
{"id":35319,"date":"2019-11-01T01:00:38","date_gmt":"2019-11-01T00:00:38","guid":{"rendered":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=35319"},"modified":"2019-11-15T11:54:00","modified_gmt":"2019-11-15T10:54:00","slug":"actualites-des-industries-culturelles-et-de-communication-70-special-industrie-musicale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-de-communication-70-special-industrie-musicale\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9s des industries culturelles et de communication #70, sp\u00e9cial industrie musicale"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35319?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35319?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le d\u00e9clin des musiciens de studio (#65, juin 2018)<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_30844\" aria-describedby=\"caption-attachment-30844\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-30844\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-36x36.jpg 36w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30844\" class=\"wp-caption-text\">Dominique Blanc-Francard (1944-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">En France comme aux \u00c9tats-Unis et en Grande-Bretagne, les ann\u00e9es 1960-1970 \u00e9taient l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or des musiciens de studio. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque des vinyles de 45 tours, on gravait deux ou trois titres par session de trois heures. Dominique Blanc-Francard, ing\u00e9nieur du son depuis cinquante ans r\u00e9sume : \u00ab <em>Tous les disques qu&rsquo;on a aim\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 faits par des musiciens de tr\u00e8s bon niveau, pour qui le studio n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un gagne pain pour aller jouer le soir du jazz dans les clubs.<\/em> \u00bb Le \u00ab requin \u00bb de studio devait apprendre rapidement et jouer \u00e0 la perfection, quel que soit le genre musical. Outre la ma\u00eetrise totale de son instrument, il devait \u00eatre disciplin\u00e9, savoir d\u00e9chiffrer une partition, savoir jouer sous contraintes au casque, r\u00e9agir aux demandes de l&rsquo;artiste, et avoir une large culture musicale. Il troquait la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re, et la possibilit\u00e9 de dormir chez soi pour une carri\u00e8re faite dans l&rsquo;ombre, son talent mis au service des autres. Certains ont r\u00e9ussi une carri\u00e8re sous les projecteurs par la suite, apportant une nouvelle technicit\u00e9 \u00e0 la musique rock : par exemple, le guitariste Jimmy Page et le multi-instrumentiste John-Paul Jones (Led Zeppelin) en Grande-Bretagne ; les bassistes du groupe Magma, Jannick Top et Bernard Paganotti, en France.<\/p>\n<figure id=\"attachment_30843\" aria-describedby=\"caption-attachment-30843\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-30843 size-medium\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-300x189.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-768x485.jpg 768w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-1024x647.jpg 1024w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-600x379.jpg 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1.jpg 1900w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30843\" class=\"wp-caption-text\">Jannick Top en studio, 2013<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les synth\u00e9tiseurs et les bo\u00eetes \u00e0 rythmes ont fait irruption dans les ann\u00e9es 1980 au grand dam des instrumentistes. Depuis, tout a \u00e9t\u00e9 miniaturis\u00e9 et les logiciels Pro Tools ou Logic peuvent suffire \u00e0 produire un album. Les sons des claviers, des percussions, et des guitares sont d\u00e9sormais reproductibles sur ordinateur. Seules les batteries traditionnelles, les cuivres et les cordes n\u00e9cessitent encore des prises de studio. Jean-Christophe Le Guennan, qui dirige les c\u00e9l\u00e8bres studio Ferber depuis 1985, affirme :\u00a0\u00ab <em>De trois ou quatre semaines pour enregistrer un album, on est pass\u00e9 \u00e0 une semaine ou dix jours. L\u00e0 o\u00f9 le disque repr\u00e9sentait 80 %\u00a0 du chiffre d&rsquo;affaires de Ferber, il n&rsquo;en p\u00e8se plus que 45 %.\u00a0<\/em>\u00bb Sylvain Taillet, directeur artistique chez Barclay, dit\u00a0\u00ab <em>Il y a quinze ans, l&rsquo;artiste signait en major pour b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une \u00e9quipe de musiciens. Aujourd&rsquo;hui, il demande un r\u00e9alisateur-arrangeur qui va faire chez lui 60 % du travail de pr\u00e9production.\u00a0<\/em>\u00bb Cela est vrai pour le pop et le rock ; pour le rap (ou \u00ab musique urbaine \u00bb), qui domine le march\u00e9 aujourd&rsquo;hui, on peut se passer du studio d&rsquo;enregistrement, qui est remplac\u00e9 par le <em>home studio<\/em>. Le haut niveau de jeu d&rsquo;un musicien en prise directe devient moins important quand on peut faire des corrections num\u00e9riques a posteriori pour une musique plus assembl\u00e9e que jou\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour survivre, les musiciens de studio ont appris \u00e0 courir le cachet en concert, avec les artistes pour lesquels ils enregistrent. L&rsquo;ancienne d\u00e9marcation entre musiciens de studio et de sc\u00e8ne s&rsquo;est estomp\u00e9e en m\u00eame temps que le disque a perdu son \u00e9clat. Les musiciens ont appris \u00e0 conjuguer plannings de studio et tourn\u00e9es, tout en r\u00e9servant une place pour leurs propres projets. C&rsquo;est lorsque ces derniers manquent de visibilit\u00e9 que les musiciens viennent frapper \u00e0 la porte des studios&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>S<span style=\"font-size: 10pt;\">ource : \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2018\/04\/20\/grandeur-et-decadence-des-musiciens-de-studio_1644781\">Grandeur et d\u00e9cadence des musiciens de studio<\/a>\u00a0\u00bb (Olivier Pellerin), <\/span><\/em><span style=\"font-size: 10pt;\">Lib\u00e9ration<em>, 21-22 avril 2018, p. 34-35.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\">Sur l&rsquo;industrialisation de la musique pop, voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-47-novembre-2016\/\">Actualit\u00e9s #47, novembre 2016<\/a>.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">La nouvelle application de Spotify occulte les artistes et les titres (#63, avril 2018)<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plate-forme de streaming su\u00e9doise vient de lancer une application, baptis\u00e9e \u00ab Stations \u00bb, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la \u00ab lecture rapide \u00bb via des playlists d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9es ou enregistr\u00e9es. Plut\u00f4t que de mettre en avant les artistes et leurs titres, \u00ab Stations \u00bb va promouvoir d&rsquo;abord des ensembles de titres agr\u00e9g\u00e9s et s\u00e9quenc\u00e9s, \u00e0 la mani\u00e8re des compilations musicales d&rsquo;autan (genre \u00ab les ann\u00e9es disco \u00bb). L&rsquo;application proposera des s\u00e9lections du type : \u00ab mes favoris \u00bb, \u00ab jazz \u00bb, \u00ab sports \u00bb, \u00ab d\u00e9couvertes de la semaine \u00bb, \u00ab concentration maximale \u00bb ou encore \u00ab ap\u00e9ro \u00bb. La zique au kilom\u00e8tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gratuite et financ\u00e9e par la publicit\u00e9, l&rsquo;application n&rsquo;est pour l&rsquo;instant disponible qu&rsquo;en Australie, dans une version \u00ab test \u00bb, pour ne pas brusquer maisons de disques et artistes. G\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, elle pourrait rendre obsol\u00e8te l&rsquo;album, qui reste encore le mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;artiste confirm\u00e9. En effet, Spotify cherche \u00e0 r\u00e9pondre aux nouvelles habitudes de ses utilisateurs. Selon des donn\u00e9es publi\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudes Nielsen aux \u00c9tats-Unis, 74 % des clients des plates-formes de streaming \u00e9coutent d&rsquo;abord des playlists. Chez Spotify, on en compte 2 milliards (playlists \u00e9ditorialis\u00e9es et celles cr\u00e9\u00e9es par les utilisateurs), qui repr\u00e9sentent 50 % des \u00e9coutes. Il s&rsquo;agit de permettre \u00e0 l&rsquo;utilisateur de se retrouver dans un catalogue de pr\u00e8s de 40 millions de chansons.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-30418\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/pandora_vs_spotify_users_n-300x214.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"214\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/pandora_vs_spotify_users_n-300x214.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/pandora_vs_spotify_users_n-768x547.jpg 768w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/pandora_vs_spotify_users_n-600x428.jpg 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/03\/pandora_vs_spotify_users_n.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ce mod\u00e8le bas\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9coute en continu, Spotify se rapproche de Pandora, une radio de playlists en ligne, qui vient d&rsquo;arr\u00eater ses activit\u00e9s, justement, en Australie. Face au cumul des pertes et \u00e0 la forte concurrence de Spotify aux \u00c9tats-Unis, Pandora a annonc\u00e9 un plan d&rsquo;\u00e9conomie de 45 millions de dollars, et la suppression de 5% de ses effectifs (apr\u00e8s la suppression de 7 % en janvier 2017). Au cours des neuf premiers mois de 2017, le service a perdu 473,6 millions de dollars. Depuis un an, l&rsquo;action a perdu les deux tiers de sa valeur en Bourse ; depuis 2014, la valorisation boursi\u00e8re de Pandora a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9e par sept.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand Pandora a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;introduire un service payant \u00e0 10 dollars par mois en mars 2017, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en retard par rapport \u00e0 Spotify et \u00e0 Apple Music. Si Pandora affiche 80 millions d&rsquo;utilisateurs gratuits aux \u00c9tats-Unis, et 5 millions d&rsquo;abonn\u00e9s payants, Spotify se targue d&rsquo;avoir 70 millions d&rsquo;utilisateurs payants, et Apple Music, 30 millions. Amazon (qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 entrer sur le march\u00e9) et Apple disposent des ressources n\u00e9cessaires pour exploiter le fort potentiel du streaming (le march\u00e9 publicitaire de la radio s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 18 milliards de dollars), en acceptant d&rsquo;op\u00e9rer pendant des ann\u00e9es \u00e0 perte. Le mod\u00e8le \u00e9conomique des plates-formes de streaming se cherche encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Pandora taille encore dans ses effectifs\u00a0\u00bb (Jean-Phillippe Louis), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 1 f\u00e9vr. 2018 ; \u00ab\u00a0Spotify lance une application d\u00e9di\u00e9e aux playlists\u00a0\u00bb (Jean-Philippe Louis), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 31 janv. 2018 ;<a href=\"https:\/\/musicindustryblog.wordpress.com\/tag\/apple-music\/\"> https:\/\/musicindustryblog.wordpress.com\/tag\/apple-music\/<\/a><\/em><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Les enfants du rock ne sont pas encore adeptes du streaming (#61, f\u00e9vrier 2018)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_29690\" aria-describedby=\"caption-attachment-29690\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-29690\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/petitbiscuit-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29690\" class=\"wp-caption-text\">Petit Biscuit (1999-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">[Suite des <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-de-communication-60-janvier-2018\/\">Actualit\u00e9s #60<\/a>]. Malgr\u00e9 ses 110 millions de disques et cassettes vendus, une star d&rsquo;envergure comme le regrett\u00e9 Johnny Hallyday n&rsquo;occupe pas les sommets de l&rsquo;\u00e9coute en ligne, c&rsquo;est peu dire. Sur Spotify, les meilleurs scores de ses chansons atteignent 4 millions d&rsquo;\u00e9coutes, bien loin des 230 millions du tube de l&rsquo;artiste \u00e9lectro fran\u00e7ais <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Petit_Biscuit\">Petit Biscuit<\/a>. Manifestement, le streaming n&rsquo;a pas encore conquis tous les publics. Si la proportion\u00a0 des 18-24 ans ayant t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 ou \u00e9cout\u00e9 de la musique en ligne en France en 2016 \u00e9tait de 95 %, ce pourcentage est tomb\u00e9 \u00e0 50 % pour les 40-59 ans, \u00e0 26 % chez les 60-69, et \u00e0 12 % chez les 70+ selon Statista. Tr\u00e8s logiquement, l&rsquo;\u00e9coute en ligne refl\u00e8te les go\u00fbts des jeunes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_29550\" aria-describedby=\"caption-attachment-29550\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-29550\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/hallyday-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29550\" class=\"wp-caption-text\">Johnny Hallyday (1943-2017)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela dit, avec 4 millions d&rsquo;adeptes du streaming en France, beaucoup de professionnels estiment que c&rsquo;est un seuil suffisant pour que ce mode d&rsquo;\u00e9coute se r\u00e9pande dans les cinq prochaines ann\u00e9es. Le streaming l\u00e9gal en France a progress\u00e9 de 45,2 % entre 2015 et 2016, selon le <a href=\"http:\/\/www.snepmusique.com\/\">SNEP<\/a>. Goldmann Sachs pr\u00e9dit une croissance de 10 % du secteur au niveau mondial dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Note Fr\u00e9d\u00e9ric Anselme, directeur \u00e9ditorial France de Deezer, <em>\u00ab Cela permettra \u00e0 des artistes comme Johnny Hallyday d&rsquo;\u00e9merger sur ces plates-formes. C&rsquo;est aussi notre travail de faire d\u00e9couvrir les artistes de vari\u00e9t\u00e9 aux utilisateurs. \u00bb <\/em>Pour Anselme, l&rsquo;avantage des artistes \u00e0 longue carri\u00e8re comme Hallyday, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont un vaste catalogue que le streaming permettra d&rsquo;exploiter mieux que la vente de supports physiques ; autrement dit, la plupart des titres des grands artistes ne seront disponibles \u00e0 terme qu&rsquo;en streaming. Deux impond\u00e9rables : est-ce que les jeunes en vieillissant se tourneront vers une forme historique comme le rock ? Et est-ce que les amateurs existants de cette musique, rompus au CD et au vinyle, se r\u00e9signeront \u00e0 la qualit\u00e9 sonore inf\u00e9rieure propos\u00e9e en streaming ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En tout \u00e9tat de cause, ce qu&rsquo;un artiste \u00e9tabli peut faire de mieux pour relancer sa carri\u00e8re, c&rsquo;est de mourir. Deux jours apr\u00e8s la mort de David Bowie en 2016, l&rsquo;\u00e9coute de ses titres sur Deezer avait connu une hausse de 2700 %, et sur la radio libre en ligne Pandora de 35000 %. Apr\u00e8s la mort de Johnny Hallyday, l&rsquo;\u00e9coute de ses titres en ligne, favoris\u00e9e par la mise en place de playlists d\u00e9di\u00e9es, a grimp\u00e9 de 4400 %.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0La g\u00e9n\u00e9ration Johnny n&rsquo;a pas encore pris le virage du streaming\u00a0\u00bb (Jean-Philippe Louis et Nicolas Madelaine), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 6 d\u00e9c. 2017 ; \u00ab\u00a0Warner Music (encore) port\u00e9 par le streaming\u00a0\u00bb (Jean-Philippe Louis), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 7 d\u00e9c. 2017.<\/em><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Les artistes qui ont rapport\u00e9 le plus en tourn\u00e9e en 2017 (#61, f\u00e9vrier 2018)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le magazine <em>Billboard <\/em><a href=\"https:\/\/www.billboard.com\/articles\/news\/list\/7356755\/billboard-top-40-money-makers-rich-list\">vient de publier la liste des top 40 artistes gagnant le plus en 2017<\/a>. Il rapporte que 85 % des revenus du num\u00e9ro un, Taylor Swift, proviennent de ses concerts. Du coup, ceux-ci sont plus fr\u00e9quents, et les prix plus \u00e9lev\u00e9s. Selon <a href=\"https:\/\/www.pollstar.com\/Chart\/2017\/12\/2017YearEndTop20WorldwideTours_619.pdf\">la liste de <em>Pollstar<\/em><\/a>, publication sp\u00e9cialis\u00e9e dans l&rsquo;industrie du concert, qui a publi\u00e9 le top 20 des tourn\u00e9es musicales ayant rapport\u00e9 le plus d&rsquo;argent, 2017 a \u00e9t\u00e9 une ann\u00e9e fructueuse pour la production sc\u00e9nique. Les tourn\u00e9es mondiales ont totalis\u00e9 2,66 milliards de dollars, une augmentation de 264 millions de dollars par rapport \u00e0 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>CLASSEMENT DES TOURN\u00c9ES MONDIALES 2017<\/strong><\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Rang<\/td>\n<td>A<\/td>\n<td>B<\/td>\n<td>C<\/td>\n<td>D<\/td>\n<td>E<\/td>\n<td>F<\/td>\n<td>G<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>1<\/td>\n<td>316,0<\/td>\n<td>U2<\/td>\n<td>116,47<\/td>\n<td>71 938<\/td>\n<td>2,71<\/td>\n<td>8,32<\/td>\n<td>38\/50<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>2<\/td>\n<td>292,5<\/td>\n<td>Guns N&rsquo; Roses<\/td>\n<td>109,16<\/td>\n<td>36 216<\/td>\n<td>2,68<\/td>\n<td>3,96<\/td>\n<td>74\/81<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>3<\/td>\n<td>238,0<\/td>\n<td>Coldplay<\/td>\n<td>96,81<\/td>\n<td>61 461<\/td>\n<td>2,46<\/td>\n<td>5,95<\/td>\n<td>40\/54<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>4<\/td>\n<td>200,1<\/td>\n<td>Bruno Mars<\/td>\n<td>98,57<\/td>\n<td>22 066<\/td>\n<td>2,03<\/td>\n<td>2,17<\/td>\n<td>92\/121<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>5<\/td>\n<td>152,8<\/td>\n<td>Metallica<\/td>\n<td>97,60<\/td>\n<td>40 143<\/td>\n<td>1,56<\/td>\n<td>3,91<\/td>\n<td>39\/49<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>6<\/td>\n<td>141,1<\/td>\n<td>Depeche Mode<\/td>\n<td>78,06<\/td>\n<td>27 388<\/td>\n<td>1,81<\/td>\n<td>2,14<\/td>\n<td>66\/73<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>7<\/td>\n<td>132,0<\/td>\n<td>Paul McCartney<\/td>\n<td>146,15<\/td>\n<td>33 455<\/td>\n<td>0,90<\/td>\n<td>4,88<\/td>\n<td>27\/36<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>8<\/td>\n<td>124,1<\/td>\n<td>Ed Sheeran<\/td>\n<td>81,33<\/td>\n<td>17 743<\/td>\n<td>1,52<\/td>\n<td>1,44<\/td>\n<td>86\/111<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>9<\/td>\n<td>120,0<\/td>\n<td>The Rolling Stones<\/td>\n<td>158,81<\/td>\n<td>62 945<\/td>\n<td>0,75<\/td>\n<td>9,99<\/td>\n<td>12\/14<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>10<\/td>\n<td>101,4<\/td>\n<td>Garth Brooks<\/td>\n<td>70,81<\/td>\n<td>50 033<\/td>\n<td>1,43<\/td>\n<td>3,75<\/td>\n<td>27\/93<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>11<\/td>\n<td>101,2<\/td>\n<td>Celine Dion<\/td>\n<td>148,12<\/td>\n<td>23 560<\/td>\n<td>6,83<\/td>\n<td>3,49<\/td>\n<td>29\/90<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">Source : <em>Pollstar<\/em> Top 20, 2017.<\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><em><strong>L\u00e9gende.\u00a0<\/strong> A : revenu brut en millions de dollars pour 2017 ; B : nom de l&rsquo;artiste ou groupe ; C : prix moyen des billets (en dollars) ; D : nombre moyen de billets vendus par concert ; E : total des billets vendus en tourn\u00e9e (en millions) ; F : revenu brut moyen par concert (en millions de dollars) ; G : nombre de villes\/concerts 2017.<\/em><\/span><\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-29581\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/u2.jpg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"279\" \/>Les artistes qui r\u00e9ussissent le mieux en tourn\u00e9e ne sont pas forc\u00e9ment ceux qui vendent le plus d&rsquo;albums. C&rsquo;est la cat\u00e9gorie pop\/rock qui domine, \u00e0 la diff\u00e9rence des sites de streaming, o\u00f9 le rap est roi. Le dernier album d&rsquo;U2, <em>Songs of Experience,<\/em> ne se situe qu&rsquo;\u00e0 la vingti\u00e8me place du classement <em>Billboard<\/em>, alors que le groupe caracole en t\u00eate de la liste des revenus gagn\u00e9s en tourn\u00e9e. Ce sont donc des groupes et des artistes l\u00e9gendaires (Guns N&rsquo; Roses, Coldplay, Metallica, Paul McCartney, The Rolling Stones) qui se taillent la part du lion dans le classement. Vieux briscards qui parviennent \u00e0 bien garnir leurs comptes en banque sans trop se fatiguer, les Rolling Stones ont gagn\u00e9 120 millions de dollars avec seulement 14 concerts. \u00c0 noter que les femmes sont tr\u00e8s minoritaires dans le classement : \u00e0 part C\u00e9line Dion (11e), on compte Lady Gaga (14e), Faith Hill (avec son mari Tim McGraw, 17e) et Ariana Grande (19e). Seuls Ed Sheeran (8e), Justin Bieber (12e), The Weeknd (17e) et Ariana Grande peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des artistes jeunes.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Musique : U2, Guns N&rsquo;Roses&#8230; les tourn\u00e9es mondiales qui ont le plus rapport\u00e9 en 2017\u00a0\u00bb (Jean-Philippe Louis), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 31 d\u00e9c. 2017.