavetes traitant du probl\u00e8me racial et de bien autres choses sur une musique de Charlie Mingus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#e5e54c;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#FFFF66;border-color:#ffffff;color:#333333;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">INTERVIEW de Marc Hiver sur les 50 ans de la Motown par la radio FM TSF JAZZ :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/marc-hiver.fr\/interview-motown-tsf\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lien pour \u00e9couter l&rsquo;interview<\/a> <\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour fixer les id\u00e9es sur cette vari\u00e9t\u00e9 jazzy, transposons en France avec Michel Legrand, Claude\u00a0Nougaro du<em> jazz et la java<\/em> ou Michel\u00a0Jonasz, au <em style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">Je voudrais \u00eatre noir<\/em> de Nino\u00a0Ferrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">T.\u00a0W. Adorno avec la collaboration de George\u00a0Simpson, \u00ab\u00a0Sur la musique populaire\u00a0\u00bb, in <em>Revue d\u2019esth\u00e9tique<\/em> n\u00b0\u00a019, <em style=\"mso-bidi-font-style: normal;\">Jazz<\/em> (traduction fran\u00e7aise Marie-No\u00eblle Ryan, Peter Carrier et Marc Jimenez), 1991.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">T. W. Adorno : <em>Philosophie de la nouvelle musique<\/em>, Paris, Gallimard, \u00ab\u00a0Tel\u00a0\u00bb (traduction fran\u00e7aise Hans Hildenbrand et Alex Lindenberg), 1962.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le free jazz, lire\u00a0: P.\u00a0Carles, J.\u00a0L.\u00a0Comolli, <em>Free Jazz, Black Power<\/em>, Paris, Gallimard, \u00ab\u00a0Folio\u00a0\u00bb, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marc Hiver : \u00ab\u00a0Le devenir du jazz comme paradigme musical et formel des industries culturelles\u00a0\u00bb in\u00a0 <em>Adorno et les industries culturelles -communication, musique et cin\u00e9ma<\/em>, Paris, L&rsquo;Harmattan, collection \u00ab\u00a0Communication et civilisation\u00a0\u00bb, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Norman Mailer, \u00ab\u00a0Le N\u00e8gre blanc\u00a0\u00bb, texte de 1957, in <em>Publicit\u00e9 pour moi-m\u00eame<\/em>, Paris, Arl\u00e9a (traduction fran\u00e7aise G\u00e9rald Arnaud), 1989.<\/p>\n<p>Lucien Malson, <em>Histoire du jazz et de la musique afro-am\u00e9ricaine<\/em>, Paris, Seuil, 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/author\/mariv\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Lire d&rsquo;autres articles de Marc Hiver<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7069\" title=\"bouton citer\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a>HIVER Marc, \u00ab\u00a0La Motown\u00a0: une fabrique de tubes &#8211; Marc HIVER\u00a0\u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2014, mis en ligne le 1er mars 2014. URL\u00a0: http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/<span id=\"sample-permalink\"><span id=\"editable-post-name\" title=\"Permalien temporaire. Cliquez pour modifier cette section.\">motown-fabrique-tubes-marc-hiver<\/span><\/span>\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"#haut\"><strong>RETOUR HAUT DE PAGE<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment le jazz \u00ab authentique \u00bb a donn\u00e9 naissance \u00e0 un jazz \u00ab populaire \u00bb (notamment par la m\u00e9diation du rhythm and blues) puis \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 jazzy et au rock and roll, bref, \u00e0 la nouvelle musique populaire am\u00e9ricaine ? <\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":9257,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,12,3,680],"tags":[166,705,711,473,712,710,714,93,708,470,706,149,474,471,709,713,25,707],"coauthors":[928],"class_list":["post-9183","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-musique","category-industries-culturelles","category-rocknroll","tag-americanisation","tag-bande-son-ideologique","tag-dispositif-sonore","tag-jazz","tag-label","tag-logique-de-communication","tag-lutte","tag-marchandisation","tag-mondialisation","tag-motown","tag-paradigme-musical","tag-plaisir","tag-pulsation-ideologique","tag-rhythm-and-blues","tag-segregation","tag-souffrance","tag-star","tag-statu-quo"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9183","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9183"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9183\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9183"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9183"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9183"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=9183"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}