
{"id":289,"date":"2012-09-14T11:51:40","date_gmt":"2012-09-14T09:51:40","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.com\/industrie-culturelle\/?p=289"},"modified":"2019-03-18T10:30:52","modified_gmt":"2019-03-18T09:30:52","slug":"lindustrie-musicale-a-lere-numerique-par-solene-boyer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/lindustrie-musicale-a-lere-numerique-par-solene-boyer\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Industrie musicale \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique : redistribution et red\u00e9finition des r\u00f4les &#8211; Sol\u00e8ne BOYER"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: center;\"><a name=\"haut\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s2member_file_download=boyer1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2152\" title=\"boutonprintpdf\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/boutonprintpdf2.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"42\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La crise qui secoue la fili\u00e8re phonographique est \u00e0 appr\u00e9hender avec diff\u00e9rents niveaux d\u2019analyse. D\u2019un point de vue \u00e9conomique, il est impossible de nier la chute vertigineuse des ventes de la musique enregistr\u00e9e sur les dix derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le rapport 2011 de l\u2019IFPI indique une baisse de 31% de la valeur globale de l\u2019industrie de la musique enregistr\u00e9e entre 2004 et 2010 [1]<\/span><span style=\"color: #000000;\">. L\u2019Observatoire de la Musique indique une valeur de 1953,4 millions d\u2019euros pour le march\u00e9 global consolid\u00e9 de la musique enregistr\u00e9e en France en 2003 contre 792,7 millions d\u2019euros en 2010 et un volume de 134,3 millions d\u2019unit\u00e9s physiques\u00a0 en 2003 contre 57,3 en 2010, auquel il convient d\u2019ajouter les 45,3 millions d\u2019unit\u00e9s issues du march\u00e9 num\u00e9rique [2]<\/span><span style=\"color: #000000;\">. La forte progression du march\u00e9 num\u00e9rique se doit d\u2019\u00eatre prise en compte dans toute analyse des statistiques sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019industrie musicale mais cette progression est encore loin de compenser les pertes provoqu\u00e9es par la chute des ventes physiques.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Pourquoi faut-il relativiser la crise de l\u2019industrie musicale\u00a0?<\/strong><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le discours dominant sur la crise de l\u2019industrie musicale, largement diffus\u00e9 par les m\u00e9dias de masse, ne concerne en r\u00e9alit\u00e9 que la crise du disque. Il vise \u00e0 pr\u00e9senter la chute des ventes comme l\u2019unique cause du d\u00e9clin de toute la fili\u00e8re et fait g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019amalgame entre une tendance \u00e0 la d\u00e9centralisation des revenus de l\u2019industrie et les nouvelles pratiques de consommation peu tourn\u00e9es vers l\u2019achat de disque physique. La chute des ventes de la musique enregistr\u00e9e trouverait sa cause dans l\u2019apparition des r\u00e9seaux <em>peer-to-peer<\/em>, du t\u00e9l\u00e9chargement ill\u00e9gal et plus largement dans l\u2019acc\u00e8s, facilit\u00e9 par les TICE, \u00e0 la musique sans contrepartie marchande.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les th\u00e9ories autour de la question sont nombreuses mais on y distingue principalement deux courants en opposition radicale. Patrick Waelbroeck, \u00e9conomiste \u00e0 Telecom ParisTech, qui \u00e9tudie dans le cadre de ses recherches actuelles le piratage en ligne et les industries culturelles, expose tr\u00e8s bien cette dichotomie : \u00ab<em>\u00a0Pour certains, les r\u00e9seaux P2P repr\u00e9sentent une nouvelle forme de piraterie, c\u2019est-\u00e0-dire de vol. Les pirates, en t\u00e9l\u00e9chargeant des fichiers MP3, r\u00e9duiraient leur consommation de musique l\u00e9gale, mena\u00e7ant les revenus des diff\u00e9rents acteurs de l\u2019industrie (producteurs, artistes,\u00a0etc.). Pour d\u2019autres, les r\u00e9seaux P2P donnent acc\u00e8s \u00e0 de nouveaux mondes musicaux, que les internautes ont ainsi le loisir d\u2019explorer. Ces \u00ab\u00a0explorateurs\u00a0\u00bb y d\u00e9couvriraient de nouveaux artistes, de nouveaux genres musicaux, et ach\u00e8teraient plus de Compact Discs qu\u2019auparavant.\u00a0<\/em>\u00bb [3]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Tout discours visant \u00e0 pr\u00e9senter le piratage comme l\u2019unique cause de la \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb de la fili\u00e8re musicale appara\u00eet donc comme trop r\u00e9ducteur. Il est indispensable de prendre en consid\u00e9ration les discours visant \u00e0 pr\u00e9senter les nouvelles pratiques de consommation et la multiplication des possibilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux \u0153uvres musicales via les nouvelles technologies, comme un vecteur favorisant l\u2019int\u00e9r\u00eat du public pour ces biens culturels et donc participant \u00e0 son dynamisme \u00e9conomique et social.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">D\u2019autre part, l\u2019id\u00e9e de crise de l\u2019industrie musicale est quelque peu mise \u00e0 mal par les chiffres records affich\u00e9s par le BMI (Broadcast Music Inc<em>)<\/em>, la\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\">MCPS-PRS Alliance [4]<\/span><span style=\"color: #000000;\"> et <\/span><span style=\"color: #000000;\">la Sacem. En effet, depuis 24 ans le BMI n\u2019a jamais pr\u00e9sent\u00e9 de revenus en baisse, et en 2008 il a atteint les 900 millions de dollars collect\u00e9s, soit une hausse de 7,2% par rapport \u00e0 2007. De m\u00eame pour la MCPS-PRS Alliance, qui progresse de 392 millions de livres sterling en 1997 \u00e0 562 millions en 2007. Pour la Sacem, le montant des droits collect\u00e9s passe de 541 millions d\u2019euros en 1998 \u00e0 759 millions en 2007 [5]<\/span><span style=\"color: #000000;\">. Il est important de comprendre ici que ces revenus sont li\u00e9s aux licences d\u2019exploitation des \u0153uvres, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par la gestion des droits d\u2019auteur (l\u2019\u00e9dition). La multiplication des canaux de diffusion (cha\u00eenes satellites, sites internet, blogs, radios, webradios, t\u00e9l\u00e9phones portables\u2026) correspond \u00e0 une multiplication des possibilit\u00e9s de diffusion et d\u2019exploitation d\u2019\u0153uvres musicales et g\u00e9n\u00e8re ainsi de nouvelles possibilit\u00e9s de revenus. L\u2019\u00e9dition repr\u00e9sente, en effet, les droits d\u2019exploitation de l\u2019\u0153uvre, c\u00e9d\u00e9s en partie par l\u2019artiste \u00e0 son \u00e9diteur dans l\u2019objectif qu\u2019il trouve de multiples contrats pour la diffuser.