
{"id":82,"date":"2012-10-13T10:03:44","date_gmt":"2012-10-13T08:03:44","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.com\/industrie-culturelle\/?p=82"},"modified":"2019-03-18T12:08:52","modified_gmt":"2019-03-18T11:08:52","slug":"leconomie-politique-des-series-americaines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/leconomie-politique-des-series-americaines\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9conomie politique des s\u00e9ries am\u00e9ricaines &#8211; David BUXTON"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"haut\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s2member_file_download=buxton1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2126\" title=\"boutonprintpdf\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/boutonprintpdf4.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"42\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le genre policier et ses variantes ont domin\u00e9 la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e depuis les ann\u00e9es 1970. C\u2019est l\u2019adaptation au genre des personnages sans profondeur et d\u2019une \u00e9criture modulaire, deux inventions formelles de la \u00ab s\u00e9rie pop \u00bb des ann\u00e9es 1960, qui a permis\u00a0aux s\u00e9ries am\u00e9ricaines de conqu\u00e9rir le monde entier, au-del\u00e0 des facteurs \u00e9conomiques. Mais la tendance actuelle \u00e0 la convergence des supports pourrait menacer la forme s\u00e9rie \u00e0 terme.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/couvertureseriesbuxton1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1277\" title=\"couvertureseriesbuxton\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/couvertureseriesbuxton1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" \/><\/a>Jamais, les s\u00e9ries am\u00e9ricaines n\u2019ont \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e9sentes sur les \u00e9crans du monde entier\u00a0; en France, un v\u00e9ritable travail de revalorisation \u00e0 leur \u00e9gard a \u00e9t\u00e9 entam\u00e9 dans les m\u00e9dias depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, et relay\u00e9 depuis peu par la critique universitaire. Cette critique tend \u00e0 \u00eatre \u00ab\u00a0culturaliste\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire que l\u2019on pr\u00e9tend d\u00e9duire directement des v\u00e9rit\u00e9s sur la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine \u00e0 partir d\u2019un de ses artefacts. Que certains journalistes (dans le sillage de l\u2019\u00e9crivain Martin Winckler) soient enthousiasm\u00e9s par les s\u00e9ries am\u00e9ricaines charrie parfois un plaidoyer l\u00e9nifiant sur les m\u00e9rites politiques et des s\u00e9ries et de la soci\u00e9t\u00e9 dont elles sont issues, alors que les th\u00e8mes \u00ab\u00a0lib\u00e9raux\u00a0\u00bb (tol\u00e9rance de la diversit\u00e9 ethnique, de l\u2019homosexualit\u00e9, f\u00e9minisme, etc.) sont parfaitement compatibles avec le capitalisme \u00ab\u00a0tardif\u00a0\u00bb. La s\u00e9rie fait corps avec la t\u00e9l\u00e9vision commerciale et ne saurait exister en dehors d\u2019elle. Ainsi, un certain type d\u2019analyse accroit la valeur d\u2019usage de la s\u00e9rie am\u00e9ricaine, notamment en contribuant \u00e0 son adaptation, pays par pays, \u00e0 un march\u00e9 d\u00e9sormais international. Sans nier la validit\u00e9 (je plaide coupable\u00a0!) d\u2019une analyse critique de s\u00e9ries particuli\u00e8res, cet article tord le b\u00e2ton dans l\u2019autre sens en privil\u00e9giant la dimension \u00e9conomique, largement ignor\u00e9e dans les travaux universitaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La s\u00e9rialit\u00e9 constitue une des formes de marquage essentielles \u00e0 la production culturelle \u00e0 des fins marchandes. Le d\u00e9placement du centre de gravit\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine