
{"id":30839,"date":"2018-06-01T02:00:13","date_gmt":"2018-06-01T00:00:13","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=30839"},"modified":"2018-06-30T14:18:50","modified_gmt":"2018-06-30T12:18:50","slug":"actualites-des-industries-culturelles-et-de-communication-65-juin-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-de-communication-65-juin-2018\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9s des industries culturelles et de communication #65, juin 2018"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30839?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30839?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><strong>La Web-revue : de la <em>Kulturindustrie<\/em> d\u2019hier aux industries culturelles, cr\u00e9atives et de communication d\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019est ouvert un champ interdisciplinaire pour tous ceux dont les recherches interrogent la culture populaire industrialis\u00e9e et les m\u00e9dias. Cette rubrique propose de suivre les actualit\u00e9s des industries culturelles et num\u00e9riques du c\u00f4t\u00e9 des acteurs professionnels, qui sont souvent divis\u00e9s quant \u00e0 la bonne strat\u00e9gie \u00e0 adopter face \u00e0 l\u2019innovation constante, d\u2019o\u00f9 des d\u00e9bats \u00ab internes \u00bb dont doit tenir compte l\u2019approche critique de la Web-revue.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Interdit \u00e0 la reproduction payante.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le d\u00e9clin des musiciens de studio<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_30844\" aria-describedby=\"caption-attachment-30844\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-30844\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/blancfrancard-36x36.jpg 36w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30844\" class=\"wp-caption-text\">Dominique Blanc-Francard (1944-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">En France comme aux \u00c9tats-Unis et en Grande-Bretagne, les ann\u00e9es 1960-1970 \u00e9taient l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or des musiciens de studio. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque des vinyles de 45 tours, on gravait deux ou trois titres par session de trois heures. Dominique Blanc-Francard, ing\u00e9nieur du son depuis cinquante ans r\u00e9sume : \u00ab <em>Tous les disques qu&rsquo;on a aim\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 faits par des musiciens de tr\u00e8s bon niveau, pour qui le studio n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un gagne pain pour aller jouer le soir du jazz dans les clubs.<\/em> \u00bb Le\u00a0\u00ab requin\u00a0\u00bb de studio (car il officiait derri\u00e8re une vitre) devait apprendre rapidement et jouer \u00e0 la perfection, quel que soit le genre musical. Outre la ma\u00eetrise totale de son instrument, il devait \u00eatre disciplin\u00e9, savoir d\u00e9chiffrer une partition, savoir jouer sous contraintes au casque, r\u00e9agir aux demandes de l&rsquo;artiste, et avoir une large culture musicale. Il troquait la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re, et la possibilit\u00e9 de dormir chez soi pour une carri\u00e8re faite dans l&rsquo;ombre, son talent mis au service des autres. Certains ont r\u00e9ussi une carri\u00e8re sous les projecteurs par la suite, apportant une nouvelle technicit\u00e9 \u00e0 la musique rock : par exemple, le guitariste Jimmy Page et le multi-instrumentiste John-Paul Jones (Led Zeppelin) en Grande-Bretagne ; les bassistes du groupe Magma, Jannick Top et Bernard Paganotti, en France.<\/p>\n<figure id=\"attachment_30843\" aria-describedby=\"caption-attachment-30843\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-30843 size-medium\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-300x189.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-300x189.