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les d\u00e9couvertes technologiques n\u2019ont jamais cess\u00e9 de bousculer la structure de cette industrie. Que ce soit l\u2019apparition du disque qui toucha de plein fouet les \u00e9diteurs de partitions au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle ou la cassette, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, qui permit l\u2019enregistrement amateur, ou le CD et le <em>sampler <\/em>dans les ann\u00e9es 1980, toutes ces technologies ont eu une influence forte sur l\u2019industrie phonographique. Mais \u00e0 chaque fois, l\u2019int\u00e9gration progressive des pratiques dans les processus de production, de diffusion et de consommation a renforc\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019attractivit\u00e9 du secteur et de l\u2019autre, son d\u00e9veloppement et sa croissance. Le d\u00e9clin de l\u2019industrie musicale peut donc largement \u00eatre nuanc\u00e9. Les pertes effectives provoqu\u00e9es par la diminution des\u00a0 ventes de disques\u00a0 \u00e9tant en partie compens\u00e9es par la diversification des revenus due \u00e0 la multiplication des\u00a0 canaux de diffusion, et plus largement par l\u2019hybridation des formes de m\u00e9diation. L\u2019histoire de la fili\u00e8re phonographique nous apprend d\u2019ailleurs que ce secteur n\u2019en est pas \u00e0 son premier bouleversement, que ce soit sur le plan social, \u00e9conomique ou technologique, les trois \u00e9tant de toute fa\u00e7on intrins\u00e8quement li\u00e9s. Le terme de \u00ab\u00a0crise\u00a0de la musique\u00a0\u00bb peut donc appara\u00eetre comme un certain abus de langage, trop souvent utilis\u00e9 par les m\u00e9dias ou par les grandes multinationales, qui font vite l\u2019amalgame entre diminution des chiffres d\u2019affaires et mutation d\u2019une industrie en qu\u00eate de nouveaux mod\u00e8les. L\u2019alarmisme autour de la question dans les m\u00e9dias soul\u00e8ve aussi la question des liens privil\u00e9gi\u00e9s qu\u2019ils entretiennent avec les <em>majors<\/em> et des int\u00e9r\u00eats qu\u2019ils tentent de prot\u00e9ger. Nous verrons plus loin que ce que l\u2019on qualifie de \u00ab\u00a0crise\u00a0\u00bb de la musique peut aussi \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une red\u00e9finition de nos rapports \u00e0 la musique et notamment de nos rapports \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">La \u00ab\u00a0r\u00e9volution num\u00e9rique\u00a0\u00bb au service de l\u2019ubiquit\u00e9 musicale<\/span><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La mutation de la fili\u00e8re musicale depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 est indissociable des innovations technologiques apparues dans cette m\u00eame p\u00e9riode. Il convient donc de se pencher sur les implications du num\u00e9rique dans nos rapports aux industries culturelles et plus largement dans nos rapports \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Le constat de ce que l\u2019on pourrait appeler \u00ab\u00a0le virage num\u00e9rique\u00a0\u00bb ne se suffira pas en lui-m\u00eame, il faut y ajouter la complexe articulation entre les fa\u00e7ons de concevoir des changements technologiques, et le fait que ceux-ci se poursuivent dans le temps. A cet \u00e9gard, il convient de pr\u00e9ciser que les innovations num\u00e9riques ne sont pas apparues pour la premi\u00e8re fois dans les ann\u00e9es 2000, pour preuve le premier<em> sampler<\/em> num\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9 en 1979. Mais la combinaison des technologies num\u00e9riques et de l\u2019apparition d\u2019internet ouvre la voie \u00e0 une mutation profonde qu\u2019il conviendra de d\u00e9finir.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Avant de se pencher sur les cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques engendr\u00e9es par l\u2019int\u00e9gration progressive des nouvelles technologies dans l\u2019industrie et dans les pratiques culturelles, il convient donc de revenir sur la notion m\u00eame de \u00ab\u00a0r\u00e9volution num\u00e9rique\u00a0\u00bb. \u00ab<em>\u00a0Il est particuli\u00e8rement difficile de situer ce qui rel\u00e8ve de l\u2019innovation radicale ou de la continuit\u00e9, notamment parce que les technologies, les repr\u00e9sentations et les usages du num\u00e9rique \u00e9voluent sans cesse et \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse, ce qui conduit la plupart des th\u00e9oriciens \u00e0 adopter un regard tant\u00f4t moderne, tant\u00f4t postmoderne, au sujet du virage num\u00e9rique, sans que les arguments d\u2019un camp r\u00e9duisent \u00e0 n\u00e9ant ceux de l\u2019autre camp et r\u00e9ciproquement.<\/em> \u00bb [6]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">A travers ce constat, Philippe Le Guern met en exergue les difficult\u00e9s qui englobent toutes r\u00e9flexions introduisant la notion de \u00ab\u00a0r\u00e9volution technologique\u00a0\u00bb et, en ce qui nous concerne ici, de \u00ab\u00a0r\u00e9volution num\u00e9rique\u00a0\u00bb. Au-del\u00e0 de la sp\u00e9cificit\u00e9 technique, on se retrouve face \u00e0 un ensemble de repr\u00e9sentations et de pratiques. Nous nous inscrivons donc dans une approche non d\u00e9terministe dans laquelle les technologies num\u00e9riques ne repr\u00e9sentent pas un syst\u00e8me ind\u00e9pendant de la dimension sociale, mais plut\u00f4t un syst\u00e8me fait d\u2019imbrication d\u2019usages et d\u2019id\u00e9ologies et rejoignons ainsi Bernard Mi\u00e8ge lorsqu\u2019il dit\u00a0: \u00ab<em>\u00a0[\u2026] les mouvements de la technique, pour une grande part, sont de nature sociale et directement en rapport avec des \u00e9volutions de soci\u00e9t\u00e9s\u00a0<\/em>\u00bb [7].<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Les soci\u00e9t\u00e9s \u00ab musicalis\u00e9es \u00bb : l\u2019\u00e9volution des pratiques culturelles<\/span><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019arriv\u00e9e des technologies num\u00e9riques a intensifi\u00e9 la transformation de l\u2019industrie musicale, et a eu une influence forte sur les pratiques culturelles li\u00e9es \u00e0 ce secteur. La dimension technique n&rsquo;est pas la seule explication \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des usages et des pratiques, mais elle d\u00e9tient toutefois un r\u00f4le d\u00e9terminant dans les repr\u00e9sentations des diff\u00e9rents acteurs de la fili\u00e8re (artistes, maisons de disques, labels et nouveaux acteurs). <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Selon le sociologue Pierre-Michel Menger\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/boyer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2376\" title=\"boyer\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/boyer.jpg\" alt=\"\" width=\"251\" height=\"201\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab<em>\u00a0L\u2019essor des technologies de num\u00e9risation des \u0153uvres a une quadruple cons\u00e9quence\u00a0:<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #000000;\">&#8211; faciliter consid\u00e9rablement la diffusion des biens, en les d\u00e9mat\u00e9rialisant\u00a0;<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #000000;\">&#8211; \u00e9largir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une quantit\u00e9 potentiellement infinie d\u2019\u0153uvres du monde entier\u00a0;<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #000000;\">&#8211; cr\u00e9dibiliser des sc\u00e9narios de gratuit\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s aux biens culturels\u00a0;<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #000000;\">&#8211; transformer la notion m\u00eame d\u2019\u0153uvre, d\u00e8s lors que la num\u00e9risation et l\u2019interactivit\u00e9 des flux d\u2019\u00e9changes en r\u00e9seau permettent de s\u2019approprier les contenus num\u00e9ris\u00e9s, de les d\u00e9composer en unit\u00e9s \u00e9l\u00e9mentaires, et de les soumettre \u00e0 des proc\u00e9dures de transformation sans limites (par manipulation, hybridation, recomposition, r\u00e9-\u00e9laboration, etc.) <\/span><\/em><span style=\"color: #000000;\">\u00bb [8].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Des extraits des entretiens r\u00e9alis\u00e9s dans le cadre de mes recherches viendront appuyer ces diff\u00e9rents points. Nous observons que les personnes interrog\u00e9es arrivent d\u2019elles-m\u00eames \u00e0 ces constats en les opposant aux pratiques moins r\u00e9centes, et en marquant ainsi la rupture entre l\u2019\u00e9poque non digitale et l\u2019\u00e9poque actuelle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>La d\u00e9mat\u00e9rialisation des supports<\/em> est une des premi\u00e8res cons\u00e9quences de l\u2019arriv\u00e9e du num\u00e9rique. L\u2019\u0153uvre devient immat\u00e9rielle et le f\u00e9tichisme de l\u2019objet physique perd petit \u00e0 petit de son sens. La nature m\u00eame des comportements d\u2019attachement est d\u00e8s lors remise en cause, car le sentiment de propri\u00e9t\u00e9 est modifi\u00e9 par ces nouvelles habitudes de consommation. En effet, l\u2019achat d\u2019un CD physique dans une enseigne type Fnac ne recouvre pas la m\u00eame dimension sociale et cognitive que l\u2019achat d\u2019un album au format MP3 sur iTunes Store. De plus, la d\u00e9mat\u00e9rialisation des \u0153uvres musicales tendant \u00e0 en faciliter la diffusion et le partage va, de ce fait, amplement transformer les habitudes et les pratiques des consommateurs. Sur le plan macro \u00e9conomique, cela va induire une restructuration de toute la cha\u00eene de distribution et permettra l\u2019\u00e9mergence de nouveaux acteurs. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 un nombre quasi illimit\u00e9 d\u2019\u0153uvres musicales<\/em> <\/span><span style=\"color: #000000;\">g\u00e9n\u00e8re l\u00e0 aussi un bouleversement des pratiques de consommation. Les diff\u00e9rentes personnes interrog\u00e9es dans le cadre de mon travail de recherche arrivent d\u2019elles-m\u00eames \u00e0 ce constat en l\u2019opposant aux pratiques de consommation des \u0153uvres musicales d\u2019avant l\u2019apparition d\u2019Internet. \u00ab<em>\u00a0Les gens, ils ont acc\u00e8s \u00e0 tout. Des trucs que tu mettais un an \u00e0 choper il y a 10 ans, maintenant ils les ont en 3 secondes 5. Et \u00e0 force d\u2019\u00e9couter et de chercher, ils se font un go\u00fbt vachement vite sur des trucs super pointus. N\u2019importe qui, s&rsquo;ils s\u2019y mettent un peu, en un an, deux ans, ils sont super pointus sur leur domaine. Avant vraiment il fallait gal\u00e9rer, il y a plus de 10 ans, les trucs c\u2019\u00e9taient des vinyles qui arrivaient \u00e0 Paris, ils y en avaient vingt, ils partaient dans l\u2019apr\u00e8s-midi, ils ne passaient pas \u00e0 la radio, tu les trouvais pas, ils n\u2019\u00e9taient pas sur<\/em> <em>YouTube<\/em><em>. Ces trucs-l\u00e0 maintenant sont peu \u00e0 peu mis en ligne, donc c\u2019est \u00e9c\u0153urant j\u2019ai envie de dire.\u00a0<\/em>\u00bb (Fabrice Desprez, entretien 2012 [9])<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La notion d\u2019hyperchoix\u00a0 place le consommateur dans une situation \u00a0nouvelle, o\u00f9 la recherche de rep\u00e8res et de prescriptions par les industries elles-m\u00eames, par les m\u00e9dias ou par les pairs, devient pr\u00e9pond\u00e9rante. L\u2019hyperchoix devient alors un pilier fondamental de notre relation \u00e0 la musique. Il sera donc int\u00e9ressant de voir dans quelle mesure cette abondance de biens culturels participe au d\u00e9veloppement culturel des individus, et dans quelle mesure cela renforce le poids des prescripteurs (m\u00e9dias ou leaders d\u2019opinion) \u00e0 orienter le go\u00fbt du public.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Pour ce qui est de l\u2019industrie musicale, cette nouvelle profusion d\u2019\u0153uvres dor\u00e9navant accessibles par le plus grand nombre va g\u00e9n\u00e9rer de plus en plus de niches de march\u00e9, et participer au d\u00e9veloppement de nouvelles strat\u00e9gies marketing. La \u00ab\u00a0longue tra\u00eene\u00a0\u00bb th\u00e9oris\u00e9e par Chris Anderson dans son d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre article paru en 2004 [10]<\/span><span style=\"color: #000000;\">, repose principalement sur cette abondance de choix. L\u2019industrie musicale a plus ou moins int\u00e9gr\u00e9 cette perspective.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Cette abondance musicale aurait des cons\u00e9quences directes sur le rapport des auditeurs \u00e0 la musique. Il semble alors appara\u00eetre une nouvelle figure de \u00ab\u00a0l\u2019individu porteur de projet\u00a0\u00bb [11]<\/span><span style=\"color: #000000;\"> (pour reprendre le terme de Philippe Bouquillion), c&rsquo;est-\u00e0-dire de l\u2019individu construisant sa propre identit\u00e9 \u00e0 travers sa consommation de biens culturels. Cela met en opposition deux dimensions\u00a0: l\u2019int\u00e9gration par les industries et donc par les logiques capitalistes de ce facteur \u00e0 des fins de mon\u00e9tisation des besoins de consommation\u00a0; et une id\u00e9ologie utopique d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9e de toute rivalit\u00e9 par l\u2019abolition des fronti\u00e8res entre producteurs et consommateurs\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Or c\u2019est l\u00e0 tr\u00e8s exactement ce que Marx imaginait : une communaut\u00e9 d\u2019artistes cr\u00e9ateurs n\u2019\u00e9tant plus mis en rivalit\u00e9 par les comparaisons \u00e9valuatives des consommateurs, car la disjonction producteur \/ consommateur dispara\u00eetrait progressivement.\u00a0<\/em>\u00bb [12]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le renforcement de <em>la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s gratuit aux \u0153uvres musicales<\/em> est un renversement profond des paradigmes qui organisaient jusqu\u2019alors la relation du public aux biens culturels. \u00ab<em>Avant quand on \u00e9tait ado et qu\u2019on achetait un disque, on d\u00e9pensait, on choisissait son album, on investissait quelque part dans cet album et on le mettait, on l\u2019\u00e9coutait. Il y avait un rapport\u00a0: j\u2019ach\u00e8te le disque je vais l\u2019\u00e9couter une, deux, trois fois donc globalement on \u00e9coutait le disque en entier parce qu\u2019on l\u2019avait achet\u00e9. M\u00eame si on l\u2019avait achet\u00e9 \u00e0 la base d\u2019un morceau qu\u2019on aim\u00e9 bien apr\u00e8s on d\u00e9couvrait le reste. Il y avait un rapport un peu diff\u00e9rent l\u00e0-dessus.<\/em>\u00bb (Fr\u00e9d\u00e9ric Schindler, entretien 2012 [13]<\/span><span style=\"color: #000000;\">)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Il s\u2019agit d\u2019un renversement de l\u2019organisation structurelle des industries culturelles, dont les fondements historiques reposaient principalement sur la marchandisation de l\u2019acc\u00e8s aux cr\u00e9ations artistiques. Les cons\u00e9quences directes de cette mutation peuvent d\u2019ailleurs se voir dans la chute des ventes de la musique enregistr\u00e9e car, m\u00eame si les ventes digitales ont tendance \u00e0 augmenter, il y a bien de fa\u00e7on globale une d\u00e9saffection du public pour l\u2019acte d\u2019achat. Les circuits financiers traditionnels entre les producteurs, les distributeurs et les artistes sont d\u00e9r\u00e9gul\u00e9s par ces nouveaux comportements de consommation. Les diff\u00e9rents acteurs de l\u2019industrie ont d\u00fb faire face \u00e0 cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9 et ont d\u00fb d\u00e9velopper de nouveaux mod\u00e8les, non pas sans avoir tent\u00e9 d\u2019en limiter d\u2019abord les effets. Mais au-del\u00e0 de l\u2019aspect \u00e9conomique, c\u2019est bien l\u2019id\u00e9ologie port\u00e9e par ce sc\u00e9nario de la gratuit\u00e9 qui tend \u00e0 modifier en profondeur l\u2019ensemble de la fili\u00e8re. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>La red\u00e9finition de l\u2019\u0153uvre<\/em> <\/span><span style=\"color: #000000;\">en tant que telle vient, comme l\u2019explique Pierre-Michel Menger, du fait qu\u2019elle puisse, d\u00e8s lors qu\u2019elle est num\u00e9ris\u00e9e, \u00eatre d\u00e9compos\u00e9e, transform\u00e9e et r\u00e9appropri\u00e9e par chacun. Par exemple, le <em>mash-up <\/em>c&rsquo;est-\u00e0-dire le fait de composer une chanson avec plusieurs bouts de chansons pr\u00e9existantes, est un proc\u00e9d\u00e9 cr\u00e9atif souvent utilis\u00e9 aujourd\u2019hui. L\u2019artiste Girl Talk (sp\u00e9cialis\u00e9 dans le <em>mash-up<\/em> et le <em>sampling<\/em>)<\/span><span style=\"color: #000000;\"> explique qu\u2019une seule de ses productions peut \u00eatre compos\u00e9e de centaines de chansons [14]<\/span><span style=\"color: #000000;\">. En produisant un titre exclusivement constitu\u00e9 d\u2019autres titres r\u00e9arrang\u00e9s et m\u00e9lang\u00e9s les uns aux autres, il pose la question de la d\u00e9finition m\u00eame de l\u2019\u0153uvre musicale.