de New York \u00e0 Hollywood vers la fin des ann\u00e9es 1950 acc\u00e9l\u00e9ra l\u2019emprise de la forme s\u00e9rie qui pouvait utiliser et r\u00e9utiliser l\u2019infrastructure des studios. Pour satisfaire les demandes incessantes des programmateurs, il fallut logiquement s\u2019appuyer sur les m\u00eames acteurs et les m\u00eames d\u00e9cors de fa\u00e7on r\u00e9guli\u00e8re. Les s\u00e9ries (dans un premier temps \u00ab\u00a0semi-anthologiques\u00a0\u00bb avec un ou deux personnages r\u00e9currents mais des th\u00e8mes tr\u00e8s vari\u00e9s d\u2019un \u00e9pisode \u00e0 l\u2019autre) pouvaient aussi faire un usage plus rationnel des <em>guest stars<\/em>, alors que les tournages en direct immobilisaient m\u00eame les petits r\u00f4les le temps de la r\u00e9p\u00e9tition. Une formule se cr\u00e9a\u00a0: chaque \u00e9pisode d\u2019une s\u00e9rie contenait un nombre limit\u00e9 de personnages r\u00e9guliers confront\u00e9s \u00e0 des passants qui croisaient leur chemin. Second avantage\u00a0: les s\u00e9ries \u00e9taient plus faciles \u00e0 manier par les sc\u00e9naristes, consid\u00e9ration importante lors de l\u2019industrialisation de la production. Alors que pour \u00e9crire une pi\u00e8ce dramatique, l\u2019auteur doit inventer une intrigue et des personnages originaux, pour un \u00e9pisode d\u2019une s\u00e9rie il peut partir de personnages <em>pr\u00e9\u00e9tablis. <\/em>Mais par-dessus tout, la forme s\u00e9rie a permis de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la r\u00e9gularit\u00e9 de l\u2019audience qui devenait aigu quand les spots publicitaires group\u00e9s rempla\u00e7aient la sponsorisation directe des \u00e9missions. D\u00e8s lors que les cha\u00eenes ont acquis le contr\u00f4le financier n\u00e9cessaire pour imposer leur propre programmation (en alliance avec les soci\u00e9t\u00e9s de production), les annonceurs ne furent plus autoris\u00e9s \u00e0 intervenir dans le contenu des \u00e9missions\u00a0: en contrepartie, les cha\u00eenes devaient leur garantir un public r\u00e9gulier pour le m\u00eame cr\u00e9neau hebdomadaire, l\u2019espace des spots publicitaires \u00e9tant vendu \u00e0 l\u2019avance \u00e0 des annonceurs divers. La forme s\u00e9rie r\u00e9pond aussi aux attentes du consommateur dans un domaine o\u00f9 la valeur d\u2019usage du produit (qui \u00ab\u00a0se paie\u00a0\u00bb en temps investi) est hautement al\u00e9atoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les westerns dominaient la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le march\u00e9 pour les s\u00e9ries restait plut\u00f4t confin\u00e9 aux fronti\u00e8res nationales. Un march\u00e9 international pour des produits t\u00e9l\u00e9visuels am\u00e9ricains s\u2019est mis en place vers la fin des ann\u00e9es 1950 ; en 1961, CBS a vendu <em>The Lone Ranger<\/em> dans 24 pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/rv2nXiY4KbQ\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un nouveau type de s\u00e9rie, n\u00e9 d\u2019un d\u00e9sir de rompre avec les lourdeurs psychologiques de la s\u00e9rie western (en fait du drame contemporain d\u00e9guis\u00e9) a eu sensiblement plus de succ\u00e8s sur le march\u00e9 international\u00a0; <em>Agents tr\u00e8s sp\u00e9ciaux<\/em> (1964-8) s\u2019est vendu dans 60 pays, et Mission<em> impossible<\/em> (1966-73) dans 87 pays.