
{"id":59,"date":"2012-08-31T21:19:28","date_gmt":"2012-08-31T19:19:28","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.com\/industrie-culturelle\/?p=59"},"modified":"2019-03-18T10:32:33","modified_gmt":"2019-03-18T09:32:33","slug":"marc-hiver-trou-image-aveuglement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/marc-hiver-trou-image-aveuglement\/","title":{"rendered":"Trou dans l&rsquo;image et question de l&rsquo;aveuglement &#8211; Marc HIVER"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"haut\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s2member_file_download=hiver1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2162\" title=\"boutonprintpdf\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/boutonprintpdf.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"42\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce texte et son\u00a0titre en termes de trou m\u2019ont \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9s par un <em>manque<\/em>, donc comme une contribution possible au Coll\u00e8ge iconique de l&rsquo;Inath\u00e8que de France (INA). Si je n\u2019avais pas trait\u00e9 ce sujet, je crois que je serais intervenu sur le son, ce que j&rsquo;ai fait plus tard dans mon livre <em>Adorno et les industries culturelles &#8211; communication, musique et cin\u00e9ma<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le trou dans l&rsquo;image<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je traiterai du trou dans l\u2019image et dans le regard. Le trou ne s\u2019oppose pas \u00e0 l\u2019image, il lui est <em>consubstantiel,<\/em> surtout dans les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication et de reproduction m\u00e9canique. Parler de trou est une <em>entr\u00e9e<\/em> pour aborder autrement la question du regard d\u00e9centr\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 certains verraient peut-\u00eatre un <em>trop plein<\/em> de l\u2019image et une autre fa\u00e7on de poser la question de la mat\u00e9rialit\u00e9 des images sans d\u00e9terminisme technologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, j\u2019essaierai de montrer que ce ne sont pas tant les trous qui nous aveuglent que ce trop plein, comme si pour analyser les images on se rattachait \u00e0 une physique et une id\u00e9e de la mati\u00e8re d\u2019avant la relativit\u00e9 et les quantas, d\u2019avant le principe d\u2019incertitude d\u2019Heisenberg. Je parlerai des trous, de fa\u00e7on opportuniste, dans le cadre du Coll\u00e8ge iconique, <em>comme une proposition d\u2019interdisciplinarit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019image cin\u00e9matographique ou t\u00e9l\u00e9visuelle, les trous ont une histoire et des noms. R\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019image \u00e0 partir du trou correspond \u00e0 ma volont\u00e9 d\u2019utiliser un mot que chacun d\u2019entre nous peut s\u2019approprier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, je citerai les obturations entre les photogrammes, le bombardement des \u00e9lectrons qui composent les trames, la persistance r\u00e9tinienne sans laquelle il n\u2019y aurait pas d\u2019image en mouvement pour un oeil humain. Je convoquerai le hors-champ, l\u2019autre champ et le hors-champ relatif qui entourent l\u2019image et l\u2019aident \u00e0 faire sens de part et d\u2019autre d\u2019un cadre dont on nous dit que les nouvelles images voudraient s\u2019\u00e9manciper. Je rappellerai la coupe et le raccord qui permettent le d\u00e9coupage et le montage <em>entre ce qu\u2019on montre et ce qu\u2019on cache<\/em>, entre ce qu\u2019on voit et ne voit pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant je continuerai \u00e0 parler de trous, comme Hitchcock parlant <em>des morceaux ou des bouts de films<\/em> dans ses interviews pour nommer les plans, j\u2019insisterai sur la coupe plus que sur le raccord, sur le <em>cutting<\/em> des anglo-saxons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors des derni\u00e8res s\u00e9ances du Coll\u00e8ge, j\u2019ai parl\u00e9 aux uns et aux autres des trous. Une arch\u00e9ologue me rappelait que dans sa discipline, elle rencontrait beaucoup de trous comme corollaires des fragments mis \u00e0 jour : combien de bras, de t\u00eates manquent aux statues de nos mus\u00e9es ? Un psychanalyste me disait, lui, \u00e0 propos du cin\u00e9ma, penser d\u2019abord \u00e0 la pellicule qui se bloque dans le projecteur et au trou bord\u00e9 de feu qui d\u00e9vore l\u2019image sur l\u2019\u00e9cran. A ce propos, au d\u00e9but du cin\u00e9ma, avec les premi\u00e8res pellicules, des spectateurs sont morts br\u00fbl\u00e9s vifs d\u2019avoir voulu satisfaire leur d\u00e9sir scopique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre m\u2019a cit\u00e9 la <em>castration<\/em>. En \u00e9coutant un expos\u00e9 pr\u00e9liminaire au nouvel atelier m\u00e9thodologique sur le son, j\u2019entendis aussi avec int\u00e9r\u00eat cette id\u00e9e pas forc\u00e9ment nouvelle, mais qu\u2019il est parfois bon de rappeler, que la musique est sans doute une des meilleures fa\u00e7ons de mettre en \u00e9vidence <em>le silence<\/em>. Chacun me fit part de ses associations spontan\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019insiste sur l\u2019importance du r\u00eave. On a souvent \u00e9voqu\u00e9 la r\u00eaverie \u00e9veill\u00e9e du spectateur dans la salle obscure d\u2019un cin\u00e9ma. Mais ce qui m\u2019a surtout frapp\u00e9 dans une intervention pr\u00e9c\u00e9dente au Coll\u00e8ge, c\u2019est l\u2019id\u00e9e qu\u2019on ne voit pas ses r\u00eaves, <em>qu\u2019on r\u00eave ses r\u00eaves<\/em> et que les images qui en d\u00e9coulent et que l\u2019on croit avoir vues ne sont peut-\u00eatre qu\u2019une reconstruction apr\u00e8s coup. Il en va sans doute ainsi des images anim\u00e9es : on les r\u00eave plus qu\u2019on ne les voit, et ce r\u00eave s\u2019articule sur les trous, comme ces navigateurs solitaires qui s\u2019endorment au creux de la vague pour se