<\/em><\/span><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le jazz et la musique classique int\u00e8grent avec difficult\u00e9 le streaming (#60, janvier 2018)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_29123\" aria-describedby=\"caption-attachment-29123\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-29123\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/eicher-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-29123\" class=\"wp-caption-text\">Manfred Eicher (1943-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le prestigieux label de jazz ECM, dont le catalogue comprend notamment le pianiste Keith Jarret et le saxophoniste Jan Garbarek, sera d\u00e9sormais disponible sur Spotify, Deezer et Apple Music. Label ind\u00e9pendant fond\u00e9 en 1969 par le contrebassiste allemand <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Manfred_Eicher\">Manfred Eicher<\/a>, ECM s&rsquo;est rendu c\u00e9l\u00e8bre pour sa qualit\u00e9 sonore excessivement soign\u00e9e, ce qu&rsquo;il l&rsquo;a rendu logiquement farouche adversaire du streaming en format MP3. Mais face au piratage de ses titres, la soci\u00e9t\u00e9 a capitul\u00e9, et a pass\u00e9 un accord de distribution num\u00e9rique avec Universal Music. L&rsquo;annonce est importante, car le jazz et la musique classique, caract\u00e9ris\u00e9s par une dynamique sonore non rendue en format MP3, restent sous-repr\u00e9sent\u00e9s sur ce support. Explique Eicher : <em>\u00ab Bien que nos m\u00e9diums pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s restent les CD et les LP, notre priorit\u00e9 absolue est que la musique soit entendue. \u00bb <\/em> Le streaming musical repr\u00e9sente \u00e0 lui seul plus de 50 % des revenus issus du num\u00e9rique.<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas du jazz, 48 % du volume des ventes aux \u00c9tats-Unis sont encore physiques (CD, vinyle). Seulement 18 % du volume total des ventes du jazz est li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute en ligne. <em>\u00ab On constate que les ratios entre les revenus num\u00e9riques et physiques sur les musiques adultes sont beaucoup plus faibles que sur les musiques jeunes \u00bb<\/em>, indique Romain Vivian, patron du distributeur Believe Digital. Sur Spotify, le leader des plates-formes en la mati\u00e8re, 72 % des utilisateurs sont des \u00ab <em>millennials<\/em> \u00bb (ou \u00ab g\u00e9n\u00e9ration Y \u00bb), terme de marketing pour ceux n\u00e9s entre 1980 et 2000. La consommation en ligne se fait au titre, alors que l&rsquo;\u00e9coute du jazz se fait g\u00e9n\u00e9ralement en termes d&rsquo;album. Selon l&rsquo;\u00e9tude annuelle (2017) sur la consommation musicale men\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 de mesure m\u00e9diatique Nielsen, pour la premi\u00e8re fois, le rock, lui aussi \u00e9cout\u00e9 historiquement plut\u00f4t en album, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 par le rap (hip-hop).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la musique classique, la situation est encore pire. Les consommateurs de ce genre, souvent des m\u00e9lomanes pointus, s&rsquo;int\u00e9ressent aux \u0153uvres enti\u00e8res, aux chefs d&rsquo;orchestre, aux interpr\u00e8tes, autant d&rsquo;informations qui font d\u00e9faut sur les sites de streaming, qui rangent au mieux la musique classique dans des playlists \u00ab relaxation \u00bb ou \u00ab travailler en musique \u00bb. M\u00eame si l&rsquo;on fait abstraction de la pi\u00e8tre qualit\u00e9 sonore du format MP3, se pose pour les sites la question du catalogage. Selon la journaliste de radio am\u00e9ricaine Anastasia Tsioulcas, <em>\u00ab On parle d&rsquo;un genre qui englobe des centaines d&rsquo;ann\u00e9es de musique, plusieurs milliers de compositeurs, avec des titres similaires &#8211; symphonie 103 ou symphonie 104 -, de multiples mouvements, d&rsquo;innombrables enregistrements diff\u00e9rents, dans diff\u00e9rents lieux&#8230; \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-29131\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/qobuz-300x140.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"140\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/qobuz-300x140.png 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/qobuz.png 329w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Certaines plates-formes (Qobuz, et dans une bien moindre mesure, Deezer) se mettent \u00e0 proposer des fichiers en haute r\u00e9solution, avec pour objectif d&rsquo;attirer des consommateurs en qu\u00eate de classique ou de jazz. Explique Glen Barros, directeur de Concord Music Group, qui d\u00e9veloppe l&rsquo;un des plus grands labels de jazz au monde : <em>\u00ab Nous ne voulons laisser personne au bord du chemin, nous voulons que tous les genres musicaux soient repr\u00e9sent\u00e9s. \u00bb <\/em>D&rsquo;autant que les amateurs du jazz et de la musique classique ont g\u00e9n\u00e9ralement des revenus sup\u00e9rieurs \u00e0 la moyenne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 en 2007, et <a href=\"http:\/\/www.itespresso.fr\/qobuz-repris-xandrie-cache-derriere-societe-117419.html?inf_by=5a42ae14671db8e65f8b45ba\">reprise par Xandrie<\/a> au tribunal de commerce en 2016, Qobuz a lanc\u00e9 en juin 2017 une nouvelle offre, \u00e0 350 euros par an, qui propose la haute r\u00e9solution (\u00ab Hi-Res \u00bb) \u00e0 ses abonn\u00e9s sur une large partie de son catalogue. Cette haute r\u00e9solution n\u00e9cessite une taille de fichiers multipli\u00e9e par trois par rapport \u00e0 la qualit\u00e9 CD, des enceintes haut de gamme et une tr\u00e8s bonne connexion Internet. Qobuz propose d\u00e9j\u00e0 pour 20 euros par mois (comme la plate-forme Tidal) un son en qualit\u00e9 CD, contre 10 euros pour le format MP3. Le probl\u00e8me de Qobuz, c&rsquo;est que le nombre d&rsquo;abonn\u00e9s peine \u00e0 d\u00e9coller (25 000 fin 2015), alors qu&rsquo;il vise un million. La tendance chez les jeunes est \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute en mobilit\u00e9, dans les transports ou les salles de gym. Une \u00e9tude publi\u00e9e en septembre 2016 par la F\u00e9d\u00e9ration internationale de l&rsquo;industrie phonographique pr\u00e9cise que 55 % des internautes \u00e9coutent la musique sur un smartphone. Sur la plate-forme \u00ab \u00e9litiste \u00bb Qobuz, les trois genres les plus \u00e9cout\u00e9s sont la musique classique, le jazz et&#8230; \u00ab le rock classique \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Le dernier grand label de musique r\u00e9sistant au streaming a capitul\u00e9\u00a0\u00bb (Jean-Philippe Louis), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 21 nov. 2017 ; \u00ab\u00a0Pourquoi le jazz et le classique peinent \u00e0 s&rsquo;imposer dans le streaming\u00a0\u00bb (Jean-Philippe Louis), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 30 juillet 2017 ; \u00ab\u00a0Qobuz, Deezer : le difficile pari du streaming haut de gamme\u00a0\u00bb, <\/em>Les \u00c9chos<em>, 9 juin 2017.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son temps, Adorno raillait l&rsquo;habitude de la radio commerciale de diffuser de bons passages pioch\u00e9s dans la r\u00e9pertoire classique*. Il se serait retourn\u00e9 dans son tombeau s&rsquo;il savait que ces m\u00eames passages \u00e9taient d\u00e9sormais propos\u00e9s dans des playlists de relaxation, et d&rsquo;accompagnement au travail. On sait tout le mal qu&rsquo;il pensait du jazz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je retiens deux choses de l&rsquo;approche marketing de la musique en streaming. D&rsquo;abord, la distinction entre musiques jeunes (rap, R &amp; B, vari\u00e9t\u00e9s) et musiques adultes (rock, jazz, classique). Autant le rap et les vari\u00e9t\u00e9s sont bien adapt\u00e9s \u00e0 la forte compression (faible dynamique) du format MP3, \u00e9tant m\u00eame produits et mix\u00e9s pour lui, autant le jazz et la classique sont \u00e0 la peine. \u00c0 cet \u00e9gard, l&rsquo;argument du catalogage \u00e9voqu\u00e9 par la journaliste Anastasia Tsioulcas est sp\u00e9cieux : combien de compositeurs ont \u00e9crit une centaine de symphonies ? Les multiples interpr\u00e9tations enregistr\u00e9es par des orchestres diff\u00e9rents ne pr\u00e9sentent pas en principe plus de probl\u00e8mes que les titres identiques ou similaires, et les reprises de la m\u00eame chanson dans la musique pop.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deuxi\u00e8mement, que le jazz et m\u00eame le rock soient rang\u00e9s avec la musique classique est un d\u00e9veloppement qu&rsquo;Adorno &#8211; que personne ! &#8211; n&rsquo;e\u00fbt jamais pu pr\u00e9dire. Pour les marketeurs, il s&rsquo;agit de trois formes qui exigent une bonne r\u00e9solution sonore ; de fait, les trois sont vues comme des musiques patrimoniales. Mais qu&rsquo;est-ce que ces traditions tr\u00e8s diff\u00e9rentes, voire historiquement oppos\u00e9es, peuvent avoir en commun ? Peut-\u00eatre simplement le fait qu&rsquo;au lieu de recourir \u00e0 des<em> plug-ins<\/em>, des boucles \u00e9lectroniques, et des \u00e9chantillonnages, elles sont cr\u00e9\u00e9es par des musiciens qui jouent des instruments, avec d&rsquo;autres musiciens. Beethoven, Coltrane et Jimi Hendrix, dans le m\u00eame panier ? En tout cas, avec le streaming en haute r\u00e9solution, les trois genres jouent leur avenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">*T.W. Adorno, \u00ab\u00a0De l&rsquo;usage musical de la radio\u00a0\u00bb, <em>Beaux passages<\/em> (trad. Jean Lauxerois), Payot, 2013, p. 87.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Les artistes ne profitent pas de l&rsquo;essor du streaming (suite) (#52, avril 2017)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s quinze ans, l&rsquo;industrie musicale sort de son marasme, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;essor du streaming, qui repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui un tiers du chiffre d&rsquo;affaires de la musique en France : 182,6 millions d&rsquo;euros (+19,5% par rapport \u00e0 2015) sur un total de 569,5 millions d&rsquo;euros (+5,4%), selon les chiffres de la Soci\u00e9t\u00e9 nationale de l&rsquo;\u00e9dition phonographique (SNEP). Avec 3,9 millions d&rsquo;abonn\u00e9s (+ 250% par rapport \u00e0 2013), le streaming devient un mode de consommation de plus en plus populaire, et le nombre de titres \u00ab stream\u00e9s \u00bb a d\u00e9pass\u00e9 les 28 milliards en 2016 (+55% par rapport \u00e0 2015). Si les 15-29 ans pr\u00e9dominent, les plus de 50 ans repr\u00e9sentent 25% des utilisateurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la r\u00e9mun\u00e9ration des artistes pour les titres \u00e9cout\u00e9s en streaming ne leur permet pas, sauf exception, de vivre convenablement. Les revenus tir\u00e9s de YouTube, par exemple, sont notoirement mis\u00e9rables. Le compositeur italien Lorenzo Ferrero, pr\u00e9sident du Conseil international des auteurs de musique, milite pour la mise en place d&rsquo;un label de <em>\u00ab musique \u00e9quitable \u00bb<\/em>, afin que tous les intervenants de la cha\u00eene de valeur puissent avoir une r\u00e9mun\u00e9ration juste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques exemples suffisent pour prendre la mesure du d\u00e9classement des artistes. Eddie Schwartz, qui a \u00e9crit de nombreux tubes pour Pat Benatar, Donna Summer ou Joe Cocker, explique que <em>\u00ab l\u00e0 o\u00f9 je gagnais 45000 dollars par an avec un disque vendu \u00e0 un million d&rsquo;exemplaires, je ne touche plus que 35 dollars pour un titre \u00ab\u00a0stream\u00e9\u00a0\u00bb par un million d&rsquo;internautes. Juste de quoi acheter une pizza \u00bb<\/em>. Pour la pizza, il exag\u00e8re&#8230; Geoff Barrow (Portishead) a fait savoir sur Twitter en 2014 que pour 34 millions d&rsquo;\u00e9coutes en ligne, il n&rsquo;a touch\u00e9 que 1700 livres (2370 euros). En France, le chanteur Joseph d&rsquo;Anvers constate : <em>\u00ab Les droits sur un CD vendu oscillent entre 80 centimes et 1 euro, l\u00e0 o\u00f9 un <\/em>stream<em> rapporte 0,001 euro \u00bb. <\/em>Il compare les plate-formes d&rsquo;abonnements \u00e0 <em>\u00ab un grand supermarch\u00e9 dans lequel les clients paieraient 10 euros \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e, et pourraient remplir leur caddie \u00bb<\/em>. Il redoute \u00e0 terme <em>\u00ab qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus que de la musique amateur \u00bb<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_25662\" aria-describedby=\"caption-attachment-25662\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-25662\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/leblanc-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-25662\" class=\"wp-caption-text\">Guillaume Leblanc (1983-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le principal accus\u00e9 reste YouTube. <em>\u00ab Les conditions de n\u00e9gociation ne sont pas \u00e9quitables puisque cette filiale de Google se consid\u00e8re comme un h\u00e9bergeur, et non pas un \u00e9diteur de musique \u00bb<\/em>, affirme Guillaume Leblanc, directeur g\u00e9n\u00e9ral du SNEP depuis 2013, ancien de l&rsquo;IEP Toulouse, et de l&rsquo;universit\u00e9 Paris Dauphine (master en communication). D&rsquo;apr\u00e8s le patron d&rsquo;Apple Music, Jimmy Iovine, <em>\u00ab YouTube g\u00e9n\u00e8re 40% de la consommation plan\u00e9taire de la musique, mais seulement 4% des revenus, tandis que Spotify repr\u00e9sente 7% des consommateurs, pour 24% des revenus \u00bb<\/em>. \u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle fran\u00e7aise, YouTube a r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 \u00e0 hauteur de 12 millions d&rsquo;euros la musique en 2016, alors que Deezer, Spotify, Apple Music et dans une moindre mesure Tidal et Qobuz ont apport\u00e9 132 millions d&rsquo;euros. Pour Guillaume Leblanc, <em>\u00ab c&rsquo;est un probl\u00e8me politique. Seule la future directive europ\u00e9enne sur les droits d&rsquo;auteur pourra permettre de requalifier le statut de YouTube. \u00bb<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_25663\" aria-describedby=\"caption-attachment-25663\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-25663\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo-128x128.jpg 128w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/combo.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-25663\" class=\"wp-caption-text\">Suzanne Combo (1982-), bassiste du duo \u00e9lectro Pravda<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dehors du probl\u00e8me pos\u00e9 par YouTube, les r\u00e9mun\u00e9rations provenant des sites de streaming restent excessivement opaques. Deezer et Spotify, toujours d\u00e9ficitaires, reversent plus de 70% de leur chiffre d&rsquo;affaires aux producteurs, aux \u00e9diteurs et aux ayants droit dans un partage qui r\u00e9sulte en une faible r\u00e9tribution des artistes. Suzanne Combo, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Guilde des artistes de la musique (GAM) depuis 2015, explique que <em>\u00ab les grands gagnants du streaming restent les majors. Les contrats des artistes, tous confidentiels et qui varient selon leur notori\u00e9t\u00e9, ne sont pas adapt\u00e9s, car ils sont calqu\u00e9s sur l&rsquo;ancien mod\u00e8le de la vente des disques. [L&rsquo;assiette reste] opaque et douteuse puisque le producteur n&rsquo;a plus de frais de stockage ni de fabrication, comme pour un CD. De plus, l&rsquo;artiste finance une partie de la promotion. Si bien qu&rsquo;\u00e0 la fin il ne touche souvent pas plus de 5%. \u00bb<\/em> Elle souligne aussi le manque d&rsquo;information sur <em>\u00ab les deals entre les majors et les plateformes &#8211; les premi\u00e8res \u00e9tant d&rsquo;ailleurs actionnaires minoritaires des secondes -, et sur les abattements appliqu\u00e9s pour diminuer la r\u00e9mun\u00e9ration de l&rsquo;artiste. \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Les artistes, parents pauvres de l&rsquo;essor du streaming\u00a0\u00bb (Nicole Vulser), <\/em>Le Monde<em>, 1 mars 2017, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, p. 1 et 8 ; \u00ab\u00a0Deezer, Spotify et Apple Music tirent le march\u00e9 de la musique\u00a0\u00bb, <\/em>ibid<em>.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-47-novembre-2016\/\">Actualit\u00e9s #47, nov. 2016<\/a>, et aussi <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-27-janvier-2015\/\">Actualit\u00e9s #27, janv. 2015<\/a>.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Streaming : l&rsquo;industrie musicale soup\u00e7onne des tricheries (#51, avril 2017)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-25424\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/snep-1.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"208\" \/>Le nombre d&rsquo;\u00e9coutes sur les plateformes comme Deezer et Spotify est probablement entach\u00e9 de distorsions au profit de certains artistes. Le Syndicat national de l&rsquo;\u00e9dition phonographique (SNEP), qui regroupe les principaux acteurs de la fili\u00e8re en France, a d\u00e9tect\u00e9 des anomalies (document interne du 24 d\u00e9cembre 2016) : <em>\u00ab certains artistes de Rap Hip Hop cumulent des scores d&rsquo;\u00e9coutes d\u00e9mesur\u00e9es sur les plateformes de streaming audio \u00bb<\/em>. Pr\u00e9cis\u00e9ment, certains artistes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9s bien plus que les suivants au classement pendant plusieurs mois d&rsquo;affil\u00e9e sur l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des titres de l&rsquo;album, disproportion particuli\u00e8rement flagrante lors des sorties d&rsquo;album. Or, dans le m\u00eame temps, <em>\u00ab les performances de ces artistes sur les plateformes de streaming audio sont loin d&rsquo;\u00eatre d&rsquo;\u00eatre atteintes sur les autres canaux de distribution ou de diffusion de musique digitale \u00bb<\/em>, autrement dit, les visionnages sur YouTube.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon le rapport interne du SNEP, des batteries d&rsquo;ordinateurs pourraient tourner en boucle pour gonfler artificiellement les scores. <em>\u00ab Petit calcul : un titre \u00e9cout\u00e9 31 secondes [seuil pour \u00eatre pris en compte] en boucle via un logiciel g\u00e9n\u00e8re 20 000 \u00e9coutes par semaine. Sachant qu&rsquo;un titre class\u00e9 dans le Top 10 hebdomadaire obtient en moyenne 1,4 million d&rsquo;\u00e9coutes, 70 logiciels d&rsquo;\u00e9coute en boucle suffisent pour propulser un titre dans le Top 10 \u00bb<\/em>. Le dirigeant d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 affili\u00e9e au SNEP, cit\u00e9 par <em>Les \u00c9chos,<\/em> balance : <em>\u00ab Nous avons vu passer des publicit\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux venant d&rsquo;entreprises qui offrent leurs services pour gonfler les scores de streaming, avec les tarifs clairement affich\u00e9s \u00bb<\/em>. L&rsquo;achat de 500 000 \u00e9coutes sur Spotify, selon lui, se facturent 1500 euros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;effet direct de telles tricheries serait d&rsquo;augmenter les revenus des ayants droit, et d&rsquo;enclencher une dynamique : les radios, prescriptrices en la mati\u00e8re, se basent sur le classement des <em>streams<\/em> pour \u00e9tablir leur programmation. Pour les artistes, le nombre d<em>&lsquo;<\/em>\u00e9coutes en ligne forme la base des n\u00e9gociations avec les maisons de disques. Se poseraient aussi des questions de compensations. Pour calculer les droits \u00e0 reverser aux ayants droit, la plateforme calcule les parts de march\u00e9 par rapport au nombre total de <em>streams<\/em> enregistr\u00e9s pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e. Si les <em>streams<\/em> d&rsquo;un artiste sont gonfl\u00e9s, celui-ci prend m\u00e9caniquement une part de g\u00e2teau aux autres. La guerre de tous contre tous, style gangsta rap ? Plus g\u00e9n\u00e9ralement se pose la question de la mesure fiable en mode num\u00e9rique. En l&rsquo;absence de celle-ci, la valeur du produit, mat\u00e9riel ou non, devient incertaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/0211759411722-streaming-lindustrie-de-la-musique-sinterroge-sur-de-possibles-tricheries-2061926.php\">Streaming :l&rsquo;industrie de la musique s&rsquo;interroge sur de possibles tricheries<\/a>\u00a0\u00bb (Nicolas Madelaine), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 1 f\u00e9v. 2017.<\/em><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">L&rsquo;avenir de l&rsquo;industrie musicale : la cha\u00eene de valeur num\u00e9rique (#49, janvier 2017)<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_24808\" aria-describedby=\"caption-attachment-24808\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-24808\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-150x150.jpeg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/negre1-128x128.jpeg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-24808\" class=\"wp-caption-text\">Pascal N\u00e8gre (1961-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ancien PDG d&rsquo;Universal Music France, remerci\u00e9 en f\u00e9vrier 2016 par le groupe Vivendi, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pascal_N%C3%A8gre\">Pascal N\u00e8gre<\/a> va lancer ce mois-ci une soci\u00e9t\u00e9 qui fournit des services de management \u00e0 une vingtaine d&rsquo;artistes fran\u00e7ais, dont Marc Lavoine, Matthieu Chedid et Anne Sila, finaliste de <em>The Voice<\/em>. Baptis\u00e9e #NP (d&rsquo;apr\u00e8s ses propres initiales, mais aussi, dit-il, par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 <em>now playing<\/em>, si l&rsquo;on veut), cette soci\u00e9t\u00e9 est une<em> joint-venture<\/em> avec le g\u00e9ant am\u00e9ricain Live Nation. Celui-ci est leader mondial de l&rsquo;industrie musicale, et int\u00e8gre quatre activit\u00e9s diff\u00e9rentes :\u00a0 l&rsquo;organisation de 26 000 concerts par an dans sept pays, et de 75 festivals ; la vente de plus d&rsquo;un demi-milliard de billets en ligne ; la licence de la musique \u00e0 900 marques ; et le management de plus de 350 artistes (Coldplay, Calvin Harris, Kanye West, Rihanna, Madonna, U2, etc.). Le concept d&rsquo;un management int\u00e9gr\u00e9 des artistes est nouveau en France, et devrait susciter la cr\u00e9ation d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9s dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Extraits d&rsquo;une interview donn\u00e9e au journal <em>Le Monde<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab &#8230; Le d\u00e9veloppement num\u00e9rique provoque une vraie r\u00e9volution, en remettant l&rsquo;artiste au c\u0153ur du dispositif, dans un monde o\u00f9 la musique n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi accessible. L&rsquo;artiste devient son propre m\u00e9dia et se produit lui-m\u00eame. [&#8230;] Si l&rsquo;artiste cr\u00e9e sa communaut\u00e9, il ne peut pas tout faire seul. Il a besoin d&rsquo;\u00eatre entour\u00e9, d&rsquo;avoir un manager en qui il a confiance. L&rsquo;id\u00e9e, c&rsquo;est d&rsquo;apporter cette expertise \u00e0 son juste prix. Je me r\u00e9mun\u00e9rerai en prenant un pourcentage sur ce que touche l&rsquo;artiste. [&#8230;] C&rsquo;est une pi\u00e8ce de puzzle qui s&rsquo;imbriquera avec l&rsquo;ensemble des intervenants dans la fili\u00e8re pour le compte de l&rsquo;artiste. [&#8230;] Pour oser une comparaison sportive : soit vous allez \u00e0 la salle de sport, soit vous avez un coach, moi je suis un peu le coach personnel.