
{"id":21297,"date":"2016-04-01T01:00:24","date_gmt":"2016-03-31T23:00:24","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=21297"},"modified":"2019-03-18T09:35:36","modified_gmt":"2019-03-18T08:35:36","slug":"the-walking-dead-anne-lise-melquiond","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/the-walking-dead-anne-lise-melquiond\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0The Walking Dead\u00a0\u00bb : survivre en milieu apocalyptique &#8211; Anne-Lise MELQUIOND"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21297?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21297?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans la cinqui\u00e8me saison de la s\u00e9rie, \u00e0 un moment o\u00f9 tout espoir a disparu, le leader des survivants, l&rsquo;ex-sh\u00e9rif Rick Grimes d\u00e9clare \u00e0 son groupe \u00ab <em>We are the walking dead<\/em> \u00bb. Cette formule d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e du h\u00e9ros met en lumi\u00e8re le lien entre les zombies et les humains. En effet, le zombie ressemble \u00e0 un humain auquel on aurait arrach\u00e9 sa conscience. Le zombie est donc une figure m\u00e9taphorique d\u2019un sujet contemporain absent de lui-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019il n&rsquo;a pas conscience d&rsquo;exister et ne ressent rien. C&rsquo;est un homme vivant \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur et mort \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, un mort-vivant.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article interdit \u00e0 la reproduction payante<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e postapocalyptique<\/span><\/h2>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><em>Dans le roman qu\u2019est l\u2019histoire du monde, rien ne m\u2019a plus impressionn\u00e9 que le spectacle de cette ville jadis grande et belle, d\u00e9sormais renvers\u00e9e, d\u00e9sol\u00e9e, perdue, envahie par les arbres sur des kilom\u00e8tres \u00e0 la ronde, sans m\u00eame un nom pour la distinguer<\/em> [1].<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces quelques lignes pourraient provenir de la voix off d\u2019un survivant d\u2019un film ou d\u2019une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e postapocalyptique errant dans une m\u00e9tropole nord-am\u00e9ricaine. En r\u00e9alit\u00e9, ce sont les mots de John Lloyd Stephens, l&rsquo;un des explorateurs qui ont d\u00e9couvert les restes de la civilisation maya au XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre civilisation est obnubil\u00e9e par la question de sa propre fin. La fin du monde est, en effet, l\u2019un de ces fameux probl\u00e8mes que, selon Kant, la raison ne peut r\u00e9soudre, mais qu\u2019elle ne peut pas non plus s\u2019emp\u00eacher de se poser [2]. Et ne pouvant ni la conjurer ni l&#8217;embrasser pleinement, il lui reste la possibilit\u00e9 de la mettre interminablement en sc\u00e8ne dans tout ce qu&rsquo;Hollywood propose comme productions [3]. C\u2019est le cas de <em>The Walking Dead <\/em>[4], une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e tr\u00e8s populaire en ce moment aussi bien aux \u00c9tats-Unis qu\u2019en France [5].<\/p>\n<figure id=\"attachment_21832\" aria-describedby=\"caption-attachment-21832\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-thumbnail wp-image-21832\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-150x150.jpe\" alt=\"Robert Kirkman (1972-)\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-150x150.jpe 150w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-144x144.jpe 144w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-36x36.jpe 36w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-32x32.jpe 32w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-64x64.jpe 64w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-96x96.jpe 96w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/kirkman1-128x128.jpe 