r\u00e9veiller et donner le coup de barre propice sur la cr\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Telle qui r\u00e9fl\u00e9chit sur <em>les indices de la m\u00e9moire<\/em> pourra relever le caract\u00e8re fragmentaire de la trace et l\u2019existence d\u2019invraisemblables <em>trous de m\u00e9moire<\/em> dans les syst\u00e8mes d\u2019information les mieux organis\u00e9s. Le physicien proposera \u00e9videmment de tourner autour de ces objets th\u00e9oriques que sont <em>les trous noirs<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019interroger sur les trous et sur <em>ceux qui croient avoir les yeux en face des trous<\/em>, ce n\u2019est pas tenter de recr\u00e9er un pseudo-concept fourre-tout, mais faire circuler un objet \u00e0 la fois basique et <em>\u00e9nigmatique<\/em>, un peu \u00e0 la mani\u00e8re de Jean Rouch quand il d\u00e9clare aimer faire circuler des objets \u00e9nigmatiques comme une danse de possession pour un public non averti (Jean Rouch, premier film, 1947-1991). L\u2019objet reste \u00e9nigmatique car on ne sait jamais si le trou rep\u00e9r\u00e9 est dans l\u2019image ou dans la t\u00eate de celui qui le voit ou ne le voit pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai dit que je ne ferai pas l\u2019\u00e9conomie dans la m\u00e9taphore vulcanologique que je vous propose de pr\u00e9ciser sur quel poste d\u2019observation je suis plant\u00e9 et dans quelles cavit\u00e9s, failles, b\u00e9ances, mon regard a plong\u00e9 : l\u2019esth\u00e9tique, l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie ont fait leur trou en moi, au c\u0153ur des Sciences de l\u2019Information et de la Communication, une longue trou\u00e9e entre des analyses sur le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision qui ne s\u2019est jamais referm\u00e9e, comme une blessure th\u00e9orique et une invitation \u00e0 un voyage vers des horizons qui les d\u00e9passaient.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Le trou et la mati\u00e8re : d\u00e9tour \u00e9pist\u00e9mologique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lautr\u00e9amont, dans Les chants de Maldoror, exaltait les math\u00e9matiques s\u00e9v\u00e8res qu\u2019il n\u2019avait jamais oubli\u00e9es. Et quoi de plus excitant que la pr\u00e9sence du <em>postulat comme un trou<\/em> \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019\u00e9difices th\u00e9oriques dont la dure scientificit\u00e9 fait envie aux sciences humaines ? Ainsi le postulat des parall\u00e8les chez Euclide, en tant que postulat, en tant qu\u2019appel \u00e0 l\u2019\u00e9vidence intuitive appara\u00eet comme une <em>tache aveugle dans la th\u00e9orie<\/em>. On a cherch\u00e9 la d\u00e9monstration qui comblerait cette lacune. Toutes les tentatives ont \u00e9chou\u00e9. On a tent\u00e9 une <em>d\u00e9monstration par l\u2019absurde<\/em>. Nouvelle chute. Alors est apparue la possibilit\u00e9 du choix, \u00e0 partir d\u2019un postulat contraire, de g\u00e9om\u00e9tries non euclidiennes. Renversement du point de vue qui permet d\u2019envoyer des engins dans l\u2019espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019espace est courbe dit Einstein. Ou plus exactement, car l\u2019espace n\u2019est plus cette donn\u00e9e physique cart\u00e9sienne, la lumi\u00e8re s\u2019incurve en se d\u00e9pla\u00e7ant. La po\u00e9sie fait souvent bon m\u00e9nage avec des sciences dont la duret\u00e9 rel\u00e8ve plus d\u2019un fantasme archa\u00efque de la mati\u00e8re que des th\u00e9ories les plus r\u00e9centes. Les sciences humaines aussi doivent assumer leur part d\u2019imaginaire, indispensable pour exorciser on ne sait quel complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 vis-\u00e0-vis de sciences dites dures et qui, elles, revendiquent depuis longtemps un autre paradigme de la mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n\u2019ai pas le go\u00fbt des superproductions intellectuelles. L\u2019esprit de syst\u00e8me, la mod\u00e9lisation r\u00e9duite ne sont pas mon fort. Mon point faible me porte sur les d\u00e9monstrations par l\u2019absurde, les renversements de point de vue, le go\u00fbt du paradoxe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prenez le canular et le <em>paradoxe du gruy\u00e8re<\/em>, des trous dans le gruy\u00e8re : plus il y a de gruy\u00e8re, plus il y a de trous, plus il y a de trous, moins il y a de gruy\u00e8re. Est-ce \u00e0 dire que plus il y a d\u2019images, plus il y a de trous dans l\u2019image, donc moins il y a d\u2019images ? Apr\u00e8s tout cela pourrait \u00e9tayer l\u2019hypoth\u00e8se de R\u00e9gis Debray, tout en la d\u00e9tournant, que <em>trop d\u2019images tue l\u2019image<\/em> ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En relisant L\u2019Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, du neurologue Oliver Sacks, je suis tomb\u00e9 sur une illustration clinique qu\u2019il donne du <em>paradoxe de Z\u00e9non<\/em> appliqu\u00e9 \u00e0 une <em>agnosie visuelle <\/em>: dans son r\u00e9cit clinique \u00ab <em>T\u00eate \u00e0 droite<\/em> \u00bb l\u2019auteur cite le cas d\u2019une patiente qui n\u2019avait conserv\u00e9 que la partie droite de son champ visuel. Pour compenser ce d\u00e9ficit s\u00e9v\u00e8re (elle ne pouvait ni regarder \u00e0 gauche directement ni se tourner vers la gauche), elle avait \u00e9labor\u00e9 la strat\u00e9gie suivante : en d\u00e9crivant un cercle sur elle-m\u00eame et vers la droite, elle pouvait retrouver -par la droite- ce qui se masquait \u00e0 sa vue sur sa gauche tout en perdant \u00e0 nouveau la moiti\u00e9 de cette moiti\u00e9. En r\u00e9p\u00e9tant l\u2019op\u00e9ration plusieurs fois, elle pouvait, par exemple, manger la totalit\u00e9 d\u2019un g\u00e2teau, moins la moiti\u00e9, moins un quart, un huiti\u00e8me, un seizi\u00e8me, etc. D\u2019o\u00f9 la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Z\u00e9non dont la fl\u00e8che ne pouvait jamais atteindre son but tout en s\u2019en rapprochant