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab &#8230; Reparti \u00e0 la hausse pour au moins une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, le march\u00e9 va se d\u00e9concentrer. Les maisons de disques ne vont pas dispara\u00eetre, mais leur <\/em>business model<em> est en train d&rsquo;\u00eatre fondamentalement modifi\u00e9. Dans la musique \u00e9lectronique ou urbaine, tous les jeunes artistes se produisent eux-m\u00eames. [&#8230;] 70% des revenus phonographiques des DJ et des rappeurs sont d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le streaming. D&rsquo;ici \u00e0 deux ans, le march\u00e9 de la musique enregistr\u00e9e sera \u00e0 70% port\u00e9 par le streaming payant.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Aujourd&rsquo;hui, la plupart des artistes\u00a0 poss\u00e8dent leur maison d&rsquo;\u00e9dition et produisent ou coproduisent leurs spectacles. \u00c0 l&rsquo;\u00e8re du num\u00e9rique dominant, le <\/em>business model<em> d&rsquo;une major va de plus en plus ressembler \u00e0 celui d&rsquo;une major de <\/em>publishing<em> [\u00e9dition musicale]. Actuellement, on n&rsquo;assiste pas \u00e0 une industrialisation du mod\u00e8le de la musique, mais plut\u00f4t \u00e0 sa financiarisation. Le mod\u00e8le de la musique demain, c&rsquo;est celui des start-up financ\u00e9es par des banquiers qui leur pr\u00eatent de l&rsquo;argent avec un retour \u00e0 court ou moyen terme. \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Pascal N\u00e8gre, optimiste, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;explosion du streaming, <em>\u00ab l&rsquo;industrie phonographique est partie pour dix ans de croissance \u00bb<\/em>. Chez Warner Music, depuis mai 2016, les recettes mondiales de streaming ont d\u00e9pass\u00e9 celles qui provenaient des CD. Le PDG de Sony Music, Doug Morris, parie sur un chiffre d&rsquo;affaires issu du streaming approchant le milliard de dollars pour l&rsquo;ann\u00e9e 2016, soit le double de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, et 100 millions de dollars de plus que les ventes de CD. Une \u00e9tude datant de juillet 2016 du Syndicat national de l&rsquo;\u00e9dition phonographique (SNEP) montre que 22 millions de Fran\u00e7ais \u00e9coutent de la musique en streaming, dont pr\u00e8s de 4 millions paient un abonnement. Le volume d&rsquo;\u00e9coutes en ligne en France a presque tripl\u00e9 depuis septembre 2014, pour atteindre plus de 2 milliards par mois ; reste \u00e0 convaincre une masse critique de consommateurs de s&rsquo;abonner \u00e0 des plateformes payantes. Le leader mondial, le su\u00e9dois Spotify, lanc\u00e9 en 2008 et fort de ses 30 millions de titres (mais seulement 2000 salari\u00e9s), pourrait devenir b\u00e9n\u00e9ficiaire en 2017, apr\u00e8s avoir franchi la barre de 40 millions septembre dernier. Le nouveau venu Apple (depuis juin 2015) annonce 20 millions d&rsquo;abonn\u00e9s, mais pr\u00e8s d&rsquo;un tiers (6 millions) b\u00e9n\u00e9ficient des trois premiers mois gratuits.<\/p>\n<figure id=\"attachment_24836\" aria-describedby=\"caption-attachment-24836\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-24836\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/le-tavernier-150x120.jpeg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"120\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-24836\" class=\"wp-caption-text\">St\u00e9phane Le Tavernier (1966-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes les plateformes de streaming sont vent debout contre la politique jug\u00e9e d\u00e9loyale de YouTube, qui ne r\u00e9compense les artistes qu&rsquo;avec des miettes (voir ci-dessus). En effet, la filiale de Google r\u00e9mun\u00e8re 54 fois moins les artistes que Spotify. <em>\u00ab C&rsquo;est un probl\u00e8me de valeur<\/em>, dit Thierry Chassagne, pr\u00e9sident de Warner Music France. <em>Comme si un boulanger vendait une baguette de pain \u00e0 2 centimes et un autre \u00e0 1 euro. \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">St\u00e9phane Le Tavernier, PDG de Sony Music France, pense que le streaming, en favorisant une consommation de plus en plus \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, oblige \u00e0 <em>\u00ab produire beaucoup plus rapidement. Avant, il fallait compter six ans pour d\u00e9velopper un artiste, faire trois albums et attendre quinze ans pour qu&rsquo;il trouve vraiment son public. Aujourd&rsquo;hui, un artiste peut \u00e9merger en un mois, faire un hit mondial et dispara\u00eetre [&#8230;] Le streaming a aussi r\u00e9volutionn\u00e9 nos m\u00e9tiers, notamment la fa\u00e7on de rep\u00e9rer les artistes [qui ont d\u00e9sormais] davantage de r\u00e9f\u00e9rences, une curiosit\u00e9 plus forte pour tous les r\u00e9pertoires, ce qui leur donne plus d&rsquo;inspiration. \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e8gre est tr\u00e8s bien introduit dans le milieu musical en France. Son mod\u00e8le &#8211; comme d&rsquo;habitude, la France est pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00e9tant en retard &#8211; est inspir\u00e9 de celui de l&rsquo;agent litt\u00e9raire, qui \u00e0 r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;intercaler comme filtre entre \u00e9crivains et maisons d&rsquo;\u00e9dition aux \u00c9tats-Unis. Mais jusqu&rsquo;ici ce mod\u00e8le-l\u00e0 ne s&rsquo;est pas vraiment impos\u00e9 en France, en raison de l&rsquo;opposition des maisons d&rsquo;\u00e9dition, qui ont g\u00e9n\u00e9ralement refus\u00e9 de traiter avec des m\u00e9diateurs en amont. Il reste \u00e0 voir si le manager de musiciens d&rsquo;autan pourrait se muer en super agent ma\u00eetrisant toute la cha\u00eene de valeur num\u00e9rique. Dans l&rsquo;histoire de la musique populaire, le rapport entre musiciens et leurs managers a toujours \u00e9t\u00e9 probl\u00e9matique (ruptures de contrat, proc\u00e8s), tant la juste valeur apport\u00e9e par les derniers est contest\u00e9e en cas de succ\u00e8s.<\/p>\n<figure id=\"attachment_24841\" aria-describedby=\"caption-attachment-24841\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-24841\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-150x150.jpeg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake-128x128.jpeg 128w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/drake.jpeg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-24841\" class=\"wp-caption-text\">Drake (1986-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, du point de vue de la cr\u00e9ativit\u00e9, la \u00ab financiarisation \u00bb de l&rsquo;industrie dont parle N\u00e8gre, o\u00f9 la production deviendrait l&rsquo;apanage de banquiers investissant dans des \u00ab coups \u00bb \u00e0 court terme, n&rsquo;est pas de bon augure. Reste \u00e0 savoir dans quelle mesure un certain style de musique urbaine &#8211; du rap, de l&rsquo;\u00e9lectro, du R&amp;B &#8211; fait corps avec la mode de l&rsquo;\u00e9coute en streaming, de pi\u00e8tre qualit\u00e9 sonore, mais adapt\u00e9e aux appareils mobiles. Le Tavernier, dont les propos \u00ab postmodernes \u00bb sur les artistes contemporains sont l\u00e9nifiants, \u00e9voque mais ne r\u00e9pond pas \u00e0 cette question. Pour le moment, c&rsquo;est cette musique-l\u00e0 qui est particuli\u00e8rement <em>stream\u00e9e<\/em> : dans le classement annuel de Spotify (d\u00e9cembre 2016), le rappeur canadien Drake arrive largement en t\u00eate avec 4,7 milliards de <em>streams<\/em>, suivi par Justin Bieber, Rihanna, Twenty One Pilots (hip-hop) et Kanye West.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Pascal N\u00e8gre : offrir un service personnalis\u00e9 aux artistes\u00a0\u00bb (propos recueillis par Alain Beuve-M\u00e9ry), <\/em>Le Monde,<em> 20 d\u00e9c. 2016, p. 12 ; \u00ab\u00a0L&rsquo;industrie musicale rena\u00eet avec le streaming\u00a0\u00bb (Nicole Vulser), <\/em>Le Monde<em>, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, d\u00e9c. 28 2016, p. 11.<br \/>\n<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Pr\u00e9c\u00e9demment sur le streaming dans la Web-revue : <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-45-septembre-2016\/\">Actualit\u00e9s #45<\/a> ; <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-27-janvier-2015\/\">Actualit\u00e9s #27<\/a> ; <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-18-mars-2014\/\">Actualit\u00e9s #18<\/a><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">La fabrique de chansons de plus en plus industrielle (#47, nov. 2016)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_23805\" aria-describedby=\"caption-attachment-23805\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23805\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-150x150.jpeg\" alt=\"John Seabrook\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/seabrook-128x128.jpeg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-23805\" class=\"wp-caption-text\">John Seabrook<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame en tenant compte des revenus provenant des concerts, et des droits annexes, l&rsquo;industrie musicale (qui valait 15 milliards de dollars en 2014) a perdu la moiti\u00e9 de son chiffre d&rsquo;affaires depuis les ann\u00e9es 1990. Vu r\u00e9trospectivement, le succ\u00e8s relatif, mais de plus en plus menac\u00e9, d&rsquo;iTunes a \u00e9t\u00e9 une victoire pyrrhique : alors qu&rsquo;on vendait autrefois des albums sur support physique (CD) \u00e0 15 dollars, on doit maintenant vendre (dans le meilleur sc\u00e9nario) des chansons individuelles en ligne \u00e0 99 cents, ce qui repr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 une baisse de revenus de l&rsquo;ordre de 46%. Quant aux revenus engendr\u00e9s par des sites de streaming, partag\u00e9s de mani\u00e8re opaque entre \u00e9diteurs et interpr\u00e8tes, ils sont encore plus r\u00e9duits. Interview\u00e9e dans un livre remarqu\u00e9 sur l&rsquo;industrie \u00e9crit par le journaliste du <em>New Yorker<\/em> <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/John_Seabrook\">John Seabrook<\/a> (<em>The Song Machine<\/em>, 2015, sorti en fran\u00e7ais, 2016*), la chanteuse <em>country<\/em> <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Rosanne_Cash\">Rosanne Cash<\/a> pr\u00e9tend n&rsquo;avoir touch\u00e9 que 104 $ pour 600 000 \u00e9coutes en ligne. Le mod\u00e8le d&rsquo;affaires fond\u00e9 sur la vente massive de disques enregistr\u00e9s n&rsquo;a pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la disponibilit\u00e9 num\u00e9rique gratuite ou peu co\u00fbteuse, mais l&rsquo;industrie ne d\u00e9pend pas moins de la production continue de tubes internationaux chant\u00e9s en anglais pour survivre, ou pour ralentir son agonie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question de l&rsquo;apport cr\u00e9atif des uns et des autres est essentielle ici. Contrairement \u00e0 la th\u00e9orie de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Longue_tra%C3%AEne\">la longue traine <\/a>avanc\u00e9e par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Chris_Anderson_(auteur)\">Chris Anderson<\/a> dans la revue <em>Wired<\/em> en 2004, la num\u00e9risation favorise la concentration des revenus. En 2015, rapporte Seabrook, 77% des profits de l&rsquo;industrie musicale furent r\u00e9alis\u00e9s par 1% des artistes. Un tel niveau de concentration fragilise l&rsquo;industrie, d&rsquo;autant que les artistes en question sont eux-m\u00eames d\u00e9pendants d&rsquo;un petit nombre de compositeurs, qui seuls sont capables de fabriquer des tubes ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e.<\/p>\n<figure id=\"attachment_23809\" aria-describedby=\"caption-attachment-23809\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23809\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-150x150.jpeg\" alt=\"Max Martin (1971-)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/martin-128x128.jpeg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-23809\" class=\"wp-caption-text\">Max Martin (1971-)<\/figcaption><\/figure> <figure id=\"attachment_23811\" aria-describedby=\"caption-attachment-23811\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23811\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-150x150.jpeg\" alt=\"Denniz PoP (1963-98)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/pop-128x128.jpeg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-23811\" class=\"wp-caption-text\">Denniz PoP (1963-98)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l&rsquo;enqu\u00eate de Seabrook, il s&rsquo;av\u00e8re que l&rsquo;origine de la pop internationale d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est su\u00e9doise, \u00e0 savoir les <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Cheiron_Studios\">studios Cheiron<\/a> \u00e0 Stockholm, fond\u00e9s en 1992 par le producteur <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Denniz_Pop\">Denniz PoP<\/a> (Dag Krister Volle), qui a \u00e9crit le tube \u00ab We&rsquo;ve got it goin&rsquo; on \u00bb pour le boy band <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Backstreet_Boys\">The Backstreet Boys<\/a>. PoP est mort jeune d&rsquo;un cancer de l&rsquo;estomac en 1998, et son studio a ferm\u00e9 en 2000, mais son legs a \u00e9t\u00e9 repris et amplifi\u00e9 par son prot\u00e9g\u00e9 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Max_Martin\">Max Martin<\/a> (Martin Sandberg), \u00e0 qui on doit le premier tube de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Britney_Spears\">Britney Spears<\/a> (\u00ab Baby one more time \u00bb), sorti en 1998. Pour la petite histoire, le refrain \u00ab <em>hit me baby one more time<\/em> \u00bb, loin d&rsquo;\u00eatre un hymne sadomasochiste dans l&rsquo;air du temps, signifiait, dans l&rsquo;anglais un peu approximatif de Martin, \u00ab <em>envoie-moi un mail, b\u00e9b\u00e9, encore un<\/em> \u00bb. L&rsquo;usage non idiomatique du sens argotique de <em>baby &#8211; <\/em>d\u00e9j\u00e0 vieillot &#8211; est responsable du m\u00e9morable contresens dans le tube pop-reggae des Su\u00e9dois <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ace_of_Base\">Ace of Base<\/a> en 1993 (\u00e9crit par Denniz PoP) : \u00ab <em>All that she wants is another baby<\/em> \u00bb, o\u00f9 le contexte indique qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un nouveau petit ami, et non pas un autre enfant.<\/p>\n<figure id=\"attachment_23858\" aria-describedby=\"caption-attachment-23858\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23858\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-150x150.jpeg\" alt=\"Abba\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/abba1-128x128.jpeg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-23858\" class=\"wp-caption-text\">Abba<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;importe, les paroles sont assez secondaires dans ce genre de production. Pendant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2016, Martin, cr\u00e9ateur de tubes pour <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Katy_Perry\">Katy Perry<\/a>, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pink_(chanteuse)\">Pink<\/a> et surtout <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Taylor_Swift\">Taylor Swift<\/a>, a co\u00e9crit son 21e num\u00e9ro 1 dans les <em>charts<\/em> am\u00e9ricains : \u00ab Can&rsquo;t feel my face\u00a0\u00bb par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/The_Weeknd\">The Weeknd<\/a> (<em>sic<\/em>). Seuls John Lennon (26) et Paul McCartney (32), collectivement ou individuellement, ont fait mieux. Avec ses pairs, les Norv\u00e9giens de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Stargate_(producteurs)\">Stargate<\/a> (qui ont \u00e9crit la plupart des tubes de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Rihanna\">Rihanna<\/a>), et l&rsquo;Am\u00e9ricain <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Dr._Luke\">Dr Luke<\/a> (Lukasz Gottwald), qui a \u00e9crit pour <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Nicki_Minaj\">Nicki Minaj<\/a> et <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Miley_Cyrus\">Miley Cyrus<\/a>, Martin fait partie d&rsquo;un petit nombre de compositeurs responsables (coupables ?) de la plupart des <em>hits <\/em>depuis le d\u00e9but du mill\u00e9nium. Que des Scandinaves y figurent en bonne place n&rsquo;est pas surprenant, \u00e9tant donn\u00e9 que c&rsquo;est le groupe su\u00e9dois en costumes satin\u00e9s, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/ABBA\">Abba<\/a>, qui a esquiss\u00e9 la formule de la pop internationale dans les ann\u00e9es 1970 : \u00e0 la fois entra\u00eenant et m\u00e9canique, \u00e9motionnelle et sans \u00e2me, avec des m\u00e9lodies efficaces sans racines nationales marqu\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Seabrook, il existe historiquement deux grandes traditions de vari\u00e9t\u00e9 internationale : une branche qui descend de la <em>pop music<\/em> europ\u00e9enne, et une autre qui descend du R &amp; B (<em>rhythm and blues<\/em>) noir. \u00ab <em>Les premiers sont dot\u00e9s de m\u00e9lodies plus longues, progressives, avec une distinction couplet-refrain plus nette, et sont peaufin\u00e9s dans les moindres d\u00e9tails. Les seconds poss\u00e8dent un groove rythmique surmont\u00e9 d&rsquo;une accroche m\u00e9lodique chant\u00e9e, le \u00ab\u00a0hook\u00a0\u00bb qui est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 tout au long du morceau. Cette distinction entre pop et R &amp; B, qui aux \u00c9tats-Unis est autant une affaire de couleur de peau que de musique, est moins marqu\u00e9e en Su\u00e8de. [&#8230;] Max Martin et ses acolytes su\u00e9dois ont invent\u00e9 un hybride transgenre : une <\/em>pop music<em> dot\u00e9e d&rsquo;un <\/em>feeling<em> du R &amp; B [&#8230;], gr\u00e2ce aux m\u00e9thodes de travail d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 Stockholm dans les ann\u00e9es 1990 au sein des Cheiron Studios. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelles sont ces m\u00e9thodes de travail ? Tout simplement, selon Seabrook, une division accentu\u00e9e des t\u00e2ches, comme dans l&rsquo;\u00e9criture des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, ce qui rend collaboratif le processus de composition :\u00a0\u00ab\u00a0<em>Personne n&rsquo;est propri\u00e9taire de son travail. Les auteurs compositeurs se voient assign\u00e9s diff\u00e9rentes parties de morceaux : [&#8230;] un refrain, un pont ou un <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Hook_(musique)\">hook<\/a><\/em>. \u00bb Le chanteur su\u00e9dois E-Type : \u00ab <em>J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre dans un atelier d&rsquo;un ma\u00eetre italien du XVe ou XVIe si\u00e8cle. Un assistant r\u00e9alise les mains, un autre s&rsquo;occupe des pieds, et l&rsquo;autre d&rsquo;encore autre chose. <\/em>\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_23817\" aria-describedby=\"caption-attachment-23817\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23817\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-150x150.jpeg\" alt=\"Miley Cyrus\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-150x150.jpeg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-144x144.jpeg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-36x36.jpeg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-32x32.jpeg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-50x50.jpeg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-64x64.jpeg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-96x96.jpeg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/cyrus-128x128.jpeg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-23817\" class=\"wp-caption-text\">Miley Cyrus (1992-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, l&rsquo;\u00e9criture et la production des chansons sont devenues compl\u00e8tement rationalis\u00e9es. La voix est assembl\u00e9e num\u00e9riquement, syllabe par syllabe, \u00e0 partir de nombreuses prises de notes \u00e0 diff\u00e9rentes hauteurs (<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Comping\"><em>comping<\/em><\/a>), qui donnent &#8211; artificiellement &#8211; le <em>feeling<\/em> R &amp; B. Toute une \u00e9quipe compose \u00e0 partir d&rsquo;une m\u00eame base instrumentale (<a href=\"http:\/\/www.billboard.com\/articles\/news\/6738318\/why-solo-songwriters-are-no-longer-todays-hitmakers\"><em>track and hook<\/em><\/a>), avec une m\u00e9lodiste <a href=\"http:\/\/www.applebeam.co.uk\/blog\/what-is-topline-writing\"><em>topliner<\/em><\/a>, la chanteuse, qui partage les droits. Dans cette division du travail, un collectif d&rsquo;hommes \u00e9crit les chansons, et une jeune femme est charg\u00e9e d&rsquo;y insuffler un peu d&rsquo;\u00e2me, qui passe le plus souvent par l&rsquo;exhibition (\u00ab <em>bad girl<\/em> \u00bb) sur sc\u00e8ne et dans des clips d&rsquo;une sexualit\u00e9 d\u00e9brid\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">* John Seabrook, <em>Hits ! Enqu\u00eate sur la fabrique des tubes plan\u00e9taires<\/em>, La D\u00e9couverte, 2016<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Pour une critique (en anglais) de Seabrook, voir Michelangelo Matos : <a href=\"http:\/\/theconcourse.deadspin.com\/john-seabrooks-pop-music-treatise-the-song-machine-is-h-1736113168\">http:\/\/theconcourse.deadspin.com\/john-seabrooks-pop-music-treatise-the-song-machine-is-h-1736113168<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Interview (en anglais) avec Seabrook en 2000 (ou 2001) \u00e0 propos de la cha\u00eene musicale MTV : <a href=\"http:\/\/www.pbs.org\/wgbh\/pages\/frontline\/shows\/cool\/interviews\/seabrook.html\">http:\/\/www.pbs.org\/wgbh\/pages\/frontline\/shows\/cool\/interviews\/seabrook.html<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/music\/2015\/nov\/04\/john-seabrook-song-machine-review-pop-music\">https:\/\/www.theguardian.com\/music\/2015\/nov\/04\/john-seabrook-song-machine-review-pop-music<\/a> ; <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/10\/18\/books\/review\/the-song-machine-by-john-seabrook.html\">http:\/\/www.nytimes.com\/2015\/10\/18\/books\/review\/the-song-machine-by-john-seabrook.html<\/a> ; <a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/personne-matthieu-conquet.html\">http:\/\/www.franceculture.fr\/personne-matthieu-conquet.html<\/a> ;\u00a0<a href=\"http:\/\/www.billboard.com\/articles\/news\/6738318\/why-solo-songwriters-are-no-longer-todays-hitmakers\">http:\/\/www.billboard.com\/articles\/news\/6738318\/why-solo-songwriters-are-no-longer-todays-hitmakers<\/a> <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class='content-column one_half'><p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/d73tiBBzvFM\" width=\"300\" height=\"200\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00e9crit par Denniz PoP (1993)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><div class='content-column one_half last_column'><p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/C-u5WLJ9Yk4\" width=\"300\" height=\"200\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00e9crit par Max Martin (1998)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><div class='clear_column'><\/div><div class='content-column one_half'><p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/CevxZvSJLk8\" width=\"300\" height=\"200\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">co\u00e9crit par Dr Luke, Max Martin et Cirkut (2013)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><div class='content-column one_half last_column'><p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/QcIy9NiNbmo\" width=\"300\" height=\"200\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">co\u00e9crit par Taylor Swift, Max Martin, Shellback et Kendrick Lamar (2015)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><div class='clear_column'><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Deezer \u00e0 l&rsquo;assaut du march\u00e9 musical am\u00e9ricain (#45, sept. 2016)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-23001\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-150x150.jpe\" alt=\"deezer\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-150x150.jpe 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-144x144.jpe 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-36x36.jpe 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-32x32.jpe 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-50x50.jpe 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-64x64.jpe 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-96x96.jpe 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/deezer-128x128.jpe 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>Au premier semestre 2016, le streaming a progress\u00e9 58% aux \u00c9tats-Unis, pour atteindre 114 milliards d&rsquo;\u00e9coutes musicales. Deezer, la premi\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, a donc d\u00e9cid\u00e9 de passer \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure outre-Atlantique, o\u00f9 le march\u00e9 est domin\u00e9 par le su\u00e9dois Spotify, pr\u00e9sent depuis 2011, suivi par Apple qui a lanc\u00e9 son service d&rsquo;\u00e9coute en ligne il y a un an. Aujourd&rsquo;hui, Deezer revendique 6 millions d&rsquo;abonn\u00e9s dans 180 pays, contre 35 millions pour Spotify, 15 millions pour Apple, et 4,2 millions pour Tidal, le service lanc\u00e9 par le rappeur Jay Z. Outre-Atlantique, les services de streaming sont concurrenc\u00e9s par des radios musicales num\u00e9ris\u00e9es, sur le mod\u00e8le de Pandora, qui ont 80 millions d&rsquo;utilisateurs gratuits par mois. Et il ne faut pas oublier YouTube, premier site mondial de vid\u00e9os musicales gratuites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-23002\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-150x150.jpe\" alt=\"spotify\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-150x150.jpe 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-144x144.jpe 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-36x36.jpe 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-32x32.jpe 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-50x50.jpe 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-64x64.jpe 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-96x96.jpe 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/spotify-128x128.jpe 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>L&rsquo;offre pr\u00e9mium de Deezer sera d\u00e9sormais accessible aux Am\u00e9ricains au prix de 10 dollars par mois. Selon plusieurs sources, Spotify aurait d\u00e9pens\u00e9 plus de 200 millions de dollars (181,6 millions d&rsquo;euros) pour assurer son implantation aux \u00c9tats-Unis. Pour r\u00e9ussir sur le territoire am\u00e9ricain, Deezer mise sur la qualit\u00e9 de son offre, de 40 millions de titres, plus large que celle de ses concurrents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pari est loin d&rsquo;\u00eatre gagn\u00e9. Pour l&rsquo;instant, aucun des deux services europ\u00e9ens de streaming n&rsquo;est rentable. En 2014, Deezer a perdu 27 millions d&rsquo;euros, pour un chiffre d&rsquo;affaires de 142 millions, et il a d\u00fb renoncer \u00e0 son introduction en Bourse en octobre 2015. Mais cela ne l&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 de lever 100 millions de dollars en janvier 2016. La course \u00e0 la taille constitue un enjeu essentiel pour qui veut rester dans le Top cinq des services de streaming mondiaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Deezer \u00e0 l&rsquo;assaut des \u00c9tats-Unis, premier march\u00e9 de la musique\u00a0\u00bb (Alain Beuve-M\u00e9ry), <\/em>Le Monde<em>, 21 juillet 2016, p. 15.<\/em><\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les artistes musicaux les mieux pay\u00e9s en 2016 et les cons\u00e9quences pour les festivals en France (#45, sept. 2016)<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_23004\" aria-describedby=\"caption-attachment-23004\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23004\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-150x150.jpe\" alt=\"Taylor Swift\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-150x150.jpe 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-144x144.jpe 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-36x36.jpe 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-32x32.jpe 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-50x50.jpe 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-64x64.jpe 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-96x96.jpe 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/taylor-swift-128x128.jpe 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-23004\" class=\"wp-caption-text\">Taylor Swift<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le magazine am\u00e9ricain <em>Forbes<\/em> vient de publier sa liste des 100 c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s qui ont gagn\u00e9 le plus pendant les douze derniers mois. Je n&rsquo;ai retenu de cette liste que les noms des artistes musicaux, en \u00e9cartant les sportifs, les com\u00e9diens, et autres personnalit\u00e9s m\u00e9diatiques. En <strong>millions<\/strong> de dollars :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1.<\/strong> Taylor Swift, 170 ; <strong>2.<\/strong> One Direction (boy band), 110 ; <strong>9.<\/strong> Ad\u00e8le, 80,5 ; <strong>12.<\/strong> Madonna, 76 ; <strong>13.<\/strong> Rihanna, 75 ; <strong>17.<\/strong> AC\/DC, 67,5 ; <strong>18.<\/strong> Rolling Stones, 66,5 ; <strong>21.<\/strong> Calvin Harris (DJ), 63 ; <strong>22.<\/strong> Diddy (rappeur), 62 ; <strong>24.<\/strong> Bruce Springsteen, 60,5 ; <strong>25.<\/strong> Paul McCartney, 56,5 ; <strong>26.<\/strong> Justin Bieber, 56 ; <strong>31.<\/strong> U2, 55 ; <strong>34.<\/strong> Beyonce, 54 ; <strong>36.<\/strong> Jay-Z (rappeur), 53,5 ; <strong>44.<\/strong> Muse, 49 ; <strong>45.<\/strong> Foo Fighters, 48,5 ; <strong>54.<\/strong> Bigbang (boy band, Cor\u00e9e du Sud), 44 ; <strong>61.<\/strong> Elton John, 42 ; <strong>63.=<\/strong> Dr Dre (rappeur), 41 ; <strong>63.=<\/strong> Katy Perry, 41 ; <strong>66.<\/strong> Jimmy Buffet (chanteur country), 40,5 ; <strong>69.<\/strong> Drake (rappeur), 38,5 ; <strong>99.<\/strong> Britney Spears, 30,5.<\/p>\n<figure id=\"attachment_23005\" aria-describedby=\"caption-attachment-23005\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-23005\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-150x150.jpe\" alt=\"Jean-Paul Roland\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-150x150.jpe 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-144x144.jpe 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-36x36.jpe 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-32x32.jpe 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-50x50.jpe 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-64x64.jpe 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-96x96.jpe 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/jean-paul-roland-128x128.jpe 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-23005\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Paul Roland<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si ces vedettes (\u00e0 une exception pr\u00e8s, anglo-saxonnes) gagnent \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;argent, ce n&rsquo;est pas en vendant des disques, mais en jouant dans des stades. Paul McCartney, Bruce Springsteen, AC\/DC, les Rolling Stones demandent un million d&rsquo;euros le concert, voire plus. \u00ab <em>Avec la d\u00e9confiture du disque<\/em>, note Jean-Paul Roland, directeur des Eurock\u00e9ennes \u00e0 Belfort (28e \u00e9dition, 2016), <em>les musiciens compensent avec la sc\u00e8ne, surtout dans les festivals, l\u00e0 o\u00f9 le public se compte en dizaines de milliers de spectateurs. L&rsquo;inflation est devenue ind\u00e9cente <\/em><em>\u00bb. <\/em>Directeur du festival Les Vieilles Charrues \u00e0 Carha\u00efx (25e \u00e9dition, 2016), J\u00e9r\u00f4me Tr\u00e9horel constate : <em>\u00ab Notre budget artistique est pass\u00e9 de 1,7 \u00e0 4 millions en huit ans, or notre offre est le m\u00eame, quatre sc\u00e8nes pendant quatre jours <\/em>\u00bb. En dix ans, les cachets ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par 2, 4, et parfois par 10. Le budget pour Les Eurock\u00e9ennes (prix d&rsquo;entr\u00e9e, 40 euros) pr\u00e9voit 2 millions d&rsquo;euros de cachets \u00e0 partager, qui vont du groupe local \u00e0 5000 euros \u00e0 400 000 euros pour les Insus (ex-T\u00e9l\u00e9phone); pas moyen d&rsquo;inviter une grande vedette anglo-saxonne, sauf \u00e0 drainer encore plus de spectateurs et \u00e0 augmenter le prix des billets, spirale risqu\u00e9e. \u00ab <em>Si vous faites le moindre flop, vous \u00eates dans le rouge <\/em>\u00bb, dit Jean-Paul Roland, qui a failli mettre la cl\u00e9 sous la porte apr\u00e8s la programmation aux Eurock\u00e9ennes du rappeur Jay-Z en 2010, o\u00f9 la mayonnaise n&rsquo;a pas pris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces festivals &#8211; Les Eurock\u00e9ennes (104 000 entr\u00e9es) et les Vieilles Charrues (275 000 entr\u00e9es) &#8211; s&rsquo;en sortent (difficilement) en d\u00e9fendant une sc\u00e8ne fran\u00e7aise qui s&rsquo;exporte peu, mais qui co\u00fbte sensiblement moins cher aux organisateurs que les artistes anglo-saxons, de plus en plus hors de prix. Ceux qui risquent d&rsquo;en p\u00e2tir le plus, ce sont les festivals comme les Transmusicales \u00e0 Rennes, dont la r\u00e9putation est fond\u00e9e sur la d\u00e9couverte de nouvelles tendances du rock \u00ab ind\u00e9pendant \u00bb (Radiohead, etc.), o\u00f9 depuis longtemps les groupes britanniques donnent le l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : <\/em><a href=\"http:\/\/www.forbes.com\/sites\/zackomalleygreenburg\/2016\/07\/11\/celeb-100-the-worlds-highest-paid-celebrities-of-2016\/#6acff4361fb3\">http:\/\/www.forbes.com\/sites\/zackomalleygreenburg\/2016\/07\/11\/celeb-100-the-worlds-highest-paid-celebrities-of-2016\/#6acff4361fb3<\/a> ; Le Monde <em>(chronique de Michel Guerrin), 16 juillet 2016, p. 26.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Voir le palmar\u00e8s des DJ en 2014, <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-29-mars-2015\/\">Actualit\u00e9s #29, mars 2015<\/a>.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le rap fran\u00e7ais devient une musique de patrimoine (#43, juin 2016)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/doc-gyneco.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-22412\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/doc-gyneco.jpe\" alt=\"doc gyneco\" width=\"227\" height=\"222\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/doc-gyneco.jpe 227w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/doc-gyneco-36x36.jpe 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/doc-gyneco-32x32.jpe 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/doc-gyneco-64x64.jpe 64w\" sizes=\"auto, (max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/a>En avril, une r\u00e9\u00e9dition de <em>Premi\u00e8re consultation<\/em> (Warner France) est sortie en CD et en vinyle pour f\u00eater les vingt ans du premier opus de Doc Gyn\u00e9co, album qui s&rsquo;est vendu \u00e0 1 million d&rsquo;exemplaires. En d\u00e9cembre 2015, Warner avait aussi commercialis\u00e9 une r\u00e9\u00e9dition vinyle de <em>L&rsquo;\u00c9cole du micro d&rsquo;argent<\/em> d&rsquo;IAM (1997), album le plus vendu du rap fran\u00e7ais \u00e0 1,5 million d&rsquo;exemplaires. La major a h\u00e9rit\u00e9 les droits de ces albums gr\u00e2ce au rachat \u00e0 Universal de Parlophone (partie des actifs d&rsquo;EMI) pour 742 millions de dollars en juillet 2013. \u00ab <em>Il faut avoir en t\u00eate que les ventes [de ces deux albums phares] sont au niveau des tr\u00e8s gros chanteurs pop de l&rsquo;\u00e9poque, que ce soit Goldman, Cabrel ou Bruel <\/em>\u00bb, rappelle Thierry Chassagne, patron de Warner Music France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/iam.jpe\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-22413\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/iam.jpe\" alt=\"iam\" width=\"230\" height=\"219\" \/><\/a>Doc Gyn\u00e9co en profite pour orchestrer son retour sur le devant de la sc\u00e8ne, huit ans apr\u00e8s son dernier album <em>Peace Maker<\/em> (produit par DJ Mosey, aka* Pierre Sarkozy), \u00e9chec cinglant qui ne s&rsquo;est \u00e9coul\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 2000 exemplaires. Cette ann\u00e9e, le rappeur va donner une trentaine de concerts en France, o\u00f9 il ne jouera que les titres de son premier album. Les places se sont arrach\u00e9es au point qu&rsquo;en trois heures, l&rsquo;Olympia (2000 places) \u00e9tait rempli ; en 26 heures, idem pour une deuxi\u00e8me date. Le public est \u00ab <em>essentiellement des trentenaires et des quadrag\u00e9naires <\/em>\u00bb, dit Oriana Convelbo (Arachn\u00e9e Productions), qui produit la tourn\u00e9e. Dans la foul\u00e9e, Doc Gyn\u00e9co est en discussion avanc\u00e9e, dit-on, pour signer avec une major. De son c\u00f4t\u00e9, IAM donnera un concert reprenant son premier album \u00e0 l&rsquo;AccorHotels Arena (Bercy) en novembre 2017, pour f\u00eater les 20 ans de sa sortie. Les 15 000 places sont parties en moins de quatre mois. D\u00e9j\u00e0 en 2015, Akhenaton, le leader d&rsquo;IAM fut commissaire d&rsquo;une exposition sur l&rsquo;histoire du rap \u00e0 l&rsquo;Institut du monde arabe. IAM va sortir son 8e album studio l&rsquo;ann\u00e9e prochaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Ce qui est primordial, c&rsquo;est que ces artistes reviennent sur sc\u00e8ne pour jouer tout un album et pas simplement un tube. Ce qui n&rsquo;est pas li\u00e9 qu&rsquo;au rap puisque d&rsquo;autres formations cultes se reforment pour jouer leur premier album en concert, comme les Jesus and Mary Chain [\u00ab Psychocandy \u00bb date de 1985], dont la tourn\u00e9e a fait un carton <\/em>\u00bb, affirme Benjamin Chulvanij, patron du label Def Jam France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un album de reprises des tubes du rap fran\u00e7ais des ann\u00e9es 1990 (<em>Affaire de famille<\/em>) doit sortir en octobre. Les nouveaux &#8211; Soprano, Nekfeu, Youssoupha, Orelsan &#8211; reprennent (et non pas remixent) les chansons de Secteur \u00c4 (collectif sarcellois regroupant Doc Gyn\u00e9co, Passi, Stomy Bugsy, Arsenik). \u00ab <em>Ces classiques ont vocation \u00e0 \u00eatre d\u00e9couverts par les plus jeunes, et red\u00e9couverts par ceux<\/em> <em>qui les ont \u00e9cout\u00e9s il y a vingt ans<\/em>\u00a0\u00bb, explique Marley Salem, directeur d&rsquo;Empirisme Music, le producteur. S\u00e9bastien Duclos, directeur du label Play On, distributeur du disque, abonde de son c\u00f4t\u00e9 : \u00ab <em>Musicalement, les morceaux ont bien vieilli et les textes sont toujours d&rsquo;actualit\u00e9 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le budget pour l&rsquo;ensemble du projet int\u00e9grant les sessions d&rsquo;enregistrement, les cachets des artistes, et le marketing (dont la production d&rsquo;un clip) monte \u00e0 400 000 euros. Les auteurs des originaux percevront des droits d&rsquo;\u00e9dition et de reproduction. On vise au moins \u00e0 un disque d&rsquo;or (50 000 exemplaires vendus), un concert au Zenith et quelques dates de tourn\u00e9e. \u00c0 titre de comparaison, le premier disque de Doc Gyn\u00e9co a co\u00fbt\u00e9 1 million de francs (198 750 euros constants), somme importante \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et celui de Passi (Virgin 2, 1997), 600 000 francs (117 800 euros constants). Le producteur Empirisme Music a sign\u00e9 un contrat de licence avec Play On, la plus grosse structure ind\u00e9pendante en France, qui g\u00e9n\u00e8re 20 millions d&rsquo;euros de chiffre d&rsquo;affaires par an. Dans ce type de contrat, devenu la norme, le producteur livre un produit fini au distributeur qui r\u00e9cup\u00e8re entre 16% et 30%\u00a0 sur les ventes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">* aka = <em>also known as <\/em>(\u00e9galement connu sous le nom de).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/021832570909-quand-le-rap-francais-valorise-son-patrimoine-1214163.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Quand le rap fran\u00e7ais valorise son patrimoine<\/a>\u00a0\u00bb (Nicolas Richaud), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 15-16 avril 2016, p. 22 ; \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbAffaire de famille\u00a0\u00bb, le premier album de reprise\u00a0\u00bb (Nicolas Richaud), ibid.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">N&rsquo;\u00e9tant ni sp\u00e9cialiste, ni m\u00eame sp\u00e9cialement amateur du rap fran\u00e7ais, je laisserai \u00e0 d&rsquo;autres la charge d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;int\u00e9r\u00eat artistique de ces r\u00e9\u00e9ditions. Je retiens cependant que les strat\u00e9gies de marketing sont fond\u00e9es sur le constat, justifi\u00e9 ou non, d&rsquo;une certaine inertie musicale (\u00ab <em>les morceaux ont bien vieilli <\/em>\u00bb), et d&rsquo;une certaine inertie sociale (\u00ab <em>les textes sont toujours d&rsquo;actualit\u00e9 <\/em>\u00bb). On remarque aussi que, depuis les ann\u00e9es 1990, les co\u00fbts constants de production ont sensiblement augment\u00e9 pour un rendement tr\u00e8s sensiblement inf\u00e9rieur. M\u00eame la vis\u00e9e d&rsquo;un disque d&rsquo;or (50 000 exemplaires) est ambitieuse ; en 2010, par exemple, seul <em>Dei<\/em> des Pr\u00eatres a atteint ce statut (89 600), alors que <em>L&rsquo;\u00e9cole des points vitaux<\/em> de Sexion d&rsquo;Assaut (48 600) et <em>On trace la route<\/em> de Christophe Ma\u00e9 (46 200) l&rsquo;ont fr\u00f4l\u00e9 [1].\u00a0 On est tr\u00e8s loin des ventes des classiques de Doc Gyn\u00e9co et d&rsquo;IAM en 1996-7.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le centre de gravit\u00e9 de l&rsquo;industrie musicale s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9 depuis, et le concert constitue d\u00e9sormais de tr\u00e8s loin le secteur le plus lucratif de l&rsquo;industrie, suivi par les droits annexes (publicit\u00e9, marketing, bandes sonores, etc.). Dans ce contexte, le disque tend de plus en plus vers une sorte de carte de visite, un tremplin vers d&rsquo;autres sources de revenus (voir sur ce point Jacob T. Matthews [2]). Explorant les liens entre musique et merchandising, Christophe Magis [3] fait remarquer que la strat\u00e9gie des \u00e9diteurs musicaux suit le mouvement plus g\u00e9n\u00e9ral dans les industries culturelles et d&rsquo;information d\u00e9cel\u00e9 par Philippe Bouquillion, qui affirme : \u00ab <em>beaucoup de contenus ne sont d\u00e9sormais plus produits seulement pour \u00eatre consomm\u00e9s et valoris\u00e9s aupr\u00e8s de consommateurs finaux, mais ils entrent dans les processus de diffusion, promotion et valorisation de diff\u00e9rents produits de consommation <\/em>\u00bb [4].