
{"id":6428,"date":"2013-10-01T03:00:28","date_gmt":"2013-10-01T01:00:28","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=6428"},"modified":"2019-03-17T18:44:40","modified_gmt":"2019-03-17T17:44:40","slug":"influence-henry-thoreau-film-into-the-wild","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/influence-henry-thoreau-film-into-the-wild\/","title":{"rendered":"L&rsquo;influence de Henry D. Thoreau sur le film \u00ab\u00a0Into The Wild\u00a0\u00bb &#8211; M\u00e9lodie LUCCHESI"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6428?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6428?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p><a name=\"haut\"><\/a><\/p>\n[himage]<a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s2member_file_download=lucchesi1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6118\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/boutonprintpdf1.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"42\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s2member_file_download=lucchesi1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6119\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/boutonprintpdfneg.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"42\" \/><\/a>[\/himage]\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Il existe un lien \u00e9troit entre la th\u00e9orie critique des industries culturelles et une r\u00e9flexion sur l&rsquo;am\u00e9ricanisation de la culture europ\u00e9enne apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale et les effets du plan Marshall trop souvent r\u00e9duite \u00e0 un anti-am\u00e9ricanisme primaire. En 2007 le film <\/strong><\/em><strong>Into the Wild<\/strong><em><strong> de Sean Penn se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un succ\u00e8s hollywoodien inattendu, permettant de red\u00e9couvrir une \u00e9poque des \u00c9tats-Unis et un pan de la culture am\u00e9ricaine que les europ\u00e9ens ne connaissent pas forc\u00e9ment, notamment la figure d&rsquo;Henry David Thoreau (1817-1862), essayiste, enseignant, philosophe, naturaliste amateur et po\u00e8te, incontournable dans son pays notamment pour ses livres :<\/strong><\/em> <strong>La <\/strong><strong>D\u00e9sob\u00e9<\/strong><strong>issance civile<\/strong><em><strong> (1849) et <\/strong><\/em><strong>Walden ou la vie dans les bois<\/strong><em><strong> (1854). <\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>\u00a0<\/strong><\/em>Article interdit \u00e0 la reproduction payante<\/p>\n<div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#e5e54c;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#FFFF66;border-color:#ffffff;color:#333333;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Extrait sur l&rsquo;am\u00e9ricanisme dans l&rsquo;essai \u00ab\u00a0Aldous Huxley et l&rsquo;utopie\u00a0\u00bb in <em>Prismes<\/em>, de T.W. Adorno (1955), p. 80.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La catastrophe europ\u00e9enne [Seconde Guerre mondiale NdE] annonc\u00e9e par les longues ombres qu&rsquo;elles projetait, a fait appara\u00eetre pour la premi\u00e8re fois en Am\u00e9rique le type de l&rsquo;intellectuel \u00e9migr\u00e9. [&#8230;] Au XIXe si\u00e8cle, quand on allait dans le nouveau monde, on \u00e9tait attir\u00e9 par les possibilit\u00e9s illimit\u00e9s qui s&rsquo;y offraient ; on \u00e9migrait pour faire fortune ou du moins pour trouver le n\u00e9cessaire refus\u00e9s par les pays europ\u00e9ens surpeupl\u00e9s. [&#8230;] Le scepticisme d&rsquo;un visiteur tel que Tocqueville, qui percevait d\u00e9j\u00e0 il y a cent ans l&rsquo;aspect de non-libert\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 effr\u00e9n\u00e9e, restait l&rsquo;exception ; la r\u00e9bellion contre ce que les conservateurs allemands appelaient, dans leur jargon, l&rsquo;am\u00e9ricanisme, se fit jour plut\u00f4t chez les am\u00e9ricains tels que Poe, Emerson et\u00a0Thoreau que chez les nouveaux venus. Cent ans plus tard, ce ne furent plus des intellectuels isol\u00e9s qui \u00e9migr\u00e8rent, mais l&rsquo;intelligentsia europ\u00e9enne [dont faisait partie Adorno] en tant que couche sociale, nullement limit\u00e9e aux juifs. Ils ne voulaient pas vivre mieux, mais survivre ; les possibilit\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient plus illimit\u00e9es ; impitoyablement, ils subirent eux aussi le diktat de l&rsquo;adaptation, la r\u00e8gle de la concurrence \u00e9conomique.<\/div><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Abr\u00e9viations<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences sont donn\u00e9es dans le texte, sous forme abr\u00e9g\u00e9e pour les \u0153uvres suivantes :<br \/>\nW <em>Walden<\/em> de Thoreau<br \/>\nNW Henry D Thoreau, <em>Narcisse \u00e0 Walden<\/em> de Michel Granger<br \/>\nITW <em>Into the Wild (Voyage au bout de la solitude)<\/em> de Jon Krakauer<br \/>\nDC <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> de Thoreau<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Une partie du patrimoine culturel des \u00c9tats-Unis<\/h2>\n<blockquote>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Plut\u00f4t que l\u2019amour, la gloire, l\u2019argent, la loyaut\u00e9, la justice, donnez-moi la v\u00e9rit\u00e9 (W, 333)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/voyageauboutdelasolitude.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6492 alignright\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/voyageauboutdelasolitude.png\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"148\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/walden.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6493\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/walden.jpg\" alt=\"\" width=\"219\" height=\"378\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Henry D. Thoreau en 1844 et Christopher J. McCandless en 1992, le h\u00e9ros du roman biographique \u00e9crit par Jon Krakauer (1997)<em> Voyage au bout de la solitude (Into the Wild<\/em>), se sont retir\u00e9s dans la nature pour chercher cette v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019ils ne trouvaient pas dans leur soci\u00e9t\u00e9. En 2007 avec le film de Sean Penn, l\u2019histoire de Christopher McCandess \u00e9branle le monde entier et se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un succ\u00e8s hollywoodien. <em>Into The Wild<\/em> permet de red\u00e9couvrir une \u00e9poque des \u00c9tats-Unis et une culture am\u00e9ricaine, \u00e0 travers Thoreau que les Europ\u00e9ens et le reste du monde ne connaissent pas forc\u00e9ment . Thoreau est un \u00e9crivain, penseur,\u00a0 transcendantaliste, incontournable aux \u00c9tats-Unis. Il fait partie int\u00e9grante du patrimoine culturel am\u00e9ricain et est consid\u00e9r\u00e9 comme une figure mod\u00e8le de l\u2019am\u00e9ricain, ce qui peut para\u00eetre paradoxal car Thoreau rejetait la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine de son \u00e9poque. Ainsi le film de Sean Penn permet en filigrane de voir comment les \u00e9crits de Thoreau datant du XIXe si\u00e8cle ont influenc\u00e9 le voyage de Christopher McCandless au XXe. Mais plus que l\u2019influence du penseur c\u2019est un mode de vie \u00e0 l\u2019Am\u00e9ricaine que McCandless id\u00e9alise \u00e0 travers les \u00e9crits de Thoreau, tout comme ce dernier, influenc\u00e9 par le fondateur du mouvement transcendantaliste Ralph Waldo Emerson, id\u00e9alisait en son temps la nature. Cette fascination se r\u00e9v\u00e8le dans son livre <em>Walden ou la vie dans les bois<\/em>, qui