
{"id":35088,"date":"2018-07-01T02:00:01","date_gmt":"2018-07-01T00:00:01","guid":{"rendered":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=35088"},"modified":"2020-03-31T10:49:46","modified_gmt":"2020-03-31T08:49:46","slug":"terre-des-doubles-nouveau-monstre-nous-meme-jason-read","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/terre-des-doubles-nouveau-monstre-nous-meme-jason-read\/","title":{"rendered":"La Terre des doubles : le nouveau monstre, c&rsquo;est nous-m\u00eame &#8211; Jason READ"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35088?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35088?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#d5d5d5;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#efefef;border-color:#ffffff;color:#000000;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Counterpart<em>, la s\u00e9rie trait\u00e9e ici, n&rsquo;a dur\u00e9 que deux saisons de 10 \u00e9pisodes entre 2017 et 2019. Malgr\u00e9 un succ\u00e8s d&rsquo;estime, l&rsquo;audience aux \u00c9tats-Unis n&rsquo;a jamais d\u00e9coll\u00e9 (taux de 0,1 dans la cible des 18-49 ans \u00e0 la premi\u00e8re saison, 0,07 pour la finale de la seconde saison). On pourrait citer en guise de comparaison la s\u00e9rie <\/em>Fringe <em>(J. J. Abrams), elle aussi faisant figurer un univers miroir ; con\u00e7ue au d\u00e9part pour un public de masse, elle a d\u00fb se r\u00e9concilier avec le statut de \u00ab s\u00e9rie culte \u00bb, moyennant plusieurs <\/em>reboots<em> (4 saisons et demie, l&rsquo;audience am\u00e9ricaine tombant de 9,28 millions en 2008 \u00e0 3,28 en 2013). <\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>\u00c0 la lumi\u00e8re de la fameuse remarque de <a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/presentation-de-fredic-jameson-thierry-labica\/\">Fredric Jameson<\/a> &#8211; en substance, qu&rsquo;on peut plus facilement imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme -, l&rsquo;attrait actuel de la figure du double et des univers parall\u00e8les qui s&rsquo;entre-p\u00e9n\u00e8trent devrait se comprendre. Mais force est de reconna\u00eetre que, trop entropique, ce th\u00e8me a du mal \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 la forme s\u00e9rie qui, m\u00eame dans son versant feuilletonnant, exige de la r\u00e9currence et de la stabilit\u00e9 relative. On peut y constater aussi\u00a0 la \u00ab faiblesse dans notre imagination \u00bb dont parle Jameson, repris par Jason Read : l&rsquo;univers alternatif est soit une variante du monde capitaliste connu (<\/em>Fringe<em>, o\u00f9 Central Park \u00e0 New York est rebaptis\u00e9 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Eldridge_Cleaver\">Eldridge Cleaver<\/a> Park, en hommage au sulfureux porte-parole des Panth\u00e8res noires qui a fini r\u00e9actionnaire, et o\u00f9 les Tours jumelles dominent toujours l&rsquo;horizon), soit d&rsquo;un monde totalitaire historique (<\/em>Counterpart<\/span><em><span style=\"font-size: 10pt;\">). L&rsquo;article fut post\u00e9 le 19 juin par Jason Read sur son blog <a href=\"http:\/\/www.unemployednegativity.com\/2019\/06\/doppelgangerland-year-of-double.html\">unemployed negativity<\/a>, et traduit pour la Web-revue par moi (David Buxton).<\/span><br \/>\n<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les monstres viennent en cycles. La visibilit\u00e9 culturelle des loups-garous et des vampires cro\u00eet et d\u00e9cro\u00eet. M\u00eame les films de zombies pourraient dispara\u00eetre un jour. Peut-\u00eatre dans l\u2019avenir reconna\u00eetra-t-on la p\u00e9riode actuelle comme celle du double (<em>doppelganger<\/em>). Je pense non seulement au film brillant de Jordan Peele <em>Us<\/em>, mais aussi au retour de l\u2019univers miroir dans <em>Star Trek<\/em> <em>: Discovery<\/em> et dans la s\u00e9rie <em>Counterpart<\/em> (produite par <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Justin_Marks_(writer)\">Justin Marks<\/a> et diffus\u00e9e sur Starz).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelle est donc la peur (ou l\u2019anxi\u00e9t\u00e9) qu\u2019incarne la figure du double ? Pourquoi celui-ci nous fascine-t-il autant ? De toutes les manifestations du double dans la culture populaire actuelle, c\u2019est <em>Counterpart<\/em> qui s\u2019adresse le plus \u00e0 notre moment historique. La pr\u00e9misse de la s\u00e9rie est que, vers la fin de la Guerre froide, des scientifiques en Allemagne de l\u2019Est ont accidentellement ouvert un passage vers une r\u00e9alit\u00e9 alternative, exactement la m\u00eame que la n\u00f4tre. Dans un premier temps, les scientifiques de notre monde (Terre Alpha) saisissent ce monde alternatif (Terre Prime) comme un laboratoire parfait pour l\u2019\u00e9tude objective de l\u2019esp\u00e8ce humaine. Mais on ne peut \u00e9tudier un objet sans le modifier, et petit \u00e0 petit les deux mondes divergent. Quand la s\u00e9rie commence, dans notre \u00e9poque, la population de Terre Prime a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9e par une \u00e9pid\u00e9mie, et les deux mondes sont engag\u00e9s dans une Guerre froide clandestine, envoyant des espions et autres agents au-del\u00e0 du mur qui les s\u00e9pare. D\u2019une mani\u00e8re bizarre, la s\u00e9rie est en m\u00eame temps un thriller post-Guerre froide, et une all\u00e9gorie de celle-ci. Terre Prime ressemble de plus en plus \u00e0 la vie d\u2019autrefois derri\u00e8re le Rideau de Fer, l\u2019architecture est plus aust\u00e8re que la n\u00f4tre, et le mur est pourvu de gardes et de bureaucrates. La Guerre froide entre id\u00e9ologies explicites est finalement remplac\u00e9e par quelque chose de plus secret.