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[1] Vincent Rouz\u00e9, \u00ab L&rsquo;exp\u00e9rience au c\u0153ur des strat\u00e9gies \u00bb, in Jacob T. Matthews et Lucien Percitoz (dir.), <em>L&rsquo;Industrie musicale \u00e0 l&rsquo;aube du XXIe si\u00e8cle. Approches critiques<\/em>, L&rsquo;Harmattan, 2012, p. 50.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[2] Jacob T. Matthews, \u00ab Introduction. Prendre au s\u00e9rieux l&rsquo;industrie musicale\u00a0\u00bb, <em>ibid.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[3] Christophe Magis, \u00ab La musique comme valeur ajout\u00e9 : lorsque les \u00e9diteurs deviennent \u00ab\u00a0marque de service\u00a0\u00bb\u00bb, <em>ibid.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[4] Philippe Bouquillion, \u00ab <a href=\"http:\/\/www.cahiersdujournalisme.net\/cdj\/20.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Incidences des m<\/a><a href=\"http:\/\/www.cahiersdujournalisme.net\/cdj\/20.htm\">utations des industries de la culture et de la communication, et contenus informationnels<\/a> \u00bb, <em> Les cahiers du journalisme, <\/em>20, automne 2009.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Rapprochement entre musiciens et publicitaires (#33, juillet-ao\u00fbt 2015)<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-17881\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-150x150.jpg\" alt=\"make the girl dance\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance-128x128.jpg 128w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/make-the-girl-dance.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>Longtemps oppos\u00e9s en principe (l&rsquo;un appartenant \u00e0 la sph\u00e8re \u00ab marchande \u00bb, l&rsquo;autre \u00e0 la sph\u00e8re \u00ab artistique \u00bb), les m\u00e9tiers de la publicit\u00e9 et de la musique marchent de plus en plus main dans la main, sur fond d&rsquo;industrie musicale sinistr\u00e9e. Le duo \u00e9lectro fran\u00e7ais <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Make_The_Girl_Dance\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Make The Girl Dance<\/a>, qui a vu son titre \u00ab <a href=\"https:\/\/youtu.be\/nXAtDi4Vej0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Tchiki Tchiki Tchiki <\/a>\u00bb adopt\u00e9 pour le spot du nouveau smartphone Nokia Lumia 930 (Microsoft) contre 180 000 $, fait partie des groupes, m\u00e9connus du grand public, sp\u00e9cialis\u00e9s dans la musique pour publicit\u00e9s ; outre les smartphones, le duo a aussi fait de la musique pour des cr\u00e8mes antirides et des glaces. Quant \u00e0 lui, le groupe \u00e9lectro <a href=\"http:\/\/www.printemps-bourges.com\/fr\/programme\/if-the-kids.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">If The Kids<\/a> a rythm\u00e9 des publicit\u00e9s pour un parfum, une voiture et du pr\u00eat-\u00e0-porter. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est que les agences int\u00e8grent la musique de plus en plus en amont dans leurs cr\u00e9ations. Pour le spot du parfum masculin \u00ab <a href=\"https:\/\/youtu.be\/ZQvks-lyUI4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La Nuit de L&rsquo;Homme<\/a> \u00bb (Yves Saint Laurent), l&rsquo;agence BETC, avec son d\u00e9partement musique, BETC Pop, a fait intervenir l&rsquo;artiste n\u00e9erlandais Thomas Azier du d\u00e9but \u00e0 la fin du processus cr\u00e9atif. Cette collaboration aurait co\u00fbt\u00e9 entre 200 000 et 250 000 euros \u00e0 Yves Saint Laurent.<\/p>\n<figure id=\"attachment_17883\" aria-describedby=\"caption-attachment-17883\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-17883\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-150x150.jpg\" alt=\"Christophe Caurret\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/caurret-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-17883\" class=\"wp-caption-text\">Christophe Caurret<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Musiciens et publicitaires sont b\u00e9n\u00e9ficiaires de cette nouvelle alliance, nous dit-on. La notion warholienne d&rsquo;\u00ab artiste d&rsquo;affaires \u00bb s&rsquo;impose comme une \u00e9vidence. Selon Greg Kozo de Make The Girl Dance, \u00ab <em>c&rsquo;est gratifiant et cela nous apporte une exposition qui rassure les programmateurs de concerts <\/em>\u00bb. La diffusion du spot a port\u00e9 les ventes de leur album en t\u00eate de classement sur Amazon. Pour Olivier Lef\u00e8vre, directeur de la soci\u00e9t\u00e9 de production musicale Else (filiale de TBWA Paris) : \u00ab <em>Pendant longtemps, les marques repr\u00e9sentaient l&rsquo;establishment, alors que les musiciens incarnaient la r\u00e9bellion. Mais avec la crise, les deux mondes, affaiblis, ont choisi de r\u00e9unir leurs forces. <\/em>\u00bb Christophe Caurret, cofondateur de BETC Pop, abonde de son c\u00f4t\u00e9, plus conformiste que nature : \u00ab <em>La ligne qui s\u00e9pare<\/em> <em>commerce et pop<\/em> <em>culture est de plus en plus floue. La jeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, n\u00e9e dans le capitalisme triomphant, n&rsquo;a plus de probl\u00e8mes pour utiliser ce<\/em> <em>dernier<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les budgets publicitaires ont fondu avec la crise, et les annonceurs ne peuvent plus s&rsquo;offrir de gros tubes des artistes mondialement connus (des \u00ab <em>golds<\/em> \u00bb). Place alors depuis la fin des ann\u00e9es 1990 \u00e0 une utilisation du son plus pointue, g\u00e9n\u00e9ratrice des ambiances singuli\u00e8res, et sp\u00e9cifiquement jeunes. Place aussi aux agences sp\u00e9cialis\u00e9es comme BETC, TBWA, Les Gaulois (Havas) ou m\u00eame Publicis, qui piochent dans la musique \u00e9lectro, genre \u00e0 moindre co\u00fbt, et qui abrite une arm\u00e9e de r\u00e9serve d&rsquo;apprentis compositeurs importante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/02167202420-cette-nouvelle-generation-de-musiciens-au-service-de-la-pub-1119217.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de musiciens au service de la pub<\/a>\u00ab\u00a0<\/em>, Les \u00c9chos<em>, 13 mai 2015 (V\u00e9ronique Richebois).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Voir aussi <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-18-mars-2014\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Actualit\u00e9s #18<\/a>, mars 2014, et <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/stars-marques-industrie-musique-enregistree\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l&rsquo;article dans la web-revue<\/a> de Christophe Magis sur les stars et les marques.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le m\u00e9tier de compositeur se paup\u00e9rise en France (#33, mai 2015)<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, la musique \u00e0 l&rsquo;image (le film, et par extension, la musique destin\u00e9e aux jeux vid\u00e9o, \u00e0 la publicit\u00e9, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, et aux s\u00e9ries) a \u00e9t\u00e9 relativement \u00e9pargn\u00e9e par la crise du march\u00e9 du disque.<\/p>\n<figure id=\"attachment_16746\" aria-describedby=\"caption-attachment-16746\" style=\"width: 128px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/sigwalt.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-16746\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/sigwalt.jpg\" alt=\"Patrick Sigwalt\" width=\"128\" height=\"144\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-16746\" class=\"wp-caption-text\">Patrick Sigwalt<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains musiciens venus de la musique pop (Jonny Greenwood notamment) y ont apport\u00e9 un souffl\u00e9 nouveau, mais la concurrence exacerb\u00e9e entre les compositeurs ma\u00eetrisant \u00e0 moindre co\u00fbt les <em>home studios<\/em> num\u00e9riques accentuent leur faiblesse aupr\u00e8s des producteurs et des diffuseurs, qui ne cessent depuis cinq ans de diminuer les budgets allou\u00e9s \u00e0 ce poste. Le prix du ticket d&rsquo;entr\u00e9e pour devenir compositeur s&rsquo;est sensiblement r\u00e9duit ; plus besoin de longues \u00e9tudes en harmonie et en contrepoint dans un conservatoire ! Alors que la musique revient en moyenne \u00e0 2 % du budget d&rsquo;un film am\u00e9ricain (par rapport \u00e0 une fourchette de 3 \u00e0 6 % dans les ann\u00e9es 1960 [1]), en France, selon Patrick Sigwalt, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Union des compositeurs de musique de film (UCMF) : \u00ab <em>on est plus pr\u00e8s de 0,3% ou 0,4% du budget du film, pour environ vingt \u00e0 trente-cinq minutes de musique. \u00c0 la t\u00e9l\u00e9vision, la situation est encore plus difficile. Pour une fiction de 90 minutes, les derni\u00e8res \u00e9tudes font \u00e9tat d&rsquo;un budget moyen de 15 000 \u20ac. Pour les s\u00e9ries, 9000 \u20ac, les minis\u00e9ries, 3000 \u20ac, et pour les documentaires, l&rsquo;effondrement est total, puisque l&rsquo;on est tomb\u00e9 autour de 2000 \u20ac. <\/em>\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_16747\" aria-describedby=\"caption-attachment-16747\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-16747\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-150x150.jpg\" alt=\"F.-E. Chanfraut (1974-)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut-128x128.jpg 128w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/chanfraut.jpg 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-16747\" class=\"wp-caption-text\">F.-E. Chanfrault (1974-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces sommes ne repr\u00e9sentent m\u00eame pas les revenus des compositeurs, mais le budget global qui leur est allou\u00e9 par la production ; aux compositeurs eux-m\u00eames d&rsquo;assumer les co\u00fbts d&rsquo;enregistrement, et les salaires des musiciens et des techniciens. Plusieurs fois prim\u00e9, le compositeur Fran\u00e7ois-Eudes Chanfrault t\u00e9moigne : \u00ab <em>Dans mon travail, je dois souvent r\u00e9pondre aux demandes de r\u00e9alisateurs consciencieux et exigeants, tout en \u00e9tant dot\u00e9 de budgets absurdes. Il faut savoir qu&rsquo;une journ\u00e9e d&rsquo;enregistrement ou de mixage en studio professionnel co\u00fbte environ 1500 euros, ing\u00e9nieur du son compris. Cinq jours de studio sont la plupart du temps n\u00e9cessaires pour un long m\u00e9trage. Au final, comme je suis consciencieux et que je n&rsquo;ai pas envie de faire de la merde, je me paye mal, et je paye mal les gens avec lesquels je travaille. Les producteurs n&rsquo;ont aucun souci pour d\u00e9penser des sommes cons\u00e9quentes pour de la location du mat\u00e9riel ou de studio de postproduction, pour des reports num\u00e9riques, pour les com\u00e9diens ou m\u00eame pour l&rsquo;achat de musiques pr\u00e9existantes, mais ils font peu de cas de la cr\u00e9ation musicale. <\/em>\u00bb Cette situation pousse \u00e0 la d\u00e9sertification des studios fran\u00e7ais, les compositeurs \u00e9tant souvent oblig\u00e9s d&rsquo;enregistrer \u00e0 Londres (o\u00f9 les charges sociales sont faibles), ou m\u00eame en Mac\u00e9doine, en Bulgarie ou en R\u00e9publique tch\u00e8que.<\/p>\n<figure id=\"attachment_16768\" aria-describedby=\"caption-attachment-16768\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-16768\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-150x150.jpg\" alt=\"Jean-Claude Petit (1943-)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/petit-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-16768\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Claude Petit (1943-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains professionnels \u00e9voquent le d\u00e9dain historique en France vis-\u00e0-vis du caract\u00e8re artistique de la musique du film. \u00ab <em>Par tradition, le r\u00e9alisateur fran\u00e7ais est plut\u00f4t litt\u00e9raire, il n&rsquo;attache qu&rsquo;une importance secondaire \u00e0 la musique, m\u00eame s&rsquo;il existe bien s\u00fbr quelques glorieuses exceptions <\/em>\u00bb, pr\u00e9tend Jean-Claude Petit, compositeur et nouveau pr\u00e9sident de l&rsquo;UCMF. Quant \u00e0 lui, Patrick Sigwalt rench\u00e9rit : \u00ab <em>i<\/em><em>l faut r\u00e9ussir \u00e0 changer le rapport entre r\u00e9alisateur et compositeur. La musique \u00e9tant un art ant\u00e9rieur au cin\u00e9ma, on ressent trop souvent une forme de crainte de la part du r\u00e9alisateur \u00e0 l&rsquo;encontre de la musique, une peur qu&rsquo;elle vienne phagocyter l&rsquo;image ou le discours cin\u00e9matographique de l&rsquo;auteur. <\/em>\u00bb Cette antienne, qui contient peut-\u00eatre une petite part de v\u00e9rit\u00e9, est sujette \u00e0 caution : ce n&rsquo;est pas le r\u00e9alisateur qui alloue le budget, et une bonne culture litt\u00e9raire &#8211; les litt\u00e9rateurs (existent-ils encore ?) ont bon dos &#8211; n&rsquo;implique pas en elle-m\u00eame un moindre \u00e9gard pour la musique. Qui plus est, l&rsquo;effondrement de l&rsquo;industrie musicale est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial, et c&rsquo;est Hollywood qui a g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 la pratique de l&rsquo;<em>underscoring, <\/em>o\u00f9 la bande originale est int\u00e9gr\u00e9e aux dialogues et aux bruitages, et plac\u00e9e au second plan.<\/p>\n<figure id=\"attachment_16769\" aria-describedby=\"caption-attachment-16769\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-16769\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-150x150.jpg\" alt=\"J.-P. Verdin (1966-)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/verdin-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-16769\" class=\"wp-caption-text\">J.-P. Verdin (1966-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fa\u00e7on plus profonde, Jean-Claude Petit parle \u00ab <em>d&rsquo;une perte de valeur g\u00e9n\u00e9rale de la musique, de toutes les musiques <\/em>\u00bb<em>. <\/em>Pour le compositeur Jean-Philippe Verdin<em>, <\/em>\u00ab<em> on<\/em> <em>sent<\/em> <em>m\u00eame \u00e0 la fois une d\u00e9pr\u00e9ciation du son, de la qualit\u00e9 d&rsquo;\u00e9coute, mais aussi le sentiment que certains consid\u00e8rent aujourd&rsquo;hui la musique comme une denr\u00e9e gratuite, \u00e0 l&rsquo;image des titres et des albums que peuvent offrir les op\u00e9rateurs t\u00e9l\u00e9phoniques avec l&rsquo;achat d&rsquo;un mobile ou d&rsquo;un abonnement.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu&rsquo;il en soit, il faut insister, en fin de compte, sur les rapports de force entre producteurs et compositeurs. Ceux-ci n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s favorables aux derniers (m\u00eame aux\u00a0\u00c9tats-Unis o\u00f9 ils sont en principe mieux repr\u00e9sent\u00e9s), mais la situation se d\u00e9grade. Normalement, le compositeur touche de la part de la production une premi\u00e8re somme au titre de la commande. Ensuite, il touchera via la Sacem une redevance calcul\u00e9e sur les diffusions du film en salles et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Th\u00e9oriquement, la moiti\u00e9 de ces sommes (droits d&rsquo;auteur) est vers\u00e9e au compositeur, et l&rsquo;autre moiti\u00e9 (droits d&rsquo;\u00e9dition) \u00e0 son \u00e9diteur, cens\u00e9 par coutume lui renverser la plus grande partie de cette redevance (environ 75 %), et assurer la diffusion et l&rsquo;exploitation de l&rsquo;\u0153uvre. Mais dor\u00e9navant, les droits d&rsquo;\u00e9dition tendent \u00e0 \u00eatre rafl\u00e9s par les producteurs et les diffuseurs, sans contrepartie. D&rsquo;autres abus, plus courants dans les domaines de la publicit\u00e9, de la t\u00e9l\u00e9vision, et de l&rsquo;illustration musicale, incluent le non-paiement \u00e0 la commande (avec la promesse de futurs droits d&rsquo;auteur comme r\u00e9mun\u00e9ration), et le partage forc\u00e9 des droits avec un auteur fictif (le commanditaire). Dans le cas d&rsquo;une fiction t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, les compositeurs doivent la plupart du temps c\u00e9der 100 % de leurs droits \u00e9ditoriaux. Jean-Claude Petit de l&rsquo;UCMF s&rsquo;indigne : \u00ab <em>Pour la t\u00e9l\u00e9vision, la production ne fait finalement qu&rsquo;avancer au compositeur l&rsquo;argent qu&rsquo;elle va r\u00e9cup\u00e9rer aupr\u00e8s de la Sacem \u00e0 travers les droits \u00e9ditoriaux. Au final, ces producteurs ou ces diffuseurs n&rsquo;investissent rien dans la musique ! [&#8230;] Au fond, les compositeurs rencontrent les m\u00eames probl\u00e8mes que les ouvriers et les employ\u00e9s : paup\u00e9risation, pressions sur les conditions du travail et sur les salaires (les droits d&rsquo;auteur pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme leur salaire. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le nombre de soci\u00e9taires de la Sacem augmente chaque ann\u00e9e de 15 \u00e0 20 %, mais seulement 4500 d&rsquo;entre eux (sur 160 000) parviennent \u00e0 gagner plus de 3000 euros par mois en droits d&rsquo;auteur. L&rsquo;avenir de la musique \u00e0 l&rsquo;image en France (mais pas seulement) para\u00eet donc sombre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">[1] Robert R. Faulkner, <em>Hollywood Studio Musicians. Their Work and Careers in the Recording Industry<\/em>, University Press of America, Lanham (Maryland), 1985 (1971), p. 41.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0<a title=\"http:\/\/next.liberation.fr\/cinema\/2015\/03\/31\/la-debandade-originale_1232328\" href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/cinema\/2015\/03\/31\/la-debandade-originale_1232328\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La d\u00e9bandade originale<\/a>\u00a0\u00bb (Jean-Yves Leloup), <\/em>Lib\u00e9ration<em>, 1 avril 2015, suppl\u00e9ment \u00ab\u00a0Cin\u00e9ma\u00a0\u00bb, pp. VI-VII.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Voir aussi dans la <em>Web-revue<\/em> David Buxton, \u00ab\u00a0<a title=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/la-musique-des-series-televisees-de-lunderscore-au-sound-design-david-buxton\/\" href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/la-musique-des-series-televisees-de-lunderscore-au-sound-design-david-buxton\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La musique des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es : de l&rsquo;underscore au sound design<\/a>\u00a0\u00bb ; Jean-Baptiste Favory, \u00ab\u00a0<a title=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/composer-stations-audionumeriques-daw-jean-baptiste-favory\/\" href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/composer-stations-audionumeriques-daw-jean-baptiste-favory\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Composer avec les stations audionum\u00e9riques (DAW)<\/a>\u00ab\u00a0.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le palmar\u00e8s des DJ (#29, f\u00e9vrier 2015)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;apr\u00e8s la liste \u00e9tablie par <em>Forbes Magazine<\/em>, les 10 DJ les mieux pay\u00e9s au monde ont gagn\u00e9 \u00e0 eux seuls 268 millions $ entre juin 2013 et juin 2014. Le classement tient compte des revenus provenant des performances, du <em>merchandising<\/em>, de la publicit\u00e9, de la musique enregistr\u00e9e, et des investissements divers. Il n&rsquo;a pas beaucoup vari\u00e9 depuis 2012 (\u00e0 part l&rsquo;arriv\u00e9e de Zedd de nulle part en 2014), mais les revenus sont sensiblement en hausse (+ 11\u00a0% par rapport \u00e0 2013).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Calvin Harris (\u00c9cosse), 66 millions $ (+ 20 millions $ par rapport \u00e0 2013)\u00a0; 2) <strong>David Guetta<\/strong> (France), 30 millions $\u00a0; 3=) Avicii\u00a0 (Su\u00e8de), 28 millions $\u00a0; 3=) Tiesto (Pays-Bas), 28 millions $\u00a0; 5) Steve Aoki (USA), 23 millions $\u00a0; 6) Afrojack (Pays-Bas), 22 millions $\u00a0; 7) Zedd (Allemagne), 21 millions $\u00a0; 8) Kaskade (USA), 17 millions $\u00a0; 9) Skrillex (USA), 16,5 millions $\u00a0; 10) Deadmau5 (Canada), 16 millions $. Talonn\u00e9s par 11) Hardwell (Pays-Bas), 13 millions $\u00a0; 12=) Armin Van Buuren (Pays-Bas), 12 millions $\u00a0; 12=) Steve Angello (Su\u00e8de), 12 millions $.<\/p>\n<figure id=\"attachment_16049\" aria-describedby=\"caption-attachment-16049\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-16049\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-150x150.jpg\" alt=\"Calvin Harris (1984-)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/calvin-harris-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-16049\" class=\"wp-caption-text\">Calvin Harris (1984-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne EDM (<em>Electronic Dance Music<\/em>), \u00e0 distinguer de la <em>house<\/em>, plus confidentielle, est en train d&rsquo;op\u00e9rer une v\u00e9ritable perc\u00e9e internationale, s&rsquo;\u00e9tendant derni\u00e8rement en Asie, en Inde et au Br\u00e9sil. La valeur mondiale de la sc\u00e8ne EDM est estim\u00e9e \u00e0 6,2 milliards $, d&rsquo;apr\u00e8s un rapport pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l&rsquo;International Music Summit tenu \u00e0 Ibiza en 2014. Contrairement aux vedettes du rock et de la vari\u00e9t\u00e9, qui typiquement n&rsquo;obtiennent qu&rsquo;un tiers des revenus provenant de leurs concerts, les DJ en raflent la quasi-totalit\u00e9, car les co\u00fbts d&rsquo;organisation sont relativement faibles. Sauf exception, ils ne produisent pas leur propre musique, leur art r\u00e9sidant dans la s\u00e9lection des contenus (<em>curation<\/em>) et dans le remix, autrement dit d&rsquo;une valeur ajout\u00e9e \u00e0 la mati\u00e8re sonore premi\u00e8re qu&rsquo;est devenue la musique enregistr\u00e9e dans les pays occidentaux eux-m\u00eames. Les DJ peuvent se d\u00e9placer dans le monde entier \u00e9quip\u00e9s seulement d&rsquo;une cl\u00e9 USB et d&rsquo;un casque, alors qu&rsquo;une tourn\u00e9e des Rolling Stones mobilise une centaine de camions, et entra\u00eene des frais salariaux importants. Pour combien de temps encore\u00a0? \u00c0 la diff\u00e9rence des artistes traditionnels, les DJ ne sont pas sp\u00e9cialement l\u00e9s\u00e9s par les t\u00e9l\u00e9chargements ill\u00e9gaux\u00a0: tr\u00e8s logiquement, les ventes de disques ne font qu&rsquo;une (petite) partie de leurs revenus globaux. Les \u00ab\u00a0meilleurs\u00a0\u00bb d&rsquo;entre eux (\u00e0 quand une DJ vedette\u00a0?) peuvent gagner plus de 100 000 $ pour une prestation d&rsquo;une heure, qui peut \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e nuit apr\u00e8s nuit. Steve Aoki a align\u00e9 277 performances dans la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, suivi par Afrojack, 150, et Calvin Harris, 125.