
{"id":26642,"date":"2017-07-01T02:00:27","date_gmt":"2017-07-01T00:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=26642"},"modified":"2017-08-31T12:05:18","modified_gmt":"2017-08-31T10:05:18","slug":"actualites-industries-culturelles-numeriques-55-juillet-aout-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-55-juillet-aout-2017\/","title":{"rendered":"Actualit\u00e9s des industries culturelles et num\u00e9riques #55, juillet-ao\u00fbt 2017"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26642?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26642?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><strong>La Web-revue : de la <em>Kulturindustrie<\/em> d\u2019hier aux industries culturelles, cr\u00e9atives et num\u00e9riques d\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019est ouvert un champ interdisciplinaire pour tous ceux dont les recherches interrogent la culture populaire industrialis\u00e9e et les m\u00e9dias. Cette rubrique propose de suivre les actualit\u00e9s des industries culturelles et num\u00e9riques du c\u00f4t\u00e9 des acteurs professionnels, qui sont souvent divis\u00e9s quant \u00e0 la bonne strat\u00e9gie \u00e0 adopter face \u00e0 l\u2019innovation constante, d\u2019o\u00f9 des d\u00e9bats \u00ab internes \u00bb dont doit tenir compte l\u2019approche critique de la Web-revue.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Interdit \u00e0 la reproduction payante.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le cin\u00e9ma fran\u00e7ais r\u00e9siste au changement (une alternative \u00e0 la salle ?)<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-26699\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/okja1.jpg\" alt=\"\" width=\"299\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/okja1.jpg 299w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/okja1-195x110.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 299px) 100vw, 299px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Suite aux <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-53-mai-2017\/\">Actualit\u00e9s #53, mai 2017<\/a>). Le Festival de Cannes a d\u00e9cid\u00e9 de ne plus accepter des \u0153uvres produites par des plate-formes de vid\u00e9o \u00e0 la demande par abonnement (SVoD, ou <em>subscription video on demand<\/em>) l&rsquo;ann\u00e9e prochaine. Cette ann\u00e9e, deux films (<em>The Meyerowitz Stories<\/em> de Noah Baumbach, et <em>Okja<\/em> de Bong Joon-ho), produits par Netflix et r\u00e9serv\u00e9s aux abonn\u00e9s, ont fait partie de la s\u00e9lection officielle. L&rsquo;enjeu, c&rsquo;est le maintien de la chronologie des m\u00e9dias en France, qui r\u00e9git les fen\u00eatres de diffusion en salle, en vid\u00e9o, sur les cha\u00eenes payantes, puis gratuites, en fonction des contributions de ces diffuseurs au financement des \u0153uvres. Actuellement, la diffusion sur un SVoD, contrairement \u00e0 une cha\u00eene payante comme Canal+ o\u00f9 le d\u00e9lai est de dix mois, ne peut intervenir avant 36 mois suivant la sortie en salle. Or, cette chronologie ne fait plus sens lorsque le SVoD est lui-m\u00eame producteur. Que ce soit clair, Netflix et Amazon ne peuvent pas vouloir contourner la chronologie des m\u00e9dias, et en m\u00eame temps s&rsquo;affranchir de toutes les r\u00e8gles fiscales et obligations qui r\u00e9gissent leurs concurrents fran\u00e7ais. Mais si un jour Bruxelles r\u00e9ussit \u00e0 imposer des obligations de financement du cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral aux plates-formes am\u00e9ricaines, la chronologie des m\u00e9dias sous sa forme actuelle deviendra difficilement d\u00e9fendable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui est \u00e9galement en jeu, c&rsquo;est l&rsquo;avenir du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant face aux s\u00e9ries, plus faciles \u00e0 exploiter en France, car non soumises \u00e0 la chronologie des m\u00e9dias, et dont les frais de marketing s&rsquo;amortissent sur six \u00e0 douze heures de diffusion. De l&rsquo;avis de Vincent Maraval (de l&rsquo;\u00e9diteur de vid\u00e9os Wild Bunch), dans une interview \u00e0 <em>The Hollywood Reporter<\/em>, Netflix et Amazon ont donn\u00e9 une nouvelle vie au cin\u00e9ma ind\u00e9pendant am\u00e9ricain, y compris aux s\u00e9ries. Des cin\u00e9astes producteurs ind\u00e9pendants comme <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mark_Duplass\">Mark Duplass<\/a> (<em>Cyrus<\/em> ; <em>Blue Jay<\/em>) louent la souplesse et la libert\u00e9 que leur laisse Netflix par rapport aux studios de Hollywood. Netflix a produit le film<em> War Machine<\/em> (de David Mich\u00f4d avec Brad Pitt), actuellement sur son site, et il a investi 100 millions de dollars dans le prochain film de Scorcese, <em>The Irishman<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains professionnels fran\u00e7ais estiment que de nouveaux acteurs et modes de financement seront un moyen de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer le cin\u00e9ma fran\u00e7ais, qui marquerait le pas en termes de qualit\u00e9. En cause, l&rsquo;uniformisation produite par le financement domin\u00e9 par TF1 