
{"id":30224,"date":"2017-04-01T01:00:06","date_gmt":"2017-03-31T23:00:06","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=30224"},"modified":"2019-04-26T16:37:26","modified_gmt":"2019-04-26T14:37:26","slug":"creances-financieres-economie-mondiale-tony-norfield","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/creances-financieres-economie-mondiale-tony-norfield\/","title":{"rendered":"Les cr\u00e9ances financi\u00e8res sur l&rsquo;\u00e9conomie mondiale (le capital fictif) &#8211; Tony NORFIELD"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30224?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30224?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: center;\">Interdit \u00e0 la reproduction payante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pr\u00e9sentation (David Buxton)<\/span><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Cette critique du livre de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fran%C3%A7ois_Chesnais\">Fran\u00e7ois Chesnais<\/a>, <\/em>Finance Capital Today: Corporation and Banks in the Lasting Global Slump<em>*, a \u00e9t\u00e9 post\u00e9e par Tony Norfield sur son blog <a href=\"https:\/\/economicsofimperialism.blogspot.fr\/\">The Economics of Imperialism<\/a>, le 24 novembre 2016.\u00a0 Le texte est publi\u00e9 dans la Web-revue avec sa permission. La traduction de l&rsquo;anglais est assur\u00e9e par moi, ainsi que l&rsquo;iconographie et les sous-titres.<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_30251\" aria-describedby=\"caption-attachment-30251\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-30251\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield-128x128.jpg 128w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/norfield.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30251\" class=\"wp-caption-text\"><em>Tony Norfield<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Malgr\u00e9 quelques termes techniques qui demanderont un petit effort de familiarisation pour le lecteur profane, le texte expose de mani\u00e8re claire et concise les principales contradictions du capitalisme contemporain, notamment celles du syst\u00e8me financier. Tony Norfield a soutenu sa th\u00e8se en \u00e9conomie (School of Oriental and African Studies, University of London) en 2014 sur le sujet de l&rsquo;imp\u00e9rialisme britannique et la finance. Il a publi\u00e9 <\/em>The City: London and the Global Power of Finance<em> (Verso, London) en 2016 (<a href=\"https:\/\/www.versobooks.com\/books\/2457-the-city\">r\u00e9sum\u00e9 ici<\/a>). Dans une autre vie, il a \u00e9t\u00e9 financier \u00e0 la City pendant presque 20 ans, y compris une p\u00e9riode comme l&rsquo;un des directeurs de la banque commerciale n\u00e9erlandaise ABN AMRO. Dr\u00f4le de parcours pour un \u00e9conomiste ind\u00e9pendant d&rsquo;orientation (n\u00e9o)marxiste, du coup exceptionnellement bien plac\u00e9 pour parler du monde de la finance !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Pourquoi une analyse de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale dans une revue consacr\u00e9e aux industries culturelles et \u00e0 la communication ? C&rsquo;est parce que je suis convaincu que les recherches dans ces deux domaines (caract\u00e9ris\u00e9s par la consommation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, et de plus en plus instantan\u00e9e) ne peuvent se passer du concept cl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre ici, \u00e0 savoir celui du \u00ab capital fictif \u00bb. Comment expliquer autrement les injections massives de capital sp\u00e9culatif dans des start-up exploitant la technologie num\u00e9rique (notamment dans la Silicon Valley), souvent sans mod\u00e8le d&rsquo;affaires viable, et parfois m\u00eame sans rentr\u00e9e d&rsquo;argent ni valeur d&rsquo;usage affirm\u00e9e, ni dans les cas extr\u00eames de produit ? On se souvient de MySpace, vendu \u00e0 35 millions de dollars en 2011 apr\u00e8s une valorisation de 12 milliards en 2007. Spotify, le leader des plates-formes de streaming musical, n&rsquo;a jamais fait de b\u00e9n\u00e9fices (581 millions de dollars de pertes en 2017, contre une valorisation r\u00e9cente de 23 milliards) ; Snapchat (derni\u00e8re valorisation, 21 milliards), et jusqu&rsquo;\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment Twitter (24,3 milliards), non plus. Les fonds divulgu\u00e9s de Facebook**, non n\u00e9gligeables (12,8 milliards de dollars, 2017), sont quand m\u00eame d\u00e9risoires par rapport \u00e0 sa valeur boursi\u00e8re (437 milliards en f\u00e9vrier 2018, mais il a perdu 83 milliards le mois dernier). Mais comme l&rsquo;article l&rsquo;indique, ce ph\u00e9nom\u00e8ne est loin d&rsquo;\u00eatre limit\u00e9 \u00e0 la \u00ab nouvelle \u00e9conomie \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>C&rsquo;est dans le chapitre 29 du troisi\u00e8me tome de <\/em>Capital<em> que Marx avance le concept de \u00ab capital fictif \u00bb. Il s&rsquo;agit du syst\u00e8me de cr\u00e9dit, faiblement d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, qui permet au capital de se multiplier en \u00e9changeant des valeurs n&rsquo;existant que sur le papier, sans r\u00e9serves mon\u00e9taires ou actifs convertibles pour les appuyer. Tout repose sur la confiance que ces valeurs \u00ab fictives \u00bb seront convertibles en valeurs \u00ab r\u00e9elles \u00bb dans l&rsquo;avenir. Autrement dit, sauf miracle, le destin ultime du capital fictif serait de perdre la grosse part de sa valeur, une fois la confiance rompue devant une masse critique de dette (la bulle qui \u00e9clate).