est le r\u00e9cit de ses deux ann\u00e9es pass\u00e9es dans une cabane qu\u2019il a construite de ses propres mains pr\u00e8s du lac Walden. Cette entreprise intrigua beaucoup l\u2019entourage et les habitants de Concord, elle provoqua des r\u00e9actions contrast\u00e9es, certains comme les transcendantalistes soutenant Thoreau dans son projet tandis que d\u2019autres ne comprenaient pas le but de cette retraite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mouvement transcendantaliste fut cr\u00e9\u00e9 contre le rationalisme du XVIIIe si\u00e8cle et r\u00e9v\u00e9la la tendance humanitaire de la pens\u00e9e du XIXe si\u00e8cle. La doctrine des transcendantalistes se rapproche de celle du romantisme allemand. Ils pr\u00f4nent l\u2019ind\u00e9pendance et l\u2019individualisme tout en conservant une foi en l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00e2me humaine avec Dieu. Ce courant spirituel est principalement localis\u00e9 dans la ville de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Concord_(Massachusetts)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Concord<\/a>, situ\u00e9e \u00e0 32 km \u00e0 l\u2019ouest de Boston. Celle bourgade fut le site du \u00ab premier accrochage \u00bb de la Guerre d\u2019Ind\u00e9pendance. Concord fut la premi\u00e8re colonie d\u2019artistes \u00e0 la campagne qui offrit un choix spirituel et culturel autre que le mat\u00e9rialisme am\u00e9ricain. Les penseurs Emerson et Thoreau y cultivaient leur jardin afin de pouvoir vivre en quasi-autosuffisance. Thoreau resta attach\u00e9 \u00e0 Concord, sa ville natale, toute sa vie. Son mentor, Emerson s\u2019y installa en 1834. Thoreau construisit sa cabane sur les terres appartenant \u00e0 Emerson. Ces deux penseurs furent les piliers de cette ville, o\u00f9 l\u2019on pouvait y croiser le romancier Nathaniel Hawthorne, la f\u00e9ministe Margaret Fuller, le p\u00e9dagogue Bronson Alcott et le po\u00e8te William Ellery Channing. Ils form\u00e8rent le <em>Transcendantal Club<\/em> en 1836 qui rassembla \u00e0 diff\u00e9rents moments : Emerson, Thoreau, Fuller, Channing, Alcott, Orestes Brownson (un pasteur renomm\u00e9), Theodore Parker (abolitionniste et pasteur) et plusieurs autres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/_KenbW52H48\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un si\u00e8cle plus tard, une autre aventure va susciter le m\u00eame m\u00e9lange d\u2019admiration et d\u2019incompr\u00e9hension, que les deux ann\u00e9es de Thoreau \u00e0 Walden, celle de Christopher McCandless, protagoniste dramatique du livre de Jon Krakauer <em>Voyage au bout de la solitude<\/em> (<em>Into The Wild)<\/em>. Le livre a pour sujet le condens\u00e9 biographique de l\u2019aventure de Christopher vers l\u2019Alaska, sa vie et sa mort dans la nature sauvage de cette r\u00e9gion. Ces deux exp\u00e9riences peuvent sembler similaires en apparence mais beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments les diff\u00e9rencient (dont la mort par empoisonnement de McCandless). Toutefois cette volont\u00e9 \u00e9gale de se retirer dans la nature loin de la soci\u00e9t\u00e9 et des hommes a un m\u00eame <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tocqueville.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6500\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tocqueville-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"182\" height=\"274\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tocqueville-200x300.jpg 200w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tocqueville.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><\/a>texte comme gen\u00e8se : <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em>. L\u2019un, Thoreau, l\u2019a \u00e9crit et l\u2019autre, McCandless, l\u2019a int\u00e9gr\u00e9 dans sa vie \u00ab \u00e0 la lettre \u00bb. Bien que plus d\u2019un si\u00e8cle les s\u00e9pare, une m\u00eame volont\u00e9 de libert\u00e9 les anime, un besoin d\u2019ind\u00e9pendance les rassemble ainsi qu\u2019une passion commune vou\u00e9e aux livres d\u2019aventures (notamment ceux \u00e9crits par Jack London pour Christopher McCandless). Ce qui \u00e9tonne c\u2019est que ces m\u00eames d\u00e9sirs de libert\u00e9 et de rejet de la soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9roulent \u00e0 deux p\u00e9riodes bien diff\u00e9rentes dans l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis. Au temps de Thoreau, les \u00c9tats-Unis n\u2019en sont encore qu\u2019\u00e0 leurs pr\u00e9misses et la d\u00e9mocratie \u00e0 ses d\u00e9buts comme le d\u00e9crit Alexis de Tocqueville dans <em>De la d\u00e9mocratie en Am\u00e9rique <\/em>(1835-1840). Alors que dans les ann\u00e9es 1990, les \u00c9tats-Unis sont les grands vainqueurs de la Guerre Froide et unique grande puissance mondiale dont les mod\u00e8les \u00e9conomiques et sociaux restent seuls survivants. Pourtant il y a des parall\u00e8les entre ses deux \u00e9poques : la guerre et l\u2019avanc\u00e9e technologique. La guerre du Mexique et l\u2019arriv\u00e9e des chemins de fer marqu\u00e8rent l\u2019\u00e9poque de Thoreau, celle de McCandless voit appara\u00eetre les d\u00e9buts d\u2019Internet et la guerre du Golfe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/kerouac.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-6501 alignright\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/kerouac.jpg\" alt=\"\" width=\"128\" height=\"218\" \/><\/a>Bien que le penseur e\u00fbt une influence significative sur l\u2019aventurier, un si\u00e8cle plus tard, ils n\u2019ont pas les m\u00eames v\u00e9cus ou id\u00e9aux, ce qui va concourir \u00e0 leurs diff\u00e9rences d\u2019approche envers leur \u00ab retour \u00e0 la nature \u00bb respectifs. Thoreau fut influenc\u00e9 par le romantisme europ\u00e9en et en particulier le romantisme allemand alors que pour McCandless ce fut le fruit de plusieurs mouvements de pens\u00e9es libertaires. Ainsi les ann\u00e9es 1990 subissent surtout l\u2019influence des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, ces demandes croissantes de libert\u00e9 et de volont\u00e9 de s\u2019affranchir des lois de la soci\u00e9t\u00e9 pour \u00ab aller jusqu\u2019au bout de nous-m\u00eames \u00bb n\u2019est pas sans rappeler la g\u00e9n\u00e9ration post- Seconde Guerre Mondiale : les beatniks qui ont engendr\u00e9 un auteur c\u00e9l\u00e8bre : Jack Kerouac et son livre culte <em>Sur la route<\/em>. Les beatniks ou la <em>Beat Generation<\/em> naquit dans les ann\u00e9es 1950, les pr\u00e9misses du mouvement auraient m\u00eame commenc\u00e9 d\u00e8s 1944, jusque dans les ann\u00e9es 1965. Pierre-Yves P\u00e9tillon, professeur d&rsquo;histoire de la culture am\u00e9ricaine \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris IV et \u00e0 l&rsquo;Ecole Normale, d\u00e9crit la <em>Beat Generation<\/em> dans son livre <em>La grand Route<\/em> comme un mouvement qui&#8230;<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">&#8230;tenta de r\u00e9veiller le corps et l&rsquo;esprit: voyager sous tous les cieux, boire, se droguer, appeler Dieu ou le rejeter, abolir toutes les conventions, toutes les traditions, partir seul ou \u00e0 plusieurs, r\u00eaver sa solitude, vivre son enthousiasme aussi bien que sa d\u00e9pression, br\u00fbler sa vie jusqu&rsquo;\u00e0 se d\u00e9truire.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette description conviendrait \u00e0 McCandless, hormis l\u2019alcool et la drogue car McCandless pr\u00f4nait une vie saine comme Thoreau.