et Canal +. Certes, le cin\u00e9ma fran\u00e7ais garde sa part de march\u00e9 (un peu plus d&rsquo;un tiers), mais sur les 300 films produits annuellement en France, trop d&rsquo;entre eux n&rsquo;existent ni artistiquement ni commercialement. Ce qui est alarmant, c&rsquo;est que les films fran\u00e7ais sont en nette perte de vitesse \u00e0 l&rsquo;international. En 2016, ceux-ci n&rsquo;ont r\u00e9alis\u00e9 que 34 millions d&rsquo;entr\u00e9es (106 millions en 2015), et 230 millions d&rsquo;euros de recettes (600 millions en 2015, -63%), apr\u00e8s une baisse de 12 % en 2014. Au Japon, le cin\u00e9ma fran\u00e7ais\u00a0 s&rsquo;est amenuis\u00e9 depuis des ann\u00e9es pour atteindre une part de march\u00e9 de 0,65%, -49% par rapport \u00e0 2015. Cela s&rsquo;explique par l&rsquo;absence de <em>blockbusters<\/em> ; le succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger repose sur deux \u00e0 cinq films pesants de 50-60 % du total. Entre le film \u00e0 gros budget comme<em> Val\u00e9rien<\/em> (tourn\u00e9 en anglais par Luc Besson) et le film populaire \u00e0 consommation strictement national, il y aura peut-\u00eatre un espace commercial en ligne pour des films \u00e0 pr\u00e9tention artistique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_26643\" aria-describedby=\"caption-attachment-26643\" style=\"width: 275px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-26643\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/houzelle.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"183\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-26643\" class=\"wp-caption-text\">MM. Coutas, Barde, Houzelle<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est le pari fait par trois entrepreneurs fran\u00e7ais. Fond\u00e9e par Fr\u00e9d\u00e9ric Houzelle (directeur de la bo\u00eete de production, Atlantis T\u00e9l\u00e9vision (<em>Top Chef<\/em>, <em>Danse avec les stars<\/em>)), Roland Coutas (entrepreneur du Web qui a cr\u00e9e notamment l&rsquo;agence de voyages en ligne, Travelprice), et Bruno Barde (directeur de plusieurs festivals de cin\u00e9ma, dont Deauville), une nouvelle plate-forme, e-cinema.com, sera lanc\u00e9e en septembre, et proposera chaque vendredi des films non sortis en salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plate-forme a d\u00e9j\u00e0 achet\u00e9 les droits d&rsquo;une trentaine de films \u00e9trangers. <em>\u00ab Pour beaucoup de producteurs, le march\u00e9 fran\u00e7ais est un probl\u00e8me<\/em>, pr\u00e9tend Fr\u00e9d\u00e9ric Houzelle. <em>Beaucoup de films ne trouvent pas de distributeur. Quand ils sortent en salle, ils restent \u00e0 l&rsquo;affiche une ou deux semaines. Puis ils disparaissent et ne sont plus accessibles, jusqu&rsquo;\u00e0 un \u00e9ventuel passage en VoD. \u00bb\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Chaque ann\u00e9e dans les festivals, je laisse des films sur les \u00e9tag\u00e8res. Ils ne seront pas visibles en salle. Le cin\u00e9ma en regorge, <\/em>explique Bruno Barde<em>. Ma devise est celle de Jean Vilar, l&rsquo;\u00e9litisme pour tous. E-cinema veut \u00eatre la galerie d&rsquo;art du cin\u00e9ma. On veut montrer des cin\u00e9matographies asiatiques, trop peu pr\u00e9sentes, mais aussi europ\u00e9en, am\u00e9ricaine. C&rsquo;est la suite de ma programmation dans les festivals&#8230; \u00bb <\/em>Le catalogue d&rsquo;e-cinema devrait \u00e0 ce titre s&rsquo;enrichir des productions d&rsquo;autres partenaires comme TF1 vid\u00e9o, Wild Bunch, Universal, Paramount. Le deuxi\u00e8me objectif \u00e0 partir de 2018 est la production de films, exclusivement diffus\u00e9s sur la plate-forme. <em>\u00ab On va choisir entre cinq et six cin\u00e9astes, et chacun recevra environ 1,5 million d&rsquo;euros pour r\u00e9aliser un film \u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Bruno Barde, qui ajoute que les cr\u00e9ateurs auront les mains libres pour faire le film de leur choix, m\u00eame si les sommes ne sont pas tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es pour un long-m\u00e9trage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur e-cinema.com, chaque ann\u00e9e 52 films in\u00e9dits resteront en ligne douze semaines. Le prix d&rsquo;une s\u00e9ance sera fix\u00e9 \u00e0 5,99 euros avec une carte mensuelle d&rsquo;acc\u00e8s illimit\u00e9 \u00e0 9,99 euros. Les trois entrepreneurs se veulent compl\u00e9mentaires au cin\u00e9ma en salle. Explique Fr\u00e9d\u00e9ric Houzelle, <em>\u00ab Nous souhaitons donner plus d&rsquo;exposition \u00e0 de bons films. Cela ne fera pas chuter la fr\u00e9quentation en salle, au contraire, car le cin\u00e9ma reste un \u00e9v\u00e9nement. Et nous ne sommes pas oppos\u00e9s \u00e0 ce que les films qui sortent chez nous continuent leur vie en salle.