<\/p>\n<div class=\"youtube\" style=\"width: 350; height: 300;\"><object width=\"350\" height=\"300\" classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" codebase=\"http:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\"><param name=\"wmode\" value=\"transparent\" \/><param name=\"src\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/MA2KmJMKFrQ\" \/><embed width=\"350\" height=\"300\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/MA2KmJMKFrQ\" wmode=\"transparent\" \/><\/object><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9sir d\u2019\u00eatre plus pr\u00e9sent sur le march\u00e9 international pr\u00e9side \u00e0 la gen\u00e8se de la s\u00e9rie <em>Agents tr\u00e8s sp\u00e9ciaux\u00a0<\/em>: \u00ab<em>\u00a0[le producteur Norman Felton se souvient qu\u2019une cadre de la t\u00e9l\u00e9vision britannique] lui avait demand\u00e9 pourquoi dans toutes les s\u00e9ries am\u00e9ricaines comme les westerns, tous les h\u00e9ros mesuraient 1m 90 et \u00e9taient forts et costauds\u2026\u00a0 Peut-\u00eatre devrions-nous penser \u00e0 une s\u00e9rie avec une dimension internationale avec moins de costauds et plus de malins.<\/em>\u00a0\u00bb [1] Les s\u00e9ries western \u00e9taient trop ancr\u00e9es dans la culture populaire am\u00e9ricaine pour \u00eatre facilement exportables, m\u00eame dans les pays anglophones. Au-del\u00e0 des facteurs \u00e9conomiques (notamment la possibilit\u00e9 d\u2019amortir des productions relativement ch\u00e8res sur le march\u00e9 am\u00e9ricain), ce nouveau type de s\u00e9rie (\u00ab\u00a0s\u00e9rie pop\u00a0\u00bb) avec des personnages sortis d\u2019une bande dessin\u00e9e, sans profondeur et calqu\u00e9s sur la mode courante, \u00e9taient mieux \u00e0 m\u00eame de p\u00e9n\u00e9trer les march\u00e9s \u00e9trangers\u00a0; \u00e9galement, elle attirait une audience sensiblement plus jeune, plus en phase avec les annonces publicitaires qui d\u00e9sormais s\u2019ins\u00e9raient \u00e0 intervalles r\u00e9guliers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019enjeu pour <em>Des Agents tr\u00e8s sp\u00e9ciaux<\/em> \u00e9tait de se rapprocher d\u2019un style cin\u00e9matographique (en \u00e9tant moins th\u00e9\u00e2tral) avec des budgets r\u00e9duits. La nouvelle cam\u00e9ra Arriflex, tenue \u00e0 la main et fonctionnant \u00e0 piles, permettait le tournage rapide, sur ces terrains annexes des studios, de sc\u00e8nes d\u2019action normalement trop co\u00fbteuses pour une s\u00e9rie. La loi d\u2019airain de la production d\u2019une vingtaine d\u2019\u00e9pisodes par an imposait une organisation rationnelle en trois \u00e9tapes\u00a0: pr\u00e9-production (casting, r\u00e9p\u00e9titions, rep\u00e9rages), production (tournage en sept jours) et postproduction (montage, doublage, effets sonores, musique).\u00a0 On pourrait parler d\u2019une production \u00e0 la cha\u00eene, car \u00e0 un moment donn\u00e9, il y a un \u00e9pisode en pr\u00e9-production, un en production,\u00a0 et deux ou trois en postproduction (plus trois ou quatre autres en \u00e9criture). Ces normes industrielles restent en vigueur aujourd\u2019hui [2].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019est-ce qui change fondamentalement entre les ann\u00e9es 1950 et les ann\u00e9es 1970, en dehors du contenu manifeste, et en dehors de l\u2019adaptation d\u2019un style plus cin\u00e9matographique aux contraintes \u00e9conomiques\u00a0? Apr\u00e8s tout, la s\u00e9rie d\u2019espionnage des ann\u00e9es 1960 a disparu dans la d\u00e9cennie suivante, marqu\u00e9e par le retour en force de la s\u00e9rie polici\u00e8re qui depuis, avec ses variantes r\u00e9centes hospitali\u00e8res (<em>Dr. House<\/em>), l\u00e9gistes (<em>Les Experts<\/em>, <em>NCIS<\/em>, <em>Bones<\/em>) ou psychologiques (<em>Mentalist, Lie to me<\/em>), domine la forme au point d\u2019\u00eatre confondue avec elle. En s\u2019affranchissant du r\u00e9alisme, psychologique ou social, <em>Des Agents tr\u00e8s sp\u00e9ciaux<\/em> s\u2019exposaient \u00e0 des sc\u00e9narios de plus en plus \u00ab\u00a0tir\u00e9s par les cheveux\u00a0\u00bb\u00a0; sans un minimum de r\u00e9alisme, l\u2019\u00e9criture s\u00e9rielle s\u2019av\u00e8re difficile \u00e0 maintenir dans la dur\u00e9e, ce qui favorisait le genre policier plus \u00e0 m\u00eame de s\u2019inspirer de vrais cas criminels. Lors d\u2019une vaine tentative de renverser la baisse de l\u2019audience, le m\u00e9morandum pour sc\u00e9naristes de la quatri\u00e8me (et derni\u00e8re) saison (1967-8) des <em>Agents tr\u00e8s sp\u00e9ciaux<\/em> a pr\u00e9cis\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>il faut bien comprendre qu\u2019\u00e0 aucun moment l\u2019humour ne devrait g\u00eaner l\u2019intrigue ou annuler le suspense\u2026 [Les intrigues] doivent \u00eatre cr\u00e9dibles, cons\u00e9quentes, \u00ab\u00a0glamoureuses\u00a0\u00bb, sophistiqu\u00e9es, avec un rythme rapide, pleines de surprises et entrelac\u00e9es d\u2019humour\u2026 [Les protagonistes Solo et Kuryakin] ne devraient jamais plaisanter alors qu\u2019ils sont en danger.\u00a0<\/em>\u00bb [3] De telles consignes sont impossibles \u00e0 suivre de mani\u00e8re synth\u00e9tique. Elles impliquent le d\u00e9coupage de l\u2019intrigue <em>en segments modulaires<\/em> dans lesquels les th\u00e8mes divers peuvent \u00eatre trait\u00e9s tour \u00e0 tour. La vraie coupure entre les s\u00e9ries \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb et les s\u00e9ries \u00ab\u00a0modernes\u00a0\u00bb se trouve l\u00e0\u00a0: non pas tant dans l\u2019absence de dimension psychologique (ou morale), mais dans l\u2019extraction de celle-ci d\u2019une intrigue lin\u00e9aire. Autrement dit, les personnages pr\u00e9\u00e9tablis peuvent \u00ab\u00a0d\u00e9montrer\u00a0\u00bb leur personnalit\u00e9 en la compagnie de leurs coll\u00e8gues, amis, partenaires sexuels dans des s\u00e9quences r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 cet effet qui n\u2019influent pas n\u00e9cessairement sur les intrigues en cours. La voie est ouverte \u00e0 la domination de la s\u00e9rie polici\u00e8re \u00e0 personnages multiples \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir de 1969, c\u2019est la \u00ab\u00a0qualit\u00e9\u00a0\u00bb de l\u2019audience et non la seule quantit\u00e9 qui commence \u00e0 compter dans les calculs faits par les directeurs des <em>networks<\/em>. La soci\u00e9t\u00e9 Nielsen \u00e9tait d\u00e9sormais en mesure de fournir une corr\u00e9lation entre la consommation de tel produit et le fait de regarder telle \u00e9mission, plus une \u00ab\u00a0d\u00e9mographique\u00a0\u00bb, une analyse d\u2019audience sp\u00e9cifique en termes d\u2019\u00e2ge, sexe, habitation et niveau d\u2019\u00e9tudes. Les plus grands consommateurs des produits annonc\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision \u00e9taient des habitants de grandes et moyennes villes entre 18 et 49 ans, avec une l\u00e9g\u00e8re majorit\u00e9 f\u00e9minine. L\u2019ann\u00e9e 1970 a vu en effet une guerre autour de la bonne interpr\u00e9tation des indices entre CBS (\u00ab\u00a0quantit\u00e9\u00a0\u00bb) et NBC (\u00ab\u00a0qualit\u00e9\u00a0\u00bb)\u00a0; ce sont les annonceurs qui ont finalement donn\u00e9 raison \u00e0 la conception \u00ab\u00a0d\u00e9mographique\u00a0\u00bb des indices. Pour les professionnels, le probl\u00e8me de la programmation avait d\u00e9sormais un double aspect\u00a0: attirer des consommateurs plus jeunes sans se mettre \u00e0 dos l\u2019audience existante,\u00a0et attirer plus de femmes pour les \u00e9missions <em>prime time<\/em> sans se mettre \u00e0 dos le public masculin. La nouvelle donne favorisait plus d\u2019exp\u00e9rimentation, une surproduction de \u00ab\u00a0pilotes\u00a0\u00bb cherchant tous \u00e0 se d\u00e9marquer par rapport aux autres (seulement un tiers de la centaine de pilotes tourn\u00e9s annuellement trouvaient leur place dans une grille, et seulement 15% de ces derniers survivaient plusieurs saisons).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une des r\u00e9ponses formelles explor\u00e9es dans les ann\u00e9es 1970 fut le tandem de deux policiers, partenaires, mais de personnalit\u00e9s et d\u2019origines radicalement diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es\u00a0; on pourrait citer \u00e0 cet \u00e9gard <em>Starsky et Hutch<\/em> (1975-9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/GJ98kh1bqcY\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et <em>Miami Vice<\/em> (1984-9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/xjFJd20fGN8\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">et <em>Kojak<\/em> (1973-8).