
{"id":35394,"date":"2019-12-01T01:00:33","date_gmt":"2019-12-01T00:00:33","guid":{"rendered":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=35394"},"modified":"2020-04-01T07:37:58","modified_gmt":"2020-04-01T05:37:58","slug":"notes-tradition-britannique-cultural-studies-robert-m-seiler","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/notes-tradition-britannique-cultural-studies-robert-m-seiler\/","title":{"rendered":"Notes sur la tradition britannique des cultural studies &#8211; Robert M. SEILER"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35394?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35394?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#d5d5d5;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#efefef;border-color:#ffffff;color:#000000;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: 10pt;\">Introduites et promues en France \u00e0 partir de 2007, tardivement donc, par \u00c9ric Mac\u00e9 et \u00c9ric Maigret, puis par Maxime Cervulle et Nelly Quemener (1), les cultural studies n&rsquo;y ont pas d&rsquo;existence institutionnelle, contrairement aux pays anglo-saxons o\u00f9 elles ont r\u00e9ussi \u00e0 trouver une niche dans le syst\u00e8me universitaire, m\u00eame si c&rsquo;est au prix d&rsquo;un \u00e9clatement en de multiples sp\u00e9cialisations, parfois insolites ou douteuses selon son point de vue. En France, les cultural studies sont plut\u00f4t le fait d&rsquo;une n\u00e9buleuse d&rsquo;individus en information-communication, sociologie et \u00e9tudes anglophones. Comme dans le monde anglo-saxon, ses th\u00e8mes de recherche s&rsquo;orientent d\u00e9sormais plut\u00f4t vers des questions d&rsquo;identit\u00e9 et de domination symbolique dans une perspective d\u00e9cid\u00e9ment postmarxiste (et postmoderne), \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;\u00e9volution de la figure tut\u00e9laire qu&rsquo;\u00e9tait Stuart Hall. Il est vrai que le contexte social et politique est tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui des ann\u00e9es 1970 et 1980, quand le marxisme critique et les penseurs fran\u00e7ais comme Barthes et Althusser ont fortement influenc\u00e9 les travaux pionniers du Centre de Birmingham.\u00a0 Les d\u00e9bats th\u00e9oriques y c\u00f4toyaient des travaux empiriques et ethnologiques ; m\u00eame le courant f\u00e9ministe naissant citait Althusser !\u00a0 <\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: 10pt;\">M\u00e9pris\u00e9 par l&rsquo;administration, totalement d\u00e9pourvu de moyens, le Centre de Birmingham a tout de m\u00eame agr\u00e9g\u00e9 des \u00e9tudiants le plus souvent issus des milieux populaires, rejet\u00e9s par les autres universit\u00e9s ; beaucoup d&rsquo;entre eux ont combin\u00e9 leurs recherches avec une activit\u00e9 militante. Bien que tr\u00e8s engag\u00e9 \u00e0 gauche, le Centre n&rsquo;a jamais succomb\u00e9 au sectarisme th\u00e9orique ou politique : les affiliations diverses allaient des groupuscules trotskystes au Parti travailliste, de l&#8217;empirisme sociologique \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine au marxisme de Gramsci et de Poulantzas. Remarquablement, la plupart des papiers ron\u00e9otyp\u00e9s, d\u00e9fricheurs et hautement originaux, \u00e9taient \u00e9crits par des \u00e9tudiants au niveau master (on peut consulter ceux-ci, ainsi que des entretiens avec des anciens, dans <a href=\"https:\/\/www.birmingham.ac.uk\/schools\/historycultures\/departments\/history\/research\/projects\/cccs\/archive.aspx\">les archives en ligne<\/a>). Il va sans dire qu&rsquo;un tel foisonnement intellectuel serait impossible dans l&rsquo;universit\u00e9 de plus en plus normalis\u00e9e d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-size: 10pt;\">Ce papier a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par Robert Seiler en 2004 comme accompagnement d&rsquo;un cours en master qu&rsquo;il donnait \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Calgary (Alberta), Canada (<a href=\"http:\/\/people.ucalgary.ca\/%7Erseiler\/british.htm\">http:\/\/people.ucalgary.ca\/%7Erseiler\/british.htm<\/a>). Il a le m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre p\u00e9dagogique et objectif. Le texte a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 et traduit par moi (David Buxton).<\/span><\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\"><em>(1) Sans oublier le court livre d&rsquo;introduction, globalement neutre, mais parfois critique, d&rsquo;Armand Mattelart et d&rsquo;\u00c9rik Neveu en 2003.<\/em><\/span><\/p>\n<\/div><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis les ann\u00e9es 1970, les <em>cultural studies<\/em> (CS) ont investi la vie intellectuelle, fournissant aux universitaires int\u00e9ress\u00e9s par le rapport entre culture et soci\u00e9t\u00e9 une alternative aux paradigmes \u00e9tablis (Hardt, 1989 ; Grossberg, 1997). La tradition britannique des CS a \u00e9merg\u00e9 des travaux effectu\u00e9s au Centre for Contemporary Cultural Studies (CCCS), un laboratoire interdisciplinaire fond\u00e9 par Richard Hoggart et Stuart Hall \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Birmingham en 1964. Diff\u00e9rents chercheur(e)s se r\u00e9clamant des CS ont donn\u00e9 des d\u00e9finitions diverses de cette probl\u00e9matique (Hall, 1996 : 31), mais la plupart d\u2019entre eux diraient que les CS leur permettent d\u2019analyser des objets et des pratiques culturels du point de vue de leur interaction avec, et au sein des relations de pouvoir. Hall (1984) affirme que les m\u00e9thodologies employ\u00e9es dans les CS sont \u00e0 la fois interpr\u00e9tatives et \u00e9valuatrices ; il rejette, cependant, l\u2019\u00e9quation simple de la culture avec la \u00ab haute \u00bb culture [1], soulignant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tudier toutes les formes de production culturelle par rapport \u00e0 d\u2019autres pratiques culturelles, et par rapport et \u00e0 des structures sociales et historiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m&rsquo;appuie largement sur l\u2019histoire du CCCS \u00e9crite par Norma Schulman (1993 : 52). Comme elle, je discuterai les ant\u00e9c\u00e9dents historiques des CS, et j\u2019expliquerai le but des CS donn\u00e9 par les fondateurs et leurs successeurs ; je me pencherai aussi sur les obstacles pratiques et th\u00e9oriques \u00e0 la r\u00e9alisation de ce projet, et j\u2019indiquerai les contributions que le CCCS a faites dans l\u2019\u00e9tude de la culture et de la communication. Finalement, j\u2019esquisserai les caract\u00e9ristiques marquantes de cette probl\u00e9matique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ant\u00e9c\u00e9dents<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est possible de faire remonter l\u2019origine des CS au po\u00e8te Samuel Taylor Coleridge (1772-1834), qui a introduit en Angleterre les id\u00e9es de Kant, Fichte et Schelling, et a fait des commentaires critiques sur la litt\u00e9rature et sur des sujets culturels divers. Mais il est plus utile de commencer avec les \u00e9crits de Matthew Arnold (1822-88), de T. S. Eliot (1888-1965) et de F. R. Leavis (1895-1978). Tous les trois voyaient dans \u00ab la grande tradition litt\u00e9raire \u00bb un rem\u00e8de aux probl\u00e8mes sociaux contemporains, opposant la culture \u00e0 la d\u00e9mocratie, et fournissant des analyses concr\u00e8tes et pr\u00e9cises d\u2019exp\u00e9riences culturelles.