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sources : \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/0212094292593-une-nouvelle-tentative-pour-proposer-des-films-sur-internet-2087192.php\">Cannes : le cin\u00e9ma fran\u00e7ais choisit le pire moment pour r\u00e9sister au changement<\/a>\u00a0\u00bb (Nicolas Rauline), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 19 mai 2017 ; \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/tech-medias\/medias\/0212092988768-e-cinema-mise-sur-les-sorties-en-ligne-2088117.php\">E-cinema mis sur les sorties en ligne<\/a>\u00a0\u00bb (Nicolas Rauline), <\/em>Les \u00c9chos<em>, 19 mai 2017 ; <a href=\"https:\/\/www.lesechos.fr\/16\/01\/2017\/LesEchos\/22362-089-ECH_2016--annee-noire-pour-les-films-francais-a-l-international.htm\">https:\/\/www.lesechos.fr\/16\/01\/2017\/LesEchos\/22362-089-ECH_2016&#8211;annee-noire-pour-les-films-francais-a-l-international.htm<\/a> ; <a href=\"http:\/\/www.unifrance.org\/actualites\/14534\/unifrance-publie-les-resultats-des-films-francais-a-l-international-en-2015\">http:\/\/www.unifrance.org\/actualites\/14534\/unifrance-publie-les-resultats-des-films-francais-a-l-international-en-2015<\/a> ; \u00ab\u00a0E-cinema, des films hors des murs\u00a0\u00bb (Clarisse Fabre), <\/em>Le Monde<em>, 17 mai, 2017, p. 16 ; \u00ab\u00a0Les films fran\u00e7ais ont de plus en plus de mal \u00e0 percer au Japan\u00a0\u00bb (Nicole Vulser), Le Monde, 25-26 juin, 2017, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, pp. 1, 4.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le m\u00e9tier de sc\u00e9nariste de s\u00e9ries \u00e9volue en France (suite)<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_26722\" aria-describedby=\"caption-attachment-26722\" style=\"width: 168px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-26722\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/herrero1.jpg\" alt=\"\" width=\"168\" height=\"211\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-26722\" class=\"wp-caption-text\">Fanny Herrero (1974-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Suite des <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-51-mars-2017\/\">Actualit\u00e9s #51, mars 2017<\/a>). Dans l&rsquo;essor de s\u00e9ries fran\u00e7aises, le temps est un enjeu crucial. <em>\u00ab Le Graal de tout le monde, c&rsquo;est de tenir le d\u00e9lai d&rsquo;un an [entre saisons] \u00bb<\/em>, explique Fanny Herrero, sc\u00e9nariste en chef de <em>Dix pour cent <\/em>(France 2). Malgr\u00e9 les d\u00e9clarations d&rsquo;intention, le standard am\u00e9ricain n&rsquo;est quasiment jamais atteint en France. Il s&rsquo;est \u00e9coul\u00e9 par exemple un an et quatre mois entre la diffusion des saisons 1 et 2 de <em>Versailles<\/em> (Canal+), un an et demi entre saisons de <em>Dix pour cent, <\/em>un an et cinq mois entre celles du <em>Village fran\u00e7ais<\/em> (France 3), et m\u00eame trois ans entre les deux saisons des <em>Revenants<\/em> (Canal+). Seul <em>Le Bureau des L\u00e9gendes <\/em>(Canal+) se distingue en tenant le d\u00e9lai de douze mois entre saisons. Pour ne pas perdre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des spectateurs, il faut \u00e9crire et tourner plus vite. C&rsquo;est aussi une des cl\u00e9s pour pouvoir esp\u00e9rer exporter davantage (le secteur audiovisuel fran\u00e7ais n&rsquo;a vendu que 40 millions d&rsquo;euros de fictions \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger en 2015, une hausse de 6%).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour <em>Le Bureau des L\u00e9gendes, <\/em>le <em>showrunner<\/em>\u00a0\u00c9ric Rochant (le seul en France) s&rsquo;est inspir\u00e9 directement des pratiques am\u00e9ricaines.\u00a0<em>\u00ab J&rsquo;ai cherch\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments de m\u00e9thode sur le site de leur guilde des auteurs, et j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de rassembler les diff\u00e9rentes activit\u00e9s de cr\u00e9ation eu un seul lieu. C&rsquo;est le seul moyen de me permettre d&rsquo;agir sur plusieurs saisons \u00e0 la fois \u00bb<\/em>. C&rsquo;est-\u00e0-dire garder un \u0153il sur l&rsquo;\u00e9criture de la saison prochaine, sur le tournage des \u00e9pisodes en cours, ainsi que sur leur montage. Pour Fanny Herrero, plus modestement, il s&rsquo;agit de diriger une \u00e9quipe de six sc\u00e9naristes, qui trouvent ensemble les \u00ab arches \u00bb d&rsquo;une saison, et les <em>twists<\/em> d&rsquo;un \u00e9pisode dans des s\u00e9ances de <em>brainstorming<\/em>, mais chacun prend la responsabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire un ou plusieurs \u00e9pisodes, cosign\u00e9s avec elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Il y a encore trois ou quatre ans, pour tourner, il fallait attendre que les sc\u00e9narios de tous les \u00e9pisodes soient accept\u00e9s par la cha\u00eene \u00bb<\/em>, souligne Claude Chelli, directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint de CAPA Drama qui produit <em>Versailles<\/em>. Pour raccourcir les d\u00e9lais de production des sc\u00e9narios pilotes, les organisations d&rsquo;auteurs et de producteurs discutent actuellement avec France T\u00e9l\u00e9visions une r\u00e9vision de sa charte de d\u00e9veloppement, afin de mieux payer les sc\u00e9naristes. Cela leur permettrait de travailler presque exclusivement pour une s\u00e9rie, comme aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 les auteurs sont salari\u00e9s pendant plusieurs mois, et non