128w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-21832\" class=\"wp-caption-text\">Robert Kirkman (1978-)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>The Walking Dead<\/em> raconte sensiblement la m\u00eame histoire que n\u2019importe quelle fiction zombie. Une \u00e9pid\u00e9mie tr\u00e8s dangereuse et contagieuse se propage, transformant les gens en <em>walkers<\/em>, alors qu\u2019un groupe de rescap\u00e9s m\u00e8nent une lutte acharn\u00e9e pour survivre face \u00e0 cette invasion de zombies [6]. David Alpert, le producteur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, explique : \u00ab\u00a0<em>Notre objectif est de voir comment se comportent les gens face au danger ou dans des situations de vie ou de mort, et pas seulement comment ils g\u00e8rent les zombies<\/em>\u00a0\u00bb [7]. Le cr\u00e9ateur de la bande dessin\u00e9e originale, Robert Kirkman de continuer\u00a0: \u00ab\u00a0<em>M\u00eame si j\u2019appr\u00e9cie ce genre d\u2019histoires, <\/em>The Walking Dead<em> n\u2019est pas une simple histoire de zombies avec de l\u2019action, du sang et des personnages \u00e9pais comme du papier \u00e0 cigarette qui servent de chair \u00e0 canon. C\u2019est un <\/em>soap opera <em>sur la survie. [\u2026] R\u00e9guli\u00e8rement, quand l\u2019histoire tourne en rond, je me dis, \u00ab Tiens, je vais lancer une petite attaque de zombies \u00bb. Ils sont en toile de fond et servent uniquement \u00e0 pimenter les histoires\u00a0<\/em>\u00bb [8].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On l\u2019aura donc compris, <em>The Walking Dead<\/em> n\u2019est pas une s\u00e9rie sur les zombies. En tout cas, pas seulement. La question fondamentale qui se pose est comment s&rsquo;organiser collectivement quand tout s&rsquo;est effondr\u00e9\u00a0? Les zombies mettent-ils fin \u00e0 un monde qu\u2019il faut \u00e0 tout prix pr\u00e9server\u00a0?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0<em>We are<\/em> <em>the walking dead<\/em>\u00a0\u00bb<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la cinqui\u00e8me saison, \u00e0 un moment o\u00f9 tout espoir a disparu, le leader des survivants, l&rsquo;ex-sh\u00e9rif Rick Grimes d\u00e9clare \u00e0 son groupe \u00ab\u00a0<em>We are the walking dead<\/em>\u00a0\u00bb [9]. Cette formule d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e du h\u00e9ros met en lumi\u00e8re le lien entre les zombies et les humains\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Si le zombie sait si bien figurer nos peurs, nos angoisses, c\u2019est qu\u2019il nous ressemble\u00a0: il est, \u00e0 quelques d\u00e9tails pr\u00e8s, un homme <\/em>\u00bb [10]. En effet, le zombie ressemble \u00e0 un humain auquel on aurait arrach\u00e9 sa conscience (d\u2019ailleurs, ne dit-on pas d\u2019une personne amorphe : \u00ab <em>tu ressembles \u00e0 un zombie<\/em> \u00bb ?). Le zombie est donc une figure m\u00e9taphorique d\u2019un sujet contemporain <em>absent<\/em> de lui-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu\u2019il n&rsquo;a pas conscience d&rsquo;exister et ne ressent rien. C&rsquo;est un homme vivant \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur et mort \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, un mort-vivant. En ce sens, on peut comparer le zombie \u00e0 la figure du \u00ab Musulman \u00bb (<em>Der Muselmann<\/em>), qui d\u00e9signait dans l\u2019argot des camps de concentration l\u2019homme-momie, le mort vivant, celui qui a cess\u00e9 de lutter, qui a perdu toute conscience et toute volont\u00e9. Le \u00ab Musulman \u00bb est le symbole de l\u2019extermination par mort lente due \u00e0 la famine, \u00e0 l\u2019abandon psychique absolu, \u00e0 la solitude totale, \u00e0 la n\u00e9gation de l\u2019humanit\u00e9. Ce terme renvoie probablement \u00ab <em>au sens litt\u00e9ral du terme arabe <\/em>muslim<em>, signifiant celui qui se soumet sans r\u00e9serve \u00e0 la volont\u00e9 divine<\/em> \u00bb [11].