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Influence de Thoreau sur le film de Sean Penn<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/intothewildbus.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6490\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/intothewildbus.png\" alt=\"\" width=\"334\" height=\"151\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/intothewildbus.png 334w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/intothewildbus-300x135.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 334px) 100vw, 334px\" \/><\/a>Lorsque l\u2019on regarde <em>Into the Wild<\/em> on ne peut s\u2019emp\u00eacher de faire un parall\u00e8le avec <em>Walden<\/em>, puis l\u2019on se rend compte, au milieu du film, que ce n\u2019est pas ce livre qui a influenc\u00e9 le d\u00e9part de McCandless. En effet, Christopher ne commence la lecture de ce livre que pendant son s\u00e9jour dans le bus 142, o\u00f9 il trouve refuge en Alaska. Cela ne veut pas dire que Thoreau n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine de ce voyage, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment son essai intitul\u00e9 : <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em>, qui fut l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur, agissant un peu comme une r\u00e9v\u00e9lation aux yeux de Christopher, l\u2019invitant \u00e0 porter un nouveau regard sur la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il vivait.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9sob\u00e9issance civile<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/desobeissancecivile.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6495\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/desobeissancecivile.jpg\" alt=\"\" width=\"132\" height=\"178\" \/><\/a>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en 1849 alors que l\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 aboli en 1833 dans l\u2019Empire britannique (1848 pour la France). Cet essai parait trois ans apr\u00e8s que Thoreau a pass\u00e9 la nuit dans une prison suite \u00e0 son refus de payer les imp\u00f4ts qui servaient en partie \u00e0 financer la Guerre du Mexique. En 1837 Thoreau prononce un discours, lors de la remise de son dipl\u00f4me de Harvard, on y trouve d\u00e9j\u00e0 des id\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9 et une volont\u00e9 de d\u00e9sob\u00e9ir au gouvernement de mani\u00e8re pacifiste. <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> de Thoreau et sa th\u00e9orie de la r\u00e9sistance passive fond\u00e9e sur la n\u00e9cessit\u00e9 morale pour le juste de d\u00e9sob\u00e9ir aux lois injustes inspir\u00e8rent le Mahatma Gandhi dans sa lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Inde, ainsi que le combat de Martin Luther King pour les droits civiques des Noirs am\u00e9ricains au XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins . (DC, 9)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette phrase extraite de <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> est toujours d\u2019actualit\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 la politique la plus dominante r\u00e9side dans un gouvernement peu interventionniste. Thoreau va jusqu\u2019\u00e0 souhaiter que le&#8230;<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">&#8230;gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout \u00bb ; et quand les hommes y seront pr\u00eats, tel sera le genre de gouvernement qu\u2019ils auront. (DC, 9)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thoreau n\u2019est pas en accord avec le gouvernement en place car, selon lui, il ne repr\u00e9sente pas le peuple am\u00e9ricain dans son ensemble mais aussi parce que<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La masse des hommes sert l\u2019\u00c9tat de la sorte, pas en tant qu\u2019hommes, mais comme des machines, avec leurs corps.\u00a0 (DC, 13)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christopher n\u2019est pas contre le gouvernement \u00e0 proprement parl\u00e9, il ne suit pas une id\u00e9e politique comme Thoreau, il semble plus s\u2019int\u00e9resser au mode de vie d\u00e9crit par l\u2019\u00e9crivain, dans son essai. Et tout d\u2019abord \u00e0 la notion de pauvret\u00e9 introduite par Thoreau :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La facult\u00e9 de vivre diminue en proportion de l\u2019accroissement des pr\u00e9tendus \u00ab moyens \u00bb. Le mieux qu\u2019un homme puisse faire pour sa culture lorsqu\u2019il est riche, c\u2019est de s\u2019efforcer d\u2019accomplir les projets qu\u2019il avait, pauvre.(DC, 30)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/waldenpond.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6509\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/waldenpond.png\" alt=\"\" width=\"126\" height=\"144\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il insiste sur cette notion de minimiser les d\u00e9penses d\u2019argent au maximum et de se contenter de peu d\u2019argent pour vivre. D&rsquo;ailleurs, le penseur a pratiqu\u00e9 ce mode de vie pendant les deux ann\u00e9es qu\u2019il a pass\u00e9 \u00e0 Walden Pond. McCandless suivra ce principe pendant toute la dur\u00e9e de sa travers\u00e9e pour rejoindre Fairbanks et lors de la pr\u00e9paration de son exp\u00e9dition sur la Piste Sampede. Cette volont\u00e9 de limiter les biens mat\u00e9riels correspond \u00e0 son refus de payer les imp\u00f4ts. Thoreau \u00e9crit que si une personne a des biens :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">(\u2026) l\u2019\u00c9tat (\u2026) ne tardera pas \u00e0 prendre et \u00e0 d\u00e9truire tous mes biens, \u00e0 me harasser sans fin moi et mes enfants. (DC, 31)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus, le transcendantaliste n\u2019est pas pour la s\u00e9dentarit\u00e9 permanente, il \u00e9crit qu\u2019une location ou un refuge serait plus favorable, car l\u2019\u00c9tat ne pourrait pas \u00eatre en mesure de le saisir. Il promeut une vie \u00ab en autarcie, ne d\u00e9pendre que de soi, \u00eatre toujours pr\u00eat \u00e0 lever le camp sans avoir beaucoup \u00e0 emporter. \u00bb (DC, 31). Cette citation est en parfaite ad\u00e9quation avec la philosophie de vie de Christopher McCandless qu\u2019il a appliqu\u00e9e d\u00e8s son entr\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9. D\u00e9j\u00e0 dans sa chambre d\u2019\u00e9tudiant, il n\u2019y avait pas beaucoup de mobilier, il s\u2019appliquait \u00e0 vivre dans l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 pr\u00f4n\u00e9e pas Tolsto\u00ef et Thoreau :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Pendant sa derni\u00e8re ann\u00e9e \u00e0 Atlanta, Chris avait v\u00e9cu dans une chambre monacale qui ne contenait pour tout meuble qu\u2019un matelas pos\u00e9 sur le sol, des cageots de lait et une table. (ITW, 42)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jeune homme s\u2019est d\u00e9j\u00e0 habitu\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es \u00e0 se contenter du minimum de confort pour vivre. On pourrait m\u00eame rapprocher cette aust\u00e9rit\u00e9 de sa chambre d\u2019\u00e9tudiant \u00e0 celle du bus qu\u2019il a rencontr\u00e9 sur la Piste de Sampede. Vivre en accord avec ses principes, ses valeurs, m\u00eame si elles ne correspondent pas \u00e0 celles de la soci\u00e9t\u00e9, Thoreau encourage cette initiative dans <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Si une plante ne peut vivre selon sa nature, elle meurt ; et il en va de m\u00eame pour un homme.