ind\u00e9finiment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans aller jusqu\u2019\u00e0 ces pathologies extr\u00eames, il existe dans la vision \u00ab normale \u00bb des <em>taches aveugles<\/em> qui trouent nos images naturelles \u00e0 notre su ou insu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai dit que le trou (dans l\u2019image, ou entre les images) \u00e9tait d\u2019abord une proposition interdisciplinaire sur une ligne de communication dont la courbure reste \u00e0 d\u00e9finir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Montrer quelques trous, quelques images trou\u00e9es, telle est ma seule ambition dans cette r\u00eaverie qui pourrait d\u00e9voiler, sinon la face cach\u00e9e des choses, du moins des bouts d\u2019images vol\u00e9s \u00e0 l\u2019instar de La Lettre vol\u00e9e d\u2019Edgar Poe revisit\u00e9e par Jacques Lacan dans son s\u00e9minaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se souvient de cette anecdote : de bons p\u00e8res montrent un film sur un missionnaire et sur son sacrifice \u00e0 de bons sauvages en mal d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation. Int\u00e9r\u00eat de ces spectateurs n\u00e9ophytes. Mais quand au terme de la projection, dans cette sorte de cin\u00e9-club improvis\u00e9 au c\u0153ur de la brousse, on demande ce qui a \u00e9t\u00e9 vu : stup\u00e9faction ! Ils ne parlent que d\u2019un coq.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos bons p\u00e8res se repassent le film et effectivement, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan du film, la cam\u00e9ra a capt\u00e9 \u00e0 intervalles r\u00e9guliers, mais tr\u00e8s d\u00e9centr\u00e9 par rapport aux lignes de forces d\u2019une image, au m\u00e9pris des th\u00e9ories sur le cin\u00e9ma et du nombre d\u2019or, un coq du village. Et c\u2019est ce coq qui a attir\u00e9, aspir\u00e9 toute l\u2019attention et le regard de ces bons sauvages ; coq invisible pour les auteurs, pour des spectateurs moyens mais pas pour des sp\u00e9cialistes de leur propre culture et de leurs symboles. Vaudou soit qui mal y pense.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et apr\u00e8s tout, un sc\u00e9nario n\u2019est-il pas une sorte d\u2019\u00e9chafaudage rh\u00e9torique et un \u00e9chafaudage de secours, comme le disait Freud dans Malaise dans la civilisation, pour montrer tout en le masquant un autre trou dont on ne voit le plus souvent ni le bord ni le fond ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ni <em>la bonne forme<\/em> de nos images au sens de la <em>Gestalt theorie<\/em>, ni leur structure -leur coh\u00e9rence interne- ne nous conduiront au fond de ce trou perdu de notre raison, \u00e0 la lisi\u00e8re de ces r\u00eaveries f\u00e9condes et heuristiques ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors <em>on bouche les trous<\/em> pour ne pas voir ce <em>crible<\/em> incroyable de l\u2019\u00e9cran qui laisse filtrer la lumi\u00e8re et le son. Et \u00e0 trop jouer les bouche-trous, on en perd cette mise en crise -rationnelle- de la raison qui, de Husserl \u00e0 Freud, de Nietzsche \u00e0 Derrida en passant par Adorno, aurait d\u00fb nous mettre en garde contre un scientisme r\u00e9ducteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9pist\u00e9mologie et l\u2019histoire des sciences sont d\u2019\u00e9tranges compagnons de voyage qui, loin de nous \u00e9viter les gouffres et les pr\u00e9cipices, s\u2019emploient \u00e0 nous les souligner, \u00e0 nous rappeler que sans le z\u00e9ro, sans l\u2019id\u00e9e du rien, on n\u2019aurait pu compter, comme le rappelle Alain Nadaud dans son roman L\u2019Arch\u00e9ologie du z\u00e9ro.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">La question des formes\u00a0: d\u00e9tour esth\u00e9tique<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019esth\u00e9tique du cin\u00e9ma a souvent insist\u00e9 sur les trous autour et dans l\u2019image. Que serait une image cin\u00e9matographique sans son <em>hors-champ<\/em> ? De tr\u00e8s belles pages de bons auteurs nous rappellent combien le cadre de la cam\u00e9ra, le jeu du champ et du hors-champ, de ce qu\u2019on veut <em>montrer<\/em> et de ce qu\u2019on veut <em>cacher<\/em>, cr\u00e9e une circulation implicite du regard du spectateur entre ce qu\u2019il voit et ce qu\u2019il devine, ne serait-ce que par la pr\u00e9sence du son, les entr\u00e9es et les sorties de champ. <em>L\u2019Arroseur arros\u00e9<\/em> des fr\u00e8res Lumi\u00e8re d\u2019embl\u00e9e en donne un tr\u00e8s bel exemple : d\u00e9cadrage \u00e0 gauche et trou \u00e0 droite dans le champ avec un jardinier bord cadre gauche tourn\u00e9 vers la gauche ; entr\u00e9e de champ du galopin qui vient boucher le trou \u00e0 droite en r\u00e9\u00e9quilibrant l\u2019image ; puis poursuite et au final la fess\u00e9e administr\u00e9e plein cadre par un adulte sur un enfant non consentant. La fixit\u00e9 du cadre de ces premi\u00e8res ann\u00e9es du cin\u00e9matographe en renfor\u00e7ant la vision.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/Kd4jSTBhYDw\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019introduction plus tardive de la notion d\u2019<em>autre champ<\/em> complexifie la compr\u00e9hension que nous avons des images en mouvement. En effet, si le <em>hors-champ<\/em>, c\u2019est l\u2019ensemble compl\u00e9mentaire du champ dans la di\u00e9g\u00e8se, l\u2019<em>autre champ <\/em>correspond \u00e0 l\u2019\u00e9quipe technique et l\u2019appareillage qui permet de filmer le champ. Et alors la question de l\u2019aveuglement, ici sous sa forme manipulatoire, appara\u00eet bien plus clairement pour la t\u00e9l\u00e9vision, notamment dans les reportages d\u2019actualit\u00e9. La notion d\u2019autre champ rev\u00eat un int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique pour mieux appr\u00e9hender les films, mais elle devient terriblement pratique dans l\u2019approche critique du m\u00e9dia t\u00e9l\u00e9visuel : que penser de tous ces reportages, o\u00f9 la cam\u00e9ra et ses servants