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35403\" aria-describedby=\"caption-attachment-35403\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35403\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/arnold-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35403\" class=\"wp-caption-text\">Matthew Arnold (1822-88)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le po\u00e8te et critique Arnold fut professeur de po\u00e9sie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Oxford de 1857 jusqu\u2019\u00e0 sa mort. Dans <em>Culture and Anarchy<\/em> (1869), il esquissa la fonction du critique culturel ; selon lui, la soci\u00e9t\u00e9 tendait vers l\u2019anarchie (il voyait comme preuve de cela la mentalit\u00e9 contemporaine autorisant chacun de \u00ab faire ce que bon lui semble \u00bb. Seule la culture peut sauver la soci\u00e9t\u00e9. Pour Arnold, \u00e0 travers l\u2019histoire, deux forces ont gouvern\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 : a) l\u2019impulsion du devoir, du contr\u00f4le de soi et du travail et b) l\u2019impulsion de la connaissance et des id\u00e9es. Deux races, les H\u00e9breux et les Grecs, incarnent ces impulsions. Par \u00ab h\u00e9bra\u00efsme \u00bb, Arnold entend \u00ab l\u2019ob\u00e9issance ferme \u00bb et \u00ab la conscience stricte \u00bb, et par \u00ab hell\u00e9nisme \u00bb, il entend \u00ab l\u2019intelligence \u00e9claircie \u00bb et \u00ab la conscience spontan\u00e9e \u00bb. Ces impulsions s\u2019alternent \u00e0 travers l\u2019histoire, le christianisme repr\u00e9sentant le triomphe de l\u2019h\u00e9bra\u00efsme, et la Renaissance celui de l\u2019hell\u00e9nisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Id\u00e9alement, on doit pouvoir \u00e9quilibrer ces deux impulsions ; c\u2019est la cause que le critique Arnold veut promouvoir. Dans les faits, cependant, la mission qui consistait \u00e0 \u00ab am\u00e9liorer \u00bb la populace revenait \u00e0 promouvoir la Culture avec un C majuscule (pour les opposants d\u2019Arnold la culture \u00e9tait triviale). Arnold parle de la culture comme l\u2019\u00e9tude de la perfection, le d\u00e9sir de rendre le monde meilleur, et de r\u00e9aliser l\u2019id\u00e9al du bonheur humain. Selon lui, la grande litt\u00e9rature (surtout la po\u00e9sie) pr\u00e9serve ces aspects de la culture. Dans cette perspective, la poursuite de la culture \u00e9quivaut \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35404\" aria-describedby=\"caption-attachment-35404\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35404\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/eliot-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35404\" class=\"wp-caption-text\">T. S. Eliot (1888-1965)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 1930 et 1940, T. S. Eliot et F. R. Leavis, champions d\u2019une culture \u00e9litiste, furent des influences majeures en Grande-Bretagne. Eliot, le po\u00e8te et dramaturge n\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, produisit quantit\u00e9 de critiques provocatrices de la soci\u00e9t\u00e9. Dans <em>Modern Education and the Classics<\/em> (1934), par exemple, il affirme qu\u2019on devrait \u00e9tudier les classiques non uniquement pour le plaisir, mais comme soutien de la Foi (anglicane). Dans <em>Notes towards the Definition of Culture<\/em> (1939), il voit la culture comme \u00e9tant hi\u00e9rarchique et non d\u00e9mocratique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35405\" aria-describedby=\"caption-attachment-35405\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35405\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/leavis-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35405\" class=\"wp-caption-text\">F. R. Leavis (1895-1978)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">F. R. Leavis enseigna \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Cambridge de 1932 \u00e0 1978, et dirigea la revue <em>Scrutiny<\/em> de 1932 \u00e0 1953, qui insistait sur l\u2019inculcation de crit\u00e8res pour juger la litt\u00e9rature. Comme Arnold, Leavis \u00e9tait de l\u2019avis que culture et d\u00e9mocratie \u00e9taient immuablement oppos\u00e9es ; tous les deux voyaient en les grandes \u0153uvres litt\u00e9raires une source de valeurs esth\u00e9tiques et morales offrant un salut contre le d\u00e9clin supput\u00e9 du niveau moral de la vie contemporaine en raison de la marchandisation de la culture. Dans <em>Culture and Environment<\/em> (1933), Leavis fournit un guide pour enseignants et \u00e9tudiants, avec une liste d\u2019exercices et de sujets de composition. Avec sa focalisation sur le journalisme, la publicit\u00e9 et la fiction de genre, ce livre anticipe les futurs manuels de <em>media studies<\/em>. Les exercices sont cens\u00e9s aiguiser la capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre discriminant, \u00e0 \u00ab voir les choses comme elles sont \u00bb. Ult\u00e9rieurement, dans <em>The Great Tradition<\/em> (1948), Leavis prolonge la conception arnoldienne de la culture comme rem\u00e8de aux maux de la soci\u00e9t\u00e9 en y ajoutant la nostalgie pour le mode de vie pr\u00e9industriel.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Catalystes<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne a v\u00e9cu une r\u00e9volution culturelle (Hall, 1989 : 337), caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019expansion rapide de \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 de masse \u00bb (et son corollaire, \u00ab la consommation de masse \u00bb), par la prolif\u00e9ration des moyens de communication de masse, par l\u2019influx des populations des Antilles et de l\u2019Asie du Sud-est, et par l\u2019am\u00e9ricanisation de la culture britannique. L\u2019exp\u00e9rience de tout cela fut li\u00e9e \u00e0 la perte du statut de grande puissance ; le pays se d\u00e9battait avec la t\u00e2che de forger une nouvelle identit\u00e9 culturelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs facteurs ont contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement des CS en Grande-Bretagne. D\u2019abord, les gouvernements successifs d\u2019apr\u00e8s-guerre ont \u00e9largi les possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9ducation, notamment l\u2019\u00e9ducation pour les adultes, \u00e0 des fins de reconstruction. Deuxi\u00e8me, la culture am\u00e9ricaine industrielle \u2013 la musique rock, les films hollywoodiens, les fictions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es \u2013 a d\u00e9plac\u00e9 la culture populaire traditionnelle. Troisi\u00e8me, les \u00e9crits des penseurs fran\u00e7ais comme Roland Barthes, Louis Althusser et Michel Foucault ont apport\u00e9 aux intellectuels britanniques une nouvelle fa\u00e7on d\u2019aborder la question de la culture. Quatri\u00e8me, la Nouvelle Gauche, qui a \u00e9merg\u00e9 en Grande-Bretagne comme r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019invasion sovi\u00e9tique de la Hongrie en 1956, a ressuscit\u00e9 la critique marxiste du capitalisme.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Pionniers<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois intellectuels issus du milieu ouvrier, Richard Hoggart, Raymond Williams et E. P. Thompson, ont focalis\u00e9 dans des textes fondateurs des CS sur la question de \u00ab culture \u00bb dans une soci\u00e9t\u00e9 de classes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35406\" aria-describedby=\"caption-attachment-35406\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/hoggart.