
{"id":219,"date":"2012-10-10T13:11:03","date_gmt":"2012-10-10T11:11:03","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.com\/industrie-culturelle\/?p=219"},"modified":"2019-03-18T12:12:51","modified_gmt":"2019-03-18T11:12:51","slug":"ces-visages-qui-nous-regardent-et-nous-parlent-par-francis-james","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/ces-visages-qui-nous-regardent-et-nous-parlent-par-francis-james\/","title":{"rendered":"Ces visages qui nous regardent et nous parlent &#8211; Francis JAMES"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"haut\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?s2member_file_download=james1.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2130\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/boutonprintpdf5.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"42\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ce texte a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour \u00ab\u00a0Les soixante ans du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9\u00a0\u00bb dans le cadre des Rencontres INA-Sorbonne le vendredi 11 d\u00e9cembre 2009. Il traite de l\u2019institutionnalisation du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 en France depuis sa naissance en juin 1949 d\u00e9crivant des aspects de sa formalisation et de sa p\u00e9rennisation.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Jamescouv2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-246\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Jamescouv2.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Jamescouv2.jpg 640w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Jamescouv2-300x140.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\n<p style=\"text-align: justify;\">Un des indices les plus s\u00fbrs de la constitution d\u2019un champ est l\u2019apparition d\u2019un corps de conservateurs des vies et des \u0153uvres dont la t\u00e2che consiste pour certains \u00e0 archiver les productions de ce champ, pour d\u2019autres \u00e0 les d\u00e9chiffrer [1]. Le champ qui nous int\u00e9resse ici est celui de la t\u00e9l\u00e9vision, et parmi les productions auxquelles il a donn\u00e9 lieu en France et ailleurs depuis l\u2019apr\u00e8s-guerre, le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 (JT) fait r\u00e9f\u00e9rence. C\u2019est la premi\u00e8re \u00e9mission r\u00e9guli\u00e8re en direct avec la retransmission de la messe dominicale [2]. L\u2019Institut National de l\u2019Audiovisuel pour les archives, l\u2019universit\u00e9 et la critique \u00ab\u00a0t\u00e9l\u00e9\u00a0\u00bb pour la glose, et ceux qui concourent \u00e0 la fabrication du JT composent ce corps de conservateurs des vies et des \u0153uvres t\u00e9l\u00e9visuelles qui, \u00e0 l\u2019occasion de ces rencontres Ina-Sorbonne, concourent \u00e0 l\u2019institutionnalisation du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019institution est d\u00e9finie d\u2019abord par un ensemble de pratiques, de t\u00e2ches particuli\u00e8res, de rites et de r\u00e8gles de conduite entre des personnes. Autant d\u2019aspects du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 que le colloque souhaite mettre en lumi\u00e8re. Elle est d\u00e9finie aussi par la dur\u00e9e. Durer, perdurer jusqu\u2019\u00e0 oublier et faire oublier la date et le lieu de leur naissance semble \u00eatre une caract\u00e9ristique des institutions. Contingentes, elles pr\u00e9tendent \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Dans la routine des gestes et des pens\u00e9es quotidiennes, les agents qui les animent participent autant \u00e0 leur survie qu\u2019\u00e0 la conservation de l\u2019ordre \u00e9tabli.