nous ouvrent soi-disant une fen\u00eatre sur le monde, entrent dans l\u2019intimit\u00e9 des uns et des autres sans nous informer du poste d\u2019observation, donc des conditions de r\u00e9alisation. Comme si les journalistes pouvaient se dispenser des lois de la relativit\u00e9 et de l\u2019anthropologie filmique : <em>toute observation d\u00e9pend du poste d\u2019observation<\/em>. Double aveuglement des \u00e9metteurs et des r\u00e9cepteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le \u00ab hors-champ relatif \u00bb me semble infiniment r\u00e9v\u00e9lateur : dans le cadre d\u2019une sc\u00e9nographie de l\u2019image anim\u00e9e, certains \u00e9l\u00e9ments sont montr\u00e9s dans le <em>champ g\u00e9om\u00e9trique<\/em> mais pas dans le <em>champ sensible<\/em>, comme le profil droit d\u2019un personnage dont on ne montrerait que le gauche (Xavier de France,1989). Le trou n\u2019est plus \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019image mais bien dans l\u2019image pour le regard du spectateur : montr\u00e9 et cach\u00e9 tout \u00e0 la fois. Bien s\u00fbr les mouvements d\u2019appareil, les longs plans-s\u00e9quences s\u2019\u00e9vertueront par leur entrelacs \u00e0 rendre visible dans une continuit\u00e9 du mouvement ce que masquait un angle de prise de vue en un instant T. Mais ce \u00ab hors-champ relatif \u00bb me semble pointer irr\u00e9m\u00e9diablement <em>le va-et-vient d\u2019un regard toujours surpris en d\u00e9faut de sa propre vision<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Les Oiseaux<\/em> d\u2019Hitchcock, pour la fameuse s\u00e9quence analys\u00e9e par Raymond Bellour, quand la fille vient apporter les <em>love birds<\/em> et que, suspense oblige, le gar\u00e7on dispara\u00eet dans la grange, <em>l\u2019alternance binaire<\/em> des plans entre le regard de la fille et l\u2019image du gar\u00e7on pr\u00e9sent dans son champ g\u00e9om\u00e9trique mais pas toujours dans son champ sensible, obligeait le s\u00e9miologue \u00e0 transformer son opposition pertinente voyant\/vu en voyant\/<em>non vu<\/em>, le non vu, pointant justement la pr\u00e9sence d\u2019un hors-champ relatif, corollaire de l\u2019intentionnalit\u00e9 du regard aveugle de la fille. Qu\u2019on s\u2019\u00e9tonne ensuite qu\u2019une mouette l\u2019attaque au visage, au front, pas loin des yeux<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Imagina, le festival de nouvelles images organis\u00e9 par l\u2019I.N.A., certains nous ont annonc\u00e9 la fin du cadre, l\u2019obsolescence des champs et hors-champs pour le spectateur : <em>le spectateur ne serait plus devant l\u2019image mais dans l\u2019image.<\/em> La r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, l\u2019interactivit\u00e9, les nouvelles images. D\u2019aucuns ont rappel\u00e9 qu\u2019en tout cas, sans cadre, il n\u2019y aurait plus d\u2019art, tout au plus vile communication. Les choses sont plus complexes : des artistes, d\u00e9j\u00e0, touchent \u00e0 la virtualit\u00e9 comme \u00e0 un nouveau mat\u00e9riau offert par les nouvelles technologies. Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas le contr\u00f4le par l\u2019auteur sur les images qu\u2019il fabrique. Jouer avec la libert\u00e9 surveill\u00e9e du surfeur ou du navigateur, on sait faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car la difficult\u00e9 n\u2019est pas seulement dans l\u2019image, que celle-ci revendique ses bornes ou sa globalisation, elle est dans les taches aveugles et les trous noirs qu\u2019elle rec\u00e8le inexorablement. Toujours les trous dans l\u2019image et la question de l\u2019aveuglement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Pierrot le fou<\/em>, Godard fait lire \u00e0 Belmondo un extrait de l\u2019Histoire de l\u2019art d\u2019Elie Faure o\u00f9 il est \u00e9crit qu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, V\u00e9lasquez ne peignait plus les choses mais ce qu\u2019il y a entre les choses. Cet <em>entre-deux<\/em> fascine et questionne en peinture mais aussi au cin\u00e9ma. Comment visualiser ces trous ?<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/Ot5t1NnTw2o\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autre exemple. Dans l\u2019histoire du cin\u00e9ma, la figure du <em>champ\/contre-champ<\/em> s\u2019est impos\u00e9e comme solution de raccordement dans le filmage d\u2019une communication verbale entre deux personnages. Figure de montage qui raccorde sur la direction des regards les plans respectifs des protagonistes. En fait, <em>leurs regards se croisent dans la coupe<\/em>, dans l\u2019entre-deux des plans, puisque tout raccord au cin\u00e9ma est d\u2019abord coupe et segmentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous sommes confront\u00e9s \u00e0 une <em>esth\u00e9tique de la communication frontale<\/em> relevant d\u2019un mod\u00e8le t\u00e9l\u00e9graphique pour reprendre la formule d\u2019Yves Winkin dans La nouvelle Communication. Avec <em>La nouvelle Vague<\/em>, cam\u00e9ra l\u00e9g\u00e8re, cameraman d\u2019actualit\u00e9 (Raoul Coutard), et une injonction d\u2019Andr\u00e9 Bazin : <em>Montage interdit<\/em>, on ne filme plus -ou plus seulement- en champ\/contre-champ deux personnages qui communiquent verbalement. La cam\u00e9ra va et vient entre les personnages, visualisant, m\u00e9taphorisant cet entre-deux dont on aurait pu penser qu\u2019il n\u2019\u00e9tait que g\u00e9om\u00e9trique, que l\u2019expression d\u2019un crime de l\u00e8se ellipse dans un <em>syst\u00e8me transitif, lin\u00e9aire, hollywoodien<\/em> suivant l\u2019expression de Gilles Deleuze dans L\u2019Image-mouvement. Mais cela prouve que le champ\/contre-champ n\u2019est pas seulement une technique de montage, une figure d\u2019un probl\u00e9matique langage audiovisuel, mais une <em>forme<\/em> relevant d\u2019une esth\u00e9tique et pour La nouvelle Vague, c\u2019est clair : une position critique sur le cin\u00e9ma et pourquoi pas sur le mod\u00e8le de communication incarn\u00e9 dans cette