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mort-vivant, figure oxymorique par excellence, n\u2019est pas sans rappeler \u00e9galement le concept de<em> Bloom <\/em>[12] avanc\u00e9 par le collectif Tiqqun (nom d&rsquo;une revue philosophique fond\u00e9e en 1999). \u00ab Bloom \u00bb est le nom (d&rsquo;apr\u00e8s le personnage cens\u00e9 repr\u00e9senter \u00ab l&rsquo;homme moyen \u00bb dans le roman de James Joyce, <em>Ulysse<\/em>) donn\u00e9 \u00e0 la figure la plus r\u00e9pandue dans l&rsquo;humanit\u00e9 actuelle (l&rsquo;\u00e9poque du Spectacle, et du Biopouvoir, pour reprendre les concepts de Debord et de Foucault respectivement), celle d&rsquo;un homme sans qualit\u00e9, sans int\u00e9r\u00eat et sans substantialit\u00e9, une larve : \u00ab\u00a0<em>Toutes les situations o\u00f9 nous nous trouvons engag\u00e9s portent dans leur \u00e9quivalence le sceau infiniment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 d\u2019un irr\u00e9vocable \u00ab\u00a0comme si\u00a0\u00bb. Nous collaborons au maintien d\u2019une \u00ab soci\u00e9t\u00e9 \u00bb comme si nous n\u2019en \u00e9tions pas, nous concevons le monde comme si nous n\u2019y occupions pas nous-m\u00eames une situation d\u00e9termin\u00e9e, et continuons de vieillir comme si nous devions toujours rester jeunes. D\u2019un mot : nous vivons comme si nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 morts<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><\/a> <\/em>\u00bb [13]. La tonalit\u00e9 affective fondamentale du <em>Bloom<\/em> est donc effectivement zombiesque\u00a0: il est l&rsquo;ennui, l&rsquo;isolement, l\u2019absence de sens commun, un rapport \u00e0 soi alt\u00e9r\u00e9, la perte de l&rsquo;exp\u00e9rience et l&rsquo;errance\u00a0: \u00ab\u00a0<em>le Bloom est la pauvret\u00e9 au sens m\u00e9taphysique du terme, l&rsquo;homme du nihilisme accompli<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><\/a> <\/em>\u00bb [14]. Il faut voir les zombies errer ind\u00e9finiment dans la s\u00e9rie <em>The Walking Dead<\/em> pour comprendre que, dans les ruines de la civilisation occidentale, le zombie et l\u2019homme bloomesque s\u2019entrem\u00ealent inextricablement. Et, \u00e0 l\u2019inverse, les survivants de la catastrophe qui ont plus de temps pour eux se sentent donc plus vivants qu\u2019avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/michonne.jpe\" rel=\"attachment wp-att-21833\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-21833\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/michonne.jpe\" alt=\"michonne\" width=\"275\" height=\"183\" \/><\/a>La dimension humaine du zombie est visible dans la mesure o\u00f9 les <em>walkers<\/em> poss\u00e8dent l\u2019odorat et l\u2019ou\u00efe, deux des cinq sens humains. \u00c0 plusieurs occasions en effet, les survivants doivent recouvrir leur propre corps de chairs zombies, afin de passer <em>inaper\u00e7u<\/em>s (inodorants) \u00e0 travers les hordes de zombies. Michonne, quand elle rencontre le groupe, utilise deux <em>walkers<\/em> d\u00e9membr\u00e9s comme barri\u00e8re olfactive. Les <em>walkers<\/em> se dirigent \u00e9galement avec leur ou\u00efe. De fait, les survivants essayent de ne pas utiliser leur arme \u00e0 feu, pour ne pas faire de bruit et \u00ab\u00a0r\u00e9veiller\u00a0\u00bb les zombies. Ils pr\u00e9f\u00e8rent donc se servir d\u2019armes blanches comme les couteaux, les sabres ou les arbal\u00e8tes. De plus, les survivants se servent de l\u2019acuit\u00e9 auditive des <em>walkers<\/em> pour les contr\u00f4ler ; il suffit d\u2019un autoradio branch\u00e9 \u00e0 fond dans une voiture, du bruit d\u2019une explosion, de cris pour que les zombies d\u00e9vient de leur trajectoire et suivent ce son (comme au d\u00e9but de la saison 6). Le zombie serait donc un humain \u00e0 qui il manquerait trois sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette confusion entre le zombie et l\u2019humain appara\u00eet d\u00e8s le pr\u00e9g\u00e9n\u00e9rique du pilote de <em>The Walking Dead<\/em>. Dans les premi\u00e8res minutes, une