\u00a0 C&rsquo;est dans ce contexte, o\u00f9 la part des investissements en capital fixe (capital productif) ne cesse de d\u00e9cliner, qu&rsquo;on peut comprendre comment on en arrive \u00ab rationnellement \u00bb \u00e0 \u00e9ponger la \u00ab pl\u00e9thore de capital sous la forme de capital-argent \u00bb (Marx) dans des start-up \u00e0 la valeur future tr\u00e8s incertaine.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Les livres 2 et 3 du <\/em>Capital<em> furent pr\u00e9par\u00e9s par Engels \u00e0 partir des brouillons plus ou moins inachev\u00e9s, et publi\u00e9s apr\u00e8s la mort de Marx. Comme le remarque Tony Norfield, la section du tome 3 sur le capital fictif co\u00efncide \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 la qualit\u00e9 de la r\u00e9daction se d\u00e9grade sensiblement, au point o\u00f9 il est parfois difficile d&rsquo;en saisir la coh\u00e9rence. Pour cette raison, il reste une certaine ambigu\u00eft\u00e9 quant aux param\u00e8tres du capital fictif, et c&rsquo;est sur ce point que se situe l&rsquo;un des points de d\u00e9saccord entre Norfield et Chesnais. Alors que ce genre de d\u00e9bat \u00ab technique \u00bb entre sp\u00e9cialistes est normal, il est important pour le lecteur non \u00e9conomiste qu&rsquo;il existe des points de convergence ; \u00e0 ce titre, le livre de Chesnais, et sa critique par Norfield et d&rsquo;autres ont ind\u00e9niablement fait avancer la discussion***. On ne peut plus parler du capital financier comme si Hilferding et L\u00e9nine ont eu le dernier mot au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, encore moins Marx au 19e si\u00e8cle. La cible implicite ici, outre le marxisme fig\u00e9 et dogmatique, ce sont des arguments r\u00e9formistes qui critiquent les exc\u00e8s de la finance et non le capitalisme lui-m\u00eame, car les deux ont toujours \u00e9t\u00e9 ins\u00e9parables.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">*Haymarket Books, Chicago, 2018 ; \u00e9dition original, Brill, Leiden, 2016. Pour quelques articles de Chesnais en fran\u00e7ais qui r\u00e9sument l&rsquo;essentiel de ses arguments, voir \u00ab <a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/finance-impasse-capitalisme\/\">Les dimensions financi\u00e8res de l&rsquo;impasse du capitalisme\u00a0<\/a>\u00bb(<em>Contretemps<\/em>, 21 d\u00e9c. 2017 ; \u00ab <a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/chesnais-limites-capitalisme\/\">Le capitalisme a-t-il rencontr\u00e9 des limites infranchissables ?<\/a> \u00bb (<em>Contretemps<\/em>, 6 f\u00e9vr. 2017) ; \u00ab <a href=\"https:\/\/www.inprecor.fr\/article-Crises-Le%20cours%20actuel%20du%20capitalisme%20et%20les%20perspectives%20de%20la%20soci%C3%A9t%C3%A9%20humaine%20civilis%C3%A9e?id=1952\">Le cours actuel du capitalisme et les perspectives de la soci\u00e9t\u00e9 humaine civilis\u00e9e<\/a> \u00bb, <em>Inprecor<\/em> n\u00b0\u00a0631-632, septembre-novembre 2016.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">**Les exemples de Facebook et de WhatsApp sont cit\u00e9s par Tony Norfield dans <em>The City<\/em>, p. 91.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">***Pour d&rsquo;autres critiques (plut\u00f4t positives) du livre de Chesnais, voir Louis Gill, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/lecture-chesnais-finance-capital\/\">\u00c0 propos de <em>Finance Capital Today<\/em> de Fran\u00e7ois Chesnai<\/a>s \u00bb (<em>Contretemps<\/em>, 11 mars 2017) ; Michel Husson, \u00ab <a href=\"https:\/\/alencontre.org\/economie\/le-capital-financier-et-ses-limites-autour-du-livre-de-francois-chesnais.html\">Le capital financier et ses limites. Autour du livre de Fran\u00e7ois Chesnais <\/a>\u00bb, (<em>\u00c0 l&rsquo;encontre<\/em>, 15 f\u00e9vr. 2017).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">D&rsquo;autres lectures sur le capital fictif : C\u00e9dric Durand<em>, <a href=\"https:\/\/www.lesprairiesordinaires.com\/le-capital-fictif.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Le capital fictif<\/a><a href=\"https:\/\/www.lesprairiesordinaires.com\/le-capital-fictif.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">,<\/a> <\/em>Les Prairies ordinaires, 2014 (<a href=\"https:\/\/www.contretemps.eu\/a-lire-un-extrait-de-le-capital-fictif-de-cedric-durand\/\">extrait publi\u00e9<\/a><\/span><span style=\"font-size: 8pt;\"> d<\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">ans <em>Contretemps<\/em>, 3 d\u00e9c. 2014) ; <a href=\"https:\/\/clementsenechal.com\/2014\/11\/24\/lessor-du-capital-fictif-comment-la-finance-sapproprie-notre-avenir-collectif\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/clementsenechal.com\/2014\/11\/24\/lessor-du-capital-fictif-comment-la-finance-sapproprie-notre-avenir-collectif\/<\/a>, blog de Cl\u00e9ment S\u00e9n\u00e9chal ; Alain Bihr, \u00ab <a href=\"https:\/\/www.revue-interrogations.org\/Le-capital-financier\">Le capital financier<\/a> \u00bb,\u00a0 \u00bf <em>Interrogations ?