\u00a0 (DC, 35)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus que des encouragements, Thoreau souhaite qu\u2019il y ait des hommes libres qui puissent aller \u00e0 l\u2019encontre du gouvernement, ce dernier n\u2019est pas repr\u00e9sentatif des citoyens am\u00e9ricains, dans son ensemble. Il faut du courage \u00e0 cet homme pour assumer cet esprit libre qui va \u00e0 contre-courant des id\u00e9es du plus grand nombre, id\u00e9es encourag\u00e9es par le gouvernement :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Un tout petit- h\u00e9ros, patriotes, martyrs, r\u00e9formateurs au sens fort, des hommes enfin, servent l\u2019\u00c9tat avec leur conscience aussi et lui r\u00e9sistent n\u00e9cessairement pour l\u2019essentiel ; et il les traite souvent en ennemis. L\u2019homme sage n\u2019est utile qu\u2019en tant qu\u2019il reste un homme et refusera d\u2019\u00eatre de la \u00ab glaise \u00bb ou de \u00ab jouer les bouche-trous \u00bb, et laissera cette mission \u00e0 sa poussi\u00e8re. (DC, 14)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet esprit de r\u00e9sistance au gouvernement se retrouve chez Thomas Jefferson (<span class=\"notranslate\" style=\"background-color: #e6ecf9;\"><a href=\"http:\/\/translate.googleusercontent.com\/translate_c?depth=1&amp;hl=fr&amp;prev=\/search%3Fq%3DThe%2Bspirit%2Bof%2Bresistance%2Bto%2Bgovernment%2Bis%2Bso%2Bvaluable%2Bon%2Bcertain%2Boccasions%2Bthat%2BI%2Bwish%2Bit%2Bto%2Bbe%2Balways%2Bkept%2Balive%26newwindow%3D1&amp;rurl=translate.google.fr&amp;sl=en&amp;u=http:\/\/memory.loc.gov\/cgi-bin\/ampage%3FcollId%3Dmtj1%26fileName%3Dmtj1page006.db%26recNum%3D1250&amp;usg=ALkJrhhn2khPPtQ-IRzlvxZ0lP7PaAwKeQ\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">lettre du 22 f\u00e9vrier 1787 de Thomas Jefferson en r\u00e9ponse \u00e0 Abigail Adams Smith, <\/a><\/span><span class=\"notranslate\" style=\"background-color: #e6ecf9;\">\u00e9pouse de John Adams, deuxi\u00e8me pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis apr\u00e8s George Washington) <\/span>:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span class=\"sqq\"><span class=\"sqq\">The spirit of resistance to government is so valuable on certain occasions that I wish it to be always kept alive.<\/span>(<\/span>L\u2019esprit de r\u00e9sistance au gouvernement est si pr\u00e9cieux en certaines occasions, que j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il sera toujours gard\u00e9 en vie).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces propos peuvent appara\u00eetre comme paradoxaux car il fut un homme d\u2019\u00c9tat une grande partie de sa vie, acc\u00e9dant le 4 mars 1801 \u00e0 la fonction de troisi\u00e8me pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis. Jefferson repr\u00e9sente ce que Thoreau combat, bien que les deux hommes se rejoignent sur la d\u00e9fense de la libert\u00e9 et de la r\u00e9sistance au gouvernement. Cette figure d\u2019un homme lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019emprise des hommes, capable d\u2019aller \u00e0 l\u2019encontre de la pens\u00e9e du plus grand nombre, et d\u2019affirmer tout haut son ind\u00e9pendance, se retrouve dans le comportement de Christopher. Selon Fran\u00e7ois Specq, professeur de litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;ENS de Lyon, Thoreau encourageait la d\u00e9sob\u00e9issance civile de mani\u00e8re individuelle, il disait qu\u2019un individu plus un individu formerait un groupe d\u2019hommes libres qui inspireraient les autres. C\u2019est donc de mani\u00e8re individuelle que McCandless a v\u00e9cu son histoire. Il ne se souciait pas de faire comprendre aux autres sa d\u00e9marche, il avait ses propres raisons, mais il voulait que les autres changent de vie pour \u00eatre plus heureux. Le but de Christopher n\u2019\u00e9tait pas de rallier tout le monde \u00e0 sa cause, il ne demanda pas \u00e0 Jan Burres ou Wayne Westerberg (qui le prennent en stop) de changer de vie, car ils \u00e9taient en accord avec leur propre nature. Les deux hommes veulent trouver leur voie et que chacun respecte sa nature profonde. Christopher avait besoin de se prouver sa valeur face \u00e0 la nature sauvage, et de d\u00e9montrer qu\u2019il \u00e9tait capable de vivre par lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la version cin\u00e9matographique, Sean Penn n&rsquo;a introduit dans le sc\u00e9nario qu&rsquo;une seule citation de l\u2019\u00e9crivain. Elle est extraite de <em>Walden<\/em> et non de <em>La D\u00e9sob\u00e9issance Civile<\/em>. D\u2019ailleurs lorsque l\u2019on regarde attentivement le film, il n\u2019y a pas de r\u00e9f\u00e9rence explicite \u00e0 ce texte. Sean Penn ne montre pas McCandless comme un disciple des id\u00e9es d\u2019homme libre auxquelles Thoreau tenait tant et qu\u2019il a repris \u00e0 son propre compte. McCandless est plus assimil\u00e9 \u00e0 la <em>Beat Generation<\/em> ou aux hippies (Jan Burres et son petit ami Bob se disent issus du mouvement hippie).<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e9sence des livres dans le film Into The Wild.<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/crocblanc.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6511\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/crocblanc.jpg\" alt=\"\" width=\"175\" height=\"263\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tolstoi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-6512 alignright\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/tolstoi-179x300.jpg\" alt=\"\" width=\"144\" height=\"257\" \/><\/a>Christoper J McCandless, grand lecteur, transportait une dizaine de livres dans son sac \u00e0 dos, lors de sa travers\u00e9e du pays pour rejoindre Fairbanks. Cette retraite dans la nature lui donnait plus de temps pour se consacrer \u00e0 la lecture, qu\u2019il ressent comme un \u00e9cho de sa propre existence. Ce qu\u2019il lit, les passages de la litt\u00e9rature qui l\u2019inspirent, Christopher va les appliquer \u00e0 la lettre dans sa propre vie. Cette importance de la litt\u00e9rature dans la vie du jeune homme est mise en valeur dans le roman de Jon Krakauer. Il associe chaque chapitre \u00e0 un ou plusieurs passages des livres que Christopher a emport\u00e9 avec lui, par exemple le chapitre 2 \u00ab La piste de Stampede \u00bb s\u2019ouvre sur un extrait de <em>Croc-blanc<\/em> de Jack London, le chapitre 3 \u00ab Carthage \u00bb commence par une citation du <em>Bonheur conjugal<\/em> de L\u00e9on Tolsto\u00ef. Le chapitre 1 d\u00e9but avec un extrait de d\u2019une lettre que Christopher a envoy\u00e9 \u00e0 Wayne. Par ce biais le journaliste met en parall\u00e8le la pens\u00e9e des \u00e9crivains lus par le h\u00e9ros et leur application dans l\u2019existence que Christopher a d\u00e9cid\u00e9 de mener depuis son dipl\u00f4me. Cet univers litt\u00e9raire se retrouve en partie mis \u00e0 l\u2019\u00e9cran dans le film de Sean Penn. Nous allons \u00e9tudier comment le r\u00e9alisateur a port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran l\u2019univers litt\u00e9raire de Christopher et plus particuli\u00e8rement l\u2019\u0153uvre de Thoreau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019\u0153uvre de Thoreau pr\u00e9sente dans le film peut apporter des confusions<\/strong><br \/>\nSean Penn ne pouvait pas conserver tous les extraits litt\u00e9raires pr\u00e9sents dans le roman de Krakauer, il a donc s\u00e9lectionn\u00e9 les penseurs qui ont le plus influenc\u00e9 le jeune homme, parmi lesquels on trouve Jack London, Tolsto\u00ef et Thoreau. Le film commence par un extrait d\u2019un po\u00e8me de Lord George Byron (<em>Childe Harold<\/em>, livret IV, verset 178).