pay\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode comme en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Les sc\u00e9naristes fran\u00e7ais sont encore un peu trop dans la culture de l&rsquo;auteur-r\u00e9alisateur<\/em>, estime \u00c9ric Rochant. <em>Ils doivent aussi s&rsquo;habituer \u00e0 \u00eatre les ma\u00eetres \u00e0 bord, \u00e0 contr\u00f4ler le tournage. \u00bb <\/em>Pour sa part, Fanny Herrero pense que <em>\u00ab la hausse de la qualit\u00e9 des s\u00e9ries fran\u00e7aises vient d&rsquo;un essor du collectif dans toute la profession. Il y a moins de conflits entre les producteurs, les r\u00e9alisateurs, les sc\u00e9naristes et les cha\u00eenes \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Vision par trop idyllique ? Qu&rsquo;en est-il r\u00e9ellement ? L&rsquo;article du <em>Monde<\/em> parle ailleurs du temps (regrettable) du <em>\u00ab r\u00e9alisateur-roi \u00bb,<\/em> et d&rsquo;une <em>\u00ab guerre larv\u00e9e \u00bb <\/em>entre corporations, miraculeusement disparue, semble-t-il. Il faudra de toute \u00e9vidence reprendre le livre classique de Dominique Pasquier publi\u00e9 en 1995*. En attendant, on peut utilement lire l&rsquo;article de la sociologue Muriel Mille de l&rsquo;universit\u00e9 de Versailles-Saint Quentin, qui a travaill\u00e9 empiriquement sur la production du feuilleton <em>Plus belle la vie<\/em>** (th\u00e8se soutenue en 2013), et qui confirme globalement les contradictions \u00e9pingl\u00e9es par Pasquier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ma part, je dirais que dans ce <em>\u00ab changement de paradigme \u00bb<\/em>, qui s&rsquo;est produit aux \u00c9tats-Unis depuis belle lurette, c&rsquo;est le sc\u00e9nariste-producteur qui prend l&rsquo;ascendant sur le r\u00e9alisateur et ses alli\u00e9s (chef op\u00e9rateur, monteur), et qui se trouve d\u00e9sormais en mesure de (r\u00e9)organiser le collectif \u00e0 sa guise. Dans un syst\u00e8me de plus en plus concurrentiel \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, le nerf de la guerre en termes de productivit\u00e9 passe par les sc\u00e9naristes, et non par les r\u00e9alisateurs, dont le temps de travail est relativement incompressible, respect des normes techniques oblige. Il est non pas moins \u00e9vident que la qualit\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9rie fran\u00e7aise sera de plus en plus mesur\u00e9e par les ventes \u00e0 l&rsquo;international, l\u00e0 o\u00f9 la production fran\u00e7aise, en d\u00e9pit de quelques r\u00e9ussites, peine toujours \u00e0 d\u00e9coller.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">* Dominique Pasquier, <em>Les sc\u00e9naristes et la t\u00e9l\u00e9vision : approche sociologique<\/em>, INA\/Nathan, 1995. ** Muriel Mille, \u00ab\u00a0Un processus collectif de cr\u00e9ation d&rsquo;un feuilleton t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 : une division du travail d&rsquo;auteurs\u00a0\u00bb, <em>Soci\u00e9t\u00e9s contemporaines<\/em>, mars 2016.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Le sc\u00e9nario, nerf de la guerre des s\u00e9ries\u00a0\u00bb (Alexandre Piquard), <\/em>Le Monde<em>, 11 mai 2017, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, p. 1 et 8.<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les artistes fran\u00e7ais en progression \u00e0 l&rsquo;international<\/span><\/h2>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/KqlvJHpAhmE\" width=\"560\" height=\"314\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon une \u00e9tude publi\u00e9e le 6 juin au Midem par le Bureau export de la musique fran\u00e7aise, <em>Listen<\/em> du DJ David Guetta a \u00e9t\u00e9 de loin l&rsquo;album fran\u00e7ais le plus export\u00e9 en 2016, avec 2,09 millions d&rsquo;unit\u00e9s vendues. Sur ce podium, <em>Mini World<\/em> de la chanteuse Indila est deuxi\u00e8me, devant <em>Kendji<\/em> de Kendji Girac, <em>Chaleur humaine<\/em> de Christine and the Queens, et <em>Chambre 12<\/em> de Louane. En ce qui concerne les singles, <em>This Girl<\/em> du DJ Kungs arrive en t\u00eate avec 656 millions d&rsquo;\u00ab <em>equivalent streams<\/em> \u00bb, suivi par <em>Derni\u00e8re danse<\/em> d&rsquo;Indila, et <em>Bang my Head<\/em> de David Guetta.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fili\u00e8re musicale fran\u00e7aise a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des revenus de 628 millions d&rsquo;euros en 2016, +1,7 % par rapport \u00e0 2015, mais plus important, +30 % par rapport \u00e0 2006. Les supports num\u00e9riques repr\u00e9sente d\u00e9sormais 72 % des ventes \u00e0 l&rsquo;export ; ces revenus proviennent \u00e0 60 % d&rsquo;Europe (o\u00f9 le premier march\u00e9 reste l&rsquo;Allemagne), 26 % d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et 6 % d&rsquo;Asie. Quelques 7 milliards de <em>streams<\/em> d&rsquo;artistes fran\u00e7ais ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9s hors France en 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec des moyens relativement faibles (740 000 euros d&rsquo;aides en 2016 pour 500 projets), le Bureau export, financ\u00e9 par le minist\u00e8re de la Culture, le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, les