forme. <em>Filmer le trou, tel semble \u00eatre le mot d\u2019ordre<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Filmer le trou ou boucher le trou ? Telle est la question qui resurgit. Il n\u2019y aurait plus les ringards qui bouchent et les modernes qui creusent. Raccorder par le montage ou faire durer le plan dans une continuit\u00e9 limite, deux fa\u00e7ons de se comporter par rapport \u00e0 la coupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Couper et\/ou raccorder<\/em>, voil\u00e0 la question de l\u2019image-mouvement et de l\u2019image-temps. Surd\u00e9terminer la coupe, ou le raccord tel est l\u2019enjeu d\u2019un aveuglement id\u00e9ologique qui h\u00e9site entre le creux et le plein. Faut-il comme le dentiste, creuser plus pour boucher mieux ? Ou pour affirmer son identit\u00e9 \u00ab professionnelle \u00bb, \u00ab broadcast \u00bb, traquer le plus petit trou d\u2019aiguille, le plus petit trou dans cet emploi du temps t\u00e9l\u00e9visuel qu\u2019une <em>industrie de programmes<\/em> attentionn\u00e9e propose jour et nuit ? Qui n\u2019a jamais parcouru un rapport de chef de cha\u00eene ne conna\u00eet pas l\u2019angoisse qui \u00e9treint ceux qui veillent pour que nous ne soyons jamais d\u00e9connect\u00e9s !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi boucher, pourquoi creuser, comment boucher, comment creuser ? Pas de ringards, pas de modernes. On sait les limites d\u2019une th\u00e9orie de l\u2019ali\u00e9nation id\u00e9ologique : \u00e0 l\u2019instar des critiques faites \u00e0 la notion d\u2019ali\u00e9nation par certains psychanalystes qui rappellent que toute n\u00e9vrose ou toute psychose est une tentative ultime et parfois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e pour s\u2019adapter -quand m\u00eame.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Transformation et visualisation\u00a0dans les \u00ab\u00a0nouvelles images\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je voudrais m\u2019attarder sur les <em>images dites nouvelles<\/em>, car des communications tr\u00e8s int\u00e9ressantes dans ce Coll\u00e8ge ont rappel\u00e9, l\u2019une en revenant sur les d\u00e9buts du cin\u00e9matographe et sur <em>les nouvelles images de 1985 <\/em>(Sicard, 1994), une autre en jetant un pont entre les clones et les marionnettes, <em>les marionnettes \u00e9lectroniques<\/em>, que, s\u2019il fallait \u00eatre \u00e0 l\u2019aff\u00fbt de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une r\u00e9elle part de nouveaut\u00e9, voire d\u2019une possible mutation technologique de la pens\u00e9e, un devoir de m\u00e9moire, d\u2019inertie intellectuelle bien temp\u00e9r\u00e9e, nous intimait l\u2019obligation de ne pas prendre pour argent comptant le <em>discours marketing<\/em> qui les accompagnait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019I.N.A., par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019Imagina, du Coll\u00e8ge iconique et des ateliers de recherche m\u00e9thodologiques de l\u2019Inath\u00e8que, propose des lieux de rencontre et de confrontation autour de ces nouveaux objets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le sens de ces pr\u00e9c\u00e9dentes interventions, je voudrais r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019homme-cam\u00e9ra et la femme-panth\u00e8re au travers du film <em>Peeping Tom <\/em>(<em>Le Voyeur<\/em>) de Michael Powell et les deux versions de <em>Cat people <\/em>(<em>La F\u00e9line<\/em>) de Jacques Tourneur et de Paul Schrader.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Monomaniaque des trous, je m\u2019interrogerai sur les probl\u00e8mes de visualisation dans ces films. Je commencerai par le <em>Cat People<\/em> de Maurice Tourneur, film phare pour tous les amoureux du genre fantastique. On conna\u00eet les louanges faites \u00e0 ce film auxquelles on pourrait appliquer le mot de Charles Sanders Peirce cit\u00e9 par Erwin Panofsky : \u00ab en montrer moins pour en exprimer plus \u00bb. En effet, dans ce film \u00e0 petit budget (fleuron des s\u00e9ries B hollywoodiennes), on ne montre jamais la transformation de l\u2019h\u00e9ro\u00efne en panth\u00e8re. On voit une femme, on voit une panth\u00e8re, on ne visualise pas le devenir panth\u00e8re de cette femme. On admire le comble de <em>l\u2019ellipse po\u00e9tique<\/em>, le jeu admirable du hors-champ, puisque pour des raisons \u00e0 la fois \u00e9conomique et artistique (faire des contraintes les moyens de la cr\u00e9ation), la transformation n\u2019existe que pour le regard d\u2019un homme (et dans le film, c\u2019est le psychiatre qui en mourra !).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la fameuse sc\u00e8ne de la piscine, on ne la verra pas se transformer non plus : un jeu savant des lumi\u00e8res en miroitement sur l\u2019eau et les murs \u00e9voquera ce qui n\u2019est pas montr\u00e9.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/zfbGJrAVWUo\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de la poursuite dans la rue, <em>pas de visualisation<\/em> mais ce que Michel Chion appelle un <em>rendu sonore<\/em> : deux s\u00e9ries de pas, celle de la poursuivie (dans le champ) et celle de la poursuivante (hors-champ). Puis une seule s\u00e9rie de pas : la poursuivie, toujours dans le champ, et off, succ\u00e9dant au silence de la poursuivante, feulements et grognements : une transformation sonore et pas visuelle. Morceaux d\u2019anthologie dans toutes les histoires du cin\u00e9ma fantastique.