<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/KykbPtRb0K4\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Philippe Le Guern prend l\u2019exemple de l\u2019auto-tune ou du sampler pour interroger <em>\u00ab\u00a0la port\u00e9e morale des technologies num\u00e9riques et notamment la fa\u00e7on dont elles interrogent notre sens du progr\u00e8s et de l\u2019authenticit\u00e9\u00a0\u00bb <\/em>[15]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><em>.<\/em> Le d\u00e9veloppement consid\u00e9rable des remixes s\u2019ajoute \u00e0 la liste des pratiques qui viennent remettre en cause l\u2019originalit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre musicale. <\/span><\/p>\n<div class=\"youtube\" style=\"width: 350; height: 300;\"><object width=\"350\" height=\"300\" classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" codebase=\"http:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\"><param name=\"wmode\" value=\"transparent\" \/><param name=\"src\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/JX6gd4pJM3A\" \/><embed width=\"350\" height=\"300\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/JX6gd4pJM3A\" wmode=\"transparent\" \/><\/object><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les technologies num\u00e9riques permettent, par ailleurs, une <em>reproductibilit\u00e9 infinie des \u0153uvres musicales<\/em> et une reproductibilit\u00e9 parfaite, o\u00f9 la duplication de fichiers num\u00e9riques ne provoque pas d\u2019alt\u00e9ration de la qualit\u00e9 initiale. La notion d\u2019authenticit\u00e9 &#8211;\u00a0 \u0153uvre originale vs copie &#8211; est donc devenue d\u00e9su\u00e8te. Une nouvelle d\u00e9finition du concept d\u2019authenticit\u00e9 engendre donc de nouveaux rapports sociaux d\u2019usages et d\u2019attachement aux biens culturels.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La convergence des ces quatre cons\u00e9quences r\u00e9sum\u00e9es par Pierre-Michel Menger permet de voir \u00e9merger ce qui, nous semble-t-il, est un des points primordiaux qui traduit les nouveaux rapports des individus \u00e0 la musique\u00a0: la <em>quotidiennet\u00e9 de la musique<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire une forme d\u2019omnipr\u00e9sence de la musique permise par l\u2019essor des technologies num\u00e9riques. La multiplication des supports d\u2019\u00e9coute (ordinateur, baladeur, t\u00e9l\u00e9phone portable, cha\u00eene hi-fi, tablette, station d\u2019accueil pour baladeur\u2026) combin\u00e9e \u00e0 la d\u00e9mat\u00e9rialisation de la musique enregistr\u00e9e tend \u00e0 offrir des possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9coute beaucoup plus large et dans une temporalit\u00e9 continue. Cette id\u00e9e est d\u2019ailleurs corrobor\u00e9e par les enqu\u00eates du Service d\u2019\u00e9tude et de recherche du minist\u00e8re charg\u00e9 de la Culture. En effet, ce d\u00e9partement r\u00e9alise depuis 1973 des enqu\u00eates sur les pratiques culturelles des Fran\u00e7ais, et permet ainsi d\u2019observer leurs \u00e9volutions dans le temps. Ainsi entre 1973 et 2008 (date de la derni\u00e8re enqu\u00eate), la part de la population fran\u00e7aise (de 15 ans ou plus) qui \u00e9coute de la musique passe de 66% \u00e0 81%. L\u2019\u00e9coute quotidienne de musique concerne, elle, 34% de la population en 2008 contre 9% en 1973. Les conclusions de l\u2019enqu\u00eate mettent particuli\u00e8rement en relief \u00ab\u00a0<em>l\u2019int\u00e9gration toujours plus grande de la musique dans la vie quotidienne, notamment en situation de mobilit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb [16]<\/span><span style=\"color: #000000;\">.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Cette forme d\u2019ubiquit\u00e9 musicale peut aussi appara\u00eetre comme un vecteur de la red\u00e9finition des \u0153uvres musicales. Il est possible d\u2019y voir une tendance \u00e0 la \u00ab\u00a0d\u00e9sacralisation\u00a0\u00bb de la musique du fait qu\u2019elle soit accessible partout, tout le temps, et dans une quantit\u00e9 quasi infinie de titres. Cette omnipr\u00e9sence de la musique, voire sa banalisation, participe \u00e0 d\u00e9velopper chez les auditeurs de nouveaux rapports cognitifs et psychologiques \u00e0 ce qu&rsquo;ils \u00e9coutent, tendance tr\u00e8s bien int\u00e9gr\u00e9e par les nouveaux acteurs de la fili\u00e8re phonographique, et par les fabricants d\u2019\u00e9quipements. L\u2019interp\u00e9n\u00e9tration des formes de m\u00e9diation permise par les TIC vient renforcer cette ubiquit\u00e9 musicale. Les derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations de t\u00e9l\u00e9phone portable (dont notamment l\u2019iPhone d\u2019Apple) sont de bons exemples de cet aspect, elles donnent en effet la possibilit\u00e9 aux usagers d\u2019\u00e9couter de la musique non seulement depuis le disque dur de leur portable sur lequel ils ont pr\u00e9alablement enregistr\u00e9 leurs fichiers audio mais aussi l\u2019\u00e9coute en <em>streaming<\/em> sur internet avec des applications du type Deezer ou Spotify<em>.<\/em> Le logiciel Shazam d\u00e9velopp\u00e9 pour les t\u00e9l\u00e9phones portables permet une reconnaissance musicale, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019elle fournit le titre et le nom de l\u2019interpr\u00e8te d\u2019une chanson qui est diffus\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019utilisateur, les derni\u00e8res versions permettent d\u2019identifier un air chant\u00e9 ou siffl\u00e9. Cette technologie illustre donc tout aussi bien le renforcement de l\u2019ubiquit\u00e9 musicale dans le contexte num\u00e9rique que l\u2019int\u00e9gration de cette notion par les industriels dans la recherche de nouvelles technologies \u00e0 m\u00eame de r\u00e9pondre aux nouveaux besoins des auditeurs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans le prolongement de cette r\u00e9flexion, on pourrait dire que l\u2019\u00e9coute de la musique est devenue \u00ab\u00a0nomadis\u00e9e\u00a0\u00bb. Bien s\u00fbr, cette pratique n\u2019est pas nouvelle puisque le premier walkman a \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9 par Sony en 1979, mais elle est renforc\u00e9e par les technologies num\u00e9riques. Il ressort d\u2019ailleurs ici que nous sommes bien face \u00e0 une int\u00e9gration par les industries des pratiques de consommation d\u00e9j\u00e0 existantes. Autrement dit, c\u2019est parce que le comportement d\u2019\u00e9coute nomadis\u00e9e de la musique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans les soci\u00e9t\u00e9s que les fabricants ont d\u00e9velopp\u00e9 de nouveaux produits \u00e0 m\u00eame de renforcer ces comportements et de les ancrer dans une dimension d\u2019habitude et cela\u00a0 pour le plus grand nombre. Il est difficile d\u2019interpr\u00e9ter cette dimension comme une cons\u00e9quence unilat\u00e9rale, il s\u2019agit d\u2019une articulation r\u00e9ciproque entre pratique et innovation.<\/span><\/p>\n<figure id=\"attachment_324\" aria-describedby=\"caption-attachment-324\" style=\"width: 112px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/martin-toloton3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-324 size-full\" title=\"martin toloton\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/martin-toloton3.png\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"148\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-324\" class=\"wp-caption-text\">Martin Toloton<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019enqu\u00eate du minist\u00e8re de la Culture [17]<\/span><span style=\"color: #000000;\"> met \u00e9galement en avant <em>l\u2019essor des pratiques amateurs<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><em>les opportunit\u00e9s r\u00e9cemment offertes par le num\u00e9rique dans le domaine de la musique [\u2026] ont eu tendance \u00e0 conforter l\u2019essor des pratiques en amateur amorc\u00e9 lors des d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes, en \u00e9largissant<\/em> <em>le spectre des modes d\u2019acc\u00e8s et d\u2019expression<\/em>.