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-768x485.jpg 768w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-1024x647.jpg 1024w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1-600x379.jpg 600w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/top1.jpg 1900w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30843\" class=\"wp-caption-text\">Jannick Top en studio, 2013<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les synth\u00e9tiseurs et les bo\u00eetes \u00e0 rythmes ont fait irruption dans les ann\u00e9es 1980 au grand dam des instrumentistes. Depuis, tout a \u00e9t\u00e9 miniaturis\u00e9 et les logiciels Pro Tools ou Logic peuvent suffire \u00e0 produire un album. Les sons des claviers, des percussions, et des guitares sont d\u00e9sormais reproductibles sur ordinateur. Seules les batteries traditionnelles, les cuivres et les cordes n\u00e9cessitent encore des prises de studio. Jean-Christophe Le Guennan, qui dirige les c\u00e9l\u00e8bres studio Ferber depuis 1985, affirme :\u00a0\u00ab <em>De trois ou quatre semaines pour enregistrer un album, on est pass\u00e9 \u00e0 une semaine ou dix jours. L\u00e0 o\u00f9 le disque repr\u00e9sentait 80 %\u00a0 du chiffre d&rsquo;affaires de Ferber, il n&rsquo;en p\u00e8se plus que 45 %.\u00a0<\/em>\u00bb Sylvain Taillet, directeur artistique chez Barclay, dit\u00a0\u00ab <em>Il y a quinze ans, l&rsquo;artiste signait en major pour b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une \u00e9quipe de musiciens. Aujourd&rsquo;hui, il demande un r\u00e9alisateur-arrangeur qui va faire chez lui 60 % du travail de pr\u00e9production.\u00a0<\/em>\u00bb Cela est vrai pour le pop et le rock ; pour le rap (ou \u00ab musique urbaine \u00bb), qui domine le march\u00e9 aujourd&rsquo;hui, on peut se passer du studio d&rsquo;enregistrement, qui est remplac\u00e9 par le <em>home studio<\/em>. Le haut niveau de jeu d&rsquo;un musicien en prise directe devient moins important quand on peut faire des corrections num\u00e9riques a posteriori pour une musique plus assembl\u00e9e que jou\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour survivre, les musiciens de studio ont appris \u00e0 courir le cachet en concert, avec les artistes pour lesquels ils enregistrent. L&rsquo;ancienne d\u00e9marcation entre musiciens de studio et de sc\u00e8ne s&rsquo;est estomp\u00e9e en m\u00eame temps que le disque a perdu son \u00e9clat. Les musiciens ont appris \u00e0 conjuguer plannings de studio et tourn\u00e9es, tout en r\u00e9servant une place pour leurs propres projets. C&rsquo;est lorsque ces derniers manquent de visibilit\u00e9 que les musiciens viennent frapper \u00e0 la porte des studios&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Source : \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/musique\/2018\/04\/20\/grandeur-et-decadence-des-musiciens-de-studio_1644781\">Grandeur et d\u00e9cadence des musiciens de studio<\/a>\u00a0\u00bb (Olivier Pellerin), <\/em>Lib\u00e9ration<em>, 21-22 avril 2018, p. 34-35.<\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Sur l&rsquo;industrialisation de la musique pop, voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-47-novembre-2016\/\">Actualit\u00e9s #47, novembre 2016<\/a>.<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le nombre d&rsquo;abonn\u00e9s de Netflix progresse toujours<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le nombre d&rsquo;abonn\u00e9s de Netflix s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve d\u00e9sormais \u00e0 125 millions, dont plus de 3 millions en France. Le leader mondial du streaming vid\u00e9o a s\u00e9duit 7,4 millions de nouveaux abonn\u00e9s sur la p\u00e9riode janvier-mars 2018, contre 6,5 millions anticip\u00e9s par les analystes, selon le cabinet FactSet. Le chiffre d&rsquo;affaires de la soci\u00e9t\u00e9, en hausse de 40 % au premier trimestre (3,7 milliards de dollars), d\u00e9pend d\u00e9sormais \u00e0 50 % de l&rsquo;international (hors \u00c9tats-Unis), tout comme ses abonnements (55 %). Sa capitalisation boursi\u00e8re, 143 milliards de dollars, a doubl\u00e9 sur un an, elle est maintenant juste derri\u00e8re Disney (149 milliards). Elle est cependant loin derri\u00e8re Facebook (528 milliards) et Amazon (780 milliards), mais loin devant Snap (13 milliards) et Twitter (24 milliards). Netflix sera cependant confront\u00e9 bient\u00f4t \u00e0 la concurrence des g\u00e9ants Disney et Amazon. Disney va cesser de fournir des services \u00e0 Netflix en 2019, pour proposer sa propre offre de streaming.