petite fille zombie se fait abattre par un policier. Toute la virtuosit\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne est de garder jusqu\u2019au bout l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 sur la r\u00e9elle identit\u00e9 de la petite fille\/zombie. Cette s\u00e9quence est un <em>flash-forward<\/em>, o\u00f9 on voit Rick, perdu au sein d&rsquo;un environnement chaotique et vide, \u00e0 la recherche d&rsquo;essence pour sa voiture. Dans un silence troublant, il erre. Puis il croise une petite fille d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment accroch\u00e9e \u00e0 son ours en peluche. On ne voit que les pieds puis le dos de l\u2019enfant qui a des cheveux longs blonds.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead1-2.jpe\" rel=\"attachment wp-att-21830\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21830\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead1-2.jpe\" alt=\"walking dead1\" width=\"401\" height=\"230\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il court derri\u00e8re elle, en l\u2019appelant \u00ab\u00a0<em>little girl<\/em> \u00bb. Pour la rassurer, il lui explique qu\u2019il est policier. On continue \u00e0 la voir de dos y compris quand elle s\u2019arr\u00eate de marcher. Le contrechamp sur Rick est film\u00e9 en l\u00e9g\u00e8re contre-plong\u00e9e pour avoir le point de vue de l\u2019enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21814\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead5.jpe\" alt=\"walking dead5\" width=\"401\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>N\u2019aie pas peur\u2026<\/em>\u00a0\u00bb, lui r\u00e9p\u00e8te-t-il. Ce qui accentue la surprise quand elle se retourne. Elle le d\u00e9visage de ses yeux creux. Sa chair arrach\u00e9e laisse entrevoir l\u2019os de son cr\u00e2ne. Ses l\u00e8ves d\u00e9chir\u00e9es d\u00e9couvrent une rang\u00e9e de dents bagu\u00e9es. Des vieux morceaux de viande avari\u00e9e sont enfonc\u00e9s dans le m\u00e9tal. Elle est morte. C\u2019est un zombie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21810\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead2-1.jpe\" alt=\"walking dead2\" width=\"401\" height=\"279\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cam\u00e9ra se rapproche d\u2019elle tandis qu\u2019on entend le souffle de Rick en hors-champ. C\u2019est lui qui a peur finalement. La confrontation entre le \u00ab\u00a0sh\u00e9rif\u00a0\u00bb et le zombie est film\u00e9e de mani\u00e8re classique comme une sc\u00e8ne de duel dans un western. La petite fille zombie est au second plan alors que Rick, au premier plan, lui fait face de dos avec son pistolet visible. Ce cadrage rend plus explicite encore la \u00ab\u00a0faiblesse\u00a0\u00bb de la fillette confront\u00e9e \u00e0 la \u00ab\u00a0puissance\u00a0\u00bb de l\u2019homme de loi. Et quand elle commence \u00e0 lui courir apr\u00e8s, il la vise \u00e0 la t\u00eate et tire. Elle s\u2019\u00e9croule. Du sang gicle partout. Son nounours rebondit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle. La musique du g\u00e9n\u00e9rique commence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class='content-column one_half'><p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-21820\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead-8.jpe\" alt=\"walking dead 8\" width=\"252\" height=\"200\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><div class='content-column one_half last_column'><p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21821\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead-9.jpe\" alt=\"walking dead 9\" width=\"345\" height=\"200\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><\/div><div class='clear_column'><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">La confusion entre zombie et humain est aussi tr\u00e8s pr\u00e9sente dans <em>Night of the Living Dead, <\/em>le film de George A. Romero, sorti en 1968. En effet, Johnny, le fr\u00e8re de