\u00a0\u00bb Cette tendance va elle aussi complexifier notre d\u00e9finition de l\u2019\u0153uvre musicale et nos rapports aux biens culturels. Elle renforce la disparition progressive des fronti\u00e8res (ou tout du moins tend \u00e0 les rendre de plus en plus floues) entre les consommateurs et les producteurs. Cette id\u00e9e para\u00eet d\u2019autant plus pr\u00e9gnante dans l\u2019univers musical d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019elle est aussi d\u00e9crite dans les entretiens\u00a0: \u00ab<em>\u00a0<\/em><em>Aujourd\u2019hui on n\u2019est pas dix personnes en studios pour faire un album, on peut faire un album de hip hop \u00e0 la maison avec des bonnes machines, il y a donc diff\u00e9rents niveaux d\u2019appr\u00e9ciation de la musique qui font que m\u00eame si on n\u2019a pas tous les m\u00eames oreilles, on peut faire de la musique qualitative. [\u2026]\u00a0<\/em><\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00bb (Martin Toloton, entretien 2012 [18]<\/span><span style=\"color: #000000;\">)<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Si tout le monde est maintenant capable de produire de la musique, et dans des qualit\u00e9s proches de celles produites par les professionnels, comment ne pas y voir une nouvelle \u00e9tape dans la \u00ab\u00a0d\u00e9sacralisation\u00a0\u00bb de la musique ? Cette notion est bien s\u00fbr \u00e0 nuancer, car tout le monde ne produit pas de la musique et les pratiques amateurs \u00a0peuvent tout autant r\u00e9v\u00e9ler quantit\u00e9 de nouveaux talents que d\u00e9montrer que tout le monde n\u2019en a pas un. Dans cette perspective, il faut alors revenir sur la d\u00e9finition du talent qui ne semble prendre son sens que dans une optique de comparaison et donc de concurrence. Il est toutefois \u00e9vident que l\u2019essor des technologies rend accessibles des outils de production, jusqu\u2019alors r\u00e9serv\u00e9s aux professionnels ou \u00e0 un tr\u00e8s petit nombre du fait de leur co\u00fbt \u00e9lev\u00e9. La r\u00e9duction de ces co\u00fbts et donc la \u00ab\u00a0d\u00e9mocratisation\u00a0\u00bb de l\u2019acc\u00e8s aux outils techniques\u00a0 favorisent l\u2019accomplissement de soi.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #000000;\">L\u2019autoproduction <\/span><\/em><span style=\"color: #000000;\">est un ph\u00e9nom\u00e8ne lui aussi largement favoris\u00e9 par l\u2019essor des technologies num\u00e9riques. Dans une \u00e9tude pour le compte de l\u2019Adami (soci\u00e9t\u00e9 civile fran\u00e7aise qui administre les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle des artistes et musiciens interpr\u00e8tes), Aymeric Pichevin \u00e9crit que\u00a0: \u00ab<em>\u00a0L\u2019autoproduction concerne un tr\u00e8s grand nombre d\u2019artistes\u00a0: 45% des artistes de musique associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Adami ont r\u00e9alis\u00e9 au moins un enregistrement en autoproduction dans les trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Ce chiffre devrait aller croissant\u00a0: 57,4% d\u2019entre eux pr\u00e9voient de s\u2019autoproduire dans les deux ann\u00e9es \u00e0 venir\u00a0<\/em>\u00bb [19]<\/span><span style=\"color: #000000;\"><em>.<\/em>\u00a0 On peut donc voir dans cette pratique une r\u00e9ponse des artistes face \u00e0 la \u00ab\u00a0crise du disque\u00a0\u00bb en recherchant plus d\u2019ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des maisons de disques, ou en palliant \u00e0 la difficult\u00e9 de signer chez eux. Cette dimension \u00ab\u00a0<em>do it yourself<\/em>\u00a0\u00bb englobe \u00e9galement l\u2019autopromotion, ce qui met en \u00e9vidence la modification des rapports entre l\u2019artiste et le public dans une perspective de recherche de proximit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">En premier lieu, il est important de rappeler que les diff\u00e9rents points \u00e9voqu\u00e9s plus haut sur les cons\u00e9quences du num\u00e9rique dans l\u2019industrie musicale ne sont pas des entit\u00e9s ind\u00e9pendantes, mais au contraire des entit\u00e9s en interaction. L\u2019exemple de l\u2019apparition des r\u00e9seaux <em>peer-to-peer<\/em> est tr\u00e8s significatif de cette complexe articulation, car comme l\u2019explique Lucien Perticoz : <\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00ab<em> Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 une majorit\u00e9 des consommations culturelles est m\u00e9diatis\u00e9e par la technique, la question des usages qui seront fait par le consommateur final des diff\u00e9rentes TIC disponibles a donc une valeur des plus strat\u00e9giques. A cet \u00e9gard, nous verrons ainsi que l\u2019exemple des premiers logiciels de peer-to-peer cr\u00e9\u00e9s par des \u00e9tudiants am\u00e9ricains \u2013 et dont le succ\u00e8s aupr\u00e8s des auditeurs fut tout aussi rapide que non pr\u00e9vu par les firmes dominantes du secteur \u2013 est une parfaite illustration de tactique, au sens certalien du terme [20]<\/em><\/span><span style=\"color: #000000;\"><em>, mise en place par les auditeurs dans le but de contourner les strat\u00e9gies des acteurs \u00e9conomiques de la fili\u00e8re phonographique et ayant eu des cons\u00e9quences lourdes sur l\u2019\u00e9quilibre de cette derni\u00e8re.\u00a0<\/em>\u00bb [21]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les technologies ne succ\u00e8dent pas n\u00e9cessairement \u00e0 une volont\u00e9 des industriels. Les usages qui en sont faits sont aussi des actes de d\u00e9tournements et participent \u00e0 l\u2019\u00e9volution des usages et des pratiques qui vont elles-m\u00eames participer aux innovations. Au-del\u00e0 de ce constat, qui vise \u00e0 pr\u00e9senter les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 toute analyse des mutations de l\u2019industrie musicale, il ressort clairement que derri\u00e8re des consid\u00e9rations purement techniques, nous sommes face \u00e0 un repositionnement des rapports entretenus entre les consommateurs et la musique mais aussi entre les consommateurs et l\u2019industrie musicale. La d\u00e9mat\u00e9rialisation de la musique enregistr\u00e9e provoque une \u00e9volution in\u00e9dite des relations cognitives entre le public et les biens culturels dont la cons\u00e9quence la plus significative est l\u2019ubiquit\u00e9 musicale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">D\u2019autre part, les transformations au sein de la fili\u00e8re impliquent d\u2019importants ajustements de la part des acteurs traditionnels, et permettent l\u2019entr\u00e9e de nouveaux acteurs dans les circuits de diffusion et de promotion. L\u2019apparition de nouvelles formes de m\u00e9diation offre ainsi de nouvelles opportunit\u00e9s \u00e0 des entreprises qui jusque-l\u00e0 n\u2019appartenaient pas, \u00e0 proprement dit, au domaine des industries culturelles voire qui n\u2019existaient pas. Le croisement des innovations techniques et des usages qui en sont faits remod\u00e8le les \u0153uvres musicales en les d\u00e9tournant pour en cr\u00e9er de nouvelles\u00a0: remixes, <em>mash-ups<\/em>, <em>samplings<\/em>, <em>scratchs<\/em>\u2026 Cette dimension pose la question de la d\u00e9finition de l\u2019\u0153uvre et laisse entrevoir une tendance \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019appropriation et la d\u00e9contextualisation comme des actes cr\u00e9atifs en soi (le rap peut appara\u00eetre comme le mouvement artistique le plus repr\u00e9sentatif de cette tendance). Il en est de m\u00eame de l\u2019abondance musicale, engendr\u00e9e par la d\u00e9mat\u00e9rialisation des supports, et par leur diffusion sur les r\u00e9seaux num\u00e9riques, qui vient affecter la construction du sens hi\u00e9rarchique, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la d\u00e9finition que chacun se fait de l\u2019art. Un bouleversement de paradigme d\u2019autant plus renforc\u00e9 par la gratuit\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la musique enregistr\u00e9e. Cette dimension vient ent\u00e9riner la mutation profonde des rapports entre le public et les biens culturels. L\u2019industrie doit-elle aussi envisager ces nouveaux rapports dans de nouvelles perspectives\u00a0?