
{"id":36188,"date":"2020-06-01T01:00:05","date_gmt":"2020-05-31T23:00:05","guid":{"rendered":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=36188"},"modified":"2020-06-01T08:56:19","modified_gmt":"2020-06-01T06:56:19","slug":"les-citations-sur-le-cinema-dans-la-production-industrielle-de-biens-culturels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/les-citations-sur-le-cinema-dans-la-production-industrielle-de-biens-culturels\/","title":{"rendered":"Citations sur le cin\u00e9ma dans \u00ab La Production industrielle de biens culturels \u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36188?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36188?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#b7b9c2;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#d1d3dc;border-color:#ffffff;color:#000000;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne s&rsquo;agit pas ici d&rsquo;un article proprement dit, mais plut\u00f4t d&rsquo;un recueil de citations non exhaustives propos\u00e9 par le webmaster autour de la question : quel est le r\u00e9f\u00e9rent cin\u00e9ma dont traitent T.W. Adorno et Max Horkheimer dans le texte inaugural sur la <em>Kulturindustrie<\/em> ? La m\u00eame question se pose dans d&rsquo;autres essais solo d&rsquo;Adorno \u00e0 propos du jazz.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Les standards<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>La Production industrielle de biens culturels<\/em> (Kulturindustrie) de T.W. Adorno et Max Horkheimer, les films ou auteurs ou producteurs cit\u00e9s sont d\u2019abord des noms de firmes : Warner Brothers, Metro Goldwyn Mayer, Path\u00e9, Gaumont, des noms de producteurs comme Daryl Zanuck, des noms de standards industriels comme le <em>Code Hays<\/em> qui est d\u2019abord un code professionnel d\u2019autocensure \u00e9tabli \u00e0 Hollywood en 1934 apr\u00e8s le scandale Faty Arbuckle, des noms de stars de l\u2019\u00e9poque comme Mickey Rooney ou Victor Mature pour les p\u00e9plums, des personnages de dessins anim\u00e9s : Donald et Betty Boop, mais aussi des grands noms du \u00ab\u00a0septi\u00e8me art\u00a0\u00bb : Orson Welles ou Charles Chaplin. Ainsi, on trouve dans l\u2019ordre d\u2019entr\u00e9e en texte :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Warner Brothers ;<br \/>\n&#8211; Metro Goldwyn Mayer .<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les avantages et les d\u00e9savantages dont discutent les connaisseurs ont pour seul but de maintenir chez le public l\u2019illusion de la concurrence entre les firmes et du choix. Il en est de m\u00eame pour les productions des Warner Brothers et de la Metro Goldwyn Mayer . (Adorno,\u00a0T.\u00a0W.,\u00a0Horkheimer,\u00a0M., <em>La Dialectique<\/em><em> de la raison<\/em>, Paris, Gallimard, \u00ab Tel \u00bb (traduction fran\u00e7aise Eliane Kaufholz), 1974, p. 132)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-36221 size-full\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/MGM-Logo.gif\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"272\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour savourer cette citation, outre le coup de patte aux connaisseurs du cin\u00e9ma comme une analogie avec celui donn\u00e9 aux connaisseurs du jazz, il faut se rappeler qu\u2019\u00e0 Hollywood, la Metro Goldwyn Mayer \u00e9tait une Major tr\u00e8s grand public familial. \u00ab La MGM pr\u00e9sentait un monde de r\u00eave. Tout \u00e9tait id\u00e9alis\u00e9 et un peu romantique. \u00bb (Interview de Gregory Peck dans <em>Histoire du cin\u00e9ma am\u00e9ricain<\/em> de Martin Scorsese). Sur le rapport entre les studios et leur c\u0153ur de cible :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Chaque studio avait certes ses sp\u00e9cialit\u00e9s et son public. Les films subtils ou somptueux de la Paramount visaient une classe sup\u00e9rieure. La MGM offrait \u00e0 la classe moyenne com\u00e9dies, drames et musicals. La Warner s\u2019attirait la classe populaire par des productions rapides et sans pr\u00e9tention. Mais chaque studio mettait tous les genres \u00e0 son catalogue et l\u2019organisation ne diff\u00e9rait pas sensiblement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. (A. Kaspi, C. J. Bertrand, J. Heffer, <em>La Civilisation<\/em><em> am\u00e9ricaine<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, 1979, p. 168)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nPar ailleurs, on retrouve cette id\u00e9e-force en filigrane de la publicit\u00e9 comme m\u00e9dia id\u00e9ologique et paradigme des autres m\u00e9dias de masse : illusion de la concurrence de celui qui peut payer les droits exorbitants que r\u00e9clament les agences de publicit\u00e9. Id\u00e9e d\u2019une terrible actualit\u00e9 dans un monde o\u00f9 les publivores ont leur festival et leur \u00ab culture pub \u00bb, essayant de r\u00e9aliser la terrible pr\u00e9diction d\u2019Adorno : \u00ab La publicit\u00e9 devient l\u2019art par excellence . \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; Orson Welles cit\u00e9 et trait\u00e9 plus haut ;<br \/>\n&#8211; Daryl Zanuck .