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019obsession de la dur\u00e9e sous-tend la vie des institutions. Le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 a aujourd\u2019hui 60 ans. La galerie des portraits des pr\u00e9sentateurs depuis 1954 [3] donne corps \u00e0 cet imaginaire de la continuit\u00e9 sans lequel il n\u2019y a pas d\u2019institutionnalisation : Claude Darget, L\u00e9on Zitrone, Joseph Pasteur, Philippe Gildas, Roger Gicquel, Christine Ockrent, Patrick Poivre d\u2019Arvor, Claire Chazal, David Pujadas, Harry Roselmack, d\u2019autres encore. Autant de corps de chair et de sang pour un seul et m\u00eame corps t\u00e9l\u00e9visuel, celui du pr\u00e9sentateur. Dans toute institution, l\u2019appropriation d\u2019une fonction par un pr\u00e9tendant exige l\u2019appropriation\u00a0 du pr\u00e9tendant par la fonction [4]. Au journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 s\u2019approprier la fonction de pr\u00e9sentation, et avec elle le corps t\u00e9l\u00e9visuel du pr\u00e9sentateur, exige que le journaliste se laisse poss\u00e9der par elle jusque dans son propre corps, lui imposant un v\u00eatement (le costume pour l\u2019homme, le tailleur pour la femme), un langage lui aussi standardis\u00e9 (140 mots \u00e0 la minute et compris de tous), une attitude physique conforme, en fin de compte une mani\u00e8re toute impersonnelle d\u2019\u00eatre. C\u2019est ainsi que, depuis le premier pr\u00e9sentateur, celles et ceux qui lui ont succ\u00e9d\u00e9 ont contribu\u00e9 \u00e0 assurer l\u2019\u00e9ternit\u00e9 de la fonction et la p\u00e9rennit\u00e9 du corps t\u00e9l\u00e9visuel qu\u2019ils ont un temps incarn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/youtu.be\/5tbeRC870gc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-442 aligncenter\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/zitronearc1.jpg\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"219\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/zitronearc1.jpg 568w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/zitronearc1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 290px) 100vw, 290px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">L\u00e9on Zitrone\u00a0 \u00ab Avant le prix Arc de triomphe \u00bb 1974 :<span style=\"color: #ff6600;\"> <a href=\"http:\/\/youtu.be\/5tbeRC870gc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><span style=\"color: #ff6600;\">http:\/\/youtu.be\/5tbeRC870gc<\/span><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le corps du pr\u00e9sentateur<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">La continuit\u00e9 de la fonction de pr\u00e9sentation au journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 emprunte \u00e0 la fiction juridique \u00e9tablie au XVI\u00e8me si\u00e8cle qui pose une distinction entre le monarque en tant qu\u2019individu priv\u00e9 et le monarque en tant que personne fictive, incarnation de l\u2019Etat. Le Roi poss\u00e9derait deux corps, l\u2019un naturel et mortel semblable ainsi \u00e0 celui de ses sujets, l\u2019autre surnaturel et immortel incarnant le royaume tout entier, comme l\u2019a montr\u00e9 l\u2019historien Ernst Kantorowicz [5]. Cet imaginaire du double corps du roi est dans la droite ligne de la th\u00e9ologie m\u00e9di\u00e9vale qui distingue deux personnes dans le christ : J\u00e9sus, homme de chair, et le messie dot\u00e9 d\u2019un corps glorieux. Ainsi la continuit\u00e9 dynastique au journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 se construit-t-elle sur la succession de ses pr\u00e9sentateurs dont les corps mortels forment un seul et m\u00eame corps \u00e0 l\u2019existence toute de vid\u00e9o, le pr\u00e9sentateur, \u00e9grenant chaque midi et soir les nouvelles du monde. Le pr\u00e9sentateur est mort, vive le pr\u00e9sentateur. L\u2019homme peut dispara\u00eetre de l\u2019\u00e9cran, le pr\u00e9sentateur lui survit. Il ne peut avoir de vacance dans le discours de l\u2019information, celui-ci doit \u00eatre tous les jours port\u00e9, tenu, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 au risque de voir prolif\u00e9rer d\u2019autres mots, d\u2019autres paroles, d\u2019autres personnes qui parlent et attentent ainsi \u00e0 son monopole. L\u2019efficacit\u00e9 du JT est \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Nous vivons dans les institutions sous le regard des morts<\/em> \u00bb dit quelque part Pierre Legendre [6]. Ces rencontres Ina-Sorbonne se d\u00e9roulent