\u00a0 L\u2019\u00e9volution des pratiques et des usages met \u00e9galement en \u00e9vidence le d\u00e9veloppement de l\u2019amateurisme et de l\u2019autoproduction, ces tendances viennent soulever la question de la disparition des fronti\u00e8res entre producteurs, cr\u00e9ateurs et auditeurs. Ce point est particuli\u00e8rement pertinent car il introduit l\u2019id\u00e9e de la restructuration de toute la fili\u00e8re musicale au travers de la red\u00e9finition des rapports de force qui y sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre. <\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Une industrie en qu\u00eate de mod\u00e8le<\/span><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s avoir d\u00e9ploy\u00e9 beaucoup de temps, d\u2019\u00e9nergie, et investi beaucoup d\u2019argent pour maintenir la fili\u00e8re phonographique telle qu\u2019elle \u00e9tait, c\u2019est-\u00e0-dire pour maintenir un syst\u00e8me \u00e9conomique fond\u00e9 sur la vente \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de la musique enregistr\u00e9e, l\u2019industrie musicale a entrepris de d\u00e9velopper de nouveaux mod\u00e8les, et a mis en place des strat\u00e9gies \u00e0 m\u00eame de r\u00e9pondre aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s du march\u00e9. On parle ici de \u00ab\u00a0mutation 360\u00b0\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la multiplication des activit\u00e9s, d\u00e9passant ainsi l\u2019activit\u00e9 traditionnelle de production de disques. Le \u00ab\u00a0contrat 360\u00b0\u00a0\u00bb serait donc la solution pour une industrie musicale prenant conscience que son syst\u00e8me ne peut plus reposer que sur la vente de disques (physiques ou num\u00e9riques). Il convient donc de questionner cette strat\u00e9gie en t\u00e2chant de voir si elle ne repr\u00e9sente qu\u2019une p\u00e9riode de transition ou au contraire devient <em>le<\/em> nouveau mod\u00e8le. Il sera \u00e9galement int\u00e9ressant de voir les significations plus profondes que g\u00e9n\u00e8re une telle restructuration de la fili\u00e8re musicale, notamment dans les nouveaux rapports qu&rsquo;elle fait na\u00eetre entre ses diff\u00e9rents acteurs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le \u00ab contrat 360\u00b0\u00bb repose sur la marchandisation de chacun des segments des revenus li\u00e9s \u00e0 l\u2019artiste, dont les quatre piliers sont\u00a0: a) la production\u00a0(production d\u2019un album, production d\u2019un clip, captation d\u2019un concert)\u00a0; b) l\u2019\u00e9dition\u00a0(exploitation de l\u2019\u0153uvre sur tous les canaux, radio, t\u00e9l\u00e9vision, synchronisation sur une publicit\u00e9, un film, un jeu vid\u00e9o, une sonnerie de t\u00e9l\u00e9phone\u2026)\u00a0; c) la production de spectacles\u00a0; d) les droits d\u00e9riv\u00e9s\u00a0(merchandising et sponsoring).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La strat\u00e9gie du 360\u00b0 permet donc \u00e0 l\u2019artiste d\u2019avoir un seul interlocuteur, au lieu de devoir s\u2019adresser \u00e0 une multitude de repr\u00e9sentants de chaque secteur inh\u00e9rent \u00e0 l\u2019activit\u00e9 musicale. Ce mod\u00e8le pr\u00e9sente donc un aspect positif en fluidifiant la gestion administrative et simplifiant les d\u00e9marches contractuelles. Cela peut cependant d\u00e9s\u00e9quilibrer les rapports de force, car il sera alors plus difficile pour l\u2019artiste de faire entendre son d\u00e9saccord \u00e0 une structure d\u2019envergure qui g\u00e8re chacun des aspects de sa carri\u00e8re qu\u2019\u00e0 un seul professionnel sur un secteur pr\u00e9cis de ses activit\u00e9s. La mutualisation des activit\u00e9s donne donc aux acteurs de l\u2019industrie un pouvoir fort sur la gestion de la carri\u00e8re de leurs artistes. Comme le dit Fr\u00e9d\u00e9ric Schindler, \u00ab<em>\u00a0les deux [activit\u00e9s] aujourd\u2019hui qui se d\u00e9marquent, sont le live et tout ce qui est autour de la synchronisation et des marques\u00a0<\/em>\u00bb (entretien 2012).<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Artiste et Marque : le nouveau bin\u00f4me de l\u2019industrie musicale\u00a0\u00a0 <\/strong><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Mon exp\u00e9rience personnelle me permet d\u2019appuyer l\u2019id\u00e9e que les marques sont aujourd\u2019hui des acteurs incontournables pour l\u2019industrie musicale. En effet, j\u2019ai eu l\u2019opportunit\u00e9 de r\u00e9aliser un stage dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 2008\u00a0 au sein de l\u2019entreprise Sony Music France dans le service \u00ab\u00a0M\u00e9dia et Communication\u00a0\u00bb, en charge de la promotion des artistes. Tout le service avait \u00e9t\u00e9 tenu de venir assister \u00e0 une r\u00e9union avec les d\u00e9partements marketing. La r\u00e9union avait pour but de sensibiliser les employ\u00e9s aux nouvelles activit\u00e9s vers lesquelles devaient se tourner d\u00e9sormais l\u2019entreprise afin de trouver de nouvelles sources de revenus. Les responsables parlaient de \u00ab\u00a0diversification des activit\u00e9s\u00a0\u00bb et visaient \u00e0 inciter les chefs de projets marketing et les attach\u00e9s de presse \u00e0 d\u00e9velopper des partenariats avec les marques. La raison principale de l\u2019int\u00e9r\u00eat pour ce secteur \u00e9tant l\u2019important investissement financier qu\u2019elles peuvent d\u00e9ployer pour associer un artiste \u00e0 leur identit\u00e9 de marque [22]<\/span><span style=\"color: #000000;\">.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sous le terme de \u00ab\u00a0marque\u00a0\u00bb, il se cache en r\u00e9alit\u00e9 trois secteurs diff\u00e9rents\u00a0: les marques \u00e0 proprement parler, le cin\u00e9ma et les jeux vid\u00e9os. Il convient de pr\u00e9ciser que le secteur des jeux vid\u00e9os est lui aussi un nouveau domaine dans lequel la musique va prendre une place de plus en plus importante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Il est \u00e9galement int\u00e9ressant d\u2019observer les sujets abord\u00e9s dans le cadre du Midem pour cerner les nouvelles pr\u00e9occupations de la fili\u00e8re. Ainsi l\u2019\u00e9dition 2012 s\u2019est remarqu\u00e9e par son nouveau slogan \u00ab<em>\u00a0connected by music\u00a0<\/em>\u00bb<em>.<\/em> Bruno Crolot, fra\u00eechement nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du Midem, explique les nouvelles ambitions : \u00ab<em> Le Midem \u00e9tait traditionnellement un march\u00e9 de la musique plut\u00f4t ax\u00e9 B2B avec la pr\u00e9sence de ce que j\u2019appellerais l\u2019industrie musicale r\u00e9guli\u00e8re : \u00e9diteurs, producteurs, labels et distributeurs. Aujourd&rsquo;hui, nous suivons l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;industrie musicale et nous voulons cibler un \u00e9cosyst\u00e8me beaucoup plus large qui inclut les marques, les nouvelles technologies et les artistes. Nous ne nous \u00e9loignons pas de la musique ; je pense que nous avan\u00e7ons avec le monde de la musique dans un \u00e9cosyst\u00e8me plus vaste o\u00f9 la musique est le ciment et o\u00f9 les technologies sont utilis\u00e9es par les marques, les artistes et les labels pour renouer le dialogue plus directement avec le public<\/em> \u00bb [23].<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019industrie musicale est donc bien en train de r\u00e9orienter ses logiques traditionnelles, et dans cette perspective les marques apparaissent comme de nouveaux interlocuteurs privil\u00e9gi\u00e9s. J\u2019ai pu retrouver dans mes entretiens une prise de conscience de ce glissement de l\u2019industrie musicale vers les marques : \u00ab<em>\u00a0Aujourd\u2019hui on n\u2019a pas trouv\u00e9 LE syst\u00e8me [\u2026] on s\u2019est tous dit qu\u2019on ne pouvait plus consid\u00e9rer les ventes de disques comme la source principale de revenus.