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35406\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/hoggart-150x150.jpe\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-35406\" class=\"wp-caption-text\">R. Hoggart (1918-2014)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Richard Hoggart (1918-2014) a enseign\u00e9 la litt\u00e9rature dans le programme d\u2019\u00e9ducation pour adultes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Hull de 1946-59, avant de rejoindre le d\u00e9partement de Lettres anglaises \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Birmingham, o\u00f9 il fut directeur du CCCS de 1964-69. Dans <em>The Uses of Literacy<\/em> (1957) [2], Hoggart \u00ab lit \u00bb la culture de la classe ouvri\u00e8re pour les valeurs et les significations enracin\u00e9es dans ses modes de vie et ses fa\u00e7ons de s\u2019organiser (Hall, 1996 : 31) ; il d\u00e9crit sa jeunesse \u00e0 Leeds pendant les ann\u00e9es 1920 et 1930, communiquant de mani\u00e8re poignante la mentalit\u00e9 ouvri\u00e8re vis-\u00e0-vis de la religion, de la politique, du sexe, etc. Dans la deuxi\u00e8me partie du livre, il critique la culture de masse contemporaine. Comme Leavis, il perp\u00e9tue la dichotomie entre la \u00ab bonne \u00bb culture des communaut\u00e9s ouvri\u00e8res (organiques) du pass\u00e9, et la \u00ab mauvaise \u00bb culture du pr\u00e9sent, massivement import\u00e9e des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35408\" aria-describedby=\"caption-attachment-35408\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35408\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/raymondwilliams-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35408\" class=\"wp-caption-text\">R. Williams (1921-88)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Raymond Williams a lui aussi enseign\u00e9 dans le programme d\u2019\u00e9ducation pour adultes, cette fois-ci \u00e0 Oxford (1946-60). En 1961, il a rejoint le d\u00e9partement d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Cambridge, o\u00f9 il fut nomm\u00e9 professeur d\u2019\u00c9tudes th\u00e9\u00e2trales en 1974. Dans <em>Culture and Society<\/em> (1958), l&rsquo;histoire se con\u00e7oit comme un processus dans lequel les formes culturelles (la presse, la publicit\u00e9, le roman etc.) configurent, et se font configurer par le contexte de l\u2019\u00e9poque. Williams analyse des \u00ab mots cl\u00e9s \u00bb comme \u00ab d\u00e9mocratie \u00bb, \u00ab classe \u00bb et \u00ab culture \u00bb, faisant remarquer que l\u2019usage de ces termes s\u2019est modifi\u00e9 au cours de trois grandes phases historiques : a) le 19e si\u00e8cle \u00e0 travers les \u00e9crits de J. S. Mill, Jeremy Bentham, Coleridge et Arnold ; b) le court intervalle entre si\u00e8cles (George Bernard Shaw) ; et c) le 20e si\u00e8cle (Eliot, Leavis et George Orwell).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Williams nous donne une large d\u00e9finition de la culture, qui englobe aussi bien la \u00ab haute culture \u00bb que la \u00ab culture de masse \u00bb, tout en pr\u00f4nant une approche holistique. Dans cette perspective, retrouver la \u00ab structure de sentiment \u00bb (<em>structure of feeling<\/em>) d\u2019une \u00e9poque implique d\u2019aller au-del\u00e0 des textes litt\u00e9raires canoniques et d\u2019aborder une vari\u00e9t\u00e9 de \u00ab textes \u00bb oubli\u00e9s comme des lettres priv\u00e9es, des pamphlets, des documents \u00e9lectoraux, etc. En reliant ces derniers \u00e0 l\u2019histoire sociale et politique, on peut esquisser le \u00ab caract\u00e8re social \u00bb d\u2019une \u00e9poque. Williams affirme en m\u00eame temps le besoin d\u2019une \u00ab culture commune \u00bb qui met en valeur \u00ab la diversit\u00e9 communautaire \u00bb, permettant la fiert\u00e9 de sa propre position et le respect pour les capacit\u00e9s des autres. Dans son livre successeur, <em>The Long Revolution<\/em> (1961), il prolonge sa th\u00e8se en une s\u00e9rie de propositions pour sortir de \u00ab la stagnation \u00bb qu\u2019il a pr\u00e9dite.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35409\" aria-describedby=\"caption-attachment-35409\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35409\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/thompson-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35409\" class=\"wp-caption-text\">E. P. Thompson (1924-93)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Historien marxiste, Edward P. Thompson (1924-93) a \u00e9crit <em>The Making of the English Working Class<\/em> (1963), un livre monumental de quelques 900 pages sur un sujet ignor\u00e9 des historiens conventionnels. Dans ce livre, Thompson raconte la formation politique et culturelle de la classe ouvri\u00e8re anglaise, abordant celle-ci \u00e0 partir de trois perspectives : a) traditions du radicalisme anglais de la fin du 18e si\u00e8cle (dissidence politique, religieuse, influence de la R\u00e9volution fran\u00e7aise) ; exp\u00e9rience v\u00e9cue de la R\u00e9volution industrielle par des groupes divers (tisserands, fileurs de coton, ouvriers agricoles, etc.) ; c) \u00e9mergence d\u2019une conscience ouvri\u00e8re manifest\u00e9e dans une vari\u00e9t\u00e9 de nouvelles institutions sociales, politiques et culturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bref, Thompson affirme que la classe sociale est un ph\u00e9nom\u00e8ne historique, qui ne peut \u00eatre compris comme une structure. Afin de comprendre la notion de classe, dit-il, il faut la voir comme une formation sociale et culturelle issue de processus qui se d\u00e9cantent \u00e0 travers une longue p\u00e9riode. Ainsi, il faut comprendre la culture en termes d\u2019exp\u00e9riences v\u00e9cues des gagnants et des perdants dans une lutte pour imposer des significations sociales [3].<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les influences fran\u00e7aises<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des intellectuels fran\u00e7ais, incluant Roland Barthes, Claude L\u00e9vi-Strauss, Louis Althusser, Michel Foucault, Pierre Bourdieu et Michel de Certeau ont \u00e9t\u00e9 des pionniers dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;approches structuralistes (et poststructuralistes) pour l\u2019analyse de la culture. Le linguiste suisse Ferdinand de Saussure a conclu que le langage produit du sens \u00e0 travers un syst\u00e8me de relations \u2013 un r\u00e9seau de similarit\u00e9s et de diff\u00e9rences. Les principes qui gouvernent des syst\u00e8mes linguistiques, disaient les structuralistes, organisent d\u2019autres syst\u00e8mes de communication comme le film ou la mode. La fa\u00e7on dont on s\u2019habille, mange, etc. communique des messages, et peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e comme un syst\u00e8me de signes. Pour les s\u00e9mioticiens, il faut placer un texte dans son contexte.