sous le regard d\u2019un pr\u00e9sentateur prestigieux, Walter Cronkite, mort en juillet 2009 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 92 ans : \u00ab<em> Cronkite s\u2019adressait \u00e0 la Nation quand d\u2019autres pr\u00e9sentaient les informations<\/em> \u00bb [7], \u00ab <em>Il \u00e9tait l\u2019incarnation parfaite de l\u2019information t\u00e9l\u00e9visuelle<\/em> \u00bb[8] t\u00e9moigne-t-on \u00e0 sa mort. On venait du monde entier pour apprendre de lui le m\u00e9tier. Il a donn\u00e9 \u00e0 l\u2019information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e son visage incarnant la mesure, la confiance et la cr\u00e9dibilit\u00e9. C\u2019est aussi un visage de classe, le <em>White Anglo-Saxon Protestant<\/em> (WASP), le visage de l\u2019homme blanc qu\u2019il universalise comme mod\u00e8le id\u00e9al du pr\u00e9sentateur. Apr\u00e8s lui, femmes comme hommes, de couleur ou non, ne feront que se conformer \u00e0 sa gestuelle. Le 22 novembre 1963&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/youtu.be\/6vOUUTetk6s\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-483\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Walter-Cronkite.jpg\" alt=\"\" width=\"298\" height=\"228\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Walter Cronkite annonce la mort de JFK : <a href=\"http:\/\/youtu.be\/6vOUUTetk6s\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/youtu.be\/6vOUUTetk6s<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La rh\u00e9torique fait du corps un support pour la persuasion. \u00ab <em>Donner un corps aux id\u00e9es pour les jeter vivantes dans l\u2019esprit du lecteur<\/em> \u00bb, affirmait Joseph-Antoine Cerutti [9], j\u00e9suite pass\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise et proche de Mirabeau dont il \u00e9crivait les discours. Prolongeant ce pr\u00e9cepte, le dispositif du JT contemporain place le corps du pr\u00e9sentateur au centre de la relation entre l\u2019institution TV et le t\u00e9l\u00e9spectateur : \u00ab <em>Mettre un visage sur la pr\u00e9sentation des informations, c\u2019est peut-\u00eatre la rendre plus cr\u00e9dible<\/em>\u00bb, expliquait Christian Bernadac, r\u00e9dacteur en chef \u00e0 TF1, deux ans apr\u00e8s l\u2019installation de Yves Mourousi au 13h et Roger Gicquel au 20h que les sondages d&rsquo;audience cr\u00e9ditaient de 10 \u00e0 12 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs chaque soir [10].<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/youtu.be\/RGI4NH7qtAI\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-484\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/rogergicquel1978-copier2.jpg\" alt=\"\" width=\"322\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/rogergicquel1978-copier2.jpg 627w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/rogergicquel1978-copier2-300x218.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 322px) 100vw, 322px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Roger Gicquel &#8211; Tour de France 1978 : <a href=\"http:\/\/youtu.be\/RGI4NH7qtAI\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/youtu.be\/RGI4NH7qtAI<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Visages et informations sont d\u00e9finitivement scell\u00e9s. La position frontale du pr\u00e9sentateur amorce le contact direct avec le t\u00e9l\u00e9spectateur. Son regard l\u2019apostrophe, il lui parle[11]. Cette posture du pr\u00e9sentateur rappelle l\u2019affiche du g\u00e9n\u00e9ral Kitchener parue \u00e0 l\u2019automne 1914, le visage en gros plan, les yeux dans les yeux, l\u2019index tendu, sollicitant chaque Britannique \u00e0 d\u00e9fendre sa patrie : \u00ab Join Your Country&rsquo;s Army! \u00bb \u00e9tait-il \u00e9crit. Ce fut par la suite les affiches de l\u2019Oncle Sam, de Trotski, dans la m\u00eame posture, appelant \u00e0 la mobilisation. Ces images ont en commun d\u2019\u00eatre des \u00ab figures frontales d\u2019omnivoyants \u00bb selon Carlo Ginzburg [12] pour qui elles s&rsquo;inscrivent dans une filiation avec les affiches publicitaires. Repr\u00e9sentations du pouvoir et de la marchandise, elles enjoignent de faire quelque chose : ici, rejoindre l\u2019arm\u00e9e ou encore acheter, l\u00e0, regarder les nouvelles. Ce sont des images d\u2019injonction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/Kitchener2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2372\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/Kitchener2-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"201\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/Kitchener2-201x300.jpg 201w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/Kitchener2.