<\/em>, 13 d\u00e9c. 2011. Dans la <em>Web-revue<\/em>, <a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-32-juin-2015\/\">Actualit\u00e9s #32, juin 2015<\/a> ; <a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-des-industries-culturelles-et-numeriques-40-mars-2016\/\">Actualit\u00e9s #40, mars 2016<\/a> ;\u00a0 <a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-41-avril-2016\/\">Actualit\u00e9s #41, avril 2016<\/a>. <br \/>\n<\/span><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Une crise du capitalisme tout court<\/span><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce livre [de Fran\u00e7ois Chesnais] en vaut la peine. Il est \u00e9crit dans un style clair et accessible, et il aborde les points d\u00e9cisifs concernant les limites du capital, et le r\u00f4le de la finance contemporaine. Son argument le plus important est que le syst\u00e8me financier a accumul\u00e9 des cr\u00e9ances substantielles par rapport \u00e0 la production actuelle et future de l\u2019\u00e9conomie mondiale sous la forme de reversements d\u2019int\u00e9r\u00eats sur des pr\u00eats et des obligations, de dividendes provenant des actions, etc. Ces cr\u00e9ances ont accru plus vite que la capacit\u00e9 du syst\u00e8me capitaliste \u00e0 les couvrir, mais les gouvernements ont jusqu\u2019ici r\u00e9ussi \u00e0 emp\u00eacher un effondrement des march\u00e9s financiers avec des politiques de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat z\u00e9ro, d\u2019assouplissement quantitatif (<em>quantitative easing<\/em>), et des d\u00e9ficits publics \u00e9normes par rapport au niveau de taxation, etc. Il en r\u00e9sulte une crise non r\u00e9solue, une r\u00e9cession mondiale durable dans laquelle la croissance \u00e9conomique reste tr\u00e8s faible, et un important niveau de dette perdure.<\/p>\n<figure id=\"attachment_30252\" aria-describedby=\"caption-attachment-30252\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-30252\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/chesnais-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30252\" class=\"wp-caption-text\">Fran\u00e7ois Chesnais<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur deux points li\u00e9s, l\u2019approche de Chesnais le d\u00e9marque de la plupart d\u2019\u00e9conomistes, et pour cela il m\u00e9rite nos remerciements. D\u2019abord, il dit clairement que nous sommes dans une crise du capitalisme tout court, et non dans une crise du capitalisme financiaris\u00e9 qui pourrait \u00eatre r\u00e9gul\u00e9 si un gouvernement r\u00e9formiste prenait des mesures contre les m\u00e9chants financiers. Ensuite, son analyse a pour point de d\u00e9part l\u2019\u00e9conomie mondiale, en reconnaissant que c\u2019est plus facile \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 faire. Alors qu\u2019il d\u00e9montre le r\u00f4le central jou\u00e9 par les \u00c9tats-Unis, il ne centre pas son analyse enti\u00e8rement sur l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine (ce qui est fr\u00e9quent chez les critiques de gauche), et souligne le r\u00f4le important jou\u00e9 par les autres puissances dans le fonctionnement de la machine imp\u00e9riale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livre de Chesnais aide le lecteur \u00e0 mieux comprendre les r\u00e9alit\u00e9s du capitalisme mondialis\u00e9, en fournissant une abondance de preuves empiriques. Il aide aussi \u00e0 clarifier les diverses opinions avec une discussion de leur contexte th\u00e9orique. Dans cette critique, je parlerai des points importants soulev\u00e9s par le livre, et aussi de quelques points de d\u00e9saccord. Ceux-ci impliquent parfois une simple question d&rsquo;accentuation, ou une autre d\u00e9finition d\u2019un terme courant, mais une formulation erron\u00e9e peut mener \u00e0 de r\u00e9els probl\u00e8mes th\u00e9oriques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chesnais commence son livre en exposant les origines de la crise de 2008. Il affirme que celle-ci a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9e depuis 1998 par l\u2019accroissement de la dette aux \u00c9tats-Unis et ailleurs, et par l\u2019essor de l\u2019\u00e9conomie chinoise. En 2008, \u00ab <em>la brutalit\u00e9 de la crise financi\u00e8re s\u2019expliquait par l\u2019accumulation du capital fictif, et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du syst\u00e8me de cr\u00e9dit apr\u00e8s titrisation<\/em> \u00bb, ce qui a mondialis\u00e9 la crise \u00e0 un degr\u00e9 jusqu\u2019alors inconnu. Cela a impliqu\u00e9 une \u00e9conomie mondiale beaucoup plus int\u00e9gr\u00e9e apr\u00e8s la d\u00e9composition de l\u2019Union sovi\u00e9tique, et l\u2019incorporation de beaucoup plus de pays dans le syst\u00e8me mondial de commerce et de finance. La crise fut caract\u00e9ris\u00e9e par \u00ab <em>la double suraccumulation du capital provenant d\u2019une part d\u2019une capacit\u00e9 productive engendrant la surproduction, et de l\u2018autre, d\u2019une \u00ab\u00a0pl\u00e9thore de capital\u00a0\u00bb sous les formes de capital fictif et de capital potentiellement porteur d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/em> \u00bb. Les gouvernements des grands pays ont beaucoup fait pour emp\u00eacher la crise de suivre la m\u00eame course que dans les ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chesnais a un point de vue int\u00e9ressant sur la Chine, qui n\u2019est pas domin\u00e9e, selon lui, par les grandes puissances. Il note sa position subordonn\u00e9e dans la division mondiale du travail avec sa main-d\u2019\u0153uvre peu ch\u00e8re ; il comprend cela comme un facteur du d\u00e9veloppement du march\u00e9 mondial, et non comme un signe d\u2019oppression au sens l\u00e9niniste. C\u2019est le reflet de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du statut \u00e9conomique et politique de la Chine. Pour ma part, je dirais que la Chine est en transition vers le premier rang des grandes puissances (elle est actuellement troisi\u00e8me dans mon classement des pays en termes de puissance mondiale) [1].