\u00a0[Il faut] chercher des fa\u00e7ons de g\u00e9n\u00e9rer de l\u2019argent diff\u00e9remment. Du co-branding avec des marques, synchroniser de la musique sur des films ou des pubs.\u00a0<\/em>\u00bb (Martin Toloton)\u00a0; \u00ab<em>\u00a0On peut dire que les marques ont aujourd\u2019hui int\u00e9gr\u00e9 la musique comme un vecteur pour transmettre leurs valeurs, leur identit\u00e9, leur image, pour l\u2019enrichir\u2026\u00a0<\/em>\u00bb (Fr\u00e9d\u00e9ric Schindler)\u00a0; \u00ab<em>\u00a0Maintenant il y a des marques qui viennent nous voir pour b\u00e9n\u00e9ficier un peu du viral.\u00a0 \u00c7a, c\u2019est un peu d\u00e9velopp\u00e9 depuis deux, trois ans, mais ce n\u2019est pas encore non plus la folie, je n\u2019ai pas le t\u00e9l\u00e9phone qui sonne, non plus, l\u00e0-dessus tous les jours. C\u2019est aussi parce que les marques se positionnent sur la musique, parce que la musique c\u2019est un vecteur super porteur. Apr\u00e8s, elles veulent le faire savoir, elles veulent que leurs campagnes et leurs op\u00e9rations soient super visibles et sur les bonnes cibles. La musique maintenant, tout le monde se l\u2019approprie<\/em>\u00a0\u00bb (Fabrice Desprez).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Martin Toloton revient \u00e0 plusieurs reprises sur le fait que l\u2019\u00e9dition est devenue aujourd\u2019hui une activit\u00e9 essentielle pour tous les acteurs de la fili\u00e8re\u00a0: \u00ab <em>L\u2019\u00e9dition c\u2019est le nerf de la guerre pour tout le monde, pour les managers, pour les maisons de disques, tout le monde a besoin de l\u2019\u00e9dition. Les tourneurs commencent \u00e0 prendre de l\u2019\u00e9dition\u2026<\/em>\u00a0\u00bb. Dans une interview pour le suppl\u00e9ment <em>Next <\/em>du journal <em>Lib\u00e9ration<\/em>, Fanny Dup\u00e9, responsable de la gestion des droits chez l\u2019un des gros \u00e9diteurs de musique (Chrysalis Publishing), revient sur le d\u00e9veloppement de cette activit\u00e9\u00a0: \u00ab<em> C\u2019est une activit\u00e9 qui a explos\u00e9. Auparavant, les maisons d\u2019\u00e9dition \u00e9taient des structures poussi\u00e9reuses, souvent sans site internet, sans visibilit\u00e9. Ce qui ne les emp\u00eachait pas de g\u00e9n\u00e9rer beaucoup d\u2019argent. On les laissait s\u2019occuper de ce secteur tr\u00e8s compliqu\u00e9, tr\u00e8s juridique, parce que vendre des disques et faire des concerts suffisait. D\u00e9sormais, chaque label un peu important a au moins une personne qui s\u2019occupe sp\u00e9cifiquement de la synchro.<\/em> \u00bb [24]<\/span><\/p>\n<div class=\"youtube\" style=\"width: 350; height: 300;\"><object width=\"350\" height=\"300\" classid=\"clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000\" codebase=\"http:\/\/download.macromedia.com\/pub\/shockwave\/cabs\/flash\/swflash.cab#version=6,0,40,0\"><param name=\"wmode\" value=\"transparent\" \/><param name=\"src\" value=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/5ygl8zCnXDE\" \/><embed width=\"350\" height=\"300\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/v\/5ygl8zCnXDE\" wmode=\"transparent\" \/><\/object><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Namast\u00e9, groupe sign\u00e9 au label Moonkeys de Martin Toloton<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Cette implication de plus en plus forte des marques dans l\u2019univers musical rel\u00e8ve donc clairement d\u2019une tendance r\u00e9cente, cela n\u2019existait pas ou alors qu\u2019\u00e0 tr\u00e8s petite \u00e9chelle avant les ann\u00e9es 2000, en t\u00e9moigne les nouveaux services d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la synchronisation au sein des <em>majors <\/em>et des labels<em>. <\/em>Ce fort d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9dition est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 l\u2019essor des technologies num\u00e9riques, qui ont permis la multiplication des canaux de diffusion\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Les sources de revenus de l\u2019\u00e9dition ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9es par dix depuis quelques ann\u00e9es par la multiplication des radios, des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9, de la publicit\u00e9 [\u2026]\u00a0<\/em>\u00bb (Martin Toloton). <\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Conclusion<\/span><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019industrie musicale est bien en train de vivre une crise, mais pas dans le sens simpliste o\u00f9 on l\u2019entend g\u00e9n\u00e9ralement. La crise qu\u2019elle traverse pr\u00e9sente autant d\u2019aspects positifs que de menaces. Un foss\u00e9 semble se dessiner entre la vision grave d\u2019une industrie qui s\u2019\u00e9loigne de plus en plus de la dimension cr\u00e9ative pour s\u2019engouffrer dans les logiques \u00e9conomiques que les nouveaux acteurs de la distribution ont mises en place, et la vision utopiste o\u00f9 les individus semblent se d\u00e9faire des champs d\u2019influence pour tisser leurs propres r\u00e9seaux, \u00eatre cr\u00e9atifs et acc\u00e9der directement aux \u0153uvres qui les int\u00e9ressent, sans avoir plus besoin d\u2019interm\u00e9diaires. C\u2019est donc bien \u00e7a, la crise de l\u2019industrie musicale\u00a0: la naissance de deux mondes. Un premier qui renforce le conditionnement des individus afin de les orienter vers des choix uniformes au service de logiques indiff\u00e9rentes \u00e0 la musique. Un second qui pr\u00f4ne la diversit\u00e9 et d\u00e9fend une \u00e9galit\u00e9 entre tous pour permettre \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 collective de s\u2019exprimer dans toute sa largeur. Ces deux mondes se d\u00e9tachent petit \u00e0 petit car le contexte num\u00e9rique ne leur donne plus aucune raison de continuer \u00e0 se c\u00f4toyer. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"color: #000000;\">Extraits d\u2019un m\u00e9moire soutenu en septembre 2012 dans le cadre du M2 recherche en sciences de l\u2019information et de la communication \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Paris Ouest Nanterre La D\u00e9fense. Texte adapt\u00e9 pour publication par David Buxton.<\/span><\/em><\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[1] Rapport 2011 de l\u2019IFPI (International Federation of the Phonographic Industry) sur la musique digitale. URL : <\/span><a href=\"http:\/\/www.ifpi.org\/content\/library\/DMR2011.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.ifpi.org\/content\/library\/DMR2011.pdf<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #333333;\">[2] <\/span>Source\u00a0: Observatoire de la musique\/GfK.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[3] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">WAELBROECK Patrick \u00ab \u00c9volution du march\u00e9 de la musique pr\u00e9enregistr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique \u00bb, <em>Reflets et perspectives de la vie \u00e9conomique<\/em><em>,<\/em> 4\u00a0: 2006 (Tome XLV), pp.\u00a083-92. <\/span><span style=\"color: #000000;\">URL : <\/span><a href=\"www.cairn.info\/revue-reflets-et-perspectives-de-la-vie-economique-2006-4-page-83.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.cairn.info\/revue-reflets-et-perspectives-de-la-vie-economique-2006-4-page-83.htm<\/a><span style=\"color: #000000;\">.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[4] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">BMI est l\u2019\u00e9quivalent de la Sacem aux \u00c9tats-Unis et la MCPS-PRS Alliance son \u00e9quivalent au Royaume-Uni.