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/0fDXuWP0kB8\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est dans <em>Hill Street Blues <\/em>(1981-7), s\u00e9rie produite par Steven Bochco, que la plupart de ces innovations s\u2019agr\u00e8gent sous une forme hybride, \u00e0 la fois s\u00e9rie, feuilleton, com\u00e9die de situation, <em>soap opera<\/em> et cin\u00e9ma-v\u00e9rit\u00e9. Le commissariat \u00e0 Hill Street, situ\u00e9 dans une grande ville fictive de la c\u00f4te est, abrite quatorze personnages r\u00e9currents (dont trois femmes), d\u2019origines ethniques diverses, et de tous les bords politiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque \u00e9pisode contenait plusieurs intrigues entrem\u00eal\u00e9es, mobilisant plusieurs personnages, qui se poursuivaient d\u2019un \u00e9pisode \u00e0 l\u2019autre\u00a0; certaines des intrigues d\u00e9voilaient la vie priv\u00e9e (alcoolisme, adult\u00e8res) des policiers, ce qui \u00e9tait nouveau. Le m\u00e9lange d\u2019\u00e9l\u00e9ments s\u00e9riels et feuilletonnants au sein d\u2019une m\u00eame saison rel\u00e8ve d\u2019un calcul de rentabilit\u00e9 fin. Le feuilleton fid\u00e9lise davantage et permet des arcs narratifs (des intrigues qui traversent des \u00e9pisodes, parfois espac\u00e9s). Il a contre lui le fait qu\u2019on peut difficilement \u00ab\u00a0prendre le train en marche\u00a0\u00bb ; la forme se pr\u00eate moins bien \u00e0 la rediffusion (<em>syndication<\/em>) dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9roulement est d\u00e9j\u00e0 connu. En revanche, l\u2019intelligibilit\u00e9 de la s\u00e9rie classique ne demande pas d\u2019\u00eatre fid\u00e8le chaque semaine\u00a0; les \u00e9pisodes peuvent \u00eatre rediffus\u00e9s quotidiennement ou dans le d\u00e9sordre sans perte de sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que les sc\u00e9naristes pr\u00e9f\u00e8rent la forme feuilletonnante qui leur donne un r\u00f4le plus strat\u00e9gique, les producteurs pr\u00e9f\u00e8rent une forme mixte qui privil\u00e9gie les \u00e9pisodes autonomes. Selon Antony Zuiker, producteur des <em>Experts\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0<em>Nous ne voulions pas menotter les t\u00e9l\u00e9spectateurs \u00e0 leurs t\u00e9l\u00e9viseurs d\u2019une semaine \u00e0 l\u2019autre\u2026 Ce qui fonctionne le mieux aujourd\u2019hui, ce sont des \u00e9pisodes autonomes avec des arcs feuilletonnants pour les personnages. [Cette formule] r\u00e9duit la pression \u00e0 regarder chaque semaine, mais r\u00e9compense les t\u00e9l\u00e9spectateurs loyaux en mettant en feuilleton les temps forts des personnages. On pr\u00e9f\u00e8re que vous regardiez 20 ou 24 \u00e9pisodes plut\u00f4t que vous en manquiez deux et abandonniez d\u00e9finitivement\u00a0<\/em>\u00bb [4]. Ce qui a chang\u00e9 dans <em>Les Experts<\/em> (2000-), c\u2019est que les multiples personnages r\u00e9currents ne sont que faiblement pr\u00e9\u00e9tablis, \u00e9tant r\u00e9duits pour l\u2019essentiel \u00e0 leur fonction professionnelle.