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 3 s\u2019intitule \u00ab La notion de capital porteur d\u2019int\u00e9r\u00eat dans le contexte actuel de la centralisation et de la concentration du capital \u00bb. C\u2019est un sujet important, mais ici l\u2019exposition de Chesnais d\u00e9\u00e7oit un peu, quand bien m\u00eame l\u2019approche est louable. Il commence en affirmant que \u00ab <em>la canalisation de la plus-value dans le capitalisme contemporain, \u00e0 travers la possession de pr\u00eats aux gouvernements et d&rsquo;actions, par un petit groupe de soci\u00e9t\u00e9s hautement concentr\u00e9es, financi\u00e8res et non financi\u00e8res, et d\u2019actionnaires individuels \u00e0 hauts revenus demande que plusieurs aspects du capital porteur d\u2019int\u00e9r\u00eat, trait\u00e9s de mani\u00e8re partielle et s\u00e9par\u00e9e par Marx, soient d\u00e9sormais abord\u00e9s <\/em>in toto \u00bb. Je suis enti\u00e8rement d\u2019accord, d\u2019autant que la section correspondante dans <em>Capital<\/em> est dans un d\u00e9sordre \u00e9pouvantable, et qu\u2019Engels a eu beaucoup de mal \u00e0 la corriger pour la publication posthume. Chesnais, cependant, a tendance \u00e0 maintenir la focalisation sur les banques. Ce n\u2019est que plus loin qu\u2019il explique que le capital porteur d\u2019int\u00e9r\u00eat est un ph\u00e9nom\u00e8ne beaucoup plus r\u00e9pandu dans le capitalisme moderne. M\u00eame l\u00e0, je dirais que les formes prises par ce ph\u00e9nom\u00e8ne, surtout dans les op\u00e9rations pour compte propre, ne sont pas pleinement expliqu\u00e9es en consid\u00e9rant l\u2019int\u00e9r\u00eat comme la source des revenus, ou suivant Hilferding, en consid\u00e9rant le gain d\u2019un sp\u00e9culateur comme la perte d\u2019un autre [2].<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">Le capital fictif<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce chapitre comprend aussi une discussion de deux probl\u00e8mes concernant la th\u00e9orie marxiste de la finance. L\u2019un rel\u00e8ve de la diff\u00e9rence d\u2019opinions entre <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Costas_Lapavitsas\">Costas Lapavitsas<\/a> et moi-m\u00eame (et d\u2019autres) sur la question de \u00ab l\u2019exploitation \u00bb des salari\u00e9s par les banques, \u00e0 travers l\u2019application d\u2019un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les pr\u00eats, etc. Chesnais note correctement que cet int\u00e9r\u00eat n\u2019est, de toute fa\u00e7on, qu\u2019une petite part des b\u00e9n\u00e9fices des banques, et n\u2019a pas l\u2019importance que lui attribue l\u2019\u00e9cole de \u00ab l\u2019exploitation \u00bb. Citant Rosa Luxembourg, cependant, il s\u2019aligne sur l\u2019id\u00e9e que ces d\u00e9ductions repr\u00e9sentent une r\u00e9duction de la valeur de la force de travail. Je ne suis pas d\u2019accord, non seulement parce que les jugements de Luxembourg en mati\u00e8re de th\u00e9orie \u00e9conomique (sans parler de strat\u00e9gie politique) laissent beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer. Mon argument, cit\u00e9 par Chesnais, est que l\u2019application des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat n\u2019implique pas en elle-m\u00eame la baisse de la valeur de la force de travail. Si cette d\u00e9duction d\u2019int\u00e9r\u00eat devient une part importante des revenus des travailleurs, alors les salaires auront tendance \u00e0 augmenter par compensation. Il ne s\u2019agit pas d\u2019exclure la possibilit\u00e9 que la valeur de la force de travail ne puisse \u00eatre rabaiss\u00e9e, mais ce n\u2019est que dans l\u2019imagination des populistes que ce processus serait le r\u00e9sultat de la facturation de l\u2019int\u00e9r\u00eat sur les pr\u00eats aux salari\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-30321\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/thecity.jpg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"279\" \/>La deuxi\u00e8me question th\u00e9orique soulev\u00e9e dans le chapitre 3 est celle des pr\u00eats bancaires. \u00c0 la diff\u00e9rence de beaucoup de marxistes, Chesnais reconna\u00eet que les banques peuvent cr\u00e9er elles-m\u00eames des actifs en d\u00e9p\u00f4t ; il d\u00e9signe ceux-ci, cependant, comme du \u00ab capital fictif \u00bb, ce qui pr\u00eate \u00e0 confusion. C\u2019est une perspective assez partag\u00e9e, par exemple dans <em>The Limits to Capital<\/em> de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/David_Harvey\">David Harvey<\/a>, mais elle n\u2019est pas conforme \u00e0 la d\u00e9finition donn\u00e9e par Marx. Une banque peut cr\u00e9er un pr\u00eat \u00e0 partir de rien ; ce dernier n\u2019est pas d\u00e9pendant d\u2019un d\u00e9p\u00f4t en liquide r\u00e9el, alors en ce sens, il est bien \u00ab fictif \u00bb. Mais on devrait l\u2019appeler dans ce cas un d\u00e9p\u00f4t ou un actif \u00ab fictif \u00bb de la banque. On peut mieux d\u00e9crire le capital fictif, en revanche, comme un titre financier \u00e9chang\u00e9 sur le march\u00e9, dont le prix est fonction des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et des attentes futures quant au retour sur investissement [3]. Cela n\u2019est pas vrai en ce qui concerne des d\u00e9p\u00f4ts bancaires ou des actifs de pr\u00eats, qui restent inscrits dans le bilan de la banque. Ce n\u2019est que lorsque ces actifs sont titris\u00e9s \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire lorsque les pr\u00eats sont utilis\u00e9s pour acheter un titre \u00e9changeable \u2013 qu\u2019ils deviendront du capital fictif. Voil\u00e0 le noyau de la d\u00e9finition donn\u00e9e par Marx du capital fictif, bien que celui-ci ne soit pas clairement expliqu\u00e9 dans <em>Capital<\/em>, ni d\u2019ailleurs son analyse des pr\u00eats bancaires et des d\u00e9p\u00f4ts. Appeler ceux-ci \u00ab capital fictif \u00bb ne peut que pr\u00eater \u00e0 confusion lorsqu\u2019on analyse les d\u00e9veloppements actuels dans les march\u00e9s financiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 4 est celui que j\u2019appr\u00e9cie le plus. Son titre \u00ab Les modes de r\u00e9alisation organisationnelle du capital financier et le partage entre soci\u00e9t\u00e9s commerciales de la plus-value* \u00bb est tout sauf concis, mais il contient des analyses et des informations extr\u00eamement valables. Chesnais passe en revue les diff\u00e9rentes formes prises par l\u2019\u00e9volution du capitalisme dans les grandes puissances \u00e9conomiques d\u2019aujourd\u2019hui, focalisant sur les \u00c9tats-Unis, l\u2019Allemagne, La Grande-Bretagne et la France. Il examine les relations entre l\u2019\u00c9tat, les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es, les banques et la puissance imp\u00e9riale. Bien que remarquant l\u2019importance des fonds de pension comme actionnaires des grandes entreprises \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, il affirme que \u00ab <em>plut\u00f4t que les banquiers, ce sont les industriels avec des connexions financi\u00e8res qui constituent le noyau de la communaut\u00e9 des entreprises europ\u00e9enne<\/em> \u00bb. M\u00eame si certains pensent qu\u2019il existe une classe capitaliste internationale, Chesnais est de l\u2019avis (et je suis d\u2019accord) que des groupes principaux de \u00ab capitalistes financiers \u00bb appartiennent \u00e0 des pays particuliers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un argument important avanc\u00e9 par Chesnais (qui aurait pu \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 davantage) est que, dans le capitalisme contemporain, contrairement aux analyses de Marx et de Hilferding, le capital marchand (essentiellement du capital commercial et de la finance) n\u2019est pas subordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019industrie, m\u00eame s\u2019il est d\u00e9pendant des b\u00e9n\u00e9fices industriels. Chesnais analyse, tout de m\u00eame, le r\u00f4le jou\u00e9 par les grands n\u00e9gociants en mati\u00e8res premi\u00e8res et les d\u00e9taillants. \u00c0 mon avis, cela refl\u00e8te la fa\u00e7on dont les grandes puissances se sont servies du syst\u00e8me commercial et financier pour consolider leurs privil\u00e8ges \u00e9conomiques, ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas dans le Royaume-Uni au 19e si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, comme tout le monde devrait le savoir, ce sont les pays subordonn\u00e9s, plus pauvres, qui sont principalement responsables de la production, du moins l\u00e0 o\u00f9 celle-ci ne fait pas l\u2019objet d\u2019un monopole.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">La mondialisation des march\u00e9s financiers<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-30272\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/imperialism.jpg\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"282\" \/>Dans les chapitres 5 et 6, Chesnais aborde les oligopoles mondiaux et les op\u00e9rations des entreprises transnationales. Ici son livre chevauche celui de John Smith <a href=\"https:\/\/rdln.wordpress.com\/2016\/06\/01\/interview-with-john-smith-author-of-imperialism-in-the-twenty-first-century\/\">(interview),<\/a> <em>Imperialism in the Twenty-First Century<\/em> (Monthly Review Press, 2016) en insistant sur l\u2019appropriation pr\u00e9datrice de la valeur par les \u00ab <em>cha\u00eenes mondiales de marchandises impuls\u00e9es par les acheteurs<\/em> \u00bb. Chesnais s\u2019\u00e9loigne, cependant, du travail de Smith sur un certain nombre de points, notamment en affirmant que la Chine, l\u2019Inde et le Br\u00e9sil ne sont pas dans la position classique des pays opprim\u00e9s, en raison de leur statut plus \u00e9lev\u00e9 sur le march\u00e9 mondial. En ce qui concerne les donn\u00e9es sur celui-ci, Chesnais note l\u2019estimation faite par la CNUCED (Conf\u00e9rence des Nations Unies sur le commerce et le d\u00e9veloppement) qu\u2019environ 80 % du commerce mondial est li\u00e9 aux r\u00e9seaux de production des entreprises transnationales ; il serait erron\u00e9 donc de focaliser sur les donn\u00e9es provenant de l\u2019investissement \u00e9tranger direct pour avoir une image compl\u00e8te de l\u2019investissement international. Ce, pour deux raisons : la ligne floue entre investissements \u00e9trangers directs et investissements dans des portefeuilles d&rsquo;actifs ; l\u2019importance des paradis fiscaux comme