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources\u00a0: <\/em><a title=\"http:\/\/www.forbes.com\/electronic-cash-kings\/\" href=\"http:\/\/www.forbes.com\/electronic-cash-kings\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Forbes Magazine, <em>19 ao\u00fbt 2014<\/em><\/a> <em>et <a title=\"http:\/\/www.forbes.com\/sites\/zackomalleygreenburg\/2012\/08\/02\/the-worlds-highest-paid-djs\/\" href=\"http:\/\/www.forbes.com\/sites\/zackomalleygreenburg\/2012\/08\/02\/the-worlds-highest-paid-djs\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">2 ao\u00fbt 2012<\/a> ; <\/em><a title=\"http:\/\/www.theguardian.com\/music\/2014\/aug\/20\/calvin-harris-tops-forbes-richest-dj-list-66m-earnings\" href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/music\/2014\/aug\/20\/calvin-harris-tops-forbes-richest-dj-list-66m-earnings\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">The Guardian <em>20 ao\u00fbt 2014<\/em><\/a> <em>; \u00ab\u00a0<a title=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/musiques\/article\/2015\/02\/14\/david-guetta-dj-cresus_4576527_1654986.html\" href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/musiques\/article\/2015\/02\/14\/david-guetta-dj-cresus_4576527_1654986.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">David Guetta, DJ Cr\u00e9sus<\/a>\u00a0\u00bb, <\/em>Le Monde<em> (V\u00e9ronique Mortaigne), 15-16 f\u00e9vr. 2015, pp. 16-17 (portrait assez \u00ab\u00a0fan\u00a0\u00bb).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Lire dans la <em>Web-revue<\/em> Emmanuel Soumounthong, \u00ab\u00a0<a title=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/place-strategique-dj-spectacle-vivant-industrialise\/\" href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/place-strategique-dj-spectacle-vivant-industrialise\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La place strat\u00e9gique des DJ dans le spectacle vivant et industrialis\u00e9<\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Avertissement\u00a0: cette vid\u00e9o risque d&rsquo;\u00e9corcher les oreilles des amateurs de musique.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/P2x3-b6JEj8\" width=\"425\" height=\"350\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Beyonc\u00e9 et Jay-Z font des affaires (#24, oct. 2014)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-12631\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce.jpg\" alt=\"beyonce\" width=\"222\" height=\"227\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce.jpg 222w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-64x64.jpg 64w\" sizes=\"auto, (max-width: 222px) 100vw, 222px\" \/><\/a>L&rsquo;industrie musicale est sinistr\u00e9e, mais pas pour tout le monde. Le dernier album \u00e9ponyme de Beyonc\u00e9, sorti en d\u00e9cembre 2013, s&rsquo;est vendu \u00e0 3 millions dans le monde (dont 700 000 aux \u00c9tats-Unis, source : Nielsen SoundScan), chiffre impressionnant, mais tout de m\u00eame tr\u00e8s loin des 51 \u00e0 65 millions (selon la source) de <em>Thriller<\/em> (Michael Jackson, 1982). Avec son mari, le rappeur et homme d&rsquo;affaires Jay-Z (Shawn Carter), elle a donn\u00e9 deux concerts le 12 et le 13 septembre au Stade de France dans le cadre de leur tourn\u00e9e <em>On the Run<\/em> (en cavale). On pr\u00e9tend que les 20 concerts de la tourn\u00e9e, organis\u00e9e par une des soci\u00e9t\u00e9s poss\u00e9d\u00e9es par Jay-Z, Roc Nation, pourraient devenir les deuxi\u00e8mes plus lucratifs de l&rsquo;histoire, apr\u00e8s le groupe de rock U2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-12632\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-150x150.jpg\" alt=\"jay-z\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/jay-z-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>En fait, les ventes de disques ne sont qu&rsquo;une source de revenus parmi d&rsquo;autres dans la \u00ab petite entreprise \u00bb de Beyonc\u00e9 et Jay-Z. Selon les calculs du site <a title=\"http:\/\/www.celebritynetworth.com\/\" href=\"http:\/\/www.celebritynetworth.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Celebrity Net Worth<\/a>, Beyonc\u00e9 a gagn\u00e9 \u00e0 ce jour 450 millions $ (347 millions \u20ac), et son \u00e9poux quelques 560 millions $ (432 millions \u20ac). De m\u00eame, Jay-Z, rappeur <em>bad boy<\/em> comme il le faut, n&rsquo;est qu&rsquo;accessoirement musicien ; entrepreneur qui s&rsquo;assume, il n&rsquo;a jamais cach\u00e9 son attrait pour l&rsquo;argent (\u00ab <em>Je ne suis pas un businessman<\/em>, <em>je suis un business, mec (man) <\/em>\u00bb). Son empire touche la musique, la mode, les sports, l&rsquo;immobilier, et les bo\u00eetes de nuit. Il est actionnaire de plusieurs dizaines de soci\u00e9t\u00e9s, et monnaye sa notori\u00e9t\u00e9 au prix fort dans les publicit\u00e9s. D\u00e8s 1996, il a lanc\u00e9 son label Roc-A-Fella (jeu de mots sur le nom de la c\u00e9l\u00e8bre famille de p\u00e9troliers, les Rockefeller). En 1999, il a cr\u00e9\u00e9 une marque de <em>streetwear<\/em>, Rocawear, qui vend des sacs \u00e0 main et des sweatshirts sur Internet. D&rsquo;autres investissements incluent les bi\u00e8res Budweiser, les montres Audemar Piguet, divers h\u00f4tels, restaurants et magasins de luxe, une \u00e9quipe de basket, et des joueurs de baseball et de football am\u00e9ricain. En 2008, il a lanc\u00e9 sa soci\u00e9t\u00e9 Roc Nation (cofinanc\u00e9e par le g\u00e9ant du <em>live entertainment<\/em> Live Nation), devenue l&rsquo;une des structures les plus lucratives de l&rsquo;industrie musicale. Dans ce cadre, Jay-Z produit des chansons pour des artistes mondialis\u00e9s, et g\u00e8re la carri\u00e8re des musiciens tr\u00e8s divers allant de l&rsquo;underground branch\u00e9 \u00e0 la pop de stade.<\/p>\n<figure id=\"attachment_12633\" aria-describedby=\"caption-attachment-12633\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-12633 size-thumbnail\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-150x150.jpg\" alt=\"beyonce feministe\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/beyonce-feministe-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-12633\" class=\"wp-caption-text\">G\u00e9rez le monde, les filles.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 Beyonc\u00e9, il s&rsquo;agit d&rsquo;une musique tr\u00e8s produite, destin\u00e9e aux adolescentes en premier lieu, qui \u00e9pouse tous les styles dans la lign\u00e9e de la pop Motown (<a title=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/motown-fabrique-tubes-marc-hiver\/\" href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/motown-fabrique-tubes-marc-hiver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">voir l&rsquo;article dans la web-revue de Marc Hiver<\/a>) : un hybride du r&rsquo;n&rsquo;b, du rap, de l&rsquo;\u00e9lectro et de la soul. De la soupe, diraient certains, non sans raison. Qu&rsquo;importe l&rsquo;int\u00e9r\u00eat musical, Beyonc\u00e9, qui ne manque pas de qualit\u00e9s comme chanteuse, est par-dessus tout une image. M\u00e9tisse originaire du Texas, elle incarne un complexe de questions id\u00e9ologiques : un au-del\u00e0 utopique de la s\u00e9gr\u00e9gation raciale (d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans la pop Motown), la transgression sexuelle (voir l&rsquo;image ci-dessus), et dans le sillage de celle-ci &#8230;. le f\u00e9minisme, d\u00e9sormais un choix de style de vie, une affirmation de soi, et non plus un engagement politique. Certains universitaires am\u00e9ricains comme Kevin Allred (universit\u00e9 de Rutgers, New Jersey) affirment que la popularit\u00e9 actuelle des cours de <em>gender studies<\/em> doit beaucoup \u00e0 Beyonc\u00e9 et \u00e0 ses d\u00e9clarations explicites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Commentaire :<\/strong> m\u00eame si la star musicale est d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9e dans une <em>celebrity culture<\/em> plus vaste, le concept de <em>valeur d&rsquo;usage accrue<\/em> que j&rsquo;ai avanc\u00e9 dans le premier chapitre de mon livre <em>Le Rock<\/em> (<a title=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/rock-e-book-pdf-david-buxton\/\" href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/rock-e-book-pdf-david-buxton\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">disponible gratuitement sur le site de la web-revue<\/a>) me semble plus pertinent que jamais. La capacit\u00e9 de l&rsquo;incarnation en question \u00e0 rester en prise avec la r\u00e9alit\u00e9 sociale est n\u00e9anmoins fragile ; la c\u00e9l\u00e9bration du m\u00e9tissage a \u00e9t\u00e9 spectaculairement d\u00e9mentie r\u00e9cemment par les \u00e9meutes \u00e0 Ferguson, Missouri o\u00f9 les tares de la s\u00e9gr\u00e9gation raciale n&rsquo;ont manifestement pas disparu, loin de l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sur Beyonc\u00e9 entre autres et la \u00ab\u00a0<\/em>celebrity culture\u00a0\u00bb<em>, voir aussi\u00a0 <a title=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-creatives-10-juin-2013\/\" href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-creatives-10-juin-2013\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00ab\u00a0Actualit\u00e9s #10\u00a0\u00bb<\/a>, juin 2013.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb, 12 sept. 2014 (Sophian Fanen et Cl\u00e9ment Ghys : <a title=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2014\/09\/11\/beyonce-et-jay-z-le-couple-cash-de-l-amerique_1098592\" href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2014\/09\/11\/beyonce-et-jay-z-le-couple-cash-de-l-amerique_1098592\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00ab\u00a0Beyonc\u00e9 et Jay-Z, le couple cash de l&rsquo;Am\u00e9rique \u00bb<\/a> ; Fabrice Rousselot : \u00ab\u00a0<a title=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2014\/09\/11\/jay-z-le-business-et-la-manne_1098509\" href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2014\/09\/11\/jay-z-le-business-et-la-manne_1098509\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Jay-Z, le business et la manne<\/a>\u00a0\u00bb ; Elisabeth Franck-Dumas : <a title=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2014\/09\/11\/un-feminisme-qui-revendique-le-droit-d-etre-sexy_1098507\" href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2014\/09\/11\/un-feminisme-qui-revendique-le-droit-d-etre-sexy_1098507\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">interview avec Kevin Allred, \u00ab\u00a0un f\u00e9minisme qui revendique le droit d&rsquo;\u00eatre sexy <\/a>\u00bb).<\/em><\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">La mutation de l&rsquo;industrie musicale au niveau mondial (suite) (#19, avril 2014)<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mois dernier, cette rubrique a parl\u00e9 de la stabilisation des revenus de l&rsquo;industrie musicale en France apr\u00e8s presque 12 ans de d\u00e9clin continu, gr\u00e2ce \u00e0 la progression du march\u00e9 num\u00e9rique, constat qui vaut pour l&rsquo;Europe dans l&rsquo;ensemble. Dans les pays scandinaves, la transition vers le num\u00e9rique est plus avanc\u00e9e, et fait r\u00eaver les producteurs ; en Su\u00e8de, pays de naissance de Spotify, pr\u00e8s d&rsquo;un internaute sur deux est abonn\u00e9 \u00e0 une offre l\u00e9gale, gr\u00e2ce \u00e0 quoi le march\u00e9 global a progress\u00e9 d&rsquo;un tiers depuis le point bas de 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les revenus de l&rsquo;industrie musicale mondiale issus du streaming par abonnement ont fait un bond de 51% en 2013, d\u00e9passant la barre d&rsquo;un milliard de dollars, selon l&rsquo;IFPI, l&rsquo;organisation internationale repr\u00e9sentative des producteurs de disques. Il existe 450 services de l&rsquo;offre dans le monde, et le nombre d&rsquo;abonn\u00e9s a quasiment quadrupl\u00e9 depuis 2010 pour atteindre 28 millions en 2013. En revanche, le t\u00e9l\u00e9chargement l\u00e9gal, qui portait les espoirs de l&rsquo;industrie au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, donne des signes d&rsquo;essoufflement au niveau mondial (-2,1% en 2013).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mondialement, le num\u00e9rique repr\u00e9sente 39% du march\u00e9 (+4,3% en 2013). Sa progression importante ne compense pas, cependant, un net d\u00e9clin des ventes en 2013 de l&rsquo;ordre de plus de 600 millions $ (-3,9%), soit de 15,7 milliards $ \u00e0 15 milliards $ (cf. 18,1 milliards $ en 2008, et 30 milliards $ en 2002), en grande partie due \u00e0 l&rsquo;effondrement du Japon, deuxi\u00e8me march\u00e9 mondial (-16,7%), o\u00f9 les ventes de CDs ont longtemps r\u00e9sist\u00e9, et o\u00f9 l&rsquo;offre num\u00e9rique est relativement peu d\u00e9velopp\u00e9. Si on exclut le march\u00e9 japonais, le march\u00e9 mondial a baiss\u00e9 de 0,1% seulement. L&rsquo;IFPI a aussit\u00f4t accus\u00e9 Google d&rsquo;avoir tra\u00een\u00e9 les pieds dans la lutte contre le piratage. Son directeur, Frances Moore, affirme que son organisation et d&rsquo;autres ont envoy\u00e9 quelques 100 millions de demandes d&rsquo;enl\u00e8vement de contenus illicites \u00e0 Google, \u00ab\u00a0<em>sans grand effet<\/em> \u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9697\" aria-describedby=\"caption-attachment-9697\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9697\" title=\"one direction\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/one-direction1-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9697\" class=\"wp-caption-text\">One Direction<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;espoir de l&rsquo;industrie est d\u00e9sormais plac\u00e9 dans les offres de streaming payant. Aux \u00c9tats-Unis, la barre de 50% du march\u00e9 a \u00e9t\u00e9 franchie ; dans certains pays \u00e9mergents, port\u00e9s par le boom de la vente des mobiles, la hausse est spectaculaire. Selon l&rsquo;IFPI, le num\u00e9rique repr\u00e9sente 69% du march\u00e9 en Argentine, et 107% en Afrique du Sud, deux pays o\u00f9 le piratage de CD a longtemps \u00e9t\u00e9 la norme, et o\u00f9 le r\u00e9seau de disquaires est faible. L&rsquo;industrie commence \u00e0 se tourner vers la Chine, 21\u00e8me march\u00e9 mondial, qui se met tr\u00e8s lentement \u00e0 l&rsquo;offre l\u00e9gale, alors qu&rsquo;elle a depuis toujours \u00e9t\u00e9 le paradis d&rsquo;un piratage industrialis\u00e9, et quasi institutionnalis\u00e9. L&rsquo;IFPI estime que seulement 3% du marche de la musique en Chine (4,9 milliards $) rel\u00e8ve du domaine l\u00e9gal. Pour la petite histoire, la meilleure vente mondiale en 2013 \u00e9tait l&rsquo;album <em>Midnight Memories<\/em> de l&rsquo;anecdotique <em>boys&rsquo; band<\/em> britannique One Direction (4 millions d&rsquo;unit\u00e9s).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">La chute brutale des ventes de CD au Japon est un coup dur pour les march\u00e9s de musique classique et de jazz, encore relativement importants dans ce pays de grands amateurs, et o\u00f9 se trouvent par exemple les derniers fans du blues et du jazz historiques. Comme je l&rsquo;ai sugg\u00e9r\u00e9 le mois dernier, la croissance durable du march\u00e9 passera pour un regain de <em>passion<\/em> pour la musique, par la volont\u00e9 de payer pour l&rsquo;\u00e9couter (et pour la r\u00e9\u00e9couter) dans une reproduction optimale, ensuite de r\u00e9-saisir la ma\u00eetrise de sa production et de sa distribution. Au taux de compression actuelle (voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-18-mars-2014\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00ab\u00a0Actualit\u00e9s\u00a0\u00bb #18<\/a>), un morceau achet\u00e9 sur iTunes, ou \u00e9cout\u00e9 sur Deezer ne contient pas plus que 20% des sons pr\u00e9sents dans son \u00e9quivalent en CD, et pas plus que 2% de la version master sortie de la console d&rsquo;enregistrement. Historiquement, les am\u00e9liorations dans la qualit\u00e9 technique des supports de musique enregistr\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9es par une masse critique de m\u00e9lomanes (que ce soit pour la musique classique, le jazz, le rock, etc.) qui fait d\u00e9faut aujourd&rsquo;hui, car r\u00e9duite \u00e0 une \u00ab\u00a0niche\u00a0\u00bb tr\u00e8s minoritaire. Selon un porte-parole de Spotify France cit\u00e9 dans <em>Lib\u00e9ration <\/em>: \u00ab <em>\u00c9videmment, nous pourrions am\u00e9liorer la qualit\u00e9 sonore, mais cela ne serait un vrai plus que pour une niche de consommateurs<\/em> <em>[&#8230;]<\/em> <em>qui<\/em> <em>disposent du mat\u00e9riel hi-fi ad\u00e9quat. Pour une simple \u00e9coute au casque ou sur ordinateur, la qualit\u00e9 que nous proposons est amplement suffisante\u00a0 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9766\" aria-describedby=\"caption-attachment-9766\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9766\" title=\"pono\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/pono-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9766\" class=\"wp-caption-text\">Neil Young (gauche) et son baladeur Pono<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La page va peut-\u00eatre se tourner. On a vu ces derniers temps le succ\u00e8s de casques de bonne qualit\u00e9, et une am\u00e9lioration du son des enceintes grand public. D&rsquo;apr\u00e8s Yv\u00e8s Riesel, le patron du site fran\u00e7ais Qobuz (t\u00e9l\u00e9chargement en qualit\u00e9 master, et streaming en qualit\u00e9 CD), \u00ab <em>l&rsquo;heure de la haute d\u00e9finition est venue<\/em>. <em>La 4G permet de streamer de la musique dans la m\u00eame qualit\u00e9 qu&rsquo;un CD, et on voit aussi la hi-fi revenir dans les salons<\/em> \u00bb. D&rsquo;autres acteurs sont sur le m\u00eame cr\u00e9neau : HD Tracks (t\u00e9l\u00e9chargement), et Pono, le baladeur ultra-haute d\u00e9finition promotionn\u00e9 par le chanteur Neil Young (streaming en qualit\u00e9 master). Cette question de la \u00ab\u00a0qualit\u00e9\u00a0\u00bb pourrait devenir un enjeu dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Mais qualit\u00e9 de la reproduction va main dans la main avec qualit\u00e9 musicale (a-t-on besoin de la haute d\u00e9finition pour \u00e9couter One Direction ?), et avec renouvellement de l&rsquo;offre en termes de styles et de formes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Les Echos\u00a0\u00bb (Gregoire Poussielgue), 18 mars 2014, \u00ab\u00a0Daily Telegraph\u00a0\u00bb (James Titcomb), mars 2014 (consult\u00e9 dans \u00ab\u00a0The New Zealand Herald\u00a0\u00bb, 19 mars 2014) ; \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb (Sophian Fanen), 21 mars 2014, pp. 30-1.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>L&rsquo;avenir de l&rsquo;industrie musicale en France (#18, mai 2014)<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_9135\" aria-describedby=\"caption-attachment-9135\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9135\" title=\"stromae\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/stromae-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9135\" class=\"wp-caption-text\">Stromae<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mois dernier, s&rsquo;est tenu \u00e0 Cannes le 48\u00e8me salon des industries de la musique, au cours duquel le Syndicat national de l&rsquo;\u00e9dition phonographique (Snep), qui repr\u00e9sente 80% du march\u00e9 fran\u00e7ais, a annonc\u00e9 que, pour la premi\u00e8re fois depuis 2002, le chiffre d&rsquo;affaires de la musique enregistr\u00e9e (CD, vinyle et num\u00e9rique) a progress\u00e9 en 2013 de 0,9%, hors \u00ab droits voisins \u00bb (+2,3% en tout). Ce succ\u00e8s tr\u00e8s relatif ne dissipe pas le malaise qui existe quant \u00e0 la survie de l&rsquo;industrie musicale (en tant que telle), non seulement en France mais dans le monde entier, o\u00f9 l&rsquo;internet n&rsquo;en finit pas de bousculer les lignes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9051\" aria-describedby=\"caption-attachment-9051\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9051\" title=\"j\u00e9r\u00f4me roger\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/j\u00e9r\u00f4me-roger-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9051\" class=\"wp-caption-text\">J\u00e9r\u00f4me Roger<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, l&rsquo;\u00e9quilibre annonc\u00e9 tient \u00e0 peu de choses. Selon Guillaume Leblanc, nouveau directeur g\u00e9n\u00e9ral du Snep : \u00ab <em>On voit surtout que Stromae a \u00e9t\u00e9 un booster<\/em> <em>en vendant un million d&rsquo;albums<\/em> <em>en quatre mois \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/em> \u00bb Pour J\u00e9r\u00f4me Roger, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Union des producteurs ind\u00e9pendants (UPFI), ce genre de succ\u00e8s (il faut ajouter Daft Punk et Ma\u00eetre Gims) est :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab l&rsquo;arbre qui cache la for\u00ea<\/em><em>t. 2013 a \u00e9t\u00e9<\/em> <em>une ann\u00e9e n\u00e9gative pour les ind\u00e9s, petits ou grands. On revient \u00e0 une ultra-concentration dans les mains des majors. <\/em><em>[&#8230;] [L&rsquo;UPFI repr\u00e9sente<\/em><em>] toujours plus de 80% de la production d&rsquo;albums en France, mais pour combien de temps encore ?