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Daryl Zanuck, \u00e0 Hollywood, s\u2019\u00e9tait fait \u00e0 la Fox une sp\u00e9cialit\u00e9 de films \u00e0 intentions sociales ou films \u00e0 th\u00e8se pour reprendre les expressions d\u2019Adorno et Horkheimer, ce qui ne conf\u00e8re \u00e0 ces films, aux yeux de nos deux auteurs, aucune distinction :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les formes fig\u00e9es telles que le sketch, le r\u00e9cit bref, le film \u00e0 th\u00e8se, les \u201ctubes\u201d sont la moyenne normative du lib\u00e9ralisme avanc\u00e9, toujours impos\u00e9e sous la menace. (Adorno,\u00a0T.\u00a0W.,\u00a0Horkheimer,\u00a0M., <em>La Dialectique<\/em><em> de la raison<\/em>, opus cit\u00e9, p. 143)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nQuand le chiasme croise le paradoxe :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le code Hays ne fait que confirmer le rituel d\u00e9j\u00e0 instaur\u00e9 par l\u2019industrie culturelle : le supplice de Tantale. Les \u0153uvres d\u2019art sont asc\u00e9tiques et sans pudeur, l\u2019industrie culturelle est pornographique et prude . (<em>Ibid.<\/em>, p. 149)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nSur le code Hays, Mickey Rooney, Greta Garbo, Donald et Betty Boop :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"background-color: #ffffff; color: #000000;\">L\u2019attachement funeste du peuple pour le mal qu\u2019on lui fait va m\u00eame au-devant de l\u2019astuce des autorit\u00e9s. Il est plus fort m\u00eame que le rigorisme du Code Hays ; c\u2019est lui qui, durant de grands moments historiques, a encourag\u00e9 des instances plus importantes dirig\u00e9es contre lui : ainsi la terreur des tribunaux. Il soutient Mickey Rooney contre Garbo la tragique et Donald Duck contre Betty Boop. (<em>Ibid.<\/em>, p. 142-143)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\u00c0 Hollywood, Adorno et Horkheimer font d\u00e9j\u00e0 rimer industrialisation et cr\u00e9ation de normes et de standards.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEn termes de projet id\u00e9ologique , cette citation traite de \u00ab clon\u00e9s \u00bb avant l\u2019heure les muscles de Victor Mature (<em>La Tunique<\/em>, premier film en cin\u00e9mascope, <em>Les Gladiateurs<\/em> (suite de <em>La Tunique<\/em>), <em>Samson et Dalila<\/em> de Cecil B. DeMille) et les rictus de Mickey Rooney (c\u00e9l\u00e8bre pour une s\u00e9rie enfantine avec Judy Garland) :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">les physionomies produites synth\u00e9tiquement montrent bien que l\u2019on a d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9 ce qu\u2019\u00e9tait la notion de vie humaine. Pendant des si\u00e8cles, la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019est pour ainsi dire pr\u00e9par\u00e9e pour les Victor Mature et les Mickey Rooney. Leur \u0153uvre de dissolution est en m\u00eame temps un accomplissement .<\/span> (<span style=\"color: #000000;\">Ibid., p.164-165<\/span>)<\/p>\n<\/blockquote>\n<figure id=\"attachment_36223\" aria-describedby=\"caption-attachment-36223\" style=\"width: 214px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-36223 size-medium\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-214x300.jpg\" alt=\"\" width=\"214\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-214x300.jpg 214w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-732x1024.jpg 732w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-600x839.jpg 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-107x150.jpg 107w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-17x24.jpg 17w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-26x36.jpg 26w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature-34x48.jpg 34w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/victore_mature.jpg 760w\" sizes=\"auto, (max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-36223\" class=\"wp-caption-text\">Victor Mature<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette insistance sur la cin\u00e9g\u00e9nie id\u00e9ologique des muscles quasi bodybuild\u00e9s de Victor Mature est l\u00e0 encore d\u2019actualit\u00e9, mais au c\u0153ur m\u00eame du processus d\u2019industrialisation