si\u00e8ge apparent de beaucoup de soci\u00e9t\u00e9s commerciales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 7 aborde la mondialisation des march\u00e9s financiers, et les nouvelles formes de capital fictif. Il s\u2019agit d\u2019un r\u00e9sum\u00e9 utile de la croissance des march\u00e9s financiers, qui d\u00e9pend cependant des sources secondaires, et des donn\u00e9es un peu dat\u00e9es. Les d\u00e9riv\u00e9es financi\u00e8res sont caract\u00e9ris\u00e9es par des \u00ab<em> cr\u00e9ances sur des cr\u00e9ances<\/em> \u00bb, ce qui pourrait induire en erreur ; elles seraient mieux d\u00e9crites comme des contrats diff\u00e9rentiels fond\u00e9s sur les prix des titres de r\u00e9f\u00e9rence. L\u2019argument fondamental ici est que le d\u00e9placement apparent des investissements vers les march\u00e9s financiers r\u00e9sulte du d\u00e9clin des perspectives rentables dans les autres march\u00e9s. Le chapitre se termine avec une analyse des d\u00e9veloppements financiers (marqu\u00e9s par la dette \u00e9trang\u00e8re) en \u00c9quateur, au Br\u00e9sil, en Argentine et en Afrique du Sud, y compris du r\u00f4le des \u00ab fonds vautours \u00bb dans le traitement de la cessation de paiements par l\u2019Argentine.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">Les d\u00e9veloppements actuels dans les march\u00e9s financiers<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chapitres 8 et 9 abordent les d\u00e9veloppements actuels dans les march\u00e9s financiers, focalisant sur les op\u00e9rations bancaires et le cr\u00e9dit. C\u2019est un sujet d\u00e9j\u00e0 bien couvert, mais le chapitre est utile pour les lecteurs moins familiers avec l\u2019histoire r\u00e9cente, surtout pour l\u2019explication du d\u00e9veloppement des cr\u00e9ances hypoth\u00e9caires, des \u00ab banques universelles \u00bb en Europe, de la monopolisation des op\u00e9rations bancaires, et du secteur bancaire parall\u00e8le (<em>shadow banking<\/em>). On explique aussi comment \u00ab l\u2019effet de levier \u00bb &#8211; emprunter \u00e0 cr\u00e9dit pour financer l\u2019achat des actifs \u2013 a cr\u00fb \u00e0 des niveaux extr\u00eames, en raison du d\u00e9clin des b\u00e9n\u00e9fices dans les soci\u00e9t\u00e9s financi\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chapitre 10 met en lumi\u00e8re \u00ab<em> l\u2019instabilit\u00e9 financi\u00e8re mondiale end\u00e9mique<\/em> \u00bb, et indique qu\u2019il existe \u00ab <em>une pl\u00e9thore de capital sous la forme de capital-argent centralis\u00e9 dans des fonds mutuels et des fonds sp\u00e9culatifs (<\/em>hedge funds<em>). Ceux-ci sont d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la valorisation par le commerce du capital fictif sous la forme d\u2019actifs de plus en plus \u00e9loign\u00e9s des processus de production de plus-value, o\u00f9 il devient de plus en plus difficile de faire des b\u00e9n\u00e9fices<\/em> \u00bb. J\u2019irais plus loin en faisant observer que les gestionnaires d&rsquo;actifs, les fonds de pension et les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019assurance (beaucoup plus importants sur les march\u00e9s financiers d&rsquo;aujourd\u2019hui que les fonds mutuels ou les fonds sp\u00e9culatifs) trouvent d\u00e9sormais que leur montagne d\u2019actifs ne peut g\u00e9n\u00e9rer le retour qu\u2019ils ont \u2013 implicitement ou explicitement &#8211; promis. Il est vrai que Chesnais parle de cela plus loin dans le chapitre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>La pl\u00e9thore de capital sous la forme de capital-argent<\/em> \u00bb est reli\u00e9e \u00e0 la profitabilit\u00e9 d\u00e9clinante de l\u2019investissement capitaliste. Chesnais fait remarquer que les rapports officiels, de la Banque des r\u00e8glements internationaux par exemple, font allusion \u00e0 ce probl\u00e8me dans le contexte d\u2019une description de la faible augmentation de la productivit\u00e9, et de la faiblesse de la croissance \u00e9conomique en g\u00e9n\u00e9ral. Il observe correctement que la baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat a commenc\u00e9 bien avant les politiques d\u2019assouplissement quantitatif apr\u00e8s 2008 [4].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est difficile de pr\u00e9ciser empiriquement ces liens avec les donn\u00e9es disponibles, et Chesnais ne cherche pas \u00e0 le faire. Il est important de distinguer entre le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, et le taux de retour sur investissement, qui sont bien diff\u00e9rents. Je pense qu\u2019il serait possible, cependant, de mesurer l\u2019accumulation des actifs financiers mondiaux \u2013 principalement des actions cot\u00e9es, des obligations et des pr\u00eats bancaires \u2013 contre la mesure, m\u00eame approximative, de la profitabilit\u00e9 mondiale absolue dans la dur\u00e9e. Cela d\u00e9monterait \u00e0 quel point les cr\u00e9ances sur les ressources sociales ont augment\u00e9, sous la forme de dividendes et d\u2019int\u00e9r\u00eats, par rapport aux revenus disponibles pour rembourser ces cr\u00e9ances. Mes recherches pr\u00e9liminaires sugg\u00e8rent un d\u00e9clin dans le taux de retour sur investissement entre 2007 et 2014, contre les chiffres fauss\u00e9s de la profitabilit\u00e9 disponibles pour les seuls \u00c9tats-Unis (donn\u00e9es utilis\u00e9es par ceux qui veulent faire un calcul rapide du \u00ab taux de profit \u00bb). Ce \u00ab taux de retour \u00bb n\u2019est pas un \u00ab taux de profit marxiste \u00bb comme celui-ci est traditionnellement compris, mais il refl\u00e9terait mieux, a mon avis, le malaise du syst\u00e8me capitaliste mondial, surtout de la perspective des cr\u00e9anciers majeurs sur ses ressources.