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 201px) 100vw, 201px\" \/><\/a><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Le visage, une production culturelle<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus que des informations, ce type d\u2019images v\u00e9hicule des ordres. Comme le sugg\u00e8rent Deleuze et Guattari, \u00ab <em>Il est absurde de croire que le langage en tant que tel puisse v\u00e9hiculer un message. Une langue est toujours prise dans des visages qui en annoncent les \u00e9nonc\u00e9s, qui les lestent par rapport aux signifiants en cours et aux sujets concern\u00e9s. C\u2019est sur les visages que les choix se guident et que les \u00e9l\u00e9ments s\u2019organisent : jamais la grammaire commune n\u2019est s\u00e9parable d\u2019une \u00e9ducation des visages. Le visage est un v\u00e9ritable porte-voix.<\/em> \u00bb [13] Ce qui compte au JT, ce n\u2019est pas tant l\u2019individualit\u00e9 du visage du pr\u00e9sentateur que l\u2019efficacit\u00e9 du chiffrage-d\u00e9chiffrage qu\u2019il permet d\u2019op\u00e9rer. A cette fin, le plan buste facilite au mieux la lecture du visage par le t\u00e9l\u00e9spectateur, celui-ci est plac\u00e9 \u00e0 la bonne distance par le dispositif t\u00e9l\u00e9visuel. L\u2019\u00e9v\u00e9nement se joue d\u2019abord dans les traits et les mimiques de celui qui l\u2019annonce comme autant de signes \u00e0 interpr\u00e9ter. Ceux-ci font sens avant tout mot prononc\u00e9 par le pr\u00e9sentateur. Le JT se fait fabrique de visages expressifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec le visage, le dispositif contemporain du JT scelle d\u00e9finitivement aussi personne et informations. Alors que sa r\u00e9alisation est collective, le JT se donne comme celui d\u2019une seule personne, celle que l\u2019on voit \u00e0 l\u2019\u00e9cran, le pr\u00e9sentateur, qui par ailleurs cumule parfois la responsabilit\u00e9 \u00e9ditoriale et la pr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9dition (Ockrent, PPDA, Chazal). Il reconstitue la figure de l\u2019auteur omniscient et le mythe de l\u2019unicit\u00e9 de la cr\u00e9ation pourtant tomb\u00e9s en d\u00e9su\u00e9tude depuis que la litt\u00e9rature, le cin\u00e9ma ou la vid\u00e9o ont d\u00e9velopp\u00e9 des fonctions cr\u00e9atrices qui ne passent plus par une hypertrophie de la personne [14]. En fait, c\u2019est l\u2019ensemble du journalisme qui, d\u00e8s les ann\u00e9es 1960, se r\u00e9approprie l\u2019auteur et les formes de l\u2019individualit\u00e9 et du moi qui lui sont attach\u00e9es. \u00c9ditorialistes, chroniqueurs, grands reporters, sp\u00e9cialistes apparaissent d\u2019abord dans la presse et \u00e0 la radio, ils ont un nom. La t\u00e9l\u00e9vision y ajoute un visage. Dot\u00e9 d\u2019un nom propre, d\u2019un nom d\u2019auteur, d\u2019un visage identifiable promu au rang de marque et support \u00e0 la fid\u00e9lisation (le visage fait vendre), le JT se distingue ainsi de la parole ordinaire anonyme pour mieux s\u2019affirmer comme un discours d\u2019autorit\u00e9 qui doit \u00eatre re\u00e7u avec attention, respect, confiance [15].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Nous croyons que le visage est un produit, et que toutes les soci\u00e9t\u00e9s ne produisent pas du visage, mais que certaines ont besoin d\u2019en produire. Dans quel cas et pourquoi ?