<\/p>\n<h3><span style=\"font-size: 8pt;\">Entretien avec Ted Sarandos<\/span><\/h3>\n<figure id=\"attachment_30958\" aria-describedby=\"caption-attachment-30958\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-30958\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/sarandos-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/sarandos-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/sarandos-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/sarandos-36x36.jpg 36w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30958\" class=\"wp-caption-text\">Ted Sarandos (1964-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Ted_Sarandos\">Ted Sarandos<\/a>, patron des contenus de Netflix, \u00ab <em>la sortie simultan\u00e9e en salles et sur les plates-formes Internet va bient\u00f4t devenir la norme. Cela d\u00e9pendra des pays, bien s\u00fbr. Cela interviendra beaucoup plus tard en France o\u00f9 il y a 36 mois de d\u00e9calage entre les sorties en salles et sur les plates-formes de SVoD comme la n\u00f4tre. Mais dans\u00a0 certains pays comme la Cor\u00e9e, le d\u00e9lai est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s court. [&#8230;] Ce n&rsquo;est pas comme si les audiences se pr\u00e9cipitaient vers les \u00e9crans noirs. Rien que pour les 9 films nomm\u00e9s aux Oscars, on a constat\u00e9 qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9s devant 635 millions de si\u00e8ges vides au total. M\u00eame pour un film comme <\/em>Black Panther<em> apr\u00e8s trois ou quatre semaines. L&rsquo;art n&rsquo;est pas diminu\u00e9 par le mode de distribution choisi. Il est plus pertinent d&rsquo;\u00eatre agnostique sur les technologies de diffusion et de s&rsquo;\u00e9vertuer \u00e0 maximiser le retour sur investissement de chacun des projets.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les salles de cin\u00e9ma, surtout les multiplexes, sont responsables de cette situation, estime Sarandos : \u00ab <em>Elles offrent des \u00e9crans plus petits et des salles plus petites : elles r\u00e9pliquent l&rsquo;exp\u00e9rience du spectateur \u00e0 la maison. Elles devraient parier sur une exp\u00e9rience diff\u00e9rente avec des \u00e9crans plus grands et un son plus puissant, des fauteuils plus confortables, des murs qui ne laissent pas passer le son de la salle d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9&#8230;<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sarandos s&rsquo;enorgueillit de la plus grande libert\u00e9 que Netflix laisse aux cr\u00e9ateurs, dans une production mondiale d\u00e9centralis\u00e9e ; ce sont des \u00e9quipes locales qui donnent le feu vert aux projets (environ 1000 en cours). Pour lui, c&rsquo;est le contraire de la culture historique des studios am\u00e9ricains, o\u00f9 tout passait par la b\u00e9n\u00e9diction du grand patron.<\/p>\n<h3><span style=\"font-size: 8pt;\">Une destruction de valeur ?<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mod\u00e8le de Netflix ne fait pas consensus. Un producteur fran\u00e7ais qui pr\u00e9f\u00e8re rester anonyme observe : \u00ab <em>Il entra\u00eene une destruction de valeur. Au d\u00e9but, quand Netflix commandait un film ou une s\u00e9rie, il exigeait d&rsquo;avoir les droits pour le monde entier sur dix ans, en \u00e9change d&rsquo;un prix au-dessus de la moyenne. Aujourd&rsquo;hui, on doit toujours abandonner tous les droits, mais les prix ont baiss\u00e9.<\/em> \u00bb Michael Pachter de Wedbush Securities est sceptique pour d&rsquo;autres raisons : \u00ab <em>Netflix d\u00e9pense plus de cash qu&rsquo;il n&rsquo;en engrange. Et cela ne va pas s&rsquo;arr\u00eater s&rsquo;ils essaient de cr\u00e9er du contenu dans chacun des pays o\u00f9 ils sont pr\u00e9sents<\/em>. \u00bb Tous les analystes anticipent une surench\u00e8re sur les contenus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9pond Reed Hastings, patron de Netflix : \u00ab <em>Toutes les grandes entreprises de technologie et de contenu sont \u00e0 nos trousses. Cela veut dire qu&rsquo;il y a un march\u00e9 pour ce que nous faisons d\u00e9j\u00e0. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/0301575145169-le-nombre-dabonnes-de-netflix-continue-de-senvoler-2169713.php\">Le nombre d&rsquo;abonn\u00e9s de Netflix continue de s&rsquo;envoler<\/a>\u00a0\u00bb (Rapha\u00ebl Bloch), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 17 avril 2018 ; \u00ab\u00a0Ted Sarandos : \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/0301586423259-ted-sarandos-les-sorties-simultanees-en-salles-et-sur-netflix-vont-devenir-la-norme-2170402.php\">Les sorties simultan\u00e9es en salles et sur Netflix vont devenir la norme<\/a>\u00ab\u00a0\u00a0\u00bb (Nicolas Madelaine), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 19 avril 2018 ; \u00ab\u00a0Netflix dynamite la t\u00e9l\u00e9 et le septi\u00e8me art\u00a0\u00bb (Alexandre Piquart), <\/em>Le Monde<em>, 14-15 mai 2018, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, p. 2-3.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Sur l&rsquo;intensification de la concurrence sur le march\u00e9 du streaming, voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-59-decembre-2017\/\">Actualit\u00e9s #59, d\u00e9cembre 2017<\/a>. Sur l&rsquo;histoire de Netflix, <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-25-novembre-2014\/\">Actualit\u00e9s #25, novembre 2014<\/a>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Netflix \u00e0 la conqu\u00eate des march\u00e9s europ\u00e9ens et mondiaux<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-30960\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/dark.jpg\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"177\" \/>En s&rsquo;internationalisant il y a quelques ann\u00e9es, Netflix a fait le pari que les films hollywoodiens n&rsquo;\u00e9taient pas les seuls \u00e0 pouvoir s&rsquo;exporter. Il avait pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Cit\u00e9 du cin\u00e9ma de Saint-Denis en 2016 cette strat\u00e9gie dite multi-domestique en d\u00e9voilant de nouvelles s\u00e9ries originales locales, comme <em>Dark<\/em>, un myst\u00e8re surnaturel allemand en 10 \u00e9pisodes, qui a surtout touch\u00e9 un public international (9 personnes sur 10 l&rsquo;ayant regard\u00e9 se trouvaient hors de l&rsquo;Allemagne). De plus en plus, les plates-formes num\u00e9riques diffusent des films sortis directement en vid\u00e9o (en France, 2215 sur 4713 en 2017, par rapport \u00e0 544 sur 2548 en 2014).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2018, pas moins de 100 nouveaux films, s\u00e9ries (ou nouvelles saisons) et documentaires surtout europ\u00e9ens mais aussi moyen-orientaux et africains vont \u00eatre diffus\u00e9s sur la plate-forme, soit deux fois plus qu&rsquo;en 2017. De plus, 55 programmes sont actuellement en pr\u00e9production (dont 10 europ\u00e9ens), et les investissements en contenus originaux europ\u00e9ens continuent de cro\u00eetre \u00e0 un rythme \u00e9lev\u00e9. L&rsquo;an dernier, Netflix avait fait savoir qu&rsquo;en cinq ans, il avait investi 2 milliards de dollars en contenus europ\u00e9ens ; pour la seule ann\u00e9e 2018, il y investira 1 milliard (sur 8 milliards mondialement). Son chiffre d&rsquo;affaires a cr\u00fb de 43 % par rapport \u00e0 2017, lorsqu&rsquo;il avait engrang\u00e9 11,6 milliards de dollars pour un b\u00e9n\u00e9fice de 886 millions. Selon un producteur fran\u00e7ais cit\u00e9 par <em>Les \u00c9chos<\/em> : \u00ab <em>Le succ\u00e8s mondial des contenus non anglophones les a surpris eux-m\u00eames, mais c&rsquo;est vraiment devenu leur strat\u00e9gie. Culturellement, cette perte de pr\u00e9\u00e9minence de Hollywood est un moment marquant.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les 100 nouveaux programmes en question sont tourn\u00e9s en 16 langues diff\u00e9rentes. Depuis ses d\u00e9buts, Netflix a produit en 26 langues. Le fondateur du groupe, Reed Hastings, fait le constat que Facebook et YouTube ont 85 % de leurs utilisateurs hors \u00c9tats-Unis, et pense que Netflix peut suivre cette tendance (55 % non-Am\u00e9ricains aujourd&rsquo;hui). \u00ab <em>Nous voulons faire partager les s\u00e9ries partout dans le monde \u00e0 bas prix. Pour les investissements en contenus, ce sera \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame proportion [que Facebook et YouTube] avec deux ou trois ans de retard. <\/em>\u00bb Il observe \u00e9galement : \u00ab <em>Les services gratuits comme Facebook ou YouTube ont de 1 milliard \u00e0 2 milliards d&rsquo;utilisateurs dans le monde, et la t\u00e9l\u00e9vision payante 700 millions d&rsquo;abonn\u00e9s. Nous avons de la marge.<\/em> \u00bb Le mod\u00e8le payant de Netflix se trouve \u00e0 mi-chemin entre les grandes plates-formes num\u00e9riques (Facebook, YouTube) et les g\u00e9ants du divertissement hollywoodien (Disney, Time Warner).