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>There is pleasure in the pathless woods,<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><em> There is rapture on the lonely shore,<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><em> There is society where none intrudes,<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><em> By the deep sea and the music in its roar;<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><em> I love not man the less, but Nature more.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">(Il y a le plaisir dans les bois sans chemins,<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\">Il y a le ravissement sur le rivage solitaire,<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\">Il y a une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 personne ne s&rsquo;immisce,<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\">Par la mer profonde et la musique dans son hurlement;<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\">J&rsquo;aime non pas l&rsquo;homme moins, mais la Nature plus).<\/span><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sean Penn place ainsi son film sous le signe de la po\u00e9sie, de la nature et de la litt\u00e9rature. Ce qui r\u00e9sume bien le parcours de Christopher, son attrait irr\u00e9sistible pour la nature, sur un fond d\u2019id\u00e9alisme d\u2019un autre \u00e2ge et de romans d\u2019aventure. Thoreau est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans le film \u00e0 la fois dans le sc\u00e9nario, McCandless le cite pour exprimer une de ses pens\u00e9es \u00e0 Jane et Bob, la s\u0153ur de Chris le nomme comme l\u2019un des auteurs qui a le plus influenc\u00e9 son fr\u00e8re et en image, l\u2019\u0153uvre de Thoreau est montr\u00e9e plusieurs fois \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Le nom de Thoreau appara\u00eet d\u00e8s les premi\u00e8res minutes du film, son nom est prononc\u00e9 par la voix-off de Carine, la jeune s\u0153ur de Christopher McCandless d\u00e8s 19 minutes 57 :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Il aimait lire Tolsto\u00ef, Jack London et Thoreau. Il pouvait les citer dans pratiquement toutes les circonstances.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jeune homme \u00e9tait tellement impr\u00e9gn\u00e9 de ses auteurs de pr\u00e9dilection qu\u2019il s\u2019exprimait \u00e0 travers eux, reprenant leurs \u00e9crits \u00e0 son propre compte. Nous retrouvons un exemple de cette pratique \u00e0 29 minutes 48. Jan Burres explique \u00e0 McCandless que l\u2019on ne peut pas vivre que de litt\u00e9rature et de fruits.\u00a0\u00c0 cela le jeune homme r\u00e9pond :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Je r\u00e9pondrais en citant Thoreau : Plut\u00f4t que l\u2019amour, la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, la foi, l\u2019argent, plut\u00f4t que la justice, donnez-moi la v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a toutefois un probl\u00e8me avec cette citation, car elle n\u2019est pas exacte. La phrase de Thoreau se situe dans la conclusion de <em>Walden<\/em> :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Plut\u00f4t que l\u2019amour, l\u2019argent ou la gloire, donnez moi la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0 (W, 333)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un connaisseur de Thoreau ayant lu <em>Walden<\/em> pourrait penser que le jeune homme s\u2019est tromp\u00e9 en le disant, or \u00e0 cette \u00e9tape de son aventure McCandless ne l&rsquo;a pas encore lu. Il commence sa lecture lors de son 1e s\u00e9jour dans le bus abandonn\u00e9. Ce moment est illustr\u00e9 par une sc\u00e8ne du film o\u00f9 Chris \u00e9crit dans son journal \u00ab Starting Walden \u00bb \u00e0 40 minutes et 52 secondes, alors qu\u2019il manque de riz dans le bus de Fairbanks.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into11.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-6472\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into11-300x185.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"185\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into11-300x185.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into11.jpg 576w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette confusion ne commence pas \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, elle arrive bien avant, au moment o\u00f9 la voix-off de Carine, \u00e0 19 minutes 57, prononce le nom de Thoreau. Le visuel de la tranche d\u2019un recueil de deux \u00e9crits de Thoreau appara\u00eet \u00e0 20 minutes. Ce recueil englobe les deux textes : <em>Walden<\/em> et<em> La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-6473\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into2-300x188.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"188\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into2-300x188.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into2-600x377.jpg 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into2.jpg 713w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce recueil porte \u00e0 confusion car si Christopher a lu <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> avant de partir vers l\u2019Alaska, pourquoi n\u2019avait-il pas lu <em>Walden<\/em> ? Il appara\u00eet que les deux textes sont r\u00e9unis dans un m\u00eame livre, \u00e0 la vue du titre du recueil, <em>Walden<\/em> semble pr\u00e9c\u00e9der <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> dans l\u2019exemplaire pr\u00e9sent\u00e9. Il aurait paru logique que Christopher lise l\u2019\u0153uvre ma\u00eetresse de Thoreau avant son essai. Ce sentiment de confusion est appuy\u00e9 par la citation inexacte de Thoreau. Les raisons qui ont pouss\u00e9 Sean Penn \u00e0 faire dire \u00e0 McCandless une citation d\u00e9form\u00e9e de Thoreau ne sont pas explicit\u00e9es. Peut \u00eatre voulait-il montrer que Christopher n\u2019avait pas lu Walden mais en avait d\u00e9j\u00e0 entendu parler avant ? Ainsi, dans la t\u00eate du spectateur qui n\u2019a pas lu le roman de Krakauer, un parall\u00e8le peut s\u2019installer entre les deux exp\u00e9riences, surtout pour un am\u00e9ricain qui conna\u00eet bien les \u00e9crits du penseur transcendantaliste. Il est vrai que Christopher d\u00e9sire mettre en pratique les id\u00e9es de Thoreau sans pour autant \u00e9mettre la volont\u00e9 de se rapprocher, ou m\u00eame de revivre, l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00e9crivain \u00e0 Walden. Le jeune homme n\u2019a pas calqu\u00e9 un mod\u00e8le de vie, il voulait vivre selon sa nature profonde, \u00e0 la mani\u00e8re d\u00e9crite par Thoreau :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em> Si une plante ne peut vivre selon sa nature, elle meurt ; et il en va de m\u00eame pour un homme. (DC, 35)<\/em><\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_6558\" aria-describedby=\"caption-attachment-6558\" style=\"width: 148px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/specqgranger.