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">L&rsquo;absence de recherche critique<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chesnais termine son livre sur deux th\u00e8mes. L\u2019un est une plainte concernant l\u2019absence de recherche marxiste dans les universit\u00e9s, et l\u2019absence de revues o\u00f9 des analyses marxistes peuvent \u00eatre publi\u00e9es. M\u00eame des revues apparemment critiques comme le <em>Cambridge Journal of Economics<\/em> sont au fond plut\u00f4t conservatrices, domin\u00e9es par une approche keyn\u00e9sienne convenue qui \u00e9carte d\u2019un geste de la main une perspective marxiste lorsque celle-ci d\u00e9range son plaidoyer en faveur des politiques \u00ab progressistes \u00bb que l\u2019\u00c9tat capitaliste doit prendre en consid\u00e9ration. S\u2019inscrire dans le consensus progressiste peut \u00eatre acceptable pour les revues en \u00e9conomie ; par contre, d\u00e9voiler les m\u00e9canismes imp\u00e9riaux du pouvoir n\u2019est pas recevable. Tel est le climat quasiment universel dans le monde universitaire d&rsquo;aujourd\u2019hui, malgr\u00e9 les cons\u00e9quences \u00e9videmment destructrices du syst\u00e8me qu\u2019il pr\u00e9tend analyser [5]. Ironiquement, c\u2019est pourquoi les critiques les plus incisives et tranchantes du capitalisme \u2013 du moins d\u2019un point de vue descriptif \u2013 viennent souvent des analystes financiers, qui doivent au moins bien informer leurs clients ! On me dit que la situation des universitaires critiques est encore pire aux \u00c9tats-Unis, ce que je peux bien croire. Pour le d\u00e9veloppement d\u2019un climat intellectuel plus critique, j\u2019ai plus d\u2019espoir dans le monde non anglo-saxon, o\u00f9 cela me semble r\u00e9alisable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me th\u00e8me abord\u00e9 dans la conclusion est la question de l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une nouvelle phase d\u2019accumulation de capital. Pour Chesnais, l\u2019innovation technique a \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9e par la d\u00e9gradation de l\u2019environnement. Il nous laisse avec \u00ab <em>la notion de barbarie, associ\u00e9e aux deux Guerres mondiales et \u00e0 l\u2019Holocauste<\/em> \u00bb. C\u2019est une remarque pessimiste, mais r\u00e9v\u00e9latrice du niveau de l\u2019opposition \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme actuellement. Dans les grands pays imp\u00e9riaux, la r\u00e9ponse \u00e0 la question de \u00ab socialisme ou barbarie \u00bb est biais\u00e9e en faveur de ce dernier terme.<\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 14pt;\">Conclusion<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_30268\" aria-describedby=\"caption-attachment-30268\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-30268\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/hilferding-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-30268\" class=\"wp-caption-text\">Rudolf Hilferding (1877-1941)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus g\u00e9n\u00e9ralement, ma pr\u00e9f\u00e9rence personnelle serait d\u2019\u00e9viter compl\u00e8tement le terme \u00ab capital financier \u00bb. Associ\u00e9 \u00e0 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Rudolf_Hilferding\">Hilferding<\/a> et \u00e0 L\u00e9nine, ce terme est trop li\u00e9 \u00e0 la th\u00e8se du livre \u00e9ponyme de Hilferding (1910)**, \u00e0 savoir que les banques dominent et orientent l\u2019industrie***. Ce n\u2019\u00e9tait pas une bonne description de la situation au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle, et elle est encore moins vraie aujourd\u2019hui. Chesnais serait du m\u00eame avis, car il d\u00e9finit le capital financier comme \u00ab <em>la concentration et la centralisation simultan\u00e9e et entrelac\u00e9e du capital-argent, du capital industriel, et du capital marchand ou commercial r\u00e9sultant de la concentration nationale et transnationale \u00e0 travers des fusions et des acquisitions<\/em> \u00bb. Il explique comment les diff\u00e9rentes formes du capital financier ont \u00e9volu\u00e9, et fait une distinction importante entre les privil\u00e8ges des grandes puissances et la position subordonn\u00e9e des autres. Je suis d\u2019accord, mais je mettrais le capital fictif au centre de l\u2019argument, au lieu du capital financier. Cela d\u00e9montrerait plus clairement que \u00ab la loi de la valeur \u00bb (Marx) s\u2019exprime aujourd\u2019hui principalement, ou du moins plus directement dans les march\u00e9s des titres financiers, plut\u00f4t que dans les march\u00e9s des produits de base (<em>commodity markets<\/em>), bien que les derniers soient importants. La capacit\u00e9 d\u2019une entreprise \u00e0 avoir acc\u00e8s aux financements dans le march\u00e9 boursier et dans le march\u00e9 des obligations, \u00e0 tel ou tel prix, ou la capacit\u00e9 d\u2019un gouvernement \u00e0 emprunter et \u00e0 d\u00e9penser, est indiqu\u00e9e par la valeur de leurs titres dans les march\u00e9s financiers. Ces march\u00e9s font montre aux investisseurs ce qui est bon, mauvais ou acceptable dans l\u2019\u00e9conomie imp\u00e9rialiste mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Notes du traducteur<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">*Je traduis <em>surplus value <\/em>par \u00ab plus-value \u00bb parce que c&rsquo;est le terme utilis\u00e9 par Chesnais lui-m\u00eame dans ses \u00e9crits. Dans sa nouvelle traduction de <em>Capital<\/em>, Jean-Pierre Lefebvre propose, avec force arguments, le terme \u00ab survaleur \u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par la nouvelle \u00e9dition fran\u00e7aise en cours des \u0153uvres compl\u00e8tes de Marx et Engels (GEME). Le nouveau terme est contest\u00e9 par certains.