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/vYcddUoYupA\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une <em>back story<\/em> pour chaque personnage, des \u00e9l\u00e9ments biographiques cens\u00e9s r\u00e9v\u00e9ler leur caract\u00e8re, est dispens\u00e9e parcimonieusement et n\u2019a normalement aucune incidence sur le d\u00e9roulement de l\u2019enqu\u00eate. Une des cons\u00e9quences de la s\u00e9rie feuilletonnante, c\u2019est l\u2019inflation des co\u00fbts \u00ab\u00a0variables\u00a0\u00bb (<em>above the line<\/em>). En raison de l\u2019augmentation en spirale des salaires des com\u00e9diens principaux et de l\u2019\u00e9quipe \u00ab\u00a0cr\u00e9ative\u00a0\u00bb (sc\u00e9naristes, monteurs) en position de monnayer leurs efforts apr\u00e8s le rodage d\u2019une s\u00e9rie \u00e0 succ\u00e8s, celle-ci porte une charge financi\u00e8re importante \u00e0 partir de sa cinqui\u00e8me saison, au moment o\u00f9 elle commence \u00e0 profiter des ventes internationales et en rediffusion. Le com\u00e9dien Kiefer Sutherland (<em>24<\/em>) s\u2019est r\u00e9engag\u00e9 en 2006 pour trois saisons moyennant 555\u00a0500 $ par \u00e9pisode, alors que le contrat de William Peterson (<em>Les Experts<\/em>) s\u2019est termin\u00e9 \u00e0 600\u00a0000 $ par \u00e9pisode. Les co\u00fbts de production\u00a0<em>below the line<\/em> (frais fixes) \u00e9tant relativement standards\u00a0pour toutes les s\u00e9ries (entre 100\u00a0000 $ et 150\u00a0000 $ par jour de tournage), l\u2019inflation vient donc des co\u00fbts variables, contrairement \u00e0 la situation dans les ann\u00e9es 1960. \u00c0 moyen terme, il faudra trouver d\u2019autres montages financiers, en commen\u00e7ant par la coproduction internationale. \u00ab\u00a0<em>Le march\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision est en train de rattraper le business model du cin\u00e9ma, \u00e0 savoir, la pr\u00e9vente internationale. Les networks am\u00e9ricains ont besoin d\u2019une solution financi\u00e8re pour les s\u00e9ries sc\u00e9naris\u00e9es, alors que les acheteurs \u00e9trangers ont besoin des produits de qualit\u00e9 qu\u2019ils attendent d\u2019Hollywood.\u00a0<\/em>\u00bb [5]\n<p style=\"text-align: justify;\">Les co\u00fbts de production ont donc beaucoup augment\u00e9 en dollars constants : les 75\u00a0000 $ que co\u00fbtait un \u00e9pisode de <em>Cheyenne <\/em>(1960) correspondent \u00e0 470\u00a0000 $ en 2008\u00a0; les 155\u00a0000 $ d\u2019un \u00e9pisode des <em>Agents tr\u00e8s sp\u00e9ciaux <\/em>(1965) \u00e0 906\u00a0400 $\u00a0; les 400\u00a0000 $ de <em>Kojak<\/em> (1977) \u00e0 1,27 $ million\u00a0; le 1 million $ de <em>Miami Vice <\/em>(1985) \u00e0 1,85 million $, le 1,3 million $ de <em>X-Files<\/em> (1995) \u00e0 1,7 million $, et le 1,8 million $ de <em>CSI<\/em> (2000) \u00e0 2,25 millions $. Le co\u00fbt moyen d\u2019une s\u00e9rie en <em>prime time <\/em>en 2007 atteignait 3 millions $. Contraints de vendre aux <em>networks<\/em> \u00e0 perte (normalement \u00e0 75-80% des frais), les producteurs d\u00e9pendent des rediffusions (\u00e0 partir d\u2019un minimum de 70 \u00e9pisodes) et des ventes internationales (sans oublier les DVD et les produits d\u00e9riv\u00e9s) pour faire des b\u00e9n\u00e9fices. Depuis la gr\u00e8ve des sc\u00e9naristes de t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 l\u2019hiver 2007-8, et la crise financi\u00e8re de 2008, on cherche \u00e0 r\u00e9duire le co\u00fbt par \u00e9pisode, qui est tout de m\u00eame mont\u00e9 \u00e0 5 millions $ lors de la derni\u00e8re saison de <em>24 <\/em>en 2010, alors que <em>CSI<\/em> a atteint 4,5 millions\u00a0$ et <em>NCIS<\/em> au moins 4 millions $ [6].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant aux recettes publicitaires, la marge pour le diffuseur vient de l\u2019extension de l\u2019espace publicitaire. \u00c0 partir des ann\u00e9es 1990, la dur\u00e9e normale d\u2019un \u00e9pisode passe en cons\u00e9quence de 52 \u00e0 42 minutes, la quantit\u00e9 de spots compensant une stagnation de tarifs aggrav\u00e9e par la croissance de cha\u00eenes c\u00e2bl\u00e9es qui concurren\u00e7aient de plus en plus les <em>networks<\/em>. Les tarifs publicitaires en 2010, qui ont peu \u00e9volu\u00e9 depuis 1965 en dollars constants pour la plupart des s\u00e9ries, refl\u00e8tent l\u2019\u00e9miettement de l\u2019audience<em>\u00a0<\/em>: une s\u00e9rie (et non une sitcom) bien class\u00e9e aujourd\u2019hui attire une moyenne de 15 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs aux \u00c9tats-Unis par rapport \u00e0 20 \u00e0 23 millions en 1990 (50 millions pour <em>I Love Lucy<\/em> dans les ann\u00e9es 1950).