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-35105\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk2-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk2.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk2-150x84.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk2-24x13.jpg 24w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk2-36x20.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk2-48x27.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans notre monde, Terre Alpha, Howard Silk (jou\u00e9 par J. K. Simmons) est un gratte-papier de rang m\u00e9diocre, gentil mais timor\u00e9, qui travaille pour les Nations Unies \u00e0 Berlin ; par contre, dans Terre Prime, c\u2019est un agent de terrain intr\u00e9pide, impitoyable et s\u00fbr de lui. Voici la question que la s\u00e9rie ne peut \u00e9viter d\u2019affronter en permanence : comment, avec le m\u00eame ADN et les m\u00eames exp\u00e9riences d\u2019enfance, une m\u00eame personne peut-elle devenir si diff\u00e9rente ? Mais est-ce bien le cas ? Le double est une figure d\u2019identit\u00e9 et de diff\u00e9rence. La ressemblance visuelle est subvertie par une diff\u00e9rence inqui\u00e9tante dans les actions et dans les id\u00e9aux, mais cette diff\u00e9rence cache souvent une ressemblance plus profonde. (Encore une fois, le film <em>Us<\/em> est exemplaire dans l\u2019exploration de cette dialectique).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-35107\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk3.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"183\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk3.jpg 275w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk3-150x100.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk3-24x16.jpg 24w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk3-36x24.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/howardsilk3-48x32.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 275px) 100vw, 275px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Counterpart<\/em> entrem\u00eale l\u2019identit\u00e9 et la diff\u00e9rence, d\u2019un point de vue historique et individuel, d\u00e9doublant le monde et les personnages qui y habitent. Dans une p\u00e9riode o\u00f9, suppos\u00e9ment, les s\u00e9ries se divisent entre le sociologique (qui d\u00e9peint une \u00e8re, ou qui invente un monde) et le psychologique (qui d\u00e9peint un personnage singulier et ses motivations, peurs, etc.), <em>Counterpart<\/em> r\u00e9ussit \u00e0 faire la synth\u00e8se de ces deux dimensions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 travers cet entrem\u00ealement qu\u2019on peut aborder la question du double comme all\u00e9gorie contemporaine. C\u2019est le monstre d\u00e9sign\u00e9 pour une \u00e8re o\u00f9 le pouvoir se justifie de plus en plus par un appel \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une nature humaine. Sans engager une pol\u00e9mique sur les forces et les faiblesses du terme \u00ab n\u00e9olib\u00e9ralisme \u00bb, on pourrait affirmer que le capitalisme se justifie de plus en plus par un appel \u00e0 une nature humaine fonci\u00e8rement avare et comp\u00e9titive. Bien entendu, l\u2019argument sur \u00ab <em>le penchant naturel \u00e0 \u00e9changer<\/em> \u00bb remonte \u00e0 Adam Smith. Mais la r\u00e9f\u00e9rence contemporaine \u00e0 l\u2019<em>homo economicus<\/em> mobilise moins un argument explicite qu\u2019un sens commun implicite, produit et reproduit par la diss\u00e9mination de m\u00e9canismes marchands partout dans la soci\u00e9t\u00e9. Le tournant vers l\u2019id\u00e9e d\u2019une nature humaine est aussi la cons\u00e9quence d\u2019un discours qui pr\u00e9tend qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019alternative. Autrement dit, l\u2019absence d\u2019alternative viable renforce encore plus cet aspect anthropologique du capitalisme. Sur la grande sc\u00e8ne occup\u00e9e par les \u00e9ditorialistes et les politiques, la seule alternative en lice est le populisme raciste. Celui-ci poss\u00e8de sa propre dimension anthropologique, enracin\u00e9e dans des id\u00e9es pseudo-scientifiques sur une conscience tribale naturelle, qui reconna\u00eet ses proches et qui m\u00e9prise les \u00e9trangers. L\u2019id\u00e9e que la politique soit encadr\u00e9e par des structures sociales, \u00e9conomiques et politiques se fait remplacer par celle d\u2019un conflit entre tendances internes \u00e0 la nature humaine. L\u2019ennemi est toujours nous-m\u00eame, il n\u2019y a rien en dehors.