producteurs phonographiques, les producteurs de spectacles (21 % de leur chiffre d&rsquo;affaires vient des 2000 concerts organis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger en 2016, principalement en Europe (71 %)) et la Sacem, cherche \u00e0 donner plus de visibilit\u00e9 aux artistes fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce faire, le Bureau prend directement exemple sur une initiative scandinave. Il a lanc\u00e9 un nouvel outil de promotion proposant une large palette de playlists de tous les genres (jazz, reggae, \u00e9lectro, rock, top 40 fran\u00e7ais, top d&rsquo;\u00e9coutes de titres fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, etc.). L&rsquo;id\u00e9e consiste \u00e0 influencer les programmeurs de playlists pour les plate-formes \u00e0 grosse audience (YouTube, Spotify, Deezer, Apple Music&#8230;).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Source : \u00ab\u00a0David Guetta, t\u00eate de gondole des artistes fran\u00e7ais dans le monde\u00a0\u00bb (Nicole Vulser), <\/em>Le Monde<em>, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, 8 juin 2017, p. 8.<\/em><\/p>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Le retour du journaliste \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran<\/span><\/h2>\n<figure id=\"attachment_26754\" aria-describedby=\"caption-attachment-26754\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-26754\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lucet-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-26754\" class=\"wp-caption-text\">Elise Lucet (1963-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab Que ce soit avec le pape, les grands patrons ou les politiques, je revendique cette incarnation du journaliste \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, car je pense que notre devoir est aussi de reprendre le territoire g\u00e9ographiquement face aux services de communication qui bloquent toute information \u00bb<\/em>, affirme \u00c9lise Lucet, animatrice de <em>Cash Investigation<\/em> (France 2), qui a r\u00e9ussi \u00e0 interpeller le pape devant le Vatican, et \u00e0 lui arracher quelques mots de d\u00e9mentis (d&rsquo;avoir influenc\u00e9 la justice argentine) lors d&rsquo;une enqu\u00eate sur les affaires de p\u00e9dophilie dans l&rsquo;\u00c9glise. \u00ab Scoop \u00bb qui a d\u00e9clench\u00e9 une vive pol\u00e9mique tant au niveau institutionnel que sur les r\u00e9seaux sociaux. L&rsquo;\u00c9glise de France a d\u00e9nonc\u00e9 une <em>\u00ab mascarade \u00bb, \u00ab des m\u00e9thodes douteuses \u00bb<\/em>. De son c\u00f4t\u00e9, Lucet se veut <em>\u00ab ambassadrice des t\u00e9l\u00e9spectateurs \u00bb, <\/em>sans pour autant proposer du<em> \u00ab journalisme spectacle \u00bb<\/em>. Cette pr\u00e9sence du journaliste sur le terrain posant ses questions (et non simplement recueillant les r\u00e9ponses) est devenue une marque de fabrique de <em>Cash Investigation<\/em>, <em>66 Minutes<\/em> (M6), <em>Enqu\u00eate exclusive<\/em> (M6) et <em>Sept \u00e0 Huit<\/em> (TF1).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab En se montrant \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, le journaliste affirme ses choix. C&rsquo;est aussi un contre-pied au plan illustratif tr\u00e8s souvent utilis\u00e9 en t\u00e9l\u00e9vision qui ne dit rien du travail journalistique \u00bb<\/em>, rench\u00e9rit Emmanuel Gagnier, r\u00e9dacteur en chef de C<em>ash Investigation<\/em>, qui cite l&rsquo;exemple des journalistes de t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricains parlant souvent \u00e0 la premi\u00e8re personne. Pour Herv\u00e9 Brusini, directeur charg\u00e9 du num\u00e9rique, de la strat\u00e9gie et de la diversit\u00e9 sur Franceinfo TV, <em>\u00ab c&rsquo;est aussi une fa\u00e7on de resserrer les liens avec les t\u00e9l\u00e9spectateurs, de lever la suspicion, et de bien montrer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de mensonge dans l&rsquo;information qui leur est d\u00e9livr\u00e9e puisque le journaliste est sur le terrain \u00bb<\/em>. Il souligne que d\u00e9j\u00e0, dans les ann\u00e9es 1960, notamment dans <em>Cinq Colonnes \u00e0 la une<\/em>, les journalistes apparaissaient souvent \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, sans susciter de d\u00e9bats. Alexandre Kara, directeur de la r\u00e9daction de France T\u00e9l\u00e9visions, pr\u00e9tend que <em>\u00ab nous l&rsquo;utilisons avec parcimonie, car nous ne voulons pas galvauder cette m\u00e9thode journalistique \u00bb<\/em>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_26755\" aria-describedby=\"caption-attachment-26755\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-26755\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-150x150.jpg 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-144x144.jpg 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-36x36.jpg 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-32x32.jpg 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-50x50.jpg 50w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-64x64.jpg 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-96x96.jpg 