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La Nouvelle Gauche<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_35412\" aria-describedby=\"caption-attachment-35412\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35412\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall2-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35412\" class=\"wp-caption-text\">Stuart Hall (1932-2014)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La suppression sovi\u00e9tique du soul\u00e8vement populaire en Hongrie en 1956 fut un moment d\u00e9finissant pour les communistes europ\u00e9ens (Schulman, 1993 : 58). La Nouvelle Gauche a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e par des intellectuels marxistes qui avaient d\u00e9nonc\u00e9 cette intervention ; certains comme Stuart Hall (1932-2014), n\u00e9 en Jama\u00efque, ont apport\u00e9 une perspective extra-europ\u00e9enne aux positions conventionnelles de la gauche. Contrairement \u00e0 la gauche traditionnelle, la Nouvelle Gauche ne d\u00e9fendait pas l\u2019Union sovi\u00e9tique ; sa critique du capitalisme \u00e9tait anti-imp\u00e9rialiste, et antiraciste. Elle a \u00e9galement pr\u00f4n\u00e9 le d\u00e9sarmement nucl\u00e9aire, et l\u2019enrichissement de la vie culturelle de la classe ouvri\u00e8re. La lutte pour le socialisme dans les ann\u00e9es 1950 a d\u00fb affronter deux facteurs nouveaux : la richesse relative et la Guerre froide. Les r\u00e9formes keyn\u00e9siennes avaient \u00e9limin\u00e9 le ch\u00f4mage de masse, permettant \u00e0 la classe ouvri\u00e8re d\u2019am\u00e9liorer son niveau de vie (Schulman, 1993 : 58-9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Campaign for Nuclear Disarmament (CND) a rajeuni la vie politique britannique ; la vaste majorit\u00e9 des gens ont pris conscience du peu de contr\u00f4le qu\u2019ils avaient sur leur vie. E. P. Thompson fut vice-pr\u00e9sident de l\u2019organisation, qui repr\u00e9sentait le point culminant d\u2019une certaine critique indig\u00e8ne du capitalisme, allant du po\u00e8te William Blake au socialiste utopique William Morris en passant par le critique John Ruskin et le romancier D. H. Lawrence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Nouvelle Gauche a atteint son apog\u00e9e pendant les ann\u00e9es 1957-60, et a commenc\u00e9 son d\u00e9clin \u00e0 partir de 1961, avec l\u2019\u00e9chec de sa tentative de formuler une vision politique coh\u00e9rente (Schulman, 1993 : 60). Malgr\u00e9 cet \u00e9chec, le marxisme a \u00e9t\u00e9 influent dans la recherche en sciences sociales, largement en raison de sa focalisation sur la relation dialectique entre l\u2019existence sociale et la conscience sociale, dialectique au c\u0153ur de la possibilit\u00e9 de comprendre le processus historique dans une perspective marxiste. Raymond Williams (1961) affirme que l\u2019explication capitaliste de la soci\u00e9t\u00e9 ne peut que justifier la domination du march\u00e9, plut\u00f4t qu\u2019avancer une conception de l\u2019usage social.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35410\" aria-describedby=\"caption-attachment-35410\" style=\"width: 307px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-35410\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall.jpg\" alt=\"\" width=\"307\" height=\"164\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall.jpg 307w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall-300x160.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall-150x80.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall-24x13.jpg 24w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall-36x19.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/stuarthall-48x26.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 307px) 100vw, 307px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35410\" class=\"wp-caption-text\">Stuart Hall (ann\u00e9es 1960)<\/figcaption><\/figure>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les <em>Cultural Studies<\/em> \u00e0 Birmingham<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Directeur du CCCS de 1969 \u00e0 1979, Stuart Hall (1989 : 337-8) l&rsquo;a con\u00e7u comme un lieu o\u00f9 des chercheurs du m\u00eame esprit pouvaient trouver une \u00ab vocation intellectuelle \u00bb [4], s\u2019adressant aux questions ignor\u00e9es comme la distinction entre haute et basse culture. Pour lui, une sorte de r\u00e9volution culturelle \u00e9tait en train de se produire en Grande-Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame, dans son discours inaugural en 1964, Hoggart a critiqu\u00e9 l\u2019\u00e9troitesse de l\u2019enseignement de la litt\u00e9rature anglaise, et a annonc\u00e9 une approche interdisciplinaire appel\u00e9e \u00ab litt\u00e9rature et \u00e9tudes culturelles contemporaines \u00bb (Hoggart, 1970). Mettant en question les courants de pens\u00e9e \u00e9litistes qui d\u00e9tachaient la haute culture de \u00ab la vie r\u00e9elle \u00bb, Hoggart a propos\u00e9 un programme de recherches permettant d\u2019analyser les pratiques culturelles et leurs art\u00e9facts dans un sens tr\u00e8s large. Ce programme devait se composer de trois parties : historique et philosophique ; sociologique ; et litt\u00e9raire. Au d\u00e9but, il y avait seulement deux enseignants titulaires (dont un \u00e0 mi-temps) au Centre, et une vingtaine d\u2019\u00e9tudiants aux niveaux master et doctorat en litt\u00e9rature, et ensuite en sociologie aussi (ils \u00e9taient environ 70 vers la fin des ann\u00e9es 1970). Selon Hall (1980, 1984), le Centre s\u2019est d\u00e9marqu\u00e9 des approches positivistes dans l\u2019\u00e9tude de la culture et de la communication :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. On a rompu avec les mod\u00e8les d\u2019influence directe fond\u00e9s sur le sch\u00e9ma b\u00e9havioriste du stimulus-r\u00e9ponse. Au lieu de cela, on a vu les m\u00e9dias comme des forces culturelles et id\u00e9ologiques importantes, voire dominantes dans la d\u00e9finition des relations sociales et des probl\u00e8mes politiques. Il s\u2019agissait d\u2019un \u00ab retour \u00bb aux liens entre les m\u00e9dias et les id\u00e9ologies (Hall, 1980 : 117). En d\u2019autres termes, les chercheur(e)s au CCCS concevaient les m\u00e9dias comme des forces sociales et politiques dont l\u2019influence \u00e9tait indirecte, voire imperceptible (Schulman, 1993 : 56).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. On a mis en question l\u2019id\u00e9e que les textes m\u00e9diatiques \u00e9taient des v\u00e9hicules de sens transparents. Au lieu de cela, on a focalis\u00e9 sur les textes m\u00e9diatiques comme des formes structur\u00e9es. Alors que Marshall McLuhan affirmait dans une veine formuliste que \u00ab le message, c\u2019est le m\u00e9dium \u00bb, on a analys\u00e9 comment le sens cr\u00e9\u00e9 par les m\u00e9dias (\u00ab encodage \u00bb) atteint les audiences (d\u00e9codage \u00bb) (Schulman, 1993 : 57).