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Netflix, c&rsquo;est une course contre la montre. M\u00eame s&rsquo;il dispose d&rsquo;algorithmes pouvant pr\u00e9dire le succ\u00e8s minimum d&rsquo;un show, qui lui permettent donc de refuser des projets trop chers, il a int\u00e9r\u00eat \u00e0 prendre des risques. Les investisseurs continuent de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 la plate-forme, qui est pr\u00eate \u00e0 d\u00e9penser 8 milliards de dollars par an afin de consolider sa position, avant la venue de Disney et d&rsquo;Amazon sur le march\u00e9. La cr\u00e9ation d&rsquo;une plateforme de vid\u00e9o \u00e0 la demande est au c\u0153ur de la bataille que se livrent le c\u00e2blo-op\u00e9rateur Comcast et le studio Disney pour racheter la Fox et son catalogue de films et de s\u00e9ries. Cette concentration inspire d&rsquo;autres studios comme HBO et CBS. Du c\u00f4t\u00e9 des GAFA, Amazon propose de d\u00e9penser 1 milliard de dollars pour adapter <em>Le Seigneur des anneaux<\/em> en s\u00e9rie. Jeff Bezos (pr\u00e9sident d&rsquo;Amazon) a annonc\u00e9 que 100 millions de personnes utilisent d\u00e9j\u00e0 son service de streaming, accessible aux abonn\u00e9s \u00e0 Prime, son service payant de livraison rapide. Facebook ne fait pas myst\u00e8re de ses ambitions dans ce domaine, et Google n&rsquo;a pas renonc\u00e9 \u00e0 faire d\u00e9coller YouTube Red, la version payante de sa plate-forme de vid\u00e9o. L&rsquo;id\u00e9e que Netflix finira d\u00e9vor\u00e9 par l&rsquo;un de ces g\u00e9ants ne peut \u00eatre exclue&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sources :\u00a0 \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/0301582702974-le-plan-de-netflix-pour-conquerir-les-marches-europeens-2170361.php\">Le plan de Netflix pour conqu\u00e9rir les march\u00e9s europ\u00e9ens<\/a>\u00a0\u00bb (Nicolas Madelaine), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 19 avril 2018 ; \u00ab\u00a0Netflix dynamite la t\u00e9l\u00e9 et le septi\u00e8me art\u00a0\u00bb (Alexandre Piquart),<\/em> Le Monde<em>, 14-15 mai 2018, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, p. 2-3.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab Marx avait raison \u00bb, un\u00a0spectacle t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 chinois<\/span><\/h2>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/U1qCtjbnj3E\" width=\"560\" height=\"314\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour marquer le 200e anniversaire de la naissance de Marx, la cha\u00eene d&rsquo;\u00c9tat CCTV 1 a r\u00e9cemment diffus\u00e9 un programme en cinq \u00e9pisodes de trente minutes, <em>Marx avait raison<\/em>, sorte de m\u00e9lange de questions, d&rsquo;expos\u00e9s, de vid\u00e9os et de mini-conf\u00e9rences, devant un public d&rsquo;\u00e9tudiants bien (trop) sages. L&rsquo;animatrice Wu Xuelan dit d&#8217;embl\u00e9e que si Marx \u00e9tait encore vivant, il serait riche des droits provenant des ventes de <em>Capital<\/em>, fa\u00e7on de dire qu&rsquo;on peut \u00eatre fid\u00e8le au marxisme et riche en m\u00eame temps. Dans l&rsquo;\u00e9mission, Wang Xinsheng, professeur de marxisme \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Nankai, opine que \u00ab <em>le socialisme de march\u00e9 en Chine se sert de l&rsquo;\u00e9conomie marchande comme outil pour r\u00e9aliser les valeurs et les buts du socialisme <\/em>\u00bb. Par contre, l&rsquo;\u00e9conomie capitaliste occidentale a connu la crise globale de 2008, des divisions politiques comme le Brexit, et l&rsquo;\u00e9lection de Trump, alors la Chine a eu la stabilit\u00e9 gr\u00e2ce au parti unique r\u00e9uni autour des id\u00e9aux de Marx. L&rsquo;effondrement du bloc sovi\u00e9tique \u00e9tait la faute des r\u00e9formistes comme Gorbatchev qui ont abandonn\u00e9 la doctrine marxiste-l\u00e9niniste. Bien vu, professeur !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, une cha\u00eene au sud du pays a produit une s\u00e9rie, <em>Le Socialisme est cool<\/em>, qui faisait figurer des groupes de rap avec des paroles patriotiques un peu risqu\u00e9es. Pendant ce temps, les in\u00e9galit\u00e9s en Chine rivalisent celles aux \u00c9tats-Unis ; on y compte 800 milliardaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de se moquer de la t\u00e9l\u00e9vision chinoise, il ne faut pas oublier que la France a connu elle aussi un moment comparable de propagande t\u00e9l\u00e9visuelle : le raout \u00e0 la gloire du n\u00e9olib\u00e9ralisme \u00e9mergent qu&rsquo;\u00e9tait <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Vive_la_crise_!