<\/em> \u00bb [16] Selon Deleuze et Guattari, le visage n\u2019est pas un universel. Dans les soci\u00e9t\u00e9s primitives nombre de pratiques culturelles passent par le corps tout entier. Dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales, elles passent par le visage, notamment la pratique d\u2019informer. Les deux auteurs nous invitent \u00e0 consid\u00e9rer le pr\u00e9sentateur du JT dans une longue tradition culturelle de visages qui nous regardent (qui sont construits nous regardant), de la figuration du christ \u00e0 la photographie d\u2019identit\u00e9, du portrait \u00e0 l\u2019anthropom\u00e9trie, autant d\u2019images qui ont partie li\u00e9e avec la probl\u00e9matique du voir et du croire, de la repr\u00e9sentation et du pouvoir.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Le JT d\u00e9mont\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Art et parodie contribuent \u00e9galement \u00e0 l\u2019institutionnalisation du JT. L\u2019un et l\u2019autre reprennent le cadre, les personnages, le style et l&rsquo;agencement du JT pour dire autre chose que ce qu\u2019il dit tous les jours. L\u2019un et l&rsquo;autre jouent de l\u2019exag\u00e9ration, de l\u2019inversion, du d\u00e9tournement, de l&rsquo;\u00e9cart, de la discordance toujours en r\u00e9f\u00e9rence au 13h ou au 20h. Cela suppose un m\u00eame travail de d\u00e9montage-remontage du dispositif, d&rsquo;analyse de son fonctionnement. Ainsi, participent-t-ils du et au d\u00e9chiffrement du JT au m\u00eame titre que les universitaires et les critiques \u00ab\u00a0t\u00e9l\u00e9\u00a0\u00bb, compl\u00e9tant le\u00a0 corps de conservateurs des vies et des \u0153uvres t\u00e9l\u00e9visuelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bild1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-11246\" title=\"bild\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bild1-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bild1-300x225.jpg 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bild1.jpg 320w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>L\u2019artiste actioniste autrichien Peter Weibel oriente son travail vers les m\u00e9dias d\u00e8s 1969. Il produit notamment une s\u00e9rie de performances et d\u2019installations qu\u2019il baptise T\u00e9l\u00e9 actions qui font ressortir d&rsquo;une mani\u00e8re critique les clich\u00e9s de la t\u00e9l\u00e9vision. L\u2019une d\u2019entre elles, <em>TV-News<\/em> [<em>TV-Death II<\/em>] [17] reprend le dispositif du JT : un pr\u00e9sentateur expose les nouvelles en tirant des bouff\u00e9es de son cigare dont la fum\u00e9e remplit progressivement la bo\u00eete dans laquelle il est comme dans un poste de t\u00e9l\u00e9vision jusqu\u2019\u00e0 la suffocation. Dans ce geste transgressif l\u2019on peut voir une critique du m\u00e9dium : le pr\u00e9sentateur est intoxiqu\u00e9 par la fum\u00e9e, le spectateur par le JT, ou encore le JT nous \u00ab\u00a0enfume\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 2009, le photographe slov\u00e8ne, Jure Kastelic, saisit par captures d&rsquo;\u00e9cran les visages des pr\u00e9sentateurs de JT du monde entier qui annoncent un\u00a0drame : \u00ab\u00a0Plus je regardais les JT et les cha\u00eenes d&rsquo;information, plus je jugeais l&rsquo;attitude des pr\u00e9sentateurs inappropri\u00e9e. A l&rsquo;oppos\u00e9, le plus souvent, de la fa\u00e7on dont, me semble-t-il, ils devaient annoncer des nouvelles aussi tragiques\u00a0\u00bb, explique-t-il (<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/m-le-mag\/article\/2016\/03\/28\/au-jt-la-tete-de-l-emoi_4891241_4500055.htm\">http:\/\/www.lemonde.fr\/m-le-mag\/article\/2016\/03\/28\/au-jt-la-tete-de-l-emoi_4891241_4500055.htm<\/a>l).