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. On a rompu avec la conceptualisation traditionnelle de l\u2019audience comme une entit\u00e9 passive et homog\u00e8ne. Autrement dit, on a analys\u00e9 les fa\u00e7ons dont les individus avec des orientations sociales et politiques diff\u00e9rentes d\u00e9codent les messages m\u00e9diatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. On a rompu avec la tradition consistant \u00e0 voir la culture comme un ph\u00e9nom\u00e8ne homog\u00e8ne, insistant plut\u00f4t sur la circulation m\u00e9diatique des repr\u00e9sentations id\u00e9ologiques dominantes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Faire conna\u00eetre les Cultural Studies comme courant de pens\u00e9e<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le d\u00e9but, le Centre a promu la recherche collaborative, entreprise par des groupes entre six et dix personnes qui passaient en revue un domaine de recherche, examinaient ses m\u00e9thodologies, et critiquaient les r\u00e9sultats obtenus. De mani\u00e8re significative, les chercheur(e)s au Centre recouraient \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 de m\u00e9thodes de recherche : critique de l\u2019id\u00e9ologie ; \u00e9conomie politique ; ethnographie ; s\u00e9miotique ; psychanalyse ; narratologie, etc. Je parlerai de quelques projets qui indiquent l\u2019\u00e9volution du programme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Au mitan des ann\u00e9es 1960, on a explor\u00e9 la m\u00e9diation culturelle des rapports sociaux, appliquant \u00e0 la Grande-Bretagne la tradition am\u00e9ricaine de l\u2019\u00e9tude des communications de masse. Comme l\u2019explique Hall (1980 : 117-18), cette tradition \u00e9tait enracin\u00e9e dans les d\u00e9bats entre \u00ab communication de masse \u00bb et \u00ab soci\u00e9t\u00e9 de masse \u00bb. La Rowntree Trust (une fiducie philanthropique de l\u2019\u00e9glise Quaker) a financ\u00e9 le premier projet sur les m\u00e9dias : une analyse de la presse populaire et les changements sociaux depuis les ann\u00e9es 1930. Le deuxi\u00e8me projet financ\u00e9 \u00e9tait une \u00e9tude de fictions polici\u00e8res \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, qui devait tester des approches alternatives. Un troisi\u00e8me projet a focalis\u00e9 sur les repr\u00e9sentations des femmes dans les spots publicitaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. Au moins une \u00e9tude (1968-69) a trait\u00e9 la fa\u00e7on dont un corpus de magazines pour femmes a repr\u00e9sent\u00e9 \u00ab la f\u00e9minit\u00e9 \u00bb. Cette \u00e9tude \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e0 s\u2019appuyer sur les analyses des mythes de L\u00e9vi-Strauss, et le travail de Roland Barthes (Hall, 1980 : 119). \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on a commenc\u00e9 \u00e0 privil\u00e9gier la t\u00e9l\u00e9vision comme objet d\u2019\u00e9tude, se concentrant d\u2019abord sur les contenus de divertissement, et ensuite, le traitement des manifestations contre la guerre du Vietnam en 1968, d\u00e9pla\u00e7ant ainsi l\u2019accent du divertissement \u00e0 la communication politique (les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et les \u00e9missions d\u2019actualit\u00e9s). Trois th\u00e8mes majeurs s\u2019imposaient \u00e0 qui cherchait \u00e0 analyser les m\u00e9dias : a) les questions de cr\u00e9dibilit\u00e9, d\u2019acc\u00e8s, de biais, et de d\u00e9formation dans la mani\u00e8re dont les \u00e9v\u00e8nements controvers\u00e9s \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s par les m\u00e9dias (mis \u00e0 l\u2019agenda par les mouvements de contestation et les crises de l\u2019\u00e9poque) ; b) les questions portant sur la relation entre la t\u00e9l\u00e9vision, la politique et l\u2019\u00c9tat, ainsi que le r\u00f4le des institutions m\u00e9diatiques dans l\u2019exercice du pouvoir ; c) les probl\u00e8mes issus de la tentative de comprendre comment les m\u00e9dias jouent un r\u00f4le id\u00e9ologique (comme voix de la classe dominante), tout en \u00e9tant \u00ab autonomes \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. Pendant les ann\u00e9es 1970, les chercheur(e)s au Centre ont affin\u00e9 leur programme gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019apport de la s\u00e9miotique, notamment les livres de Roland Barthes, <em>Mythologies<\/em> (traduction anglaise 1972) et <em>\u00c9l\u00e9ments de S\u00e9miologie<\/em> (traduit en 1967). Cela a cr\u00e9\u00e9 une nouvelle probl\u00e9matique pour la recherche sur les informations et sur les images d\u2019actualit\u00e9 : la \u00ab fabrique \u00bb des nouvelles (par exemple, <em>The Manufacture of News<\/em>, 1980, sous la direction de Stanley Cohen et Jock Young). D\u2019autres travaux dans cette veine \u00e9taient effectu\u00e9s par le Glasgow Media Group (<em>Bad News<\/em>, 1976, et <em>More Bad News<\/em>, 1980) (5), et par le British Film Institute. Au CCCS, David Morley a travaill\u00e9 sur la notion d\u2019audience, Stuart Hall sur les strat\u00e9gies d\u2019encodage et de d\u00e9codage, et Dorothy Hobson sur le feuilleton sentimental. \u00c0 partir de 1972, le Centre a commenc\u00e9 \u00e0 publier les <em>Working Papers in Cultural Studies<\/em>, une s\u00e9rie irr\u00e9guli\u00e8re et vari\u00e9e de papiers de recherche ron\u00e9otyp\u00e9s qui ont trait\u00e9 entre autres sujets les travaux de Roland Barthes, Louis Althusser, Umberto Eco et Pierre Bourdieu.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35417\" aria-describedby=\"caption-attachment-35417\" style=\"width: 214px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-35417\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/mcrobbie2.jpg\" alt=\"\" width=\"214\" height=\"235\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/mcrobbie2.jpg 214w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/mcrobbie2-137x150.jpg 137w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/mcrobbie2-22x24.jpg 22w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/mcrobbie2-33x36.jpg 33w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/mcrobbie2-44x48.jpg 44w\" sizes=\"auto, (max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35417\" class=\"wp-caption-text\">Angela McRobbie (1951-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. Pendant cette p\u00e9riode, le Centre a d\u00fb affronter la critique f\u00e9ministe, qui a introduit la dimension du genre dans l\u2019analyse des m\u00e9dias. Angela McRobbie a \u00e9t\u00e9 l\u2019une des premi\u00e8res \u00e0 affirmer que le Centre tendait \u00e0 ignorer les pratiques culturelles des femmes ; avec Charlotte Brunsdon, Janice Winship et Dorothy Hobson, elle a cr\u00e9\u00e9 le Women\u2019s Studies Group en 1974 qui s\u2019est donn\u00e9 comme objectif a) l\u2019\u00e9tude des \u00ab genres f\u00e9minins \u00bb (notamment les feuilletons sentimentaux et les magazines de mode) ; b) l\u2019\u00e9tude qualitative de la r\u00e9ponse des audiences f\u00e9minines aux contenus m\u00e9diatiques ; c) la sauvegarde de la litt\u00e9rature des \u00e9crivaines inconnues ; d) la th\u00e9orisation du r\u00f4le du travail domestique (non pay\u00e9) ; e) l\u2019examen du r\u00f4le jou\u00e9 par les femmes au sein de la famille vis-\u00e0-vis de la consommation des m\u00e9dias (Schulman, 1993 : 68-69).<\/p>\n<figure id=\"attachment_35419\" aria-describedby=\"caption-attachment-35419\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35419\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/winship-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35419\" class=\"wp-caption-text\">Janice Winship<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des travaux du Women\u2019s Studies Group ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans le recueil <em>Women Take Issue<\/em> (1978), tr\u00e8s influent dans les \u00e9tudes f\u00e9ministes naissantes. Les divers articles pr\u00e9sentent entre autres th\u00e8mes les r\u00e9sultats de l\u2019observation participante dans des familles ouvri\u00e8res, o\u00f9 des femmes au foyer parlent de leur solitude, et des adolescentes parlent de fa\u00e7on pessimiste de leurs attentes pour l\u2019avenir.