_(%C3%A9mission_de_t%C3%A9l%C3%A9vision)\"><em>Vive la crise !<\/em><\/a> (Antenne 2, 1984), anim\u00e9 par Yves Montand avec la collaboration de la journaliste Christine Ockrent, l&rsquo;\u00e9conomiste Michel Albert et le journal <em>Lib\u00e9ration<\/em>. Quant \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 fran\u00e7aise, il n&rsquo;y manque pas de doctes d\u00e9fenseurs de l&rsquo;ordre \u00e9tabli&#8230;<\/p>\n<p><em>Source : \u00ab\u00a0On this Chinese TV show, participants have nothing to lose but their chains\u00a0\u00bb (Chris Buckley), <\/em>The New York Times<em>, mai 5, 2018.<\/em><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Spotify p\u00e9nalise les artistes au comportement jug\u00e9 nocif ou haineux<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_31047\" aria-describedby=\"caption-attachment-31047\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-31047\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/kelly-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/kelly-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/kelly-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/kelly-36x36.jpg 36w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-31047\" class=\"wp-caption-text\">R. Kelly (1967-)<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_31048\" aria-describedby=\"caption-attachment-31048\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-31048\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tentacion-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tentacion-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tentacion-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/tentacion-36x36.jpg 36w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-31048\" class=\"wp-caption-text\">XXXTentacion (J.D. Onfroy), 1998-<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les playlists de Spotify, plus de R. Kelly, ni de XXXTentacion dans les s\u00e9lections mises en avant, m\u00eame si leurs chansons restent th\u00e9oriquement disponibles sur la plate-forme. Une d\u00e9cision li\u00e9e aux accusations contre les chanteurs, soup\u00e7onn\u00e9s de violences sexuelles pour le premier, et de violences conjugales pour le second. Les nouvelles r\u00e8gles adopt\u00e9es par Spotify, d\u00e9voil\u00e9es le 10 mai, stipulent que la plate-forme supprimera des playlists tout contenu incitant \u00e0 la violence ou \u00e0 la haine, mais aussi les artistes qui commettent des actes \u00ab <em>particuli\u00e8rement blessants ou haineux<\/em> \u00bb, notamment des violences sexuelles. En ao\u00fbt 2017, Spotify avait d\u00e9j\u00e0 banni des groupes d&rsquo;extr\u00eame droite aux textes ouvertement racistes ou islamophobes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Spotify s&rsquo;est entour\u00e9 d&rsquo;organisations et d&rsquo;associations sp\u00e9cialis\u00e9es dans la lutte contre les propos haineux, mais n&rsquo;a pas pr\u00e9cis\u00e9 combien de mod\u00e9rateurs elle disposait pour trier les signalements. La t\u00e2che semble ardue, car il ne s&rsquo;agit pas de sanctionner uniquement les artistes qui ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s par la justice. Un autre cas de figure est celui des artistes ayant purg\u00e9 leur peine comme Bertrand Cantet, condamn\u00e9 en 2004 pour le meurtre de sa campagne Marie Trintignant, et dont le retour sur la sc\u00e8ne musicale a provoqu\u00e9 de nombreux d\u00e9bats et protestations en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En s&rsquo;int\u00e9ressant au comportement des artistes, Spotify fait un aveu, affirme Sophie Fanen, auteure de<em> Boulevard du stream<\/em> (Le Castor Astral, 2017) : \u00ab<em> [Spotify] a reconnu qu&rsquo;elle avait un statut de m\u00e9dia, et non pas d&rsquo;h\u00e9bergeur. Elle ne se contentera plus seulement de r\u00e9agir aux musiques ou aux artistes probl\u00e9matiques qui lui sont signal\u00e9s. D\u00e9sormais, elle va agir en amont, \u00e9ditorialiser ses contenus, remplacer la loi par la morale. C&rsquo;est toute la difficult\u00e9 pour Spotify. Il va bien falloir qu&rsquo;ils d\u00e9terminent o\u00f9 ils veulent placer le curseur. Des artistes qui sont des salopards, il y en a beaucoup. Mais cela peut aussi vite virer au puritanisme, si par exemple ils d\u00e9cident de ne plus mettre dans leurs playlists des musiques contenant trop de gros mots. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question du curseur est primordiale dans cette entreprise de moralisation. Si on veut sanctionner de gros mots, il faudra bannir beaucoup de titres rap, forme actuellement dominante, et grand pourvoyeur de <em>bad boys<\/em> s&rsquo;envenimant contre les <em>bitches<\/em> et les <em>hoes<\/em>. Si on veut s&rsquo;attaquer aux comportements ill\u00e9gaux connus, par exemple la consommation de substances illicites, il ne resterait plus grand monde pour alimenter les plates-formes. Les mondes du rock, du jazz, du rap, par trop masculins, connaissent tr\u00e8s peu de <em>gentlemen<\/em> en ce qui concerne les rapports avec les femmes*.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne plus \u00eatre mis en avant sur les grosses plates-formes peut, \u00e0 long terme, tuer \u00e9conomiquement un artiste. Seule une minorit\u00e9 d&rsquo;utilisateurs tapent les noms des artistes qu&rsquo;ils veulent \u00e9couter ; Spotify estime qu&rsquo;entre 60 \u00e0 70 %\u00a0 des \u00e9coutes ont pour origine des playlists, devenues un nouveau mode de consommation musicale. Autrement dit, c&rsquo;est plut\u00f4t la plate-forme qui sanctionne les artistes pour des \u00e9carts de conduite, et non l&rsquo;utilisateur. Toutes proportions gard\u00e9es (car le contexte est bien diff\u00e9rent), n&rsquo;y a-t-il pas l\u00e0 l&rsquo;esquisse d&rsquo;une sorte de retour au <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Code_Hays\">code Hays<\/a> (1934-66) ?<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">*Pour un grand livre sur la face obscure du rock, \u00e9crit par un ancien journaliste du <em>New Musical Express<\/em> (London) : Nick Kent, <em>L&rsquo;Envers du rock<\/em>, Na\u00efve, 2006.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Sur les nouveaux modes de consommation musicale en ligne, voir <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-de-communication-63-avril-2018\/\">Actualit\u00e9s #63, avril 2018<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Spotify va p\u00e9naliser les artistes au comportement \u00ab\u00a0nocif ou haineux\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb (Perrine Signoret), <\/em>Le Monde<em>, 14-15 mai 2018, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, p. 8.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/category\/actualites\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lire les autres articles de la rubrique.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:3px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juin 2018 Contenu : 1 Le d\u00e9clin des musiciens de studio 2 Le nombre d&rsquo;abonn\u00e9s de Netflix progresse toujours 2.1 Entretien avec Ted Sarandos 2.2 Une destruction de valeur ? 3 Netflix \u00e0 la conqu\u00eate des march\u00e9s europ\u00e9ens et mondiaux 4 \u00ab Marx avait raison \u00bb, un spectacle t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 chinois 5 Spotify p\u00e9nalise les artistes au comportement jug\u00e9 nocif ou haineux<\/p>\n","protected":false},"author":1294,"featured_media":27280,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[80,12,783,680,14],"tags":[166,89,997,123],"coauthors":[791],"class_list":["post-30839","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-musique","category-netflix","category-rocknroll","category-serie-tv","tag-americanisation","tag-marxisme","tag-production","tag-streaming"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1294"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30839"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30839\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27280"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30839"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30839"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=30839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}