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6558 \" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/specqgranger.jpg\" alt=\"\" width=\"148\" height=\"119\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-6558\" class=\"wp-caption-text\">Michel Granger et Fran\u00e7ois Specq<br \/>\nBiblioth\u00e8que municipale de Lyon, 29\/01\/08<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Michel Granger, professeur de litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Lyon 2 et Fran\u00e7ois Specq, professeur de litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;ENS de Lyon, Thoreau a plus une influence culturelle qu\u2019intellectuelle sur le h\u00e9ros d&rsquo;<em>Into the Wild<\/em> :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans le film, \u00e7a touche \u00e0 autre chose, (\u2026) c\u2019est plus de l\u2019ordre du culturel. Thoreau fait partie de la culture am\u00e9ricaine. Tout am\u00e9ricain est cens\u00e9 conna\u00eetre le nom de Thoreau et son \u0153uvre principale. Dans le film et dans la culture principale, Thoreau est un homme un peu mystifi\u00e9, car c\u2019est un homme qui est all\u00e9 vivre dans sa cabane, dans la nature, celui qui est ind\u00e9pendant, li\u00e9 \u00e0 un concept de confiance en soi. 9<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.bm-lyon.fr\/spip.php?page=video&amp;id_video=200\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00c9couter ou voir la conf\u00e9rence <\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux universitaires indiquent que, pour Christopher McCandless, utiliser la pens\u00e9e de Thoreau permet d\u2019affirmer son identit\u00e9, de se mettre dans la lign\u00e9e des penseurs am\u00e9ricains car le transcendantaliste est une \u00ab figure qui repr\u00e9sente l\u2019Am\u00e9rique \u00bb. Ce ne serait donc pas par int\u00e9r\u00eat intellectuel que Christopher cite Thoreau mais pour suivre un courant de pens\u00e9e, montrer que m\u00eame en-dehors de la soci\u00e9t\u00e9, il est quand m\u00eame am\u00e9ricain car il suit les pr\u00e9ceptes de Thoreau qui est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab l\u2019id\u00e9al du bon am\u00e9ricain \u00bb. Cette pens\u00e9e est partag\u00e9e par le professeur Katryn Van Spanckeren (Thoreau et le transcendantalisme) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les \u00e9crivains am\u00e9ricains se consid\u00e9raient souvent comme des explorateurs solitaires, en marge de la soci\u00e9t\u00e9 et des conventions. Le h\u00e9ros am\u00e9ricain \u2013 tel le capitaine Achab de Melville, le Huck Finn de Mark Twain ou l\u2019Arthur Gordon Pym d\u2019Edgar Allan Poe \u2013 affronte le danger, voire la mort, \u00e0 la recherche de la d\u00e9couverte m\u00e9taphysique de son moi. Pour l\u2019\u00e9crivain romantique, rien n\u2019\u00e9tait donn\u00e9. Les conventions sociales et litt\u00e9raires repr\u00e9sentaient un danger plus qu\u2019un secours.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette citation fait r\u00e9f\u00e9rence au travail de Thoreau mais peut s\u2019appliquer \u00e0 la d\u00e9marche spirituelle du jeune homme. Au lieu d\u2019\u00e9crire des romans sur un h\u00e9ros libre comme les auteurs cit\u00e9s par Van Spanckeren, McCandless voulait vivre cette aventure et pourquoi pas, comme Thoreau, \u00e9crire un livre pour partager ses exp\u00e9riences. Il n\u2019a pas pu en avoir l\u2019occasion car il est mort avant la fin de son p\u00e9riple. Cette mort tragique le place finalement comme un h\u00e9ros romantique qui se perd dans la nature pour ne jamais trouver la route du retour. Ce n\u2019est pas qu\u2019il n\u2019a pas voulu reprendre la route, il n\u2019a tout simplement pas pu retrouver la civilisation. L\u2019\u00e9pop\u00e9e de cette travers\u00e9e aurait sans doute \u00e9t\u00e9 toute autre si elle avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par ses propres mots, dans une autobiographie. De son v\u00e9cu, il ne reste que quelques traces comme les lettres et le journal de Chris, mais rien ne remplacera ce qu\u2019il aurait pu dire de ses propres exp\u00e9riences et de ses motivations. Dans leur conf\u00e9rence, Granger et Specq ne placent pas McCandless comme un disciple de la doctrine de Thoreau, qu\u2019ils consid\u00e8rent comme un vrai philosophe au m\u00eame titre qu\u2019Emerson. Il nous faut pr\u00e9ciser que les deux universitaires se basent sur la version filmique d\u2019<em>Into the Wild<\/em> o\u00f9 l\u2019influence de l\u2019essai <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> de Thoreau se retrouve plus marqu\u00e9e dans le livre de Krakauer que dans le film de Sean Penn.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Explication de la mise en image<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Walden<\/em> et <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> apparaissent \u00e0 l\u2019\u00e9cran \u00e0 la vingti\u00e8me minute lorsque Carine McCandless \u00e9num\u00e8re les influences litt\u00e9raires de son grand fr\u00e8re. Une dizaine de livres sont empil\u00e9s les uns au-dessus des autres, dans un sac plastique. Dans le m\u00eame temps, Christopher pr\u00e9pare son voyage en coupant toutes ses cartes de cr\u00e9dits, cartes d\u2019identit\u00e9s, distribuant son argent \u00e0 des \u0153uvres de charit\u00e9\u2026 Ces livres emball\u00e9s sont ceux que le jeune homme va emporter avec lui le long de sa route vers l\u2019Alaska. Ils vont aussi le suivre dans son p\u00e9riple dans la nature, o\u00f9 ils deviendront ses compagnons de vie. Le sac plastique qui les prot\u00e8ge indique bien que McCandless est sur le point de partir. Ces livres ont donc \u00e9t\u00e9 bien soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9s afin d\u2019apporter au h\u00e9ros la nourriture intellectuelle dont il pense qu&rsquo;il aura besoin. La premi\u00e8re partie de son aventure, le temps pass\u00e9 sur la route, ne lui laissera que peu de temps pour la r\u00e9flexion. L\u2019univers du livre ne le quitte pas quand il est avec le couple Jan Burres et Bob, on le voit lire dans sa tente \u00e0 la lueur du feu, puis pr\u00e8s de la mer. Il vient de rencontrer le couple nomade. Suivra une autre sc\u00e8ne qui pr\u00e9sente le jeune h\u00e9ros en train de vendre des livres devant la caravane de Jan et Bob, tout en conseillant la lecture de certains \u00e0 des acheteurs. Ainsi il n\u2019y a pas que le recueil de Thoreau qui s\u2019illustre \u00e0 l\u2019\u00e9cran, Jack London et Tolsto\u00ef ont aussi leur place. L\u2019\u0153uvre ma\u00eetresse de Thoreau se voit mise en avant lors de la sc\u00e8ne de la retraite de Christopher dans le \u00ab bus magique \u00bb. Pour la premi\u00e8re fois, <em>Walden<\/em> appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Le jeune homme commence son journal de bord, qui ne peut \u00eatre qualifi\u00e9 de journal intime car il n\u2019y inscrit pas vraiment ses pens\u00e9es, ses sentiments, il r\u00e9duit son \u00e9criture au minimum, contrairement \u00e0 celui de Thoreau. De plus les dates sont rigoureusement inscrites et parfois ne contiennent que quelques mots comme \u00ab <em>Warning Rice<\/em> \u00bb ou autre. L\u2019\u00e9criture est minimaliste car McCandless ne cherche pas \u00e0 d\u00e9velopper les raisons d\u2019une telle retraite. Il pr\u00e9f\u00e8re la vivre, comprendre et survivre. Christopher aurait pu raconter ses aventures dans un livre, apr\u00e8s son retour dans la soci\u00e9t\u00e9, il est mort sans doute avant d\u2019avoir pu commencer \u00e0 y penser. Jon Krakauer indique toutefois que McCandless n\u2019aurait pas pu faire un bon \u00e9crivain car le peu de passages contenus dans son journal ne sont pas d\u2019une tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 litt\u00e9raire. Il pr\u00e9f\u00e8re toujours lire plut\u00f4t qu\u2019\u00e9crire. Lorsque <em>Walden<\/em> appara\u00eet, l\u2019atmosph\u00e8re de la sc\u00e8ne se fait sentir plus pesante ; le jeune homme, tr\u00e8s amaigri par son s\u00e9jour, est bient\u00f4t en manque de riz. Avant de marquer qu\u2019il d\u00e9bute le livre, Chris inscrit qu\u2019il a subi plusieurs jours de famine. Dans ce moment de d\u00e9tresse, le jeune homme se tourne vers Thoreau. Plus qu\u2019une nourriture terrestre, c\u2019est la nourriture spirituelle qui l\u2019aide, ou \u00e0 laquelle il se raccroche, dans ces moments-l\u00e0. Vers la fin du film, les paroles de Jan Burres deviennent presque proph\u00e9tiques : \u00ab On ne peut pas vivre d\u2019eau et de papier \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-6474\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into3-300x186.