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/csi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-15631\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/csi.jpg\" alt=\"csi\" width=\"284\" height=\"177\" \/><\/a>Le march\u00e9 international pour les s\u00e9ries am\u00e9ricaines (et depuis le succ\u00e8s de <em>Friends<\/em>, les sitcoms) s\u2019est consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1960, aid\u00e9 par la multiplication de cha\u00eenes priv\u00e9es demandeuses de contenus\u00a0: les trois franchises des <em>Experts<\/em> (<em>CSI<\/em>) ont \u00e9t\u00e9 vendues dans 200 pays pour une audience cumul\u00e9e de 2 milliards. A ce titre, l\u2019internationalisation des s\u00e9ries am\u00e9ricaines est un bon indice de \u00ab\u00a0l\u2019am\u00e9ricanisation\u00a0\u00bb des go\u00fbts (en l\u2019occurrence, pour des personnages st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, dessin\u00e9s), tendance historique lourde mais toujours r\u00e9versible\u00a0: en France, depuis peu, l\u2019audience d\u2019une s\u00e9rie am\u00e9ricaine d\u00e9passe celle d\u2019une fiction fran\u00e7aise en <em>prime time<\/em> et le tarif en 2009 pour <em>Les Experts<\/em> (200\u00a0000 \u20ac) constitue une augmentation sensible par rapport \u00e0 la moyenne pour la diffusion d\u2019un \u00e9pisode d\u2019une s\u00e9rie am\u00e9ricaine en France en 2002\u00a0(60\u00a0000 $) [7]. Le tarif est fonction du nombre de t\u00e9l\u00e9viseurs et de l\u2019importance de l\u2019industrie publicitaire nationale, mais aussi, dans des march\u00e9s de taille comparable, du niveau de \u00ab\u00a0r\u00e9sistance\u00a0\u00bb aux s\u00e9ries am\u00e9ricaines. Ce dernier semble avoir baiss\u00e9 de mani\u00e8re significative en France dans les ann\u00e9es 2000. Une \u00e9tude macro\u00e9conomique des tarifs nationaux des sitcoms am\u00e9ricaines en 1983 a conclu que les autres facteurs \u00e9tant \u00e9gaux, la proximit\u00e9 culturelle aux \u00c9tats-Unis des pays anglophones fait accro\u00eetre ce tarif par un facteur de deux. Il existait donc historiquement un \u00ab\u00a0discount culturel\u00a0\u00bb dans tous les autres march\u00e9s [8].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui se profile dans un avenir ind\u00e9termin\u00e9, c\u2019est la convergence des supports\u00a0: la coexistence de la t\u00e9l\u00e9vision, des jeux vid\u00e9o, de l\u2019informatique et de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet sur un seul \u00e9cran, quelle que soit sa taille. Il est probable que la tendance, d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9e, au desserrement des grilles de programmation continuera, et que le consommateur sera de moins en moins contraint de se donner rendez-vous devant l\u2019\u00e9cran \u00e0 une heure fixe. Certains acteurs de l\u2019industrie audiovisuelle parlent de la mort in\u00e9vitable de la t\u00e9l\u00e9diffusion commerciale, alors que d\u2019autres pr\u00e9f\u00e8rent parier sur la vente directe d\u2019\u00e9missions au consommateur en diff\u00e9renciant les prix selon le support (t\u00e9l\u00e9vision, DVD, t\u00e9l\u00e9phone, internet). D\u2019autres encore insistent sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019exp\u00e9rimenter de nouvelles fa\u00e7ons d\u2019int\u00e9grer la publicit\u00e9 dans le contenu [9]. Un colloque de professionnels de la t\u00e9l\u00e9vision en 2009 a ent\u00e9rin\u00e9 la migration vers l\u2019internet des jeunes\u00a0; actuellement, m\u00eame les fans d\u2019une s\u00e9rie ne la regardent que la moiti\u00e9 du temps \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision [10]. Le mod\u00e8le d\u2019un financement indirect par la publicit\u00e9 et d\u2019une organisation en grilles programm\u00e9es pourrait \u00eatre menac\u00e9 \u00e0 terme, et avec lui, la s\u00e9rie, du moins sous sa forme actuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>David Buxton est Professeur en sciences de l\u2019information et de la communication \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Paris Ouest Nanterre La D\u00e9fense. Il a publi\u00e9 <\/em>Les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es. Forme, id\u00e9ologie et mode de production<em> (L\u2019Harmattan) en 2010.