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/youtu.be\/5tbeRC870gc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-22595 alignleft\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/4891233_6_fe41_2016-03-25-0fc02e9-29211-15764f7_f45bd90fc3be59e60fd7ff09f6efd1ff-200x300.jpg\" alt=\"4891233_6_fe41_2016-03-25-0fc02e9-29211-15764f7_f45bd90fc3be59e60fd7ff09f6efd1ff\" width=\"168\" height=\"252\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/4891233_6_fe41_2016-03-25-0fc02e9-29211-15764f7_f45bd90fc3be59e60fd7ff09f6efd1ff-200x300.jpg 200w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/4891233_6_fe41_2016-03-25-0fc02e9-29211-15764f7_f45bd90fc3be59e60fd7ff09f6efd1ff.jpg 445w\" sizes=\"auto, (max-width: 168px) 100vw, 168px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-22602 alignleft\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/4891231_6_29e2_2016-03-25-b18ea06-29727-ni2qfd_74829692f9c4c92ffc887824906ce645-200x300.jpg\" alt=\"4891231_6_29e2_2016-03-25-b18ea06-29727-ni2qfd_74829692f9c4c92ffc887824906ce645\" width=\"155\" height=\"233\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/4891231_6_29e2_2016-03-25-b18ea06-29727-ni2qfd_74829692f9c4c92ffc887824906ce645-200x300.jpg 200w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/4891231_6_29e2_2016-03-25-b18ea06-29727-ni2qfd_74829692f9c4c92ffc887824906ce645.jpg 445w\" sizes=\"auto, (max-width: 155px) 100vw, 155px\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-22603 aligncenter\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/9f53c4d6ad842a5f88569e58aa721cae-209x300.jpg\" alt=\"9f53c4d6ad842a5f88569e58aa721cae\" width=\"167\" height=\"239\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/9f53c4d6ad842a5f88569e58aa721cae-209x300.jpg 209w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/9f53c4d6ad842a5f88569e58aa721cae.jpg 488w\" sizes=\"auto, (max-width: 167px) 100vw, 167px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par un montage de pr\u00e9sentateurs en train de dire leur texte, Thierry Guibert [18] met en \u00e9vidence le souffle, un composant important de la parole \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Appara\u00eet dans la juxtaposition de ces visages qui parlent l\u2019aspect format\u00e9 de la diction t\u00e9l\u00e9visuelle :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/youtu.be\/IyVYC660hF4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-485 aligncenter\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/mixagepernaut2.jpg\" alt=\"\" width=\"306\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/mixagepernaut2.jpg 598w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/mixagepernaut2-300x244.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 306px) 100vw, 306px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Thierry Guibert \u00ab\u00a0Short TV news &#8211; En bref &#8211; remixage de journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s\u00a0\u00bb &#8211; art vid\u00e9o\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/youtu.be\/IyVYC660hF4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/youtu.be\/IyVYC660hF4<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La parodie de la t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision est devenue un genre en soi pl\u00e9biscit\u00e9 au fil des ans. Ainsi se sont frott\u00e9s au JT les humoristes Francis Blanche pr\u00e9sentant \u00a0les \u00ab\u00a0actualit\u00e9s t\u00e9l\u00e9r\u00e9vis\u00e9es\u00a0\u00bb lors d&rsquo;une \u00e9dition sp\u00e9ciale le 1er avril 1964, Jacques Martin\u00a0<em>Le Petit rapporteur <\/em>et<em> La Lorgnette <\/em>(1975-1978), Coluche <em>Coluche I faux<\/em>\u00a0 (1985-86), Jules-\u00c9douard Moustic <em>Groland<\/em> (depuis 1992), Canteloup <em>Apr\u00e8s le 20h c&rsquo;est Canteloup <\/em>(depuis 2011). Avec <em>Le JTN<\/em>, Les Nuls revisitent en 1987-88 l&rsquo;\u00e9mission embl\u00e9matique : depuis 1981, le duo Marie-Laure Augry et Yves Mourousi pr\u00e9sente le 13h de TF1&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/youtu.be\/KIXB0s3ObLg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-486\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/les-nuls-journauxTV1.jpg\" alt=\"\" width=\"338\" height=\"250\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/les-nuls-journauxTV1.jpg 661w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/les-nuls-journauxTV1-300x221.