<\/em> <em>Nos membres continuent de financer des disques, mais ils sont au bord de la rupture. Leurs disques se vendent moins en CD, eux ne disposent pas d&rsquo;un catalogue de classiques comme celui des majeurs. Lesquels peuvent profiter du streaming aujourd&rsquo;hui, car elles ont une rente de situation et des revenus<\/em> <em>assur\u00e9s<\/em>. <em>\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les ventes d&rsquo;album (+1,6%) doivent beaucoup \u00e0 quelques disques qui \u00ab cartonnent \u00bb. C&rsquo;est le support CD vendu dans les grandes enseignes qui a assur\u00e9 la grosse part des revenus en 2013, malgr\u00e9 la disparition de Virgin : 367 millions \u20ac sur un march\u00e9 global de 493,2 millions \u20ac. Le CD single et le DVD musical ont pratiquement disparu, et le vinyle progresse, mais reste tr\u00e8s marginal \u00e0 471 000 ventes, soit 1,7% du chiffre d&rsquo;affaires des membres du Snep. L&rsquo;ensemble des formats physiques repr\u00e9sente 61% du march\u00e9 fran\u00e7ais, le reste se partageant entre les \u00ab droits voisins \u00bb (diffusions radio, copie priv\u00e9e, droits publicitaires), en forte progression (13%), et le num\u00e9rique (26%). Ce dernier secteur, qui comprend t\u00e9l\u00e9chargement l\u00e9gal et streaming, en l\u00e9g\u00e8re hausse de 0,6%, est n\u00e9anmoins sujet \u00e0 des contradictions internes. Le t\u00e9l\u00e9chargement l\u00e9gal, de morceaux et moins souvent d&rsquo;albums, quasi monopolis\u00e9 par iTunes (Apple), a recul\u00e9 de 1% en 2013, alors que le streaming a progress\u00e9 globalement de 4%, et de 9,6% pour les services gratuits financ\u00e9s par la publicit\u00e9 (YouTube, Daily Motion, Deezer, Spotify, etc.).<\/p>\n<figure id=\"attachment_9054\" aria-describedby=\"caption-attachment-9054\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9054\" title=\"guillaume leblanc\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/guillaume-leblanc-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9054\" class=\"wp-caption-text\">Guillaume Leblanc<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La tendance de fond, d\u00e9j\u00e0 en \u00e9vidence dans certains pays (la Scandinavie, les \u00c9tats-Unis, Canada), c&rsquo;est le d\u00e9clin non seulement du CD, mais aussi du t\u00e9l\u00e9chargement payant en faveur du streaming, qui rapporte sensiblement moins aux labels et aux artistes (entre 0,01 \u20ac et 0,015 \u20ac revient \u00e0 la maison de disque par titre \u00e9cout\u00e9). Bref, ce n&rsquo;est pas un mod\u00e8le \u00e9conomique viable, surtout pour les artistes, ni dans le pr\u00e9sent, ni dans un avenir proche. \u00ab <em>On n&rsquo;a pas de visibilit\u00e9 sur les ann\u00e9es \u00e0 venir<\/em>, constate Guillaume Leblanc. <em>Le streaming s<\/em>&lsquo;<em>est install\u00e9, mais les revenus ne sont pas encore au rendez-vous parce qu&rsquo;il faut beaucoup d&rsquo;utilisateurs pour le rendre rentable<\/em>. \u00bb Selon un recent sondage Ipsos, 70% des internauts fran\u00e7ais \u00e2g\u00e9s de 16+ \u00e9coutent de la musique en ligne (dont 86% sur YouTube qui reverse une petite partie des revenus de la publicit\u00e9 aux ayants droit). Seuls 8%, soit environ un million de personnes, ont souscrit un abonnement \u00e0 Deezer, Spotify ou Napster. Pour que ce mod\u00e8le soit viable dans l&rsquo;avenir, il faudra convaincre la plupart des utilisateurs de sites en streaming de payer pour le service, ce qui est tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre gagn\u00e9, et probablement irr\u00e9aliste.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9062\" aria-describedby=\"caption-attachment-9062\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9062\" title=\"boutleux\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/boutleux-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9062\" class=\"wp-caption-text\">Bruno Boutleux<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encourag\u00e9 par la ministre de la Culture Aur\u00e9lie Filipetti, le d\u00e9bat au Midem tournait autour de la question d&rsquo;un partage plus \u00e9quitable des plateformes de streaming musical, ainsi que la nature de celles-ci dans le futur. Il s&rsquo;agit d&#8217;emp\u00eacher que les mauvaises habitudes du CD se perp\u00e9tuent dans la nouvelle donne : contrats \u00e0 tiroirs, clauses cach\u00e9es, r\u00e9trocessions etc. <a href=\"http:\/\/www.culturecommunication.gouv.fr\/Espace-Presse\/Communiques-de-presse\/Remise-du-rapport-de-Christian-Pheline-Musique-en-ligne-et-partage-de-la-valeur-Etat-des-lieux-voies-de-negociation-et-roles-de-la-Loi\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le rapport command\u00e9 par la ministre<\/a> \u00e0 Christian Ph\u00e9line (\u00ab Musique en ligne et partage de la valeur \u00bb), rendu en d\u00e9cembre, estime que les grosses maisons de disques continuent \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une part trop importante du g\u00e2teau, et profitent de leurs catalogues pour n\u00e9gocier des garanties (avances, march\u00e9s assur\u00e9es) et des conditions tarifaires hors de port\u00e9e pour les petits producteurs. Bruno Boutleux, directeur-g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Adami (qui\u00a0 repr\u00e9sente les artistes-interpr\u00e8tes) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab [Apr\u00e8s] trois ans de march\u00e9 de streaming<\/em><em>, les artistes font leurs comptes<\/em><em> aujourd&rsquo;hui, et on ne s&rsquo;y retrouvent pas. De plus, cette question \u00e9conomique est li\u00e9e \u00e0 une inqui\u00e9tude artistique<\/em><em>. Le risque, c&rsquo;est que les plateformes, qui d\u00e9pensent des sommes folles pour avoir les catalogues de tubes, n&rsquo;ach\u00e8tent plus les musiques de niche. \u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le danger \u00e9vident, c&rsquo;est l&rsquo;amplification \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame de la situation actuelle d&rsquo;une industrie \u00e0 deux vitesses, entre un petit secteur rentable monopolis\u00e9 par les \u00ab majors \u00bb, facilement disponible, et le reste de la production musicale, perdu dans les limbes num\u00e9riques, et rejet\u00e9 pratiquement en dehors de la sph\u00e8re marchande. C&rsquo;est donc au nom de la diversit\u00e9 culturelle que la ministre a demand\u00e9 \u00e0 l&rsquo;industrie d&rsquo;aboutir rapidement \u00e0 un accord assurant \u00e0 tous les acteurs un acc\u00e8s aux plateformes dans des conditions transparentes. Faute de quoi, elle entend faire voter un amendement \u00e0 la future \u00ab loi-cr\u00e9ation \u00bb imposant la gestion collective sur le num\u00e9rique, selon les m\u00eames lignes que la gestion de la diffusion musicale radiophoniques par le Sacem, qui fait repartir aux ayants droits les revenus qui en sont issus. Mais cette \u00ab solution \u00bb est rejet\u00e9e par les producteurs (les labels ind\u00e9pendants inclus), qui pr\u00e9f\u00e8rent n\u00e9gocier directement avec les plateformes musicales, et menacent d&rsquo;attaquer en justice une telle loi, jug\u00e9e \u00ab inconstitutionnelle \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb<\/em> <em>4 f\u00e9vrier et 5 f\u00e9vrier 2014 (Sophian Fanen).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Lire : Jacob T. Matthews et Lucien Perticoz (dirs), <em>L&rsquo;industrie musicale \u00e0 l&rsquo;aube du XXIe si\u00e8cle. Approches critiques, <\/em>L&rsquo;Harmattan, 2012.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>Jean-Michel Jarre : \u00ab le streaming, c&rsquo;est la radio du XXIe si\u00e8cle \u00bb (#18; mai 2014)<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_9068\" aria-describedby=\"caption-attachment-9068\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9068\" title=\"jarre\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre-150x148.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"148\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre-150x148.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/jarre-96x96.jpg 96w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9068\" class=\"wp-caption-text\">Jean-Michel Jarre<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pionnier de la musique \u00e9lectronique grand public dans les ann\u00e9es 1970 (qu&rsquo;on ne jugera pas ici), <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jean_Michel_Jarre\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Jean-Michel Jarre <\/a>est depuis l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re le pr\u00e9sident de la puissante Cisac (Conf\u00e9d\u00e9ration internationale des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;auteurs et compositeurs), qui ressemble les \u00e9quivalents de la Sacem d&rsquo;une centaine de pays, et couvre la musique, le cin\u00e9ma, la photographie et m\u00eame une partie de la presse. C&rsquo;est en cette qualit\u00e9 qu&rsquo;il est venu au Midem cette ann\u00e9e pour s&rsquo;adresser \u00e0 ce qui reste des professionnels de l&rsquo;industrie, avec un discours qui rompt avec la position pr\u00e9c\u00e9dente de son organisation. Morceaux choisis d&rsquo;une interview tr\u00e8s int\u00e9ressante parue dans <em>Lib\u00e9ration<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Je crois que [l&rsquo;industrie musicale] <\/em><em>a accumul\u00e9 les erreurs depuis vingt ans. Elle s&rsquo;est ringardis\u00e9e de fait en voulant rendre les internautes responsables de nouvelles pratiques qui suivaient une \u00e9volution technologique. Du coup, on s&rsquo;est compl\u00e8tement tromp\u00e9s sur l&rsquo;id\u00e9e de vouloir absolument faire payer les consommateurs. Aujourd&rsquo;hui, il faut le reconna\u00eetre et le comprendre : l&rsquo;acc\u00e8s des contenus culturels en ligne sera gratuit. Mais ce n&rsquo;est pas pour cela que les cr\u00e9ateurs ne doivent pas \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Pendant des ann\u00e9es, les grands acteurs d&rsquo;Internet ont pouss\u00e9 \u00e0 fond pour que les cr\u00e9ateurs, les producteurs et les gouvernements tapent sur les consommateurs.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Quand vous \u00e9coutez la radio aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est pas ill\u00e9gal, et pourtant c&rsquo;est gratuit. C&rsquo;est parce<\/em><em> que les droits ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s en amont par le r\u00e9seau. A l&rsquo;\u00e9poque, il a fallu se battre pour que les t\u00e9l\u00e9s et les radios paient&#8230; Nous sommes dans une situation similaire aujourd&rsquo;hui, alors arr\u00eatons de nous plaindre et discutons autour d&rsquo;une table, au niveau mondial, avec les grands acteurs d&rsquo;Internet, les fournisseurs d&rsquo;acc\u00e8s, les fabricants de smartphones, tous ceux qui se font des milliards sur le dos des cr\u00e9ateurs, et mettons au point un partenariat commercial durable. Ces gens ne sont pas nos ennemis. Ce sont des geeks qui ont cr\u00e9e des services devenus des monstres sans m\u00eame avoir le temps de r\u00e9fl\u00e9chir aux dommages collat\u00e9raux.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Bruxelles subit un lobbying d&rsquo;enfer [dans le cadre des accords de free trade d\u00e9fendus par les Am\u00e9ricains] pour en finir avec le droit d&rsquo;auteur. Certains voudraient le supprimer et acheter de la musique comme on ach\u00e8te des yaourts&#8230; Je milite pour le droit d&rsquo;auteur \u00e9ternel&#8230; Apr\u00e8s un certain temps, les revenus tomberaient dans un fonds international&#8230; [L&rsquo;\u00e9quilibre entre les artistes et les g\u00e9ants d&rsquo;Internet] s&rsquo;est rompu provisoirement. Prenez MySpace, c&rsquo;\u00e9tait le graal il y a dix ans, et aujourd&rsquo;hui ce n&rsquo;est plus rien. Il faut que Google et Facebook fassent attention \u00e0 ne pas \u00eatre les prochains MySpace, et pour cela, ils ont besoin de nous. La cr\u00e9ation existait avant l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, elle existera apr\u00e8s Internet. Les punks de la prochaine g\u00e9n\u00e9ration peuvent tr\u00e8s bien prendre le maquis d&rsquo;Internet&#8230; Si ces grosses bo\u00eetes deviennent un peu moins sympathiques aux yeux du public, et que leurs actions s&rsquo;effondrent \u00e0 Wall Street, je vous garantis qu&rsquo;elles vont nous \u00e9couter.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Le streaming, c&rsquo;est la radio du XXIe si\u00e8cle, mais le partage de la valeur qu&rsquo;il d\u00e9gage n&rsquo;est absolument pas satisfaisant. Sur l&rsquo;ensemble des sommes per\u00e7ues par les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;auteurs membres de la Cisac, on est \u00e0 4% seulement du num\u00e9rique, et le streaming n&rsquo;en est qu&rsquo;une petite partie. On peut donc s\u00e9rieusement s&rsquo;inqui\u00e9ter sur la mani\u00e8re dont les artistes vont \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s dans le futur.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab On oublie que c&rsquo;est la valorisation de la soci\u00e9t\u00e9 qui compte. Le jour o\u00f9 Spotify sera revendu cent fois ou mille fois sa valeur, ce sera gr\u00e2ce \u00e0 notre contenu ! &#8230; Il para\u00eet \u00e9vident que dans un smartphone qui co\u00fbte 500 euros, si l&rsquo;on enl\u00e8ve la possibilit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 ce que les artistes produisent, il ne vaut plus que 100 euros. On voit bien qu&rsquo;il y a des masses d&rsquo;argent \u00e0 r\u00e9partir. Mais c&rsquo;est simple \u00e0 concevoir et difficile \u00e0 mettre en \u0153uvre. \u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration\u00a0\u00bb, 5 f\u00e9vrier 2014 (propos recueillis par Sophian Fanen).<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Sommes-nous condamn\u00e9s \u00e0 la musique au kilom\u00e8tre, sans valeur ? Il y a beaucoup \u00e0 dire sur la lente agonie de l&rsquo;industrie musicale. Comment valoriser la production musicale dans l&rsquo;\u00e8re de la technologie num\u00e9rique qui d\u00e9mat\u00e9rialise les anciens supports, et rend tout son patrimoine accessible en ligne, l\u00e9galement ou non ? L&rsquo;industrie n&rsquo;a pas \u00e0 ce jour trouv\u00e9 de r\u00e9ponse. Jean-Michel Jarre va jusqu&rsquo;\u00e0 ent\u00e9riner l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la musique en ligne sera gratuit, et qu&rsquo;il faut en chercher d&rsquo;autres formes de valorisation. Si le consommateur ne veut plus payer pour pouvoir \u00e9couter tel morceau de musique choisi, force est de conclure que sa valeur (en termes mon\u00e9taires) est devenue faible ou nulle. M\u00eame si l&rsquo;on ne cherche plus \u00e0 imputer les difficult\u00e9s de l&rsquo;industrie aux seules nouvelles technologies, la recherche de solutions reste confin\u00e9e \u00e0 une approche purement \u00e9conomique. Dans le constat de l&rsquo;effondrement de la valeur de la musique enregistr\u00e9e, on n&rsquo;\u00e9vitera pas la question d&rsquo;une perte de \u00ab qualit\u00e9 \u00bb, terme qui semble <em>a priori <\/em>condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;affirmation subjective. On peut, cependant, objectiver cette perte, en comprenant la valeur d&rsquo;usage de la marchandise culturelle comme un facteur variable (voir \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/le-rock-montee-star-system-musique-populaire\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le rock, chapitre 1<\/a>\u00a0\u00bb dans la web-revue).<\/p>\n<figure id=\"attachment_9117\" aria-describedby=\"caption-attachment-9117\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-9117\" title=\"neil young\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/neil-young-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-9117\" class=\"wp-caption-text\">Neil Young<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9clin dans la valeur d&rsquo;usage du support musical se manifeste formellement par l&rsquo;\u00e9puisement de la musique rock et ses d\u00e9riv\u00e9s, comme peuvent en t\u00e9moigner des analyses musicologiques qui mettent en \u00e9vidence son adh\u00e9rence continue \u00e0 une tonalit\u00e9 classique et pauvre, son absence de liens cr\u00e9atifs avec une avant-garde, elle-m\u00eame exsangue ; sociologiquement par le d\u00e9clin parall\u00e8le de la presse sp\u00e9cialis\u00e9e, et des contre-cultures organis\u00e9es autour d&rsquo;une forme musicale ; et techniquement dans le remplacement du CD par le format MP3, fortement compress\u00e9 et manquant de dynamique (typiquement, une diff\u00e9rence de 6 d\u00e9cibels entre les sons les plus forts et les plus faibles, par rapport \u00e0 17 d\u00e9cibels dans le cas, par exemple, de l&rsquo;album vinyle <em>Harvest <\/em>(1972) de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Neil_Young\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Neil Young<\/a>, qui milite aujourd&rsquo;hui pour <a href=\"http:\/\/news.cnet.com\/8301-1023_3-57601215-93\/neil-youngs-high-def-music-format-pono-due-next-year\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">une nouvelle norme num\u00e9rique<\/a>). Le niveau de compression actuelle flatte les oreilles dans un premier temps, mais rend monotone et lassant l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;un album en entier (voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/la-musique-enregistree-a-lheure-du-numerique-florent-aupetit\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l&rsquo;article de Florent Aupetit<\/a> dans la web-revue). On pourrait ajouter aussi dans cette perte de valeur l&rsquo;importance prise du capital mort, repr\u00e9sent\u00e9 par des programmes d&rsquo;assemblage de sons (<em>pre-sets<\/em>) et par des \u00e9chantillonnages, qui remplacent <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-9121\" title=\"eric clapton\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/eric-clapton1-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>le jeu d&rsquo;ensemble et la prouesse instrumentale, acquise au prix de milliers d&rsquo;heures de r\u00e9p\u00e9tition dans sa chambre, les doigts ensanglant\u00e9s (lire, par exemple, l&rsquo;autobiographie \u00e9ponyme d&rsquo;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Eric_Clapton\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Eric Clapton<\/a> (\u00e0 droite) chez Arrow Books, 2007). Je pense aussi aux conditions sociales favorisant l&rsquo;existence d&rsquo;un vivier de musiciens, sans quoi le jazz et le rock n&rsquo;auraient jamais pu exister, vivier d\u00e9pendant de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une vie boh\u00e8me auto-impos\u00e9e, essentiellement consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;apprentissage du jeu collectif (lire l&rsquo;autobiographie de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Keith_Richards\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Keith Richards<\/a>, <em>Life. Ma vie avec les Stones<\/em>, Robert Laffont, 2010). Ce serait un comportement risqu\u00e9, voire suicidaire de nos jours, o\u00f9 l&rsquo;exclusion sociale d\u00e9finitive guette toute marginalit\u00e9. En d&rsquo;autres termes, c&rsquo;\u00e9tait la capacit\u00e9 \u00e0 cristalliser et \u00e0 articuler les id\u00e9es d&rsquo;une contre-culture qui a historiquement donn\u00e9 au rock une valeur d&rsquo;usage accrue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sch\u00e9matiquement, on voit deux \u00ab solutions \u00bb propos\u00e9es au sein de l&rsquo;industrie. D&rsquo;abord, la mise en place de plateformes de streaming payantes plus \u00e9quitables dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;on changera radicalement son comportement vis \u00e0 vis de la musique en ligne. Mais m\u00eame dans un sc\u00e9nario optimiste, les sommes qui en seraient issues, monopolis\u00e9es comme \u00e0 pr\u00e9sent par quelques artistes, risquent de rester n\u00e9gligeables pour la plupart des titres, malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s promise. La solution de Jean-Michel Jarre, plus ambitieuse, revendique une part de la valeur boursi\u00e8re des plateformes et des technologies num\u00e9riques. Mais la centralit\u00e9 de la musique populaire de nos jours dans le succ\u00e8s de celles-ci est tr\u00e8s contestable ; est-ce vrai qu&rsquo;un smartphone ne vaudrait que 100 euros sans acc\u00e8s aux plateformes musicales ? Le second probl\u00e8me, plus grave, est que cette valeur boursi\u00e8re, compl\u00e8tement d\u00e9tach\u00e9e du chiffre d&rsquo;affaires dans l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, est virtuelle, et ne sera en toute probabilit\u00e9 jamais r\u00e9alis\u00e9e (voir \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-creatives-15-decembre-2013\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Actualit\u00e9s #15<\/a> \u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">A lire : Fabien Granjon, Cl\u00e9ment Combes, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/resume.php?ID_ARTICLE=RES_145_0291\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La <em>num\u00e9rimorphose<\/em> des pratiques de consommation musicale<\/a> \u00bb, <em>R\u00e9seaux<\/em>, no. 145-46, 2007.