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/lepers-128x128.jpg 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-26755\" class=\"wp-caption-text\">John Paul Lepers (1957-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le t\u00e9moignage de John Paul Lepers (<em>Vox pop<\/em>, Arte), qui a relanc\u00e9 la pr\u00e9sence du journaliste \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran pendant les interviews r\u00e9alis\u00e9es pour <em>Le Vrai Journal<\/em> (Canal+) de Karl Z\u00e9ro en 1996, est int\u00e9ressant. <em>\u00ab En reportage, il faut une r\u00e9ponse \u00e0 une question, et si l&rsquo;on ne garde que la r\u00e9ponse, c&rsquo;est alors une fiction [&#8230;] Je venais de la radio o\u00f9 tout passait par le micro. Lorsque je suis arriv\u00e9 sur TF1 en 1993, nous n&rsquo;avions pas le droit d&rsquo;avoir un micro \u00e0 la main pour appara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran. Nous devions donner les questions \u00e0 l&rsquo;avance \u00e0 nos interlocuteurs pour induire les mots qu&rsquo;ils allaient dire \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd&rsquo;hui, toutes les cha\u00eenes imposent la mise en avant de certains journalistes. <em>\u00ab Les cha\u00eenes d&rsquo;information en continu ont totalement bouscul\u00e9 les habitudes<\/em>, dit Jean-J\u00e9r\u00f4me Bertolus, ex-journaliste \u00e0 i-T\u00e9l\u00e9. <em>L&rsquo;information y est distill\u00e9e comme un r\u00e9cit au quotidien, dont le journaliste est \u00e0 la fois l&rsquo;incarnation et le narrateur. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>Source : \u00ab\u00a0La r\u00e8gle du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb de l&rsquo;information\u00a0\u00bb (Daniel Psenny), Le Monde, 16-17 avril 2017, p. 16.<\/em><\/p>\n<div class=\"su-box su-box-style-default\" id=\"\" style=\"border-color:#00998d;border-radius:3px;max-width:none\"><div class=\"su-box-title\" style=\"background-color:#00CCC0;color:#FFFFFF;border-top-left-radius:1px;border-top-right-radius:1px\">Commentaire du r\u00e9dacteur<\/div><div class=\"su-box-content su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"border-bottom-left-radius:1px;border-bottom-right-radius:1px\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-26795\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/cashinvestigation.jpg\" alt=\"\" width=\"298\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/cashinvestigation.jpg 298w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/cashinvestigation-195x110.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les articles sur le journalisme \u00e9crits par les journalistes sont souvent les plus d\u00e9licats \u00e0 d\u00e9cortiquer, tant ces derniers ne veulent pas critiquer, m\u00eame partiellement, une profession (injustement) m\u00e9pris\u00e9e. Ici, on court manifestement plusieurs li\u00e8vres \u00e0 la fois. On ouvre avec les m\u00e9thodes discutables d&rsquo;\u00c9lise Lucet, qui s&rsquo;assimilent bien au \u00ab journalisme spectacle \u00bb, comme sa d\u00e9n\u00e9gation l&rsquo;indique. Cette approche du journalisme sera toujours sujette \u00e0 controverse, et aux accusations de privil\u00e9gier la mise en sc\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;information r\u00e9elle. Ce qui est int\u00e9ressant dans les propos de Lucet, c&rsquo;est la d\u00e9claration d&rsquo;intention de livrer combat aux services de communication sur leur propre terrain, de jouer les \u00ab emp\u00eacheurs de tourner en rond \u00bb. Le journalisme se distinguerait par sa capacit\u00e9 \u00e0 h\u00e9risser les grands de ce monde, dans une optique franchement populiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-26767\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/genauzeau-300x168.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/genauzeau.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/genauzeau-195x110.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Ensuite, on passe \u00e0 un journalisme plus respectable. Alexandre Kara cite les reportages de Franck Genauzeau, l&rsquo;envoy\u00e9 sp\u00e9cial de France 2 en Syrie, qui s&rsquo;est fait filmer dans les ruines d&rsquo;Alep et de Palmyre, comme exemple o\u00f9 la pr\u00e9sence sur le terrain a \u00ab <em>un sens \u00e9ditorial<\/em> \u00bb. L\u00e0, Kara place tr\u00e8s haut la barre ; en croisant cette r\u00e9f\u00e9rence avec son plaidoyer pour la parcimonie en la mati\u00e8re, on peut en d\u00e9duire que, pour lui, l&rsquo;image convenue du journaliste install\u00e9 en direct devant la Maison-Blanche, ou devant l&rsquo;\u00c9lys\u00e9e \u00ab galvaude \u00bb le m\u00e9tier, sans parler des m\u00e9thodes employ\u00e9es par \u00c9lise Lucet et d&rsquo;autres. En fait, il y a terrain et terrain, journalisme et journalisme, et on ne parle pas du tout de la m\u00eame chose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ses diverses interventions m\u00e9diatiques ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, Herv\u00e9 Brusini a souvent regrett\u00e9 le d\u00e9clin du reportage classique, lui qui avait th\u00e9oris\u00e9 le passage \u00e0 