\u00a0 Cette critique f\u00e9ministe a eu des implications profondes pour le Centre, rendant la recherche moins \u00e9sot\u00e9rique \u00e0 une p\u00e9riode caract\u00e9ris\u00e9e par la th\u00e9orisation excessive. La critique f\u00e9ministe \u00e9tait enti\u00e8rement en phase avec l\u2019accent plac\u00e9 par Hoggart et par Williams sur l\u2019utilisation de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue pour illustrer les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux. Les \u00e9tudes men\u00e9es sur les syst\u00e8mes familiaux et scolaires ont confirm\u00e9 le r\u00f4le jou\u00e9 par les \u00ab appareils id\u00e9ologiques d\u2019\u00c9tat \u00bb (Althusser) dans la perp\u00e9tuation de la patriarchie (Franklin et al, 1991 : 176).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. Petit \u00e0 petit, le Centre a d\u00e9laiss\u00e9 l\u2019\u00e9tude des publics, et des institutions m\u00e9diatiques en faveur d\u2019une perspective n\u00e9omarxiste qui a rajout\u00e9 des questions de race et de genre \u00e0 celle de la culture ouvri\u00e8re. Sous l\u2019impulsion de Stuart Hall, le Centre a int\u00e9gr\u00e9 les \u00e9crits d\u2019Antonio Gramsci (1891-1937), l\u2019un des fondateurs du Parti communiste italien. Pour Gramsci, l\u2019h\u00e9g\u00e9monie est une forme de domination o\u00f9 une id\u00e9ologie r\u00e9ussit \u00e0 subvertir ou coopter une autre, sans recours \u00e0 la violence. En d\u2019autres termes, la culture est l\u2019un des domaines o\u00f9 la lutte pour l\u2019h\u00e9g\u00e9monie a lieu. Par exemple, les publicitaires exploitent souvent le th\u00e8me du f\u00e9minisme, pour donner l\u2019impression que telle entreprise soutient les droits des femmes, r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9s ainsi dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00e9conomie capitaliste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant la m\u00eame p\u00e9riode, un nombre de chercheur(e)s au CCCS se sont pench\u00e9 sur le travail provocateur de Michel Foucault (1926-84), qui a analys\u00e9 comment les gens sont gouvern\u00e9s et comment ils se gouvernent eux-m\u00eames, par la production et la circulation de r\u00e9gimes de v\u00e9rit\u00e9 qui organisent les relations entre savoir et pouvoir de mani\u00e8re sp\u00e9cifique (Bennett, 1996 : 318). Il a mis en question l\u2019id\u00e9e courante que le savoir m\u00e8ne n\u00e9cessairement \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation ; au lieu de cela, pensait-il, le savoir m\u00e8ne souvent \u00e0 de nouvelles formes de contr\u00f4le.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35415\" aria-describedby=\"caption-attachment-35415\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-35415\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/willis-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35415\" class=\"wp-caption-text\">Paul Willis<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mentionnons aussi Lawrence Grossberg (1992) qui a \u00e9t\u00e9 un pionnier dans l\u2019\u00e9mergence des <em>cultural studies<\/em> aux \u00c9tats-Unis ; Angela McRobbie (1980) qui a \u00e9tudi\u00e9 les subcultures chez les adolescentes ; Dick Hebdige (1979) qui a analys\u00e9 les subcultures comme les Mods et les punks (<em>Subcultures. The Meaning of Style<\/em>) ; et Paul Willis (1977) qui a fait une \u00e9tude ethnographique sur la construction d\u2019identit\u00e9 chez les jeunes de la classe ouvri\u00e8re (<em>Learning to Labour<\/em>).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Conclusion<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les CS ont commenc\u00e9 comme un mouvement intellectuel dissident en dehors de l\u2019institution universitaire. Depuis, elles ont int\u00e9gr\u00e9 l\u2019establishment acad\u00e9mique sous une forme plus scolaire, \u00e9loign\u00e9e de l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue. Mais par-ci, par-l\u00e0, les CS \u00e9crivent et r\u00e9\u00e9crivent leur histoire, se construisant et se reconstruisant en r\u00e9ponse \u00e0 de nouveaux d\u00e9fis. De cette fa\u00e7on, elles constituent une approche toujours \u00ab contextuelle \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien qu\u2019il soit difficile de d\u00e9finir les CS, cela ne veut pas dire que n\u2019importe quoi peut relever des CS. Il est utile de penser les CS dans les termes qui suivent (Hall, 1996) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Les chercheur(e)s en CS analysent les pratiques culturelles dans leur relation au pouvoir. Dans tous les cas, l\u2019objective est de d\u00e9voiler les rapports de force, et d\u2019examiner comment ces rapports influencent et encadrent les pratiques culturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. Les chercheur(e)s en CS n\u2019\u00e9tudient pas les formes culturelles comme des entit\u00e9s isol\u00e9es ; au lieu de cela, on cherche \u00e0 analyser les contextes sociaux et politiques au sein desquels la culture se manifeste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. La culture est \u00e0 la fois l\u2019objet d\u2019\u00e9tude, et le lieu de critique et d\u2019action ; cela veut dire qu\u2019on s\u2019engage dans un projet aussi bien th\u00e9orique que pratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. Les chercheur(e)s en CS ont pour ambition de surmonter la division entre formes de connaissance tacites (intuitives, fond\u00e9es sur des cultures locales) et objectives (soi-disant universelles). On suppose que le connaisseur et le connu, l\u2019observateur et l\u2019observ\u00e9 sont d\u2019un int\u00e9r\u00eat \u00e9gal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. Les chercheur(e)s en CS font une \u00e9valuation morale de la soci\u00e9t\u00e9, et adoptent une ligne d\u2019action radicale, militante. La tradition de recherche en CS n\u2019est pas neutre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[Domin\u00e9e par la facult\u00e9 &#8211; tr\u00e8s conservatrice &#8211; de science et de m\u00e9decine, l\u2019universit\u00e9 de Birmingham n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 bien dispos\u00e9e envers le CCCS ; pendant longtemps, le Centre a fonctionn\u00e9 avec seulement un enseignant titulaire \u00e0 plein temps et un autre \u00e0 mi-temps, et on a refus\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de nommer un professeur pour remplacer Richard Hoggart apr\u00e8s son d\u00e9part en 1969. En 1986, le CCCS s\u2019est transform\u00e9 en d\u00e9partement de <em>Cultural Studies<\/em>, avec un programme d\u2019enseignement en premier cycle ; en 1989, il a fusionn\u00e9 avec le d\u00e9partement de sociologie. En 2002, le CCCS a \u00e9t\u00e9 dissous de mani\u00e8re p\u00e9remptoire (seuls 4 des 15 enseignants ont \u00e9t\u00e9 reconduits) par l&rsquo;administration de l\u2019universit\u00e9, \u00e0 la suite d\u2019une mauvaise \u00e9valuation par la Research Assessment Exercise (l\u2019\u00e9quivalent britannique du HCERES fran\u00e7ais). Victime des pratiques manag\u00e9riales n\u00e9olib\u00e9rales qui entraient en vigueur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, le Centre a connu une triste fin, en d\u00e9pit de sa cr\u00e9ativit\u00e9 historique et de son influence \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale (ajout\u00e9 par DB)].