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>La musique s&rsquo;inscrit au c\u0153ur de la publicit\u00e9 (#18, mai 2014)<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-9138\" title=\"brovelli\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-115x115.jpg 115w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/brovelli-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><\/em><em>\u00ab La musique a trop longtemps \u00e9t\u00e9 et continue d&rsquo;\u00eatre la cinqui\u00e8me roue du carrosse des campagnes de pub. On y investit ce qui reste du budget qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0mang\u00e9\u00a0\u00bb par la production<\/em> \u00bb, dit l&rsquo;ancien publicitaire Pierre Berville, qui vient de monter sa propre structure, Music Bridge, avec pour ambition de montrer aux annonceurs toute la valeur ajout\u00e9e de la musique en termes de m\u00e9morisation et attribution accrues de la campagne. Selon certains professionnels du secteur, le budget son d&rsquo;un spot de pub se situerait en moyenne entre 10 000 et 15 000 euros, alors que celui d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;image oscillerait entre 100 000 et 500 000 euros. Exceptionnellement, l&rsquo;utilisation du morceau \u00ab Revolution \u00bb (The Beatles) dans la campagne Orange a co\u00fbt\u00e9 300 000 euros en 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;origine d&rsquo;une revalorisation du statut de la musique dans l&rsquo;industrie publicitaire en France se trouvent R\u00e9mi Babinet, \u00c9ric Tong Cuong et Fabrice Brovelli, qui ont fond\u00e9 BETC Music (Havas) en 1998. C&rsquo;est Brovelli, avec le film tourn\u00e9 pour Air France en 1999, qui a trouv\u00e9 une nouvelle \u00e9criture publicitaire, o\u00f9 c&rsquo;est l&rsquo;image (due \u00e0 Michel Gondry) qui accompagne le morceau \u00ab\u00a0Asleep from Day\u00a0\u00bb (<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/The_Chemical_Brothers\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">The Chemical Brothers<\/a>), et non l&rsquo;inverse. Les droits musicaux revenaient \u00e0 400 000 francs (60 980 \u20ac). Brovelli est aussi c\u00e9l\u00e8bre pour la campagne d&rsquo;Evian en 2003 (un remix de \u00ab We Will Rock You \u00bb de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Queen\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Queen<\/a>), et derni\u00e8rement pour celle de Lacoste (un remix par le producteur et DJ australien <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Flume_%28musique%29\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Flume<\/a> de \u00ab You and me \u00bb par le duo \u00e9lectro britannique <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Disclosure\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Disclosure<\/a>) lanc\u00e9e en f\u00e9vrier 2014 : \u00ab <em>La musique apporte un \u00e9l\u00e9ment diff\u00e9renciant \u00e0 la marque, une proximit\u00e9 et une \u00e9motion suppl\u00e9mentaires.<\/em> \u00bb Le montant des droits pour la synchronisation du spot Lacoste est pour l&rsquo;instant inconnu.<\/p>\n<div class=\"youtube\" style=\"text-align: justify;\"><object width=\"350\" height=\"300\" classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" codebase=\"http:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\" data-mce-fragment=\"1\"><param name=\"wmode\" value=\"transparent\" \/><param name=\"src\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/eIyokj7MuB0\" \/><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/eIyokj7MuB0\" wmode=\"transparent\" width=\"350\" height=\"300\" \/><\/object><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour certains groupes et producteurs, les \u00ab droits voisins \u00bb issus de l&rsquo;exploitation publicitaire permettent de contrer la chute des ventes des CDs. Estime Eric Tong Cuong (BETC Music), \u00ab <em>C&rsquo;est un deal \u00ab\u00a0win-win\u00a0\u00bb. Les marques veulent diffuser de la musique fra\u00eeche, nouvelle, int\u00e9ressante, que les consommateurs<\/em> <em>ont peu eu l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9couter ailleurs, tandis que les jeunes groupes y trouvent l&rsquo;occasion de diffuser leurs morceaux synchronis\u00e9s, de s&rsquo;exposer aupr\u00e8s du grand public et d&rsquo;\u00eatre pay\u00e9s. Nous, nous assumons le r\u00f4le de passeurs entre art et commerce.<\/em> \u00bb<\/p>\n<div class=\"youtube\" style=\"text-align: justify;\"><object width=\"350\" height=\"300\" classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" codebase=\"http:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\" data-mce-fragment=\"1\"><param name=\"wmode\" value=\"transparent\" \/><param name=\"src\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/bu2ht9c-FFU\" \/><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/bu2ht9c-FFU\" wmode=\"transparent\" width=\"350\" height=\"300\" \/><\/object><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Les \u00c9chos\u00a0\u00bb, 12 f\u00e9vrier 2014 (V\u00e9ronique Richebois<\/em>).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Lire l&rsquo;article de Christophe Magis, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.inaglobal.fr\/musique\/article\/musique-et-publicite-les-enjeux-de-la-synchronisation\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Musique et publicit\u00e9 : les enjeux de la synchronisation<\/a>\u00a0\u00bb sur le site InaGlobal (2014). Christophe Magis a consacr\u00e9 sa th\u00e8se \u00e0 la musique de publicit\u00e9 (soutenue \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Paris 8 en d\u00e9cembre 2012).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Voir <a href=\"http:\/\/bewaremag.com\/2013\/05\/07\/interview-des-patrons-de-betc\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l&rsquo;interview-vid\u00e9o<\/a> de Fabrice Brovelli et Christophe Caurret (BETC Music), mai 2013.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"http:\/\/www.darkplanneur.com\/interview\/fabrice-brovelli-betc-musique-dans-linterview-tres-strategique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Interview de Fabrice Brovelli<\/a> sur le site darkplanner.com.<\/span><\/p>\n<h2><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Le rock en toc, ou le creux de la vague (les \u00ab <em>tribute bands \u00bb<\/em>) (#12, sept. 2013)<\/span><br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les <em>tribute bands<\/em>, id\u00e9alement compos\u00e9s de sosies de groupes des ann\u00e9es 1970 (Genesis, Pink Floyd, Yes, Led Zeppelin, Queen, Abba), et qui reproduisent les m\u00eames chansons note \u00e0 note sur des instruments et des amplis de l\u2019\u00e9poque, sans oublier les costumes, ont le vent en poupe. The Australian Pink Floyd Show (avec films en 3D, \u00e9norme kangourou sur sc\u00e8ne pour faire australien [1], et son quadriphonique) a fait une tourn\u00e9e remarqu\u00e9e en France en juin-juillet 2013, et sera suivi par One Night of Queen en septembre-octobre (qui a fait 174 concerts dans le monde entier en 2012). La reproduction \u00e0 l\u2019identique inclut les m\u00eames tremblements de glotte dans le cas de Gary Mullen, quasi-sosie de Freddy Mercury, feu le chanteur de Queen, mais sa calvitie l\u2019oblige \u00e0 porter une perruque sur sc\u00e8ne et il se d\u00e9clare h\u00e9t\u00e9rosexuel\u00a0: <em>nobody\u2019s perfect. <\/em>M\u00eame en France, il y a des faux Beatles (The Rabeats, qui viennent d\u2019Amiens), et du faux Nirvana (Samsara Unplugged Nirvana). Reflet d\u2019une industrie en crise, ils ne se jouent que sur sc\u00e8ne\u00a0; en effet, sortir un disque r\u00e9plique de l\u2019original n\u2019aurait aucun sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Philippe Man\u0153uvre, r\u00e9dacteur en chef de <em>Rock &amp; Folk <\/em>: \u00ab\u00a0<em>Nous sommes, en ce moment, dans le creux de la vague en mati\u00e8re de rock, et des artistes comme Queen, Pink Floyd ou Led Zeppelin ont laiss\u00e9 un r\u00e9pertoire formidable. Il est normal qu\u2019il y ait des musiciens qui l\u2019interpr\u00e8tent. Pour moi, le rock est la musique classique d\u2019aujourd\u2019hui. Quand on joue du Bach ou du Chopin, on ne s\u2019attend pas que ces derniers soient pr\u00e9sents au concert, en train de diriger l\u2019orchestre\u2026<\/em>\u00a0\u00bb. Moins complaisant, le critique et \u00e9crivain Patrick Eudeline (ancien chanteur et guitariste du groupe punk Asphalt Jungle) est effar\u00e9 par ce \u00ab\u00a0<em>barnum musical<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0<em>On se croirait au mus\u00e9e Gr\u00e9vin. C\u2019est le triomphe morbide de l\u2019inauthentique, du simulacre. Autrefois, la musique rock \u00e9tait vivante, elle avan\u00e7ait sans cesse, se renouvelait constamment. Elle d\u00e9frichait toujours de nouveaux territoires. Aujourd\u2019hui on copie servilement le pass\u00e9, comme si le temps s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9, comme s\u2019il n\u2019y avait plus de progr\u00e8s possible.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s le sociologue australien Shane Homan, auteur d\u2019une \u00e9tude sur les <em>tribute bands<\/em>, <em>Access All Eras\u00a0<\/em>:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Ces groupes inventent une autre mani\u00e8re de consommer de la musique. Ils battent en br\u00e8che la sacro-sainte id\u00e9e qu\u2019un artiste devrait \u00eatre forcement authentique, unique, et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 pour cela\u2026 Le public et le groupe se comportent comme s\u2019ils \u00e9taient tous deux acteurs d\u2019un show : ils se glissent dans des r\u00f4les en se conformant \u00e0 des r\u00e8gles tacites. On assiste \u00e0 une suspension de la croyance. L\u2019espace d\u2019une soir\u00e9e, les gens dans l\u2019assistance semblent vouloir oublier tout ce qu\u2019ils savent.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les <em>tribute bands, <\/em>selon l\u2019ancien organisateur de concerts Didier Hunsinger, \u00ab\u00a0<em>permettent de voir des groupes l\u00e9gendaires qui se sont dissous, qui ne se reformeront plus, voire dont certains membres sont morts. Un tribute band en honneur de U2 n\u2019aurait pas beaucoup de sens\u2026 Parfois, quand vous allez entendre un groupe qui vient de sortir un album, ils jouent deux morceaux un peu tubesques, le reste de son r\u00e9pertoire ne vous dit rien, et, en plus, les musiciens ne sont pas forc\u00e9ment tr\u00e8s bons.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-35347\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/australian-pink-floyd.jpg\" alt=\"\" width=\"289\" height=\"175\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/australian-pink-floyd.jpg 289w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/australian-pink-floyd-150x91.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/australian-pink-floyd-24x15.jpg 24w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/australian-pink-floyd-36x22.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/australian-pink-floyd-48x29.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 289px) 100vw, 289px\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 10pt;\">Pour voir l&rsquo;Australian Pink Floyd Show : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=1o2Mt-ZZnQs\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=1o2Mt-ZZnQs<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Source\u00a0: Patrick Williams, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/http:\/\/www.marianne.net\/La-vague-du-rock-en-toc_a230498.html\">La vague du rock en toc<\/a>\u00a0\u00bb, <\/em>Marianne,<em> 848, 20-26 juillet 2013, pp. 80-3.<br \/>\n<\/em>[1] Bon exemple du concept adornien de \u00ab\u00a0pseudo-individualisation\u00a0\u00bb dans la culture de masse. Voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/socio-economie-des-stars-dans-lindustrie-musicale-entre-strategies-dindividualisation-et-de-formatage-christophe-magis\/\">l&rsquo;article de Christophe Magis<\/a> dans la web-revue.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Il serait vain de trop s\u2019indigner par rapport \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne en lui-m\u00eame anecdotique, m\u00eame si spontan\u00e9ment j\u2019aurais tendance \u00e0 \u00eatre d\u2019accord avec Patrick Eudeline, qui met l\u2019accent sur l&rsquo;aspect mus\u00e9al de la culture rock d\u2019aujourd\u2019hui. On a vu ces derni\u00e8res ann\u00e9es des expositions consacr\u00e9es \u00e0 Pink Floyd et \u00e0 Bob Dylan \u00e0 la Cit\u00e9 de la Musique (La Villette). Quant \u00e0 Philippe Man\u0153uvre, pass\u00e9 armes et bagages au jury de l\u2019\u00e9mission de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 <em>Nouvelle Star <\/em>(M6) en 2008, avec les lunettes noires et le blouson en cuir qu\u2019il porte en permanence, il est devenu une sorte de Monsieur Rock \u00a9. Pour journaliste talentueux qu\u2019il eut \u00e9t\u00e9 (avec d\u2019autres, il a r\u00e9ussi \u00e0 forger un style en fran\u00e7ais pour la critique du rock dans les ann\u00e9es 1970), il incarne d\u00e9sormais le triste d\u00e9clin de la culture rock en France. D\u00e9j\u00e0 en 1979, Antoine de Caunes, jeune pr\u00e9sentateur de <em>Chorus <\/em>(Antenne 2), \u00e9mission consacr\u00e9e \u00e0 la captation de concerts, m&rsquo;a parl\u00e9 d&rsquo;un \u00ab creux de la vague\u00a0\u00bb dans le rock quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e9tudiant-stagiaire chez lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut distinguer la reproduction-calque des standards, de l\u2019interpr\u00e9tation singuli\u00e8re d\u2019une chanson existante dans un autre registre ou dans un autre genre\u00a0: les versions soul de \u00ab\u00a0With a little help from my friends\u00a0\u00bb (The Beatles) par Joe Cocker ou de \u00ab\u00a0Hey Jude\u00a0\u00bb (The Beatles) par Wilson Pickett, ou dans l\u2019autre sens, les versions psych\u00e9d\u00e9liques de \u00ab\u00a0You keep me hanging on\u00a0\u00bb (The Supremes) par Vanilla Fudge et de \u00ab\u00a0Hey Joe\u00a0\u00bb (Billy Roberts) par Jimi Hendrix pour ne prendre que quatre exemples c\u00e9l\u00e8bres des ann\u00e9es 1968-9 qui me viennent \u00e0 l\u2019esprit. L&rsquo;un des actes de naissance du rock fut m\u00eame une reprise d\u2019un blues d\u2019Arthur \u00ab\u00a0Big Boy\u00a0\u00bb Crudup (1946) par Elvis Presley (\u00ab\u00a0That\u2019s alright Mama\u00a0\u00bb, 1954). Les reprises qui se voulaient fid\u00e8les avaient leur raison d\u2019\u00eatre dans les ann\u00e9es 1950 et 1960, avant la mondialisation de la musique populaire, quand le march\u00e9 \u00e9tait organis\u00e9 en aires nationaux, voire r\u00e9gionaux, et les disques circulaient difficilement d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre\u00a0; ce n\u2019est pas par hasard que la vague du rock britannique est partie de Liverpool, port d\u2019acc\u00e8s aux \u00c9tats-Unis, et occasion inesp\u00e9r\u00e9e pour des jeunes du coin \u00e0 entrer en contact avec des marins noirs amateurs de blues qui leur passaient des disques indisponibles chez eux. Le r\u00e9pertoire initial des groupes britanniques (The Beatles, The Animals, etc.) en concert \u00e9taient enti\u00e8rement compos\u00e9 de reprises ; sur le premier disque des Rolling Stones en 1964, 11 des 12 titres sont des reprises. En France, le rock fut lanc\u00e9 \u00e0 travers des adaptations en fran\u00e7ais des chansons am\u00e9ricaines (Johnny Hallyday). Mais en peu de temps, la capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des compositions originales \u00ab en interne\u00a0\u00bb (qui permettait aussi d&rsquo;importants revenus de droits d&rsquo;auteur) sert \u00e0 d\u00e9marquer les meilleurs groupes des autres \u00e0 comp\u00e9tence musicale \u00e9gale, et fut m\u00eame la condition de survie de ceux-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, le ph\u00e9nom\u00e8ne des <em>tribute bands<\/em> n\u2019est pas si diff\u00e9rent que cela d\u2019une tourn\u00e9e des Rolling Stones (qui mobilise jusqu&rsquo;\u00e0 110 camions d&rsquo;\u00e9quipements), o\u00f9 ces derniers singent leur propre r\u00e9pertoire, se transformant de fait en jukebox vivant d\u2019eux-m\u00eames. Il est int\u00e9ressant de noter que, dans les deux cas, les promoteurs insistent sur le c\u00f4t\u00e9 convivial, bon enfant, et interg\u00e9n\u00e9rationnel du spectacle. Dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, le concert \u00e9tait aper\u00e7u comme une copie (avec les d\u00e9fauts associ\u00e9s \u00e0 la performance en direct) de l\u2019original, le disque\u00a0; la plupart des groupes \u00e9taient contraints \u00e0 faire des tourn\u00e9es \u00e9puisantes pour (au mieux) promouvoir leur disque ou (au pire) trouver un public afin de pouvoir acc\u00e9der aux studios d\u2019enregistrement sous contrat. Maintenant que la musique populaire \u00e0 destination des jeunes est plut\u00f4t assembl\u00e9e et programm\u00e9e que \u00ab\u00a0jou\u00e9e\u00a0\u00bb (malgr\u00e9 la persistance de la sc\u00e8ne du rock ind\u00e9), et qu\u2019elle a perdu la dimension identitaire de ses d\u00e9buts, sa valeur d\u2019usage provient moins de la jouissance personnelle d\u2019une marchandise que d&rsquo;une exp\u00e9rience esth\u00e9tique singuli\u00e8re, \u00e0 consommer en direct. Place alors aux plus connus, ou \u00e0 ceux qui \u00ab\u00a0assurent\u00a0\u00bb le spectacle sans originalit\u00e9, mais sans p\u00e9pins, sans mauvaises surprises. Dans cette nouvelle donne, les <em>tribute bands<\/em> occupent un cr\u00e9neau laiss\u00e9 vide par des groupes qui ne tournent plus, ou qui ne sont plus de ce monde (dans le cas des Rolling Stones, il va falloir attendre). On pr\u00e9pare semble-t-il des spectacles (toujours remis) de chanteurs morts mais \u00ab\u00a0pr\u00e9sents\u00a0\u00bb en hologramme et en voix enregistr\u00e9e (Elvis et Jim Morrison sont souvent cit\u00e9s \u00e0 cet \u00e9gard). Pour l\u2019instant, il existe le duo d&rsquo;un faux Elvis et de C\u00e9line Dion sur <em>American Idol<\/em>, en 2007.<\/p>\n<figure id=\"attachment_35350\" aria-describedby=\"caption-attachment-35350\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-35350\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/faux-elvis.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/faux-elvis.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/faux-elvis-150x84.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/faux-elvis-24x13.jpg 24w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/faux-elvis-36x20.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/faux-elvis-48x27.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-35350\" class=\"wp-caption-text\">C\u00e9line Dion avec faux Elvis<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les <em>tribute bands<\/em>, pour la plupart, reprennent un moment pr\u00e9cis dans l\u2019histoire du rock\u00a0: celui du rock dit \u00ab\u00a0progressif\u00a0\u00bb*, qui s\u00e9vissait dans la premi\u00e8re partie des ann\u00e9es 1970, avant d\u2019\u00eatre balay\u00e9 par la vague punk et <em>new wave<\/em>. Ce courant se distingue par l\u2019int\u00e9gration de motifs classiques dans le format rock, avec la mise en avant de la prouesse des instrumentistes ; les claviers y jouent un r\u00f4le plus important que dans le rock traditionnel. Sous sa forme relativement \u00ab\u00a0carr\u00e9e\u00a0\u00bb (Genesis, Pink Floyd, Queen), le rock progressif se pr\u00eate bien \u00e0 la reproduction mus\u00e9ale\u00a0; \u00e0 cet \u00e9gard, l\u2019assimilation de celui-ci \u00e0 la musique classique par Philippe Man\u0153uvre est \u00e9loquente. On pense in\u00e9vitablement \u00e0 l&rsquo;obscure litt\u00e9rateur Pierre M\u00e9nard (dans la c\u00e9l\u00e8bre nouvelle de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jorge_Luis_Borges\">Jorge Luis Borges<\/a>) qui r\u00e9\u00e9crit <em>Don Quichotte<\/em> mot \u00e0 mot, mais avec un sens totalement diff\u00e9rent plus de trois cents ans plus tard. Le \u00ab\u00a0moment\u00a0\u00bb progressif (situ\u00e9 dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant la fin des \u00ab\u00a0Trentes Glorieuses\u00a0\u00bb) se caract\u00e9rise par la recherche contradictoire d\u2019un prolongement des ambitions utopistes du rock des ann\u00e9es 1960 (le rock changera le monde), et d\u2019une certaine respectabilit\u00e9, voire d\u2019embourgeoisement (le rock vaut la musique \u00ab\u00a0savante\u00a0\u00bb). Quarante ans plus tard, quel est le sens d\u2019une musique reproduite note \u00e0 note en concert\u00a0? \u00ab\u00a0L\u2019esprit <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Festival_de_Woodstock\">Woodstock\u00a0<\/a>\u00bb n\u2019est plus de mise\u00a0; quant \u00e0 la respectabilit\u00e9, elle est acquise depuis longtemps (Fran\u00e7ois Fillon et George Bush d\u00e9clarent aimer le rock). Reste le sentiment d\u2019une forme qui justement ne progresse plus, fig\u00e9e dans une \u00e9poque per\u00e7ue comme \u00e9tant plus heureuse, maintenant que la crise commence \u00e0 menacer les acquis de la classe moyenne. Vague conscience, de plus en plus difficile \u00e0 refouler, de la lente agonie du capitalisme tardif ? Le clich\u00e9 d&rsquo;un \u00ab creux de la vague \u00bb, qui suppose une relance naturelle de la cr\u00e9ativit\u00e9, est d&rsquo;une complaisance absolue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">*Voir le livre du musicologue Christophe Pirenne, <em>Le rock progressif anglais (1967-1977)<\/em>, Honor\u00e9 Champion, 2005.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/category\/actualites\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lire les autres articles de la rubrique.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:3px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le d\u00e9clin des musiciens de studio (#65, juin 2018) En France comme aux \u00c9tats-Unis et en Grande-Bretagne, les ann\u00e9es 1960-1970<\/p>\n","protected":false},"author":1294,"featured_media":35368,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[80,106,1018,12,680,545],"tags":[],"coauthors":[791],"class_list":["post-35319","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-article-a-la-une","category-article","category-musique","category-rocknroll","category-sonmusiquecinematv"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1294"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35319"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35319\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35368"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35319"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=35319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}