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Counterpart<\/em> a ses propres arguments \u00e0 faire valoir \u00e0 propos de ce tournant anthropologique. Puisque la Guerre froide dans la s\u00e9rie implique deux mondes au d\u00e9part identiques, on peut obtenir des renseignements simplement en capturant son double. En tant qu\u2019agent double involontaire, le double peut indiquer nos propres go\u00fbts et habitudes. Finalement, on est trahi par soi-m\u00eame. C\u2019est une all\u00e9gorie frappante d\u2019un \u00e2ge o\u00f9 nous avons tous un double sous la forme d\u2019un avatar num\u00e9rique, qui produit de l\u2019information sur nos vies en permanence. Si les id\u00e9ologies politiques ont pris ce tournant anthropologique, c\u2019est parce que le pouvoir est devenu secret et intime.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-35114\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cam-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cam.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cam-150x84.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cam-24x13.jpg 24w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cam-36x20.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cam-48x27.jpg 48w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un film r\u00e9cent diffus\u00e9 sur Netflix, <em>Cam<\/em> (Daniel Goldhaber, 2018), insiste sur le fait que nous sommes d\u00e9j\u00e0 entour\u00e9s de doubles, par les identit\u00e9s que nous cr\u00e9ons en ligne. Le film raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;une <em>cam girl<\/em> qui d\u00e9couvre un jour que son personnage en ligne, son gagne-pain, est devenue autonome, postant des vid\u00e9os dans son dos, et se comportant de fa\u00e7on aberrante. On cr\u00e9e des doubles pour se prot\u00e9ger des cons\u00e9quences d&rsquo;activit\u00e9s en ligne, pour s\u00e9parer ses identit\u00e9s r\u00e9elles et virtuelles. La figure du double nous rappelle que le dualisme num\u00e9rique n&rsquo;est pas moins intenable que le dualisme cart\u00e9sien traditionnel, car les identit\u00e9s virtuelles ont des effets r\u00e9els.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e9merge la figure du double actuelle, avec la crainte que l\u2019ennemi soit en fin de compte nous-m\u00eame. Ce que nous combattons, c\u2019est quelque chose en nous. On peut alors envisager le double comme un monstre qui surgit apr\u00e8s l\u2019effondrement de l\u2019imagination. Apr\u00e8s la peur aristocratique du vampire, et l\u2019Autre de la consommation que repr\u00e9sente le zombie, ne reste dans leur sillage que nous-m\u00eame. Le double peut \u00eatre r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019une \u00ab <em>faiblesse dans notre imagination<\/em> \u00bb (Jameson) [1] ; il r\u00e9v\u00e8le aussi dans quelle mesure on imagine les autres sur la base d\u2019une projection de \u00ab <em>son propre temp\u00e9rament<\/em> \u00bb (Spinoza). Dans un \u00e9pisode de la seconde saison de <em>Counterpart<\/em>, cette identit\u00e9 antagoniste s\u2019illustre dans une discussion concernant un projet de cr\u00e9er un virus apocalyptique afin de se d\u00e9fendre contre l\u2019autre monde : \u00ab <em>si nous y pensons, alors eux aussi y pensent<\/em>. \u00bb Toutes les actions hostiles imaginables peuvent se justifier par le fait que l\u2019autre est comme nous. Le double est \u00e0 la fois la figure de l\u2019effondrement de notre imagination, et la reconnaissance de la limite de celle-ci. Quand notre pire ennemi est nous-m\u00eames, alors nous n\u2019avons v\u00e9ritablement rien \u00e0 perdre que nos cha\u00eenes.<\/p>\n<p><strong>Note<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. \u00ab <em>Il semble plus facile pour nous aujourd&rsquo;hui d&rsquo;imaginer la d\u00e9t\u00e9rioration compl\u00e8te de la Terre et de la Nature que l&rsquo;effondrement du capitalisme tardif ; peut-\u00eatre est-ce d\u00fb \u00e0 quelque faiblesse dans notre imagination<\/em> \u00bb, Fredric Jameson, <em>The seeds of time<\/em>, Columbia University Press, 1994, p. xii.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7069\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\" alt=\"bouton citer\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a><span style=\"font-size: 10pt;\">READ Jason<\/span><\/strong><span style=\"font-size: 10pt;\">, \u00ab La Terre des doubles : le nouveau monstre, c&rsquo;est nous-m\u00eame &#8211; Jason READ \u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2019, mis en ligne le 1er septembre 2019. URL : https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/terre-des-doubles-nouveau-monstre-nous-meme-jason-read\/<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:5px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la lumi\u00e8re de la fameuse remarque de Fredric Jameson qu&rsquo;on peut plus facilement imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme, l&rsquo;attrait actuel de la figure du double et des univers parall\u00e8les qui s&rsquo;entre-p\u00e9n\u00e8trent devrait se comprendre.<\/p>\n","protected":false},"author":1373,"featured_media":35175,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018],"tags":[],"coauthors":[954],"class_list":["post-35088","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1373"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35088\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35175"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35088"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=35088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}