esth\u00e9tique. Et si la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9e pour les Victor Mature, ne se r\u00e9alise-t-elle pas dans les Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone, rois du body-building, d\u00e9j\u00e0 clones d\u2019eux-m\u00eames et permettant \u00e0 l\u2019industrie de les cloner une deuxi\u00e8me fois en image de synth\u00e8se pour les besoins d\u2019un film comme <em>True Lies<\/em> ? \u00c0 propos de Victor Mature, et par honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle, le cin\u00e9phile ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser au film de John Ford <em>My darling Clementine<\/em> (\u00ab\u00a0La Poursuite infernale\u00a0\u00bb) o\u00f9 l\u2019acteur, habill\u00e9, sans effets de muscles, campe un \u00ab doc \u00bb John Holliday \u00ab de l\u00e9gende \u00bb.\u00a0<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Les genres cit\u00e9s<\/span><\/h2>\n<p>&#8211; Le film \u00e0 th\u00e8se , films \u00e0 intentions sociales ;<br \/>\n&#8211; Les dessins anim\u00e9s ;<br \/>\n&#8211; Le film policier ;<br \/>\n&#8211; Le rire (films comiques) ;<br \/>\n&#8211; Les films \u00e9rotiques ;<br \/>\n&#8211; Le film d\u2019actualit\u00e9s ;<br \/>\n&#8211; Le cin\u00e9ma tragique .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cet article <em>Kulturindustrie<\/em>, fondateur d\u2019un nouveau champ, outre les auteurs, les films, les maisons de production, un sort particulier est fait aux genres constitutifs de la machine Hollywoodienne, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019industrie culturelle cin\u00e9matographique am\u00e9ricaine. Et cette logique des genres y est analys\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une v\u00e9ritable immersion sur le terrain. Quand on relit de pr\u00e8s le texte, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019entre les anath\u00e8mes, il y a une connaissance de l\u2019int\u00e9rieur de cette industrialisation et de sa volont\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique. L\u2019insistance sur les genres \u00e9claire ce qui fait le c\u0153ur du syst\u00e8me de production et en m\u00eame temps celui de l\u2019instrumentalisation du r\u00e9cepteur. Cette liaison entre logique de production et logique de r\u00e9ception est plus que jamais d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nDans le m\u00eame essai, se profile aussi, non pas l\u2019id\u00e9e d\u2019un martyrologe de type Deleuzien, mais une notion de rendez-vous manqu\u00e9 (notamment pour le dessin anim\u00e9) ou d\u2019une promesse sinon artistique, du moins de relative libert\u00e9 : les films de s\u00e9rie B.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00c0 ce propos, comme pour beaucoup de probl\u00e8mes du cin\u00e9ma actuel, notre objection ne vise pas la standardisation en soi, car des productions telles que les films de gangsters, les westerns, les films d\u2019horreur, qui ne font pas myst\u00e8re de leur mod\u00e8le, ont fr\u00e9quemment un pouvoir distrayant sup\u00e9rieur \u00e0 celui des productions pr\u00e9tentieuses dites de premi\u00e8re classe. Seule est mauvaise la standardisation de ce qui se pr\u00e9tend unique ou, inversement, le sch\u00e9ma que l\u2019on d\u00e9guise pour lui conf\u00e9rer un caract\u00e8re unique. (<em>Ibid.<\/em>, p. 26-27)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Un rendez-vous manqu\u00e9<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_36228\" aria-describedby=\"caption-attachment-36228\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-36228 size-full\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/betty-boop400.gif\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"295\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-36228\" class=\"wp-caption-text\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Betty Boop et La Panth\u00e8re Rose<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dessin anim\u00e9, avant sa r\u00e9ification en genre, par sa libert\u00e9 cr\u00e9atrice qui rappelle le geste artisanal de l\u2019\u00e9crivain : des feuilles de crayon, du papier, une volont\u00e9 m\u00eame limit\u00e9e de s\u2019\u00e9manciper du <em>statu quo<\/em>, de faire \u00e9clater la maudite continuit\u00e9, ne d\u00e9gageait-il pas le parfum du caract\u00e8re autonome de l\u2019\u0153uvre d\u2019art ?