<\/em><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n[1] Jon Heitland, <em>The Man from UNCLE Book<\/em>, St Martin\u2019s Press, New York, 1987, pp. 4-5.<\/p>\n[2] Les s\u00e9ries produites pour les cha\u00eenes c\u00e2bl\u00e9es (<em>Les Sopranos<\/em>, <em>The Wire<\/em>), moins soumises aux taux d\u2019audience, peuvent se contenter d\u2019une douzaine d\u2019\u00e9pisodes par saison et un temps de production moins court, d\u2019o\u00f9 une certaine qualit\u00e9 qui conforte les arguments des \u00ab\u00a0s\u00e9riephiles\u00a0\u00bb.<\/p>\n[3] <em>Ibid., <\/em>pp. 188-9 (je traduis).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n[4] Cit\u00e9 par Roberta Pearson, \u201cAnatomising Gilbert Grissom\u201d, in Michael Allen (dir), <em>Reading CSI<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 40 (je traduis).<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n[5] Zack Sherman, cit\u00e9 in \u00ab\u00a0Fox TV looks toward Asia for partners\u00a0\u00bb, <em>Variety<\/em>, 21 avril 2009 (je traduis).<\/p>\n[6] Les sources diverses pour tous ces chiffres sont donn\u00e9es dans mon livre cit\u00e9 dans la notice biographique.<\/p>\n[7] Cf. le co\u00fbt d\u2019un \u00e9pisode d\u2019une s\u00e9rie polici\u00e8re fran\u00e7aise\u00a0: autour de 1,2 million \u20ac.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n[8] Colin Hoskins, Rolf Mirus et William Rozeboom, \u00ab\u00a0US Television programs in the international market : unfair pricing\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>Journal of communication<\/em>, 39:2, 1989.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n[9] \u00ab Panel weighs TV\u2019s future \u00bb, <em>Variety<\/em>, juin 7, 2005.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\">[10] \u00ab\u00a0Milken panel dishes on TV\u2019s future\u00a0\u00bb, <em>Variety<\/em>, avril 29, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bouton-citer2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1937\" title=\"bouton citer\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bouton-citer2.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>BUXTON\u00a0David<\/strong>, \u00ab\u00a0L&rsquo;Economie politique des s\u00e9ries am\u00e9ricaines\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2013, mis en ligne le\u00a013\u00a0octobre 2012. URL : http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/leconomie-politique-des-series-americaines\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#haut\">RETOUR HAUT DE PAGE<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est l\u2019adaptation au genre des personnages sans profondeur et d\u2019une \u00e9criture modulaire, deux inventions formelles de la \u00ab s\u00e9rie pop \u00bb des ann\u00e9es 1960, qui a permis aux s\u00e9ries am\u00e9ricaines de conqu\u00e9rir le monde entier.<\/p>\n","protected":false},"author":1294,"featured_media":1278,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,668,3,14,10],"tags":[28],"coauthors":[791],"class_list":["post-82","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-culturepop","category-industries-culturelles","category-serie-tv","category-television","tag-ideologie"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1294"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=82"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}