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/kXvG0E3s4wo\" width=\"420\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cin\u00e9ma fantastique d\u2019aujourd\u2019hui cherche la visualisation, \u00e0 coup de trucages et de dollars. Et le puriste de pointer la perte en charge po\u00e9tique et de qualit\u00e9 artistique. J\u2019essaierai de d\u00e9passer ce point de vue, en d\u00e9pla\u00e7ant mon int\u00e9r\u00eat sur le recadrage communicationnel dans les strat\u00e9gies conscientes (fournir de nouveaux produits \u00e0 l\u2019industrie culturelle cin\u00e9matographique ou t\u00e9l\u00e9visuelle) et inconscientes : <em>la tendance \u00e0 tout montrer<\/em> (ou la peur de ne pas tout pouvoir montrer ?), la volont\u00e9 de s\u2019\u00e9manciper du cadre de l\u2019image anim\u00e9e traditionnelle par l\u2019av\u00e8nement des nouvelles technologies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le remake de Paul Schrader, le clou du spectacle c\u2019est la transformation de Nastassia Kinski en panth\u00e8re. Dans cette version de 1981, contemporaine de <em>Alien<\/em>, de <em>The Thing<\/em>, etc., pas d\u2019ordinateur ni d\u2019images de synth\u00e8se, pas encore de morphing, mais un raffinement extr\u00eame sur les effets sp\u00e9ciaux par le maquillage et le filmage des transformations. Est-ce condamnable ontologiquement suivant la formule d\u2019Andr\u00e9 Bazin ? Dans la dialectique du cach\u00e9\/montr\u00e9, Schrader \u00e0 la fois pour des raisons mercantiles et id\u00e9ologiques a-t-il enfreint une r\u00e8gle de \u00ab retenue po\u00e9tique \u00bb ? A-t-il bouch\u00e9 le trou au risque, comme le voyeur par le trou de la serrure, de s\u2019aveugler sur l\u2019essentiel ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui et non. <em>Si l\u2019inconscient ne conna\u00eet pas le n\u00e9gatif<\/em>, les images le connaissent-elles ? On peut d\u00e9nier mais peut-on nier ? Apr\u00e8s tout, et en toute rigueur, Jacques Tourneur lui aussi rend audiovisuellement parlant, mais par le son, la transformation. Bien s\u00fbr, \u00e0 privil\u00e9gier l\u2019image sur le son comme par un jeu de refoulement, il n\u2019y a pas de visualisation directe mais indirecte : les jeux de lumi\u00e8res, et le rendu sonore. Rendu sonore, rendu visuel, diff\u00e9rence \u00e0 creuser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est surtout une diff\u00e9rence quant aux jeux de regard : dans la version n\u00b0 1, seul le psychiatre assistera (pour en mourir apr\u00e8s avoir enfreint deux r\u00e8gles d\u00e9ontologiques : s\u00e9duire la patiente et la regarder) \u00e0 la transformation, et ses yeux seront les n\u00f4tres, sans le plan subjectif qui nous permettrait de r\u00e9ellement voir ce qu\u2019il voit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le deuxi\u00e8me, nous verrons directement mais par un jeu de miroir : Nastassia Kinski se regardant dans la glace de la salle de bain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une diff\u00e9rence notoire entre les deux versions : \u00e0 la fin de la version \u00ab <em>soft<\/em> \u00bb la femme-panth\u00e8re meurt sous sa forme panth\u00e8re. A la fin de la version \u00ab hard \u00bb, elle aura la vie sauve : son amoureux l\u2019enfermera -sous sa forme panth\u00e8re- dans une cage du zoo o\u00f9 il travaille et viendra la caresser de temps en temps en lui apportant un beau morceau de viande sanguinolent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma proposition est que, si l\u2019on sort du terrain purement artistique, po\u00e9tique, pour se placer dans un cadre communicationnel -et pas dans le sens de message, mais comme rapport \u00e9tabli par chacun des films au monde qu\u2019il induit-, l\u2019enjeu m\u00e9taphorique n\u2019est pas du tout le m\u00eame. Dans le premier -po\u00e9tiquement correct !-, on int\u00e8gre le tabou port\u00e9 sur le regard qui viserait la transformation. D\u2019ailleurs la <em>forme panth\u00e8re<\/em>, comme on dirait la forme osirienne d\u2019un pharaon en \u00e9gyptologie, n\u2019implique pas symboliquement la monstration de la transformation corporelle. On tient \u00e0 distance les deux p\u00f4les qui la constituent : femme et panth\u00e8re. Remarquons d\u2019ailleurs qu\u2019\u00e0 la fin des deux films, ce qui est mort ou mis en cage, c\u2019est la forme panth\u00e8re et pas la forme humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le second film, et c\u2019est en cela qu\u2019il me semble symptomatique de la tendance des nouvelles images \u00e0 vouloir tout montrer en s\u2019\u00e9mancipant du cadre -artistique- au profit d\u2019un autre -communicationnel-, cherche \u00e0 visualiser, \u00e0 se familiariser avec ce qui devrait rester invisible. Bien s\u00fbr, je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, dans leur forme spectaculaire, ces nouvelles images ont comme mission de renouveler l\u2019int\u00e9r\u00eat du spectateur en lui proposant toujours de <em>nouveaux produits culturels<\/em> \u00e0 consommer. Mais dans le m\u00eame temps, on ne peut pas ne pas voir qu\u2019elles participent du m\u00eame mouvement que leurs soeurs de <em>l\u2019imagerie scientifique<\/em> qui, elles, b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un accueil positif comme moyen de connaissance. Voir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du corps, tel est le programme des cam\u00e9ras endoscopiques. Or, la s\u00e9quence d\u2019autopsie dans le second film de la forme panth\u00e8re du fr\u00e8re de la f\u00e9line est claire. Comme dans <em>Alien<\/em> -mais par une inversion- en ouvrant le corps de la panth\u00e8re on retrouve un bras humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me semble qu\u2019il y a donc un <em>b\u00e9n\u00e9fice<\/em> et un <em>d\u00e9ficit<\/em> dans chacune des versions. Dans la premi\u00e8re, on respecte les r\u00e8gles du jeu artistiques mais aussi archa\u00efquement religieuses -le tabou sur le corps gr\u00e2ce \u00e0 une asc\u00e8se financi\u00e8re impos\u00e9e. Dans la seconde, on s\u2019autorise l\u2019exp\u00e9rimentation visuelle, mais au prix d\u2019un autre aveuglement sur une <em>m\u00e9taphorisation impossible<\/em> parce que l\u2019enjeu de ces trans-formations n\u2019est pas le <em>corps<\/em> f\u00e9minin et son sexe troublant, mais le d\u00e9sir d\u2019un homme et d\u2019une femme qui s\u2019articule autour d\u2019un signifiant, le phallus, venant toujours \u00e0 manquer, et un signifiant introuvable (du moins pour les classiques de la psychanalyse !) comme un trou noir dont on se doute qu\u2019en n\u00e9gatif du n\u00e9gatif, sa positivit\u00e9 signifiante reste \u00e0 expliciter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et \u00e0 ce titre, la femme panth\u00e8re n\u00b0 2 -dans le genre fantastique-, pas plus que n\u2019importe quel film pornographique dans un autre genre, en approchant la cam\u00e9ra sur les sexes des uns et des autres, ne peut dans le meilleur des cas que pointer l\u2019existence, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sexe brandi, d\u2019une autre r\u00e9alit\u00e9 dont la visualisation rapproch\u00e9e prouve que, comme les trous noirs en physique, elle n\u2019a de trou que le nom pour <em>un regard masculin aveugl\u00e9 par sa hantise de la castration<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et il est int\u00e9ressant de noter que tous ces films fantastiques de la fin des ann\u00e9es soixante-dix, d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt dont <em>Alien<\/em> est l\u2019arch\u00e9type, int\u00e8grent une interrogation sur le corps f\u00e9minin et sa possibilit\u00e9 de procr\u00e9er \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019id\u00e9ologie et la mythologie associ\u00e9es \u00e0 l\u2019ordinateur et aux \u00ab T.I.C. \u00bb butent sur une complexit\u00e9 humaine \u00e0 la physique et la chimie \u00e0 la fois extraordinairement sophistiqu\u00e9es et terriblement archa\u00efques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le Voyeur<\/em> -l\u2019homme-cam\u00e9ra- de Michael Powell est \u00e0 ce titre pr\u00e9monitoire. Le dispositif insens\u00e9 mis au point par l\u2019ex-petit ami-empereur de <em>Sissi<\/em>, Karlheinz Bohm, nous bluffe jusqu\u2019\u00e0 la fin. Ce n\u2019est point tant la ba\u00efonnette dont il chausse un des pieds de sa cam\u00e9ra pour percer ses victimes tout en les filmant qui fait sens, mais, on l\u2019apprend \u00e0 la fin, c\u2019est le miroir qu\u2019il lui adjoint pour que la femme victime se voit percer et mourir. Et le clou du film projet\u00e9, c\u2019est de se filmer soi-m\u00eame pour filmer sa propre mort, ajoutant en cela au programme du Pr\u00e9sident Schreber : non seulement \u00eatre une femme et subir l\u2019accouplement, mais \u00eatre une femme victime et se voir subir une perc\u00e9e d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas : il ne s\u2019agit pas dans ma proposition d\u2019un probl\u00e8me de m\u00e9taphorisation ergonomique. Ce qui m\u2019importe dans cette contribution, c\u2019est de percevoir quelques remous dans la culture ou dans l\u2019id\u00e9ologie si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire dans un certain syst\u00e8me de communication, et de remarquer qu\u2019\u00e0 trop parler de visualisation, <em>on refoule une fois de plus la question du son<\/em>. Car ces trous dans l\u2019image, qu\u2019on les revendique ou qu\u2019on les d\u00e9nie, ne doivent pas nous faire oublier que notre monde est peut-\u00eatre plus une <em>audiosph\u00e8re<\/em> (pas vraiment une logosph\u00e8re) qu\u2019une vid\u00e9osph\u00e8re pour paraphraser en la d\u00e9tournant la m\u00e9diasph\u00e8re de R\u00e9gis Debray. La visite des temples de la consommation culturelle (F.N.A.C., Virgin\u2026) le montre suffisamment o\u00f9 le son dame souvent largement le pion \u00e0 l\u2019image. Quant \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, si les nouveaux \u00e9crans plasma r\u00e9volutionnent l\u2019ameublement en permettant d\u2019accrocher leurs \u00e9crans plats comme un tableau sur le mur, c\u2019est le concept de <em>home cin\u00e9ma<\/em>, li\u00e9 au son (Dolby surround ou T.H.X.), qui est central dans le marketing.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et si l\u2019aveuglement au c\u0153ur de la vision se doublait d\u2019une surdit\u00e9 th\u00e9orique ? Comme des agnosies visuelles et auditives ? <em>Agnosies id\u00e9ologiques<\/em> surtout, \u00e9clipses de nos sens qui nous renvoient \u00e0 cette sorte de courbure de nos lignes de communication visuelle et auditive sur laquelle j\u2019aimerais conclure, et dont les trous noirs de notre pens\u00e9e sur les m\u00e9dias seraient les r\u00e9v\u00e9lateurs ?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Conclusion :\u00a0les trous, ou la part de libert\u00e9 du spectateur<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jeu d\u2019esprit, on l\u2019a vu \u00e0 propos de la physique ou de l\u2019astronomie, permet souvent de se sortir des orni\u00e8res th\u00e9oriques. Et faire porter l\u2019accent sur les trous, cela revient d\u2019abord \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir autant sur la <em>mat\u00e9rialit\u00e9 incompl\u00e8te des images au regard du son que sur la mat\u00e9rialit\u00e9 \u00e9nigmatique de notre rapport \u00e0 l\u2019image et aux sons<\/em>. Et cette mat\u00e9rialit\u00e9 doit se d\u00e9fier d\u2019un vieux mat\u00e9rialisme et scientisme r\u00e9ducteur dont les sciences physiques elles-m\u00eames se sont \u00e9mancip\u00e9es. Rappeler l\u2019existence des trous dans l\u2019image et dans le regard, c\u2019est insister sur l\u2019existence simultan\u00e9e de <em>pleins<\/em> et de <em>creux<\/em> dans l\u2019image en mouvement et dans le temps, donc d\u00e9passer toute analyse qui, pour le cin\u00e9ma ou la t\u00e9l\u00e9vision, fige sa m\u00e9thodologie dans un <em>Arr\u00eat sur l\u2019image<\/em> pour reprendre l\u2019intitul\u00e9 suspect d\u2019une \u00e9mission auto-r\u00e9flexive \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de son propre m\u00e9dia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La nouvelle physique des \u00ab images \u00bb et du regard doit tenir compte de ce mouvement de la lumi\u00e8re qui va des unes \u00e0 l\u2019autre, que ce soit par projection, comme le cin\u00e9matographe, ou par un effet de vitrail comme dans l\u2019image cathodique. Et les trous engendrent -au moins m\u00e9taphoriquement- une courbure dans la trajectoire de la lumi\u00e8re qui unit l\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision sont sonores et parlants. Et leurs \u00ab images \u00bb peuvent \u00eatre entendues, ce que sugg\u00e8re Michel Chion comme des cribles qui laissent passer des paroles, des musiques et des sons. Car penser les trous comme des refoul\u00e9s de l\u2019image, c\u2019est aussi, comme je le disais au d\u00e9but de ma communication, <em>penser le son comme refoul\u00e9 de l\u2019image.