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[5] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Crise de l\u2019industrie musicale\u00a0: les vrais chiffres<\/em>, article publi\u00e9 le 26 ao\u00fbt 2008 sur le site Numerama.com, URL\u00a0: <\/span><a href=\"http:\/\/www.numerama.com\/magazine\/10498-crise-de-l-industrie-musicale-les-vrais-chiffres.html\">http:\/\/www.numerama.com\/magazine\/10498-crise-de-l-industrie-musicale-les-vrais-chiffres.html<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #333333;\">[6] <\/span>LE GUERN, Philippe <em>\u00ab\u00a0Musique et Technologies num\u00e9riques\u00a0\u00bb<\/em> <em>R\u00e9seaux n\u00b0172. La D\u00e9couverte, Paris<\/em> 2012. Pr\u00e9sentation p. 9-27<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[7] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">MIEGE, Bernard, <em>La soci\u00e9t\u00e9 conquise par la communication. Tome 3. Les Tic entre innovation et ancrage social, <\/em>PUG (Communication m\u00e9dias soci\u00e9t\u00e9), Grenoble, 2007.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[8] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">MENGER, Pierre-Michel (CNRS\/EHESS), <em>communication du 24 septembre 2009, s\u00e9minaire \u00ab\u00a0Les artistes en r\u00e9gime num\u00e9rique\u00a0\u00bb, INHA. URL: <a href=\"http:\/\/culturevisuelle.org\/blog\/3668\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/culturevisuelle.org\/blog\/3668<\/a>.<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[9] <\/span><\/span><span style=\"font-size: 14px;\"><span style=\"color: #000000;\">Fabien Desprez est le fondateur de l\u2019agence de promotion musicale, Phunk.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000;\">[10] <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">ANDERSON, Chris \u00ab\u00a0The Long Tail\u00a0\u00bb publi\u00e9 dans <em>Wired<\/em>, octobre 2004 disponible sous l\u2019URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.wired.com\/wired\/archive\/12.10\/tail.html\">http:\/\/www.wired.com\/wired\/archive\/12.10\/tail.html<\/a> <\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[11] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">BOUQUILLION, Philippe, COMBES, Yolande (dirs.), <em>Les industries de la culture et de la communication en mutation<\/em><em>,<\/em> L&rsquo;Harmattan (Questions contemporaines), Paris, 2007.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[12] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">MENGER, Pierre-Michel, <em>cit<\/em>.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[13] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">Fr\u00e9d\u00e9ric Schindler est co-directeur de l\u2019agence de supervision musicale, The Music Agency Paris.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[14] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab\u00a0<em>RIP\u00a0! A Remix Manifesto\u00a0\u00bb<\/em>, GAYLOR Brett (r\u00e9al), EyeSteelFilm et Office national du film du Canada, 2008.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[15] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">LE GUERN Philippe, <em>cit<\/em>.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[16] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab<em>\u00a0Pratiques Culturelles, 1973-2008. Dynamiques g\u00e9n\u00e9rationnelles et pesanteurs sociales.\u00a0<\/em>\u00bb URL\u00a0: <\/span><a href=\"http:\/\/www.culturecommunication.gouv.fr\/Politiques-ministerielles\/Etudes-et-statistiques\/Les-publications\/Culture-etudes\/Pratiques-culturelles-1973-2008-CE-2011-7\">http:\/\/www.culturecommunication.gouv.fr\/Politiques-ministerielles\/Etudes-et-statistiques\/Les-publications\/Culture-etudes\/Pratiques-culturelles-1973-2008-CE-2011-7<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #333333;\">[17] <\/span><em>Ibid<\/em>.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[18] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">Martin Toloton est directeur du label ind\u00e9pendant, Moonkeys Music.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[19] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">PICHEVIN, Aymeric, <em>L\u2019artiste-producteur en France en 2008<\/em>, \u00e9tude pour l\u2019Adami pr\u00e9sent\u00e9e au MIDEM en 2009.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[20] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00ab\u00a0certalien\u00a0\u00bb\u00a0: r\u00e9f\u00e9rence au philosophe et historien j\u00e9suite Michel de Certeau (1925-86) qui a avanc\u00e9 l\u2019id\u00e9e que le consommateur soit un \u00ab\u00a0braconnier\u00a0\u00bb (<em>L\u2019invention du quotidien<\/em>, deux tomes, 1980). (Note ajout\u00e9e par DB).<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[21] <\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">PERTICOZ, Lucien,<em> Les processus techniques et les mutations de l\u2019industrie musicale, <\/em>th\u00e8se de doctorat\u00a0en Sciences de l&rsquo;information et de la communication (sous la direction de Bernard Mi\u00e8ge), Grenoble 3, 2009.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\">[22] <\/span><\/span><span style=\"font-size: 14px;\"><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><span style=\"color: #000000;\">Le DJ David Guetta a des revenus estim\u00e9s \u00e0 13,5 millions $, gr\u00e2ce notamment aux contrats avec des marques \u00e0 qui il a vendu son image (Renault, Hewlett Packard). (Note ajo<\/span><\/span><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><span style=\"color: #000000;\">ut\u00e9e par DB).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000;\">[23] <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-size: small;\">Extrait du communiqu\u00e9 de presse <em>Temps forts Midem 2012,<\/em> publi\u00e9 le 23 janvier 2012, disponible \u00e0 l\u2019URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.midem.com\/RM\/RM_Midem_v2\/2012\/documents\/pdf\/midem2012-highlights-FR.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.midem.com\/RM\/RM_Midem_v2\/2012\/documents\/pdf\/midem2012-highlights-FR.pdf<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #333333;\">[24] <\/span>FANEN, Sophia<em>, Le disque dans le sillon de la pub. <\/em>Article publi\u00e9 le 3 septembre 2011. URL\u00a0: <\/span><a href=\"http:\/\/next.liberation.fr\/culture\/01012357659-le-disque-dans-le-sillon-de-la-pub\">http:\/\/next.liberation.fr\/culture\/01012357659-le-disque-dans-le-sillon-de-la-pub<\/a><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/bouton-citer2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"93\" class=\"alignleft wp-image-1949\" title=\"bouton citer\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/bouton-citer2.jpg\" alt=\"\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>BOYER\u00a0Sol\u00e8ne<\/strong>, \u00ab\u00a0L&rsquo;industrie musicale \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique : redistribution\u00a0 et red\u00e9finition des r\u00f4les\u00a0\u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2012, mis en ligne le\u00a014 septembre 2012. URL : http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/lindustrie-musicale-a-lere-numerique-par-solene-boyer\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"#haut\"><span style=\"font-size: small;\">RETOUR HAUT DE PAGE<\/span><\/a><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise qui secoue la fili\u00e8re phonographique est \u00e0 appr\u00e9hender avec diff\u00e9rents niveaux d\u2019analyse. D\u2019un point de vue \u00e9conomique, il est impossible de nier la chute vertigineuse des ventes de la musique enregistr\u00e9e sur les dix derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":291,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,3,680],"tags":[48,49],"coauthors":[318],"class_list":["post-289","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-industries-culturelles","category-rocknroll","tag-industrie-musicale","tag-marques"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=289"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/289\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/291"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=289"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=289"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=289"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=289"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}