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 338px) 100vw, 338px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Les Nuls &#8211; L&rsquo;\u00e9dition\u00a0[La derni\u00e8re]\u00a0 : <a href=\"http:\/\/youtu.be\/KIXB0s3ObLg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/youtu.be\/KIXB0s3ObLg<\/a><\/span><\/p>\n<p>Mais ici, l&rsquo;irr\u00e9v\u00e9rence ne participe pas tant \u00e0 la d\u00e9mystification du JT qu&rsquo;\u00e0 sa l\u00e9gitimation via la mise en abyme (la t\u00e9l\u00e9vision dans la t\u00e9l\u00e9vision), v\u00e9ritable hommage rendu \u00e0 sa forme devenue\u00a0canonique. Le JT en sort confirm\u00e9.<\/p>\n<p><em>Francis James est enseignant-chercheur en Sciences de l&rsquo;information et de la communication \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Paris Ouest Nanterre La D\u00e9fense<\/em>.<em> Il est l&rsquo;auteur (avec Herv\u00e9 Brusini) de <\/em>Voir la v\u00e9rit\u00e9. Le journalisme de t\u00e9l\u00e9vision<em>, <\/em><em>PUF, 1982.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[1] Pierre Bourdieu, \u00ab Quelques propri\u00e9t\u00e9s des champs \u00bb, <em>Questions de sociologie<\/em>, Paris, Minuit, 1984, p. 116-117.<\/p>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\">[2] Le premier journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 d\u00e9bute \u00e0 21h\u00a0 le 29 juin 1949 pour une dur\u00e9e de 15mn. A l\u2019automne, il est diffus\u00e9 3 puis 5 fois par semaine (de 20 \u00e0 30mn) pour devenir biquotidien en novembre (rediffus\u00e9 \u00e0 12h 30). Le dimanche 9 octobre 1949 d\u00e9bute la premi\u00e8re \u00e9mission catholique t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e hebdomadaire, d\u2019une dur\u00e9e de 90 minutes, et comprenant la Messe. Elle est baptis\u00e9e \u00ab Le Jour du Seigneur \u00bb \u00e0 partir de d\u00e9cembre 1954.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[3] Si le JT d\u00e9bute en juin 1949, le premier journaliste n\u2019appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9cran qu\u2019en novembre 1954. De 1949 \u00e0 1954, le JT se compose d\u2019une succession de sujets en images annonc\u00e9s par des cartons \u00e0 la mani\u00e8re des actualit\u00e9s cin\u00e9matographiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[4] Pierre Bourdieu, <em>M\u00e9ditations pascaliennes<\/em>, Paris, Seuil, 1997, p. 287.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[5] <em>Les Deux corps du roi<\/em>. <em>Essai sur la th\u00e9ologie politique du Moyen Age<\/em>, Paris, Gallimard, 1989 (Princeton, 1957).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[6] Pierre Legendre est l\u2019auteur notamment de<em> L\u2019amour du censeur, Essai sur l\u2019ordre dogmatique<\/em>, Paris, Seuil, 1974, et <em>Jouir du pouvoir, Trait\u00e9 de la bureaucratie patriote<\/em>, Paris, Minuit, 1976.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[7] Brian Williams, pr\u00e9sentateur sur NBC News, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, 18 juillet 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[8] Don Hewitt (1922-2009), ancien responsable \u00e9ditorial de CBS et cr\u00e9ateur de l\u2019\u00e9mission \u00ab 60 Minutes \u00bb en 1968, <em>Le Monde<\/em>, 18 juillet 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[9] J-A. Cerutti (1738-1792) \u00ab <em>a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des ma\u00eetres \u00e0 penser de l\u2019\u00e9poque lorsqu\u2019il lance en septembre 1790 un p\u00e9riodique pour l\u2019\u00e9ducation civique des masses rurales : <\/em>La Feuille villageoise<em>, qui aura jusqu\u2019\u00e0 15 000 abonn\u00e9s !<\/em> \u00bb\u00a0 (Albert Soboul, <em>Dictionnaire historique de La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>, Paris, PUF, 1989, p. 199).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[10] <em>Le Monde<\/em>, mai 1977.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[11] Elis\u00e9o V\u00e9ron, \u00ab Il est l\u00e0, je le vois, il me parle \u00bb, <em>Communications<\/em>, n\u00b038, Enonciation et cin\u00e9ma, Paris, Seuil, 1983, p. 98-120.