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"186\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into3-300x186.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/into3.jpg 510w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de prendre le chemin vers le Mexique en Cano\u00eb Kayak, Christopher enterre ses livres, parmi eux, <em>Walden<\/em> et la <em>D\u00e9sob\u00e9issance Civile<\/em>, dont le visuel de la couverture appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Le spectateur peut facilement passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la compr\u00e9hension de l\u2019acte du jeune homme . En effet, dans le livre, Jon Krakauer expliquait que McCandless enterrait toujours ses objets de valeurs dans la terre ou le sable \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la ville dans laquelle il allait s\u00e9journer. Il avait acquis ce r\u00e9flexe \u00e0 force de vivre dans la rue, cela lui permettait de ne pas se faire d\u00e9pouiller durant les nuits. Lorsqu\u2019il avait fini de faire ce qu\u2019il voulait dans une ville, il repartait d\u00e9terrer ses affaires. La s\u00e9quence du film diff\u00e8re un peu de cette habitude car Chris enterre ses objets dans la nature avant de partir pour le Mexique. On ne le verra pas retourner \u00e0 cet endroit pour venir les d\u00e9terrer, ou peut \u00eatre l\u2019aura-t-il fait avant de prendre le large ? Le fait de conserver ses livres dans un sac plastique lui permet de les garder \u00e0 l\u2019abri de l\u2019humidit\u00e9, des intemp\u00e9ries et de l\u2019eau lors de la travers\u00e9e de la rivi\u00e8re. Ce faisant, il peut ais\u00e9ment d\u00e9buter ou en poursuivre la lecture dans l\u2019autobus de Fairbanks. Ses lectures l\u2019am\u00e8nent \u00e0 la r\u00e9flexion suivante :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Happiness is only real when shared<\/em> (le bonheur n&rsquo;existe vraiment que s\u2019il est partag\u00e9).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a fallu au jeune homme, deux ans de route, des dizaines de rencontres, des semaines d\u2019isolement dans la nature sauvage, pour comprendre que les moments qu\u2019il a v\u00e9cu avec tous ces gens \u00e9taient des instants de bonheur. Cette pens\u00e9e fut l\u2019aboutissement de la v\u00e9rit\u00e9 absolue que McCandless cherchait \u00e0 atteindre.\u00a0\u00c0 la fin du film, Christopher se retrouve parmi les siens dans un moment d\u2019hallucination, comme s\u2019il pardonnait \u00e0 sa famille de lui avoir menti. Il avait trouv\u00e9 sa v\u00e9rit\u00e9, sa libert\u00e9 vis \u00e0 vis de sa famille, de ses parents, et notamment de son p\u00e8re Walt, qu\u2019il admirait. Enfin apais\u00e9, il pouvait revenir chez lui, il retrouv\u00e9 lui-m\u00eame, il n\u2019avait plus besoin de pseudonyme, il d\u00e9cida d\u2019abandonner son nom de voyage, Alexander Supertramp, et de redevenir lui-m\u00eame : \u00ab Appelez chaque chose par son vrai nom\u00bb, dit Christopher Johnson McCandless \u00e0 la fin du film.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les id\u00e9es de Thoreau ont donc bien inspir\u00e9 McCandless y puisant son projet de vivre dans la nature, loin de tout, plus proche de lui-m\u00eame. Mais le jeune homme n\u2019a pas pris de distance critique vis-\u00e0-vis des textes qu\u2019il lisait. Il a appliqu\u00e9 \u00e0 la lettre les pr\u00e9ceptes dans sa vie sans se poser de questions sur les circonstances de l\u2019\u00e9criture de ces textes.\u00a0 De m\u00eame, \u00e0 trop vouloir prendre du recul avec la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il vivait et dont il ne se sentait pas en harmonie avec les valeurs, McCandless n\u2019aura jamais trouv\u00e9 la bonne distance intellectuelle \u00e0 l&rsquo;endroit des conditions de sa retraite.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">McCandless\/Thoreau : deux postures critiques<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">McCandless dans sa qu\u00eate d\u2019une nature sauvage qui le mettrait \u00e0 l\u2019\u00e9preuve n\u2019aurait donc pas pris assez de distance par rapport \u00e0 ses auteurs favoris. Il n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 savoir dans quel contexte ces livres qui l\u2019ont forg\u00e9, influenc\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Michel Granger et Fran\u00e7ois Specq, Christopher McCandless cherchait plus en Thoreau un ma\u00eetre spirituel et une lign\u00e9e de penseurs qui permettrait de l\u00e9gitimer sa qu\u00eate de solitude, plut\u00f4t qu\u2019un r\u00e9el lien intellectuel m\u00eame si les deux universitaires basent leurs propos sur la version filmique. Or nous avons d\u00e9j\u00e0 insist\u00e9 sur le fait que la version filmique ne montre pas en profondeur l\u2019influence intellectuelle qu\u2019a eu <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> sur Christopher dans la r\u00e9alit\u00e9 biographique relat\u00e9 par le livre.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Une influence intellectuelle et culturelle<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question de l\u2019influence de Thoreau sur la d\u00e9cision du retour vers la nature de McCandless reste pourtant une v\u00e9ritable interrogation. Un des spectateurs de la conf\u00e9rence sur Thoreau \u00e0 la Biblioth\u00e8que municipale de Lyon la pose \u00e0 Fran\u00e7ois Specq qui lui r\u00e9pond : \u00ab C\u2019est un homme qui a lu quelques citations et qu\u2019il a appliqu\u00e9 \u00e0 la lettre. \u00bb. Au vue de cette r\u00e9ponse, nous pouvons faire l\u2019hypoth\u00e8se que le professeur n\u2019a pas lu le livre de Jon Krakauer. En effet, si l&rsquo;on ne s&rsquo;en tient qu\u2019\u00e0 la version filmique, il est vrai que Sean Penn ne met pas en valeur le lien entre le transcendantaliste et le jeune homme. Nous avons analys\u00e9 la mise en image par le r\u00e9alisateur am\u00e9ricain, le livre n\u2019y est pas tr\u00e8s pr\u00e9sent et la seule r\u00e9f\u00e9rence litt\u00e9raire est une citation de<em> Walden<\/em>. De plus, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, la citation de Thoreau que McCandless r\u00e9cite n\u2019est pas exacte. Cela peut en effet renvoyer une image d\u2019un jeune homme qui ne ma\u00eetrise pas l\u2019\u0153uvre du penseur, ce qui nous appara\u00eet \u00eatre inexact. Certes Christopher n\u2019a pas lu <em>Walden<\/em> avant de partir pour Fairbanks mais il a bien int\u00e9gr\u00e9 tout ce que Thoreau a revendiqu\u00e9 dans son essai qui pr\u00f4ne la r\u00e9sistance au gouvernement. Ce qui nous am\u00e8ne \u00e0 la deuxi\u00e8me partie de la r\u00e9flexion de Specq : \u00ab (\u2026) il a appliqu\u00e9 \u00e0 la lettre. \u00bb. Il est vrai que Christopher n\u2019a pas mis de distance entre son interpr\u00e9tation du texte et sa fa\u00e7on de vivre son exp\u00e9dition. Michel Granger fait la m\u00eame remarque que son co-conf\u00e9rencier, lors d\u2019une \u00e9mission de France Culture sur Thoreau dans le cadre d\u2019une semaine bas\u00e9e sur le th\u00e8me de la solitude. Ainsi le probl\u00e8me de McCandless n\u2019est pas d\u2019avoir mal lu Thoreau mais de ne pas avoir eu de recul critique et intellectuel vis-\u00e0-vis de son essai. Les id\u00e9es de Thoreau lui ont \u00e9t\u00e9 inspiratrices, mais au lieu de les avoir appliqu\u00e9 \u00e0 sa mani\u00e8re dans sa vie quotidienne, il les a int\u00e9gr\u00e9es telles quelles \u00e0 son \u00e9poque et dans un autre contexte. Incidemment, Fran\u00e7ois Specq met en garde les auditeurs de la conf\u00e9rence de ne pas prendre tout ce que dit Thoreau \u00e0 la lettre, contrairement au h\u00e9ros du film.