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">**Le livre classique de Hilferding est en ligne <a href=\"https:\/\/www.marxists.org\/francais\/hilferding\/1910\/lcp\/index.htm\">https:\/\/www.marxists.org\/francais\/hilferding\/1910\/lcp\/index.htm<\/a>\/.\u00a0 L&rsquo;opuscule de L\u00e9nine aussi : <a href=\"https:\/\/marxiste.fr\/lenine\/imp.pdf\">Imp\u00e9rialisme, stade supr\u00eame du capitalisme\u00a0<\/a>(1916). <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">***Cf ce passage dans <em>The City<\/em> de Tony Norfield : \u00ab <em>Hilferding s&rsquo;est correctement focalis\u00e9 sur le capital fictif comme une caract\u00e9ristique majeure du capital financier, mais ce faisant il a \u00e9lev\u00e9 les banques, qui sont des n\u00e9gociants en, aussi bien que des propri\u00e9taires du capital fictif, \u00e0 la position o\u00f9 elles exercent un pouvoir complet sur le capital<\/em> \u00bb (p. 93).<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Notes<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Voir mon livre, <em>The City : London and the Global Power of Finance<\/em>, Verso (London), 2016, p. 111.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. <em>ibid.<\/em>, p. 144-47.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. <em>ibid.<\/em>, p. 83-92.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. <a href=\"https:\/\/economicsofimperialism.blogspot.fr\/search?q=bank+of+england\">https:\/\/economicsofimperialism.blogspot.fr\/search?q=bank+of+england<\/a><br \/>\n5. Voici comment le syst\u00e8me fonctionne. Les revues sont class\u00e9es selon leur valeur suppos\u00e9e, et les universitaires cherchent \u00e0 se faire publier dans une revue bien \u00e9valu\u00e9e. On peut contester la valeur de telle ou telle revue, mais les classements sont importants dans l\u2019\u00e9valuation des contributeurs par leur universit\u00e9, et encore plus dans l\u2019\u00e9valuation des universit\u00e9s par le gouvernement pour d\u00e9terminer leur dotation. Pendant les derni\u00e8res d\u00e9cennies, un petit nombre de revues orthodoxes et non critiques est devenu le lieu de pr\u00e9f\u00e9rence pour publier des articles savants. Les universitaires ont tendance \u00e0 orienter leurs travaux vers les sujets que ces revues acceptent. C\u2019est une machine qui produit tr\u00e8s peu d\u2019articles de valeur, mais qui assure le maintien d\u2019un statu quo conservateur. Le syst\u00e8me est renforc\u00e9 par des comit\u00e9s de lecture prolong\u00e9s par des \u00ab paires \u00bb \u00e9valuateurs, qui partagent tous la m\u00eame perspective. Un m\u00e9canisme similaire pousse les universitaires \u00e0 \u00e9tendre de mani\u00e8re absurde leurs bibliographies, et \u00e0 recourir \u00e0 des citations excessives dans leurs textes. Ce, dans l\u2019espoir d\u2019un retour d\u2019ascenseur, car les citations sont aussi une mesure de la performance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7069\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\" alt=\"bouton citer\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a>NORFIELD Tony, \u00abLes cr\u00e9ances financi\u00e8res sur l&rsquo;\u00e9conomie mondiale (le capital fictif) &#8211; Tony NORFIELD\u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2018, mis en ligne le 1er avril 2018. URL : https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/creances-financieres-economie-mondiale-tony-norfield\/<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:3px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette critique du livre de Fran\u00e7ois Chesnais, <em>Finance Capital Today : Corporation and Banks in the Lasting Global Slump<\/em>, a \u00e9t\u00e9 post\u00e9 par Tony Norfield sur son blog <em>The Economics of Imperialism<\/em>, le 24 novembre 2016.  <\/p>\n","protected":false},"author":1389,"featured_media":34022,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,3],"tags":[794,87,28,89],"coauthors":[989],"class_list":["post-30224","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-industries-culturelles","tag-capital-fictif","tag-capitalisme-tardif","tag-ideologie","tag-marxisme"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30224","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1389"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30224"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30224\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34022"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30224"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30224"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30224"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=30224"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}