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux agnosies visuelles et sonores est li\u00e9 un impens\u00e9 th\u00e9orique que je ne fais qu\u2019effleurer dans cette contribution pr\u00e9paratoire \u00e0 une recherche \u00e0 venir. Et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une halte gastronomique et r\u00e9flexive sur les trous dans le gruy\u00e8re, certaines plong\u00e9es documentaires dans des crat\u00e8res en \u00e9bullition peuvent donner le vertige, pour peu qu\u2019on se donne les moyens \u00e9pist\u00e9mologiques et esth\u00e9tiques d\u2019une exp\u00e9rimentation crois\u00e9e dans ma discipline. Au Coll\u00e8ge iconique, nous avons pris le temps et nous continuons \u00e0 nous octroyer le recul par rapport \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et aux nouvelles images en g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019est pourquoi je me suis permis de tenter ce qui pourrait appara\u00eetre par analogie comme une variation axiomatique dans son mouvement rhapsodique mais qui, pour moi, constitue <em>les coulisses<\/em> <em>d\u2019une contribution sur la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019information et de la communication audiovisuelles.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, il faut accepter une certaine dose de Dialectique n\u00e9gative pour reprendre le titre de l\u2019ouvrage d\u2019Adorno tout en sachant que la n\u00e9gativit\u00e9 contient sa propre positivit\u00e9 ! Car la relativit\u00e9 d\u2019Einstein, les nombres imaginaires ou l\u2019impressionnisme en peinture, \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine, des appellations non contr\u00f4l\u00e9es, <em>le sympt\u00f4me de la crise qu\u2019ils refl\u00e9taient dans leur univers d\u2019origine, si tant est que la forme esth\u00e9tique est du contenu social s\u00e9diment\u00e9.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors le trou et l\u2019aveuglement m\u2019inspirent un dernier jeu d\u2019esprit, ce paradoxe : Et si toute image, en un certain sens, \u00e9tait faite par des aveugles pour des aveugles, et pas seulement au niveau d\u2019un aveuglement id\u00e9ologique ? De grands cin\u00e9astes \u00e9taient borgnes : John Ford, Fritz Lang, Raoul Walsch. Et si, entre ceux qui \u00e9carquillent les yeux pour tout englober dans un m\u00eame regard au nom des nouvelles images et ceux qui n\u2019en finissent pas de d\u00e9plorer la fin de l\u2019art du cin\u00e9ma avec <em>la perte du cadre<\/em> et l\u2019av\u00e8nement de l\u2019interactivit\u00e9 dont jouent l\u2019id\u00e9ologie industrielle mais aussi des artistes contemporains, le renouveau des images passait par une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de fabricants aveugles ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le montre Oliver Sacks dans ses r\u00e9cits cliniques, l\u2019agnosie peut \u00eatre accueillie favorablement ou non par le patient. \u00c9largir le trou ou le boucher, ne s\u2019opposent pas comme l\u2019envers l\u2019un de l\u2019autre mais comme les deux faces d\u2019un rapport \u00e0 l\u2019image et au son o\u00f9 la part de libert\u00e9 du spectateur -mais aussi du chercheur-, <em>cette promesse de libert\u00e9<\/em>, est toujours \u00e0 reconqu\u00e9rir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/author\/mariv\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Lire d&rsquo;autres articles de Marc Hiver<\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1954\" title=\"bouton citer\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/08\/bouton-citer.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>HIVER Marc<\/strong>, \u00ab\u00a0Trou dans l&rsquo;image et question de l&rsquo;aveuglement\u00a0\u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2012, mis en ligne le\u00a031\u00a0ao\u00fbt 2012. URL : http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/trou-image-aveuglement-marc-hiver\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<a href=\"#haut\">RETOUR HAUT DE PAGE<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les nouvelles images pr\u00e9tendent tout montrer dans le cadre id\u00e9ologique d&rsquo;un pseudo-monde des images. Or les trous et l\u2019aveuglement y sont pourtant aussi indissociables car on ne peut abstraire l\u2019image du regard port\u00e9 sur elle. <\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":22517,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,780,11,3,81,545],"tags":[172,624,67,781,695,70,28,150,753,65,170,71,726,72,745,77,722,151,754],"coauthors":[928],"class_list":["post-59","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-arts","category-cinema","category-industries-culturelles","category-reperes-theoriques","category-sonmusiquecinematv","tag-contenu-social-sedimente","tag-crise-de-la-rationalite","tag-determinisme-technologique","tag-dialectique-de-la-raison","tag-dialectique-negative","tag-epistemologie","tag-ideologie","tag-imaginaire","tag-memoire","tag-nouvelles-images","tag-objet-enigmatique","tag-paradoxe","tag-parataxe","tag-poste-dobservation","tag-postulat","tag-promesse-de-liberte","tag-reve","tag-utopie","tag-visualisation"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=59"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22517"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=59"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=59"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=59"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=59"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}