un journalisme de studio fond\u00e9 sur le dossier et le d\u00e9bat en plateau*. Dans les propos cit\u00e9s ci-dessus, il parle toutefois en directeur-gestionnaire d&rsquo;information avec une certaine franchise. Personnalis\u00e9e, l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e gagne en cr\u00e9dibilit\u00e9, selon lui, et la pr\u00e9sence d&rsquo;un visage familier en situation permet de <em>\u00ab resserrer les liens avec les t\u00e9l\u00e9spectateurs \u00bb. <\/em>Les gestionnaires, les producteurs, les pr\u00e9sentateurs et les animateurs restent toujours les cat\u00e9gories dominantes. On voit donc l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un statut informel interm\u00e9diaire entre le JRI (journaliste-reporter d&rsquo;images) et le pr\u00e9sentateur-animateur : le reporter qui a le droit d&rsquo;appara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran et d&rsquo;incarner la cha\u00eene dans un pouvoir d\u00e9l\u00e9gu\u00e9. Le t\u00e9moignage de Lepers permet de pr\u00e9senter cette \u00e9volution comme une conqu\u00eate professionnelle face au pouvoir, le droit (avec la complicit\u00e9 du public) justement de poser ses questions \u00e0 l&rsquo;antenne. Or, c&rsquo;est exactement le m\u00eame statut que revendique Lucet, animatrice qui est aussi pr\u00e9sente sur le terrain, avec le m\u00eame droit de poser des questions qui g\u00eanent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion, l&rsquo;article du <em>Monde<\/em> cite Jean-J\u00e9r\u00f4me Bertolus pour dire que l&rsquo;information en continu a bouscul\u00e9 les habitudes. Celle-ci redonne ind\u00e9niablement de l&rsquo;importance au journaliste pr\u00e9sent sur le terrain. Pour d&rsquo;autres professionnels, cependant, il s&rsquo;agit-l\u00e0 d&rsquo;une d\u00e9valorisation du m\u00e9tier, car la pr\u00e9sence continue en situation oblige trop souvent \u00e0 meubler, \u00e0 remplir une image sans grand int\u00e9r\u00eat avec du \u00ab n&rsquo;importe quoi \u00bb. Entre la critique interne de ce journalisme-l\u00e0, et la critique \u00e9galement interne faite par Gagnier des \u00ab <em>plans illustratifs<\/em> \u00bb (ou \u00ab <em>images-pr\u00e9textes <\/em>\u00bb dans un autre langage**) se trouve la double ligne de fracture entre mani\u00e8res de faire du journalisme de t\u00e9l\u00e9vision, et entre cat\u00e9gories professionnelles plus ou moins avantag\u00e9es par le paradigme dominant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gagnier justifie les m\u00e9thodes de Lucet en faisant r\u00e9f\u00e9rence aux pratiques des journalistes am\u00e9ricaines, comme si, du lib\u00e9ral <em>CBS News<\/em> au tr\u00e8s droitier <em>Fox News<\/em>, ceux-ci formaient une masse homog\u00e8ne avec les m\u00eames normes professionnelles. Historiquement en France, l&rsquo;appel aux m\u00e9thodes am\u00e9ricaines, suppos\u00e9ment accept\u00e9es comme sup\u00e9rieures par toute la profession, a toujours \u00e9t\u00e9 une arme rh\u00e9torique dans la guerre de l\u00e9gitimit\u00e9 livr\u00e9e par les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de journalistes de t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">*Herv\u00e9 Brusini, Francis James, <em>Voir la v\u00e9rit\u00e9<\/em>, PUF, 1982. Un r\u00e9sum\u00e9 de ce livre <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/fantasme-commentaire-images-reportage-television-david-buxton\/\">se trouve ici<\/a>.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">** C&rsquo;est le h\u00e9raut historique d&rsquo;un journalisme de plateau, Fran\u00e7ois de Closets, qui a introduit ce terme dans son r\u00e9quisitoire contre la \u00ab cin\u00e9manie \u00bb dans le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9, <em>Le syst\u00e8me EPM<\/em>, Grasset, 1980, pp. 255-56. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">Sur le journalisme de t\u00e9l\u00e9vision dans la web-revue : David Buxton, \u00ab <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/fantasme-commentaire-images-reportage-television-david-buxton\/\">Le lieu du fantasme. Le commentaire sur images dans les magazines de reportages en France, 1960-92<\/a> \u00bb ; Francis James, \u00ab <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/filmer-sport-faire-guerre-francis-james\/\">Filmer le sport, \u00e7a sert aussi \u00e0 faire la guerre<\/a> \u00bb ; \u00ab <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/naissance-specialite-televisuelle-presentation-meteo\/\">Naissance d&rsquo;une sp\u00e9cialit\u00e9 t\u00e9l\u00e9visuelle : la pr\u00e9sentation de la m\u00e9t\u00e9o<\/a> \u00bb. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">Sur l&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;information en continu : Andrea Semprini,<em> L&rsquo;information en continu. France Info et CNN<\/em>, INA\/Nathan, 1997 ; Dominique Marchetti et Olivier Baisn\u00e9e,\u00a0\u00ab <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/publications-de-Marchetti-Dominique--13046.htm\">L&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;information en continu<\/a>\u00a0\u00bb,\u00a0 <em>R\u00e9seaux<\/em>, 2002\/4, no. 114. <\/span><span style=\"font-size: 8pt;\">Sur la notion du professionnalisme chez les journalistes : Denis Ruellan, <em>Le professionnalisme du flou<\/em>, PUG, 1993.