<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Notes<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Le CCCS n\u2019a donn\u00e9 aucune d\u00e9finition unique et non probl\u00e9matique de la \u00ab culture \u00bb. Le concept reste complexe, un lieu d\u2019int\u00e9r\u00eats divergents, plut\u00f4t qu\u2019une id\u00e9e logique et clarifi\u00e9e. Comme l&rsquo;a dit Hall (1996 : 33), \u00ab cette richesse est un domaine de tension et de difficult\u00e9 permanentes \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. <em>The Uses of Literacy<\/em> fut traduit en 1970 sous le titre <em>La Culture du pauvre<\/em> dans la collection \u00ab Sens commun \u00bb dirig\u00e9e par Pierre Bourdieu, et sa r\u00e9ception s&rsquo;est faite \u00e0 travers le prisme de la sociologie bourdieusienne. La traduction, moins moraliste, fut adapt\u00e9e au contexte social fran\u00e7ais, et au langage sociologique. Dans un bilan critique en 2016, Paul Pasquali parle \u00ab <em>de coupes, d&rsquo;\u00e9lagages, de transpositions et de choix de traduction qui att\u00e9nuent les jugements de valeur par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition originale<\/em> \u00bb (r\u00e9f\u00e9rence ci-dessous). (NdT)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. Il est \u00e0 noter que l&rsquo;historien Thompson a publiquement pris ses distances avec le CCCS dans les ann\u00e9es 1970. <em>The Poverty of Theory<\/em> (traduit en fran\u00e7ais chez L&rsquo;Echapp\u00e9e en 2015 sous le titre <em>Mis\u00e8re de la th\u00e9orie<\/em>) est une charge pol\u00e9mique contre la d\u00e9rive th\u00e9oricienne de penseurs fran\u00e7ais comme Althusser, et la mauvaise influence de celui-ci. Le CCCS (parmi d&rsquo;autres comme la revue de cin\u00e9ma <em>Screen<\/em>) \u00e9tait explicitement vis\u00e9 par cette attaque. (NdT)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. D\u2019embl\u00e9e, Hall (1996 : 33) a situ\u00e9 \u00ab la politique du travail intellectuel \u00bb au centre des CS, comme un souci in\u00e9luctable. D\u2019apr\u00e8s lui, \u00ab le r\u00e8glement de comptes \u00bb dans les livres de Hoggart, de Williams et de Thompson a d\u00e9fini l\u2019espace ouvrant sur un nouveau domaine d\u2019analyse et de pratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. Sur le Glasgow Media Group, voir Jacques Guyot, \u00ab Glasgow University Media Group. La critique de l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00bb, in Fabien Granjon, Jacques Guyot, Christophe Magis (dir.), <em>Mat\u00e9rialismes, culture &amp; communication 3. \u00c9conomie politique de la culture, des m\u00e9dias, et de la communcation<\/em>, Presses des Mines, 2019, p. 195-211. (NdT)<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Traductions fran\u00e7aises (DB)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hall, Stuart, <em>Identit\u00e9s et cultures 1. Politiques des Cultural studies<\/em> (\u00e9dition \u00e9tablie par Maxime Cervulle), Amsterdam, 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">___, <em>Identit\u00e9s et cultures 2. Politiques des diff\u00e9rences<\/em> (idem), Amsterdam, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">___, <em>Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatch\u00e9risme et du blairisme<\/em>, <em>(Policing the Crisis)<\/em>, Amsterdam, 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">___, \u00ab Signification, repr\u00e9sentation, id\u00e9ologie. Althusser et les d\u00e9bats poststructuralistes \u00bb, <em>Raisons politiques<\/em>, 46 : 4, 2012, p. 131-62.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gleverac, Herv\u00e9, Mac\u00e9, Eric, Maigret, Eric (dir.), <em>Anthologie des Cultural Studies<\/em>, Armand Colin, 2008 (recueil d&rsquo;articles en traduction).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hoggart, Richard, <em>La Culture du pauvre<\/em> (<em>The Uses of Literacy<\/em>), Minuit, 1970.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thompson, E. P., <em>La Formation de la classe ouvri\u00e8re anglaise<\/em>, Seuil, 1988, 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Williams, Raymond, <em>Culture et mat\u00e9rialisme<\/em>, Prairies ordinaires, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______, \u00ab <a href=\"http:\/\/revueperiode.net\/une-longue-revolution-entretien-avec-raymond-williams\/\">Une longue r\u00e9volution<\/a> \u00bb (entretien), <em>P\u00e9riode<\/em> (revue en ligne), 2015 (extrait de <em>Politics and Letters<\/em>, NLR, 1979).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______, \u00ab <a href=\"http:\/\/revueperiode.net\/raymond-williams-dialogue-avec-the-new-left-review-le-theatre-comme-laboratoire\/\">Le Th\u00e9\u00e2tre comme laboratoire<\/a> \u00bb (entretien), <em>P\u00e9riode<\/em>, 2015 (idem).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Willis, Paul, <em>L&rsquo;\u00c9cole des ouvriers. Comment les enfants ouvriers obtiennent des boulots d&rsquo;ouvriers<\/em> (<em>Learning to Labour<\/em>), Marseille, Agone, 2011.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Quelques publications en fran\u00e7ais sur les <em>cultural studies<\/em> (DB)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alizart, Mark, Hall, Stuart, Mac\u00e9, Eric, Maigret, Eric, <em>Stuart Hall<\/em>, Amsterdam, 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cervulle, Maxime, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-hermes-la-revue-2014-2-page-211.htm\">Stuart Hall et Richard Hoggart. Du \u00ab\u00a0moment Birmingham\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;internationalisation des cultural studies<\/a> \u00bb, <em>Hermes<\/em>, 69, 2014\/2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cervulle, Maxime et Quemener, Nelly, <em>Cultural Studies<\/em>, 2e \u00e9dition, Armand Colin, 2018 (2015).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cervulle, Maxime et Quemener, Nelly, \u00ab <a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s=cervulle\">Les Cultural Studies<\/a> \u00bb (entretien), <em>Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques<\/em>, 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cervulle, Maxime, Quemener, Nelly, V\u00f6r\u00f6s, Florian (dir.), <em>Mat\u00e9rialismes, culture et communication, tome 2. Cultural studies, th\u00e9ories f\u00e9ministes et d\u00e9coloniales<\/em>, Presses des Mines, 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Granjon, Fabien, \u00ab <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/questionsdecommunication\/9023\">Sciences sociales critiques et cultural studies<\/a> \u00bb, <em>Questions de communication<\/em>, 25\/2014.<\/p>\n<p>Hartley, Daniel, \u00ab <a href=\"http:\/\/revueperiode.net\/introduction-a-raymond-williams\/\">Introduction \u00e0 Raymond Williams<\/a> \u00bb, <em>P\u00e9riode<\/em> (revue en ligne), 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lecercle, Jean-Jacques, \u00ab <a href=\"http:\/\/www.editionsamsterdam.fr\/wp-content\/uploads\/2017\/08\/culture_materialisme.pdf\">Lire Raymond Williams aujourd&rsquo;hui<\/a> \u00bb, introduction \u00e0 <em>Culture et mat\u00e9rialisme<\/em> (voir ci-dessus), 2010.<\/p>\n<p>Mac\u00e9, \u00c9ric, Critique de \u00ab <a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/reso_0751-7971_2000_num_18_104_3923#xd_co_f=Zjk3ZWEyZTUtNjgwZi00ODk4LTk1NDYtMzZjZWIyMjFiYmIy~\">Inside culture. Re-emaging the method of Cultural Studies<\/a> (Nick Couldry) \u00bb, <em>R\u00e9seaux<\/em>, 104, 2000, p. 329-34.