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[12] \u00ab Lord Kitchener vous regarde \u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 13 janvier 2001. Pour Carlo Ginzburg, l\u2019affiche \u00ab pr\u00e9supposait deux traditions picturales partiellement superpos\u00e9es, impliquant l\u2019une des figures frontales d\u2019omnivoyants, l\u2019autre des figures pointant leur doigt en raccourci, [cependant] ces proc\u00e9d\u00e9s picturaux, seuls, n\u2019auraient pas suffi \u00e0 faire surgir l\u2019affiche de Lord Kitchener. Il faut chercher son lieu de naissance dans un autre milieu visuel, la langue vulgaire de la publicit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[13] <em>Mille Plateaux (Capitalisme et schizophr\u00e9nie 2)<\/em>, Paris, Minuit, 1980, p. 220.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[14] Sur la fonction auteur, consulter Michel Foucault : <em>L\u2019ordre du discours<\/em>, Paris, Gallimard, 1970, et \u00ab Qu\u2019est-ce qu\u2019un auteur ? \u00bb (1969), <em>Dits et \u00e9crits<\/em>, p. 817-837, Paris, Quarto Gallimard, 2001. Sur la restauration de la fonction auteur dans le journalisme, Gilles Deleuze, \u00ab A propos des nouveaux philosophes \u00bb, <em>Deux r\u00e9gimes de fous, textes et entretiens 1975-1995<\/em>, Paris, Minuit, 2003, p. 127-134.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[15] Jean-Marie Cavada, directeur de l\u2019information \u00e0 TF1, pr\u00e9sente ainsi la nouvelle formule du JT le 16 f\u00e9vrier 1981 : \u00ab [\u2026] quelques mots pour vous dire que, dans le monde agit\u00e9 que nous vivons, nous allons mettre \u00e0 profit la confiance que vous nous accordez pour approfondir notre propos [\u2026] Qu\u2019il s\u2019agisse de membres nouveaux de notre \u00e9quipe dont vous allez voir les visages et avec lesquels vous allez vous familiariser, ou bien de ceux qui ont su jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent capter votre confiance [\u2026] \u00bb (cit\u00e9 par E. V\u00e9ron, <em>op. cit.<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[16] <em>Pourparlers<\/em>, Paris, Minuit, 1990, p. 40.<\/p>\n[17] Peter Weibel, <em>Depiction is a crime, Video Works 1969-1975<\/em>, INDEX\/DVD Edition, 2007.<\/p>\n[18] T. Guibert est artiste-enseignant-chercheur en arts visuels et nouveaux m\u00e9dias\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.thierryguibert.fr\/\">http:\/\/www.thierryguibert.fr\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>JAMES Francis<\/strong>, \u00ab\u00a0Ces visages qui nous regardent et nous parlent\u00a0\u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2012, mi<strong><a href=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bouton-citer3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1939\" src=\"\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/bouton-citer3.jpg\" alt=\"\" width=\"149\" height=\"92\" \/><\/a><\/strong>s en ligne le 10 octobre 2012. URL : http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/ces-visages-qui-nous-regardent-et-nous-parlent-par-francis-james\/<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"#haut\">RETOUR HAUT DE PAGE<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour Les soixante ans du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 dans le cadre des  Rencontres Ina-Sorbonne le vendredi 11 d\u00e9cembre 2009. Il traite de l\u2019institutionnalisation du journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 en France depuis sa naissance en juin 1949. <\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":245,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,3,15,690,10],"tags":[55],"coauthors":[188],"class_list":["post-219","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-industries-culturelles","category-jt","category-presseaudiovisuelle","category-television","tag-journalisme-de-television"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=219"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=219"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=219"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=219"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=219"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}