<\/p>\n<blockquote>\n<p><span style=\"background-color: #ffffff; color: #000000;\">Les \u0153uvres d\u2019art se d\u00e9tachent du monde empirique et en engendrent un autre poss\u00e9dant son essence propre, oppos\u00e9 au premier comme s\u2019il \u00e9tait \u00e9galement une r\u00e9alit\u00e9 . (Adorno, T. W., <em>Th\u00e9orie esth\u00e9tique<\/em>, Paris, Klincksieck (traduction fran\u00e7aise Marc Jimenez), 1982., p. 9)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur ce rendez-vous manqu\u00e9, on retrouve un peu de cette h\u00e9sitation th\u00e9orique au c\u0153ur de l\u2019\u00e9criture, sur ce que Jacques Derrida \u00e9crivait dans <em>Le Monde diplomatique<\/em> en janvier 2002 :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Quant \u00e0 cette lucidit\u00e9, cette lumi\u00e8re, cette <em>Aufkl\u00e4rung<\/em> d\u2019un discours r\u00eaveur sur le r\u00eave, j\u2019aime justement penser \u00e0 Adorno. J\u2019admire et j\u2019aime en Adorno quelqu\u2019un qui n\u2019a cess\u00e9 d\u2019h\u00e9siter entre le \u201cnon\u201d du philosophe et le \u201coui, peut-\u00eatre, parfois cela arrive\u201d du po\u00e8te, de l\u2019\u00e9crivain ou de l\u2019essayiste, du musicien, du peintre, du sc\u00e9nariste de th\u00e9\u00e2tre ou de cin\u00e9ma, voire du psychanalyste. En h\u00e9sitant entre le \u201cnon\u201d et le \u201coui, parfois, peut-\u00eatre\u201d, il a h\u00e9rit\u00e9 des deux. Il a pris en compte ce que le concept, la dialectique m\u00eame, ne pouvait concevoir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement singulier, et il a tout fait pour assumer la responsabilit\u00e9 de ce double h\u00e9ritage.<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nPour illustrer cette h\u00e9sitation entre le \u00ab non \u00bb et le \u00ab oui, parfois, peut-\u00eatre \u00bb adornien, voici des extraits de ce paragraphe long et entier sur les dessins anim\u00e9s, un paragraphe qui fleure bon le doute m\u00e9thodique, la possibilit\u00e9 d\u2019une r\u00e9versibilit\u00e9 du point de vue (et si le cin\u00e9ma, quand m\u00eame, malgr\u00e9 la tache originelle de sa reproductibilit\u00e9 technique, avait pu devenir un art ?).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<span style=\"background-color: #ffffff; color: #000000;\">Autrefois, les dessins anim\u00e9s repr\u00e9sentaient l\u2019imagination s\u2019opposant au rationalisme. [\u2026] ils pr\u00e9sentaient une intrigue coh\u00e9rente qui n\u2019\u00e9clatait que dans le tourbillon des poursuites des toutes derni\u00e8res minutes du film, et en cela ils suivaient le sch\u00e9ma de l\u2019ancienne farce. Mais aujourd\u2019hui, les rapports temporels se sont d\u00e9plac\u00e9s. Les premi\u00e8res s\u00e9quences du dessin anim\u00e9 ne font plus qu\u2019indiquer un th\u00e8me d\u2019action de sorte que dans la suite du film, il puisse \u00eatre progressivement d\u00e9moli sous les applaudissements du public [\u2026] Dans les dessins anim\u00e9s, Donald Duck re\u00e7oit sa ration de coups comme les malheureux dans la r\u00e9alit\u00e9, afin que les spectateurs s\u2019habituent \u00e0 ceux qu\u2019ils re\u00e7oivent eux-m\u00eames .<span style=\"color: #000000;\">(Adorno,\u00a0T.\u00a0W.,\u00a0Horkheimer,\u00a0M., <em>La Dialectique<\/em><em> de la raison<\/em>, opus cit\u00e9<\/span>, p.147)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dessin anim\u00e9 aurait pu \u00e9chapper \u00e0 son destin industriel, mais sa <span style=\"background-color: #ffffff;\">r\u00e9ification<\/span> en un genre, et notamment celui du cartoon, va totalement codifier des r\u00e8gles intangibles. Le mouvement de ce paragraphe, de cette sc\u00e8ne, par sa chute brutale, presque caricaturale par rapport \u00e0 la vulgate ardornienne, ne donne-t-il pas la mesure sinon d\u2019un d\u00e9ni artistique du moins d\u2019un d\u00e9pit esth\u00e9tique ? Cela \u00e9claire d\u2019un jour nouveau une r\u00e9flexion craignant l\u2019av\u00e8nement d\u2019un <em>Meilleur des mondes<\/em> tout en faisant montre d\u2019une curiosit\u00e9 toujours en \u00e9veil pour la modernit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un recueil de citations non exhaustives autour de la question : quel est le r\u00e9f\u00e9rent cin\u00e9ma dont traitent T.W. Adorno et Max Horkheimer dans le texte inaugural sur la <em>Kulturindustrie<\/em> ?<\/p>\n","protected":false},"author":1152,"featured_media":36201,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018],"tags":[],"coauthors":[657],"class_list":["post-36188","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1152"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=36188"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36188\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/36201"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=36188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=36188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=36188"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=36188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}