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maigret, Eric, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.erudit.org\/fr\/revues\/crs\/2009-n47-crs1807096\/1004930ar.pdf\">\u00ab\u00a0M\u00e9diacultures\u00a0\u00bb et <em>coming out<\/em> des cultural studies en France<\/a> \u00bb, <em>Cahiers de recherche sociologique<\/em>, 47, p. 11-21, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maigret, Eric, \u00ab <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/questionsdecommunication\/9289\">Ce que les Cultural Studies font aux savoirs disciplinaires<\/a> \u00bb, <em>Questions de communication<\/em>, 24\/2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mattelart, Armand et Neveu, Erik, <em>Introduction aux cultural studies<\/em>, La D\u00e9couverte, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pasquali, Paul, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-politix-2016-2-page-21.htm\"><em>La culture du pauvre<\/em> : un classique revisit\u00e9. Hoggart, les classes populaires et la mobilit\u00e9 sociale<\/a> \u00bb, <em>Politix<\/em>, 2016\/2, 114, p. 21-45.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Bibliographie en anglais (de l&rsquo;auteur)<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bennett, Tony, \u00ab Putting Policy into Cultural Studies \u00bb, in John Storey (dir.), <i>What is Cultural Studies? A Reader,<\/i> London : Arnold, 1996, pp. 307-35.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Clarke, John, Chas Critcher, <i>Working Class Culture: Studies in History and Theory,<\/i> Urbana : University of Illinois Press, 1985.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cohen, Stanley, Jock Young (dir.), <em>The Manufacture of News<\/em>, London : Constable, 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fiske, John, <i>Understanding the Popular,<\/i> Boston : Unwin Hyman, 1989.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Franklin, Sarah <em>et al<\/em> (dirs.), \u00ab Feminism and Cultural Studies: Pasts, Presents, and Futures \u00bb, <i>Media, Culture, and Society<\/i> no. 13 (1991) : 171-92.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hall, Stuart, \u00ab Cultural Studies and the Centre: Some Problematics \u00bb, in S. Hall <em>et al.<\/em> (dirs.), <i>Culture, Media, and Language,<\/i> London : Hutchinson, 1984, pp. 117-21.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212;-, \u00ab Race, Culture, and Communications : Looking backward and Forward at Cultural Studies \u00bb (1989), in John Storey (dir.), <i>What is Cultural Studies? A Reader,<\/i> London : Arnold, 1996, pp. 336-43.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212;-, \u00ab Cultural Studies: Two Paradigms \u00bb (1980), in John Storey (dir.), <i>What is Cultural Studies? A Reader<\/i>. London: Arnold, 1996, pp. 31-48.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212;-, \u00ab Encoding\/Decoding \u00bb in S. Hall, D. Hobson, A. Lowe, P. Willis (dir). <i>Culture, Media, Language: Working Papers in Cultural Studies, 1972\u201379<\/i>. London: Hutchinson, 1980, pp. 128\u2013138.<cite id=\"CITEREFHall1980\" class=\"citation journal\"><\/cite><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hall, Stuart, <em>et al.,<\/em> <i>Policing the Crisis: Mugging, the State, and Law and Order,<\/i> London : Macmillan, 1979.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hardt, Hanno. \u00ab The return of the \u00ab\u00a0Critical\u00a0\u00bb and the Challenge of radical Dissent: Critical Theory, Cultural Studies, and American Mass Communication Research \u00bb, <i>Communication Yearbook<\/i> no. 12 (1989) : 558-600.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hebdige, Dick, <i>Subculture: The Meaning of Style,<\/i> London : Routledge, 1979.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hoggart, <em>The Uses of Literacy<\/em>, London : Routledge, 2013 (1957).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Larrain, Jorge, \u00ab Stuart Hall and the Marxist Concept of Ideology \u00bb, <i>Theory, Culture, and Society<\/i>, no. 8 (1991) : 1-28.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">McRobbie, Angela, <i>Postmodernism and Popular Culture,<\/i> London : Routledge, 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Morley, David, <i>The \u00ab\u00a0Nationwide\u00a0\u00bb Audience: Structure and Decoding,<\/i> London : British Film Institute, 1980.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nava, Mica, \u00ab Consumerism and its Contradictions \u00bb, <i>Cultural Studies<\/i>,\u00a0 no. 1 (1987) : 209-10.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nelson, Cary, Paula A. Treichler, Lawrence Grossberg. \u00ab Cultural Studies: An Introduction\u00bb, in Lawrence Grossberg, Cary Nelson, Paula A. Treichler (dirs.), <i>Cultural Studies<\/i>, London et New York : Routledge, 1992, pp. 1-21.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Schulman, Norma. \u00ab Conditions of their own Making: An intellectual History of the Centre for Contemporary Cultural Studies as the University of Birmingham \u00bb, <i>Canadian Journal of Communication<\/i>, no. 18 (1993) : 51-73.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Turner, Graeme, <i>British Cultural Studies: An Introduction,<\/i> Boston : Unwin Hyman, 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Williams, Raymond, <i>Culture and Society,<\/i> London : Chatto and Windus, 1958.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212;, <i>The Long Revolution,<\/i> London : Chatto and Windus, 1961.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212;, <i>Marxism and Literature,<\/i> London : Chatto and Windus, 1977.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Willis, Paul, <i>Learning to Labour: How working-class Kids get working-class Jobs,<\/i> Farnborough: Saxon House, 1977.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Women&rsquo;s Studies Group, <i>Women take Issue: Aspects of Women&rsquo;s Subordination,<\/i> London : Hutchinson, 1978.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7069\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\" alt=\"bouton citer\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a><span style=\"font-size: 10pt;\">SEILER Robert<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt;\">, \u00ab Notes sur la tradition britannique des cultural studies &#8211; Robert M. SEILER \u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2019, mis en ligne le 1er d\u00e9cembre 2019. URL : https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/notes-tradition-britannique-cultural-studies-robert-m-seiler\/<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:5px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis les ann\u00e9es 1970, les cultural studies (CS) ont investi la vie intellectuelle, fournissant aux universitaires int\u00e9ress\u00e9s par le rapport entre culture et soci\u00e9t\u00e9 une alternative aux paradigmes \u00e9tablis.<\/p>\n","protected":false},"author":1464,"featured_media":35499,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[106,1018,900],"tags":[154,28,89],"coauthors":[1027],"class_list":["post-35394","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article-a-la-une","category-article","category-cultural-studies","tag-cultural-studies","tag-ideologie","tag-marxisme"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35394","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1464"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35394"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35394\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35499"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35394"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35394"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35394"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=35394"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}