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Appliquant \u00e0 la lettre l\u2019un des principes de Thoreau qui est de n\u2019acheter que le strict n\u00e9cessaire \u00e0 sa survie, Christopher tient a ne pas d\u00e9penser d\u2019argent pour le transport. Pour arriver jusqu\u2019\u00e0 son lieu de retraite il marche, fait du stop ou utilise un kayac. Il a m\u00eame r\u00e9ussi l\u2019exploit de tra\u00eener son kayac dans le d\u00e9sert pour rejoindre le Mexique. La marche n\u2019a donc pas le m\u00eame symbole pour le jeune homme que <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/narcisseAwalden.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6549 alignleft\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/narcisseAwalden.jpg\" alt=\"\" width=\"160\" height=\"244\" \/><\/a>pour le philosophe. Elle lui sert \u00e0 s\u2019approcher de son but, non pour penser et philosopher \u00e0 la mani\u00e8re de Rousseau. Michel Granger dans son livre <em>Henry D. Thoreau, Narcisse \u00e0 Walden<\/em> rapproche les promenades de Thoreau dans la nature \u00e0 celles du philosophe fran\u00e7ais.\u00a0 Il \u00e9tait<a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/narcisserousseau.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6550 alignright\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/narcisserousseau.jpg\" alt=\"\" width=\"171\" height=\"248\" \/><\/a> peut-\u00eatre plus facile pour le transcendantaliste de s\u2019isoler sur le terrain d\u2019Emerson, se recr\u00e9er une vie autonome dans les bois mais assez proche de Concord, donc d\u2019autrui, \u00ab L\u2019isolement temporaire vis \u00e0 vis de la famille et du village vise \u00e0 obtenir une protection qui consiste \u00e0 s\u2019exclure soi-m\u00eame du champ du d\u00e9sir d\u2019autrui. \u00bb (NW, 28). McCanless, lui, s\u2019est trop \u00e9loign\u00e9 et volontairement coup\u00e9 de la civilisation pour pouvoir obtenir de l\u2019aide lorsqu\u2019il \u00e9tait en difficult\u00e9. Cet isolement lui co\u00fbtera la vie. Cette volont\u00e9 de rompre tout lien avec l\u2019ext\u00e9rieur joue en faveur d\u2019une mauvaise compr\u00e9hension, voire m\u00eame d\u2019un \u00ab contresens des \u00e9crits du philosophe de Concord \u00bb selon Michel Granger. Si <em>La D\u00e9sob\u00e9issance civile<\/em> a incit\u00e9 le jeune dipl\u00f4m\u00e9 Christopher \u00e0 faire de la r\u00e9sistance contre le gouvernement, si tout comme son mentor, il a voulu se rebeller contre une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00f4nant des valeurs trop mat\u00e9rialistes, il l&rsquo;a fait d&rsquo;une mani\u00e8re violente, au p\u00e9ril de sa vie et il en est mort, ce qui n&rsquo;est pas sans rappeler le destin du h\u00e9ros des trag\u00e9dies antiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>R\u00c9F\u00c9RENCES<\/strong><\/p>\n<p>Livres :<br \/>\n<em>Walden<\/em>, Thoreau \u00e9dition, Le mot et le reste, 2010<br \/>\n<em>La D\u00e9sob\u00e9issance Civile<\/em>, Thoreau, Mille et une nuits, 2012<br \/>\n<em>Voyage au bout de la solitude (Into the Wild)<\/em>, Jon Krakauer, Poche, 2008<br \/>\n<em>Henry D Thoreau, Narcisse \u00e0 Walden<\/em>, Michel Granger, PUL, 1991<br \/>\n<em>Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, Correspondance<\/em>, Editions du Sandre, 2013<br \/>\n<em>La grand Route &#8211; espace et \u00e9criture en Am\u00e9rique,<\/em> Pierre-Yves P\u00e9tillon, Seuil, 1979<br \/>\n<em>The Senses of Walden<\/em> : An Expanded Edition, Stanley Cavell, University of Chicago Press, mars 1992<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Articles :<br \/>\n\u00ab Thoreau et le transcendantalisme \u00bb, Kathryn Van Spanckeren<br \/>\n\u00ab Ralph Waldo Emerson et le transcendantalisme am\u00e9ricain \u00bb, Marc Bellot, La Cl\u00e9 des Langues (Lyon: ENS LYON\/DGESCO), 2008<br \/>\n\u00ab Morale et politique dans \u00ab\u00a0Resistance to Civil Government\u00a0\u00bb( La d\u00e9sob\u00e9issance civile) \u00bb, Michel Granger, La Cl\u00e9 des Langues (Lyon: ENS LYON\/DGESCO), 2008<br \/>\n\u00ab Penn \u00bb, Scott Raab, Esquire, 14\/08\/2007<br \/>\n\u00ab Thoreau ou la vie sauvage \u00bb, Gilles Heur\u00e9, T\u00e9l\u00e9rama, 6\/08\/2011<br \/>\n\u00ab Emerson sous le signe de Thoreau \u00bb, Mathieu Lindon, Lib\u00e9ration, 21\/01\/2010<br \/>\n\u00ab L\u2019id\u00e9e d\u2019un retour \u00e0 la nature a-t-elle un sens pour l\u2019homme ? \u00bb, Fr\u00e9d\u00e9ric Grolleau, 17\/07\/2012<br \/>\n\u00ab Into the Wild : la Nature, ce n\u2019est pas du cin\u00e9ma ! \u00bb, Pierre Floquet, Mise au Point<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Sources audiovisuelles :<br \/>\n<em>Into the wild<\/em>, Sean Penn, 2007<br \/>\n<em>La Solitude 4\/4: Walden, Henry David Thoreau.<\/em>, Les Nouveaux chemins de la connaissance, France Culture.<br \/>\n<em>Henry David Thoreau (1817-1862)<\/em>, Michel Granger et Fran\u00e7ois Specq, \u00e0 la Biblioth\u00e8que municipale de Lyon, 29\/01\/2008<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/bouton-citer1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-6586\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/bouton-citer1.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a>LUCCHESI M\u00e9lodie, \u00ab L&rsquo;influence de Henry D. Thoreau sur le film Into The Wild &#8211; M\u00e9lodie LUCCHESI \u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2013, mis en ligne le\u00a0 1er octobre 2013. URL : http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/influence-henry-thoreau-film-into-the-wild\/<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"#haut\"><strong>RETOUR HAUT DE PAGE<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2007 le film Into the Wild de Sean Penn se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un succ\u00e8s hollywoodien inattendu, permettant de red\u00e9couvrir une \u00e9poque des \u00c9tats-Unis et un pan de la culture am\u00e9ricaine que les europ\u00e9ens ne connaissent pas forc\u00e9ment.<\/p>\n","protected":false},"author":1152,"featured_media":6476,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,11,3],"tags":[166,167,168],"coauthors":[657],"class_list":["post-6428","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-cinema","category-industries-culturelles","tag-americanisation","tag-henry-david-thoreau","tag-into-the-wild"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6428","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1152"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6428"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6428\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6476"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6428"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6428"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6428"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=6428"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}