<\/span><\/p>\n<\/div><\/div>\n<h2><span style=\"font-size: 12pt;\">Netflix et le dessin anim\u00e9 interactif : synth\u00e8se entre Hollywood et la Silicon Valley ?<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">(Suite des <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-53-mai-2017\/\">Actualit\u00e9s #53<\/a>, mai 2017). Netflix a mis en ligne le 20 juin le dessin anim\u00e9 interactif <em>Le Chat Pott\u00e9 (Puss in Book).<\/em> Un deuxi\u00e8me, <em>Buddy<\/em> <em>Thunderstruck<\/em>, sera disponible le 14 juillet. Les deux ont \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9s par la collection des \u00ab <em>livres dont vous \u00eates le h\u00e9ros<\/em> \u00bb popularis\u00e9s dans les ann\u00e9es 1980. Pour faire un choix optimiste (s\u00fbr), ou pessimiste (dangereux), il suffira \u00e0 l&rsquo;enfant de cliquer sur sa t\u00e9l\u00e9commande, ou d&rsquo;appuyer sur l&rsquo;\u00e9cran vers la droite ou vers la gauche (sous r\u00e9serve d&rsquo;avoir un t\u00e9l\u00e9viseur ou un appareil connect\u00e9).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-26788\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/pussinbook.jpg\" alt=\"\" width=\"299\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/pussinbook.jpg 299w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/pussinbook-195x110.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 299px) 100vw, 299px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La plupart des choix sont anodins, car les deux branches de sc\u00e9narios distincts finissent par se rejoindre au m\u00eame point. Cela dit, \u00e9crire avec des contraintes interactives s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plus difficile que pr\u00e9vu. <em>\u00ab Les choix qui ont le plus d&rsquo;impact sur l&rsquo;histoire sont les plus excitants. Dans un monde parfait, nous en proposerions davantage. Mais plus vous cr\u00e9ez de divergences de sc\u00e9nario, plus vous devez cr\u00e9er de contenus diff\u00e9rents&#8230; \u00bb<\/em>, dit Doug Lancaster, responsable cr\u00e9atif chez <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/DreamWorks_Animation\">DreamWorks Animation<\/a>, le studio \u00e0 qui Netflix a pass\u00e9 commande. L&rsquo;interactif fait gonfler les budgets : pour la m\u00eame dur\u00e9e visionn\u00e9e, il a fallu cr\u00e9er un dessin anim\u00e9 deux fois plus long.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le succ\u00e8s \u00e0 court terme est loin d&rsquo;\u00eatre assur\u00e9. Mais pour Carla Engelbrecht Fisher, directrice de l&rsquo;innovation produit chez Netflix, <em>\u00ab c&rsquo;est un exemple parfait de la synth\u00e8se entre Hollywood et la Silicon Valley \u00bb<\/em>. Des tests avec des s\u00e9ries pour adultes sont pr\u00e9vus dans la foul\u00e9e. La strat\u00e9gie \u00e0 terme est de trouver des formes nouvelles qui se d\u00e9marquent compl\u00e8tement de la t\u00e9l\u00e9vision traditionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Source : \u00ab\u00a0Netflix teste le dessin anim\u00e9 dont vous \u00eates le h\u00e9ros\u00a0\u00bb (Alexandre Piquard), <\/em>Le Monde<em>, 22 juin 2017, suppl\u00e9ment \u00c9co &amp; Entreprise, p. 8.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/category\/actualites\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lire les autres articles de la rubrique.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:3px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Juillet-ao\u00fbt Contenu : 1 Le cin\u00e9ma fran\u00e7ais r\u00e9siste au changement (une alternative \u00e0 la salle ?) 2 Le m\u00e9tier de sc\u00e9nariste de s\u00e9ries \u00e9volue en France (suite) 3 Les artistes fran\u00e7ais en progression \u00e0 l&rsquo;international 4 Le retour du journaliste \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran 5 Netflix et le dessin anim\u00e9 interactif : synth\u00e8se entre Hollywood et la Silicon Valley ? <\/p>\n","protected":false},"author":1294,"featured_media":23267,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[80,11,12,3,15,783,14,681],"tags":[752,55,117,335,825],"coauthors":[791],"class_list":["post-26642","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-cinema","category-musique","category-industries-culturelles","category-jt","category-netflix","category-serie-tv","category-televisionfrancaise","tag-interactivite","tag-journalisme-de-television","tag-marketing","tag-scenarisation","tag-serialite"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26642","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1294"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26642"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26642\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23267"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26642"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26642"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26642"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=26642"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}