l\u2019h\u00e9ro\u00efne Barbara [15], ne voit pas que le personnage situ\u00e9 au fond du cimeti\u00e8re qui s\u2019approche est un zombie, car \u00ab\u00a0<em>le zombie erre en marge du visible<\/em>\u00a0\u00bb [16]. Et \u00e0 la fin du film, le sh\u00e9rif se demande si \u00ab\u00a0<em>c\u2019est l\u2019un d\u2019entre eux\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb avant d\u2019abattre le survivant noir qu\u2019il a pris pour un zombie [17]. On prend donc les zombies pour des hommes et les noirs pour des zombies. Il ne faut pas oublier que le zombie est une cr\u00e9ature contradictoire, car il est tout \u00e0 la fois victime et coupable. Victime, car il a \u00e9t\u00e9 mordu et tu\u00e9, et coupable, car \u00e0 son tour, il croquera des vivants et les transformera en zombies\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La mutation de l\u2019infortun\u00e9e victime en un implacable pr\u00e9dateur rel\u00e8ve d\u2019un retournement de situation \u00e0 la fois effrayant, cruel et ironique<\/em>\u00a0\u00bb [18]. La proximit\u00e9 entre la s\u00e9rie <em>The Walking Dead<\/em> et le premier film de Romero est d\u2019autant plus frappante qu\u2019ils commencent tous les deux par un plan fixe o\u00f9 l\u2019on voit une voiture rouler au loin. Avec cette entr\u00e9e, le cr\u00e9ateur et producteur de la s\u00e9rie, Frank Darabant se place dans la lign\u00e9e des films de George Romero. Et tout comme <em>Night of the Living Dead<\/em> se fait \u00ab\u00a0<em>l\u2019\u00e9cho des bandes d\u2019actualit\u00e9s tourn\u00e9es au Vietnam comme celle, gore, de l\u2019assassinat du pr\u00e9sident Kennedy, [\u2026] [la] m\u00e9taphore limpide d\u2019une Am\u00e9rique d\u00e9liquescente en proie \u00e0 un refoul\u00e9 qui fait retour<\/em> \u00bb [19], <em>The Walking Dead<\/em> nous parle de notre \u00e9poque et de notre rapport au monde.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"> Survivre en territoire zombie<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">\u00ab\u00a0<em>It&rsquo;s perfect<\/em> \u00bb. Rick Grimes devant la prison [20]<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-21818\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead7.jpe\" alt=\"walking dead7\" width=\"304\" height=\"166\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead7.jpe 304w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/walking-dead7-300x164.jpe 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 304px) 100vw, 304px\" \/>The Walking Dead<\/em> met en sc\u00e8ne un groupe de rescap\u00e9s qui essayent de survivre, et pour ce faire, sont \u00e0 la recherche perp\u00e9tuelle d\u2019un abri. Dans ce p\u00e9riple, certaines situations sont parfois ironiques. C\u2019est le cas, par exemple, dans les 3e et 4e saisons quand les humains ont trouv\u00e9 refuge dans une prison [21]. Les survivants dorment dans les cellules ferm\u00e9es, tandis que les zombies d\u00e9ambulent en pleine lumi\u00e8re, et essayent continuellement de p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019enceinte de la prison. De fait, il y a une modernit\u00e9 de la dimension apocalyptique, car la vie humaine s\u2019organise sous la forme du r\u00e9gime concentrationnaire. Le camp devient alors le paradigme de la vie collective [22]. La prison n\u2019est pas le seul abri du groupe, il trouve refuge dans un h\u00f4pital, dans un b\u00e2timent du CDC (Center for Disease Control), dans une ferme, dans la ville fortifi\u00e9e de Woodbury, au Terminus (havre de paix qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un v\u00e9ritable camp d\u2019extermination cannibale), et dans les r\u00e9sidences pavillonnaires d\u2019Alexandria Safe Zone (ce ne sont que des barbel\u00e9s, miradors, murs ou forteresses). On pense aux <em>gated communities<\/em>, v\u00e9ritables murs int\u00e9rieurs qui s\u2019\u00e9difient aujourd\u2019hui aux \u00c9tats-Unis, en Isra\u00ebl, au Br\u00e9sil et ailleurs. Partout, il s\u2019agit de repousser et de se prot\u00e9ger des pauvres, des migrants ou des terroristes [23]. Pour la politiste Wendy Brown, \u00ab\u00a0<em>c\u2019est l\u2019affaiblissement de la souverainet\u00e9 \u00e9tatique, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, la disjonction entre la souverainet\u00e9 et l\u2019\u00c9tat-nation, qui a pouss\u00e9 les \u00c9tats \u00e0 b\u00e2tir fr\u00e9n\u00e9tiquement des murs<\/em> \u00bb [24]. Les murs n\u2019exprimeraient alors qu\u2019une mise en sc\u00e8ne du d\u00e9clin des \u00c9tats, ou de leurs tentatives de restaurer leur autorit\u00e9. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne appara\u00eet donc comme une all\u00e9gorie de ce monde postapocalyptique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les films ou les s\u00e9ries de zombies, la catastrophe laisse place \u00e0 un temps postapocalyptique, un \u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb\u00a0[25] qui permet de peindre le motif essentiel de l\u2019imaginaire futuriste\u00a0: le devenir de l\u2019homme et de sa civilisation. Cet \u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb renvoie au discours sur la fin des temps [26], l\u2019apocalypse n\u2019\u00e9tant que la transition vers le jugement dernier. Dans ces fictions, il s\u2019agira de mettre en sc\u00e8ne les possibilit\u00e9s d\u2019une renaissance de l\u2019humanit\u00e9 sous les formes d\u2019utopies ou au contraire de dystopies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/rick-tue.jpe\" rel=\"attachment wp-att-21842\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-21842\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/rick-tue.jpe\" alt=\"rick tue\" width=\"276\" height=\"183\" \/><\/a>La puissance destructrice de la catastrophe \u00e9crase tout, et l\u2019humanit\u00e9 est ramen\u00e9e \u00e0 l\u2019<em>\u00e9tat de nature<\/em> [27]. Ainsi, dans la s\u00e9rie, les civilis\u00e9s pacifiques luttent contre les nouveaux barbares. Rick devient le repr\u00e9sentant de cette lutte. Avant la catastrophe, c\u2019\u00e9tait le sh\u00e9rif adjoint d\u2019un comt\u00e9 de G\u00e9orgie. Il \u00e9tait id\u00e9aliste et se battait pour d\u00e9fendre les siens, et ce qu\u2019il pensait \u00eatre juste. Il se transformera au contact de ce monde postapocalyptique, et glissera vers la sauvagerie. Par exemple, dans la saison\u00a02, Shane veut tuer Randall, un survivant qui semble \u00eatre une menace pour le groupe, mais Rick s&rsquo;y oppose et ils commencent tous les deux \u00e0 se battre [28]. Dans la saison\u00a03, quand Rick comprend que Tomas est un prisonnier dangereux et instable, il lui fend le cr\u00e2ne avec sa machette, sans h\u00e9siter une seconde [29]. On distingue aussi chez certaines personnes une jouissance sadique \u00e0 tuer ou torturer des zombies. On connait depuis Freud le r\u00f4le du sadisme dans la vie psychique [30]. Et dans ce monde devenu sauvage, m\u00eame Carl, le fils de Rick, s\u2019amuse \u00e0 jeter des pierres \u00e0 un zombie embourb\u00e9 dans un marais, puis \u00e0 pointer l\u2019arme vers lui. Cette conduite aura des cons\u00e9quences dramatiques, car le zombie parviendra \u00e0 se d\u00e9terrer et \u00e0 attraper la jambe de Carl qui r\u00e9ussira \u00e0 s\u2019enfuir. Un peu plus tard, ce zombie s\u2019attaquera \u00e0 Dale, le fr\u00e8re de Daryl et le tuera [31]. De fait, Laurie, la m\u00e8re de Carl, se demande pourquoi survivre dans ce monde qui transforme nos enfants en monstres ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/terminus.jpe\" rel=\"attachment wp-att-21836\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-21836\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/terminus.jpe\" alt=\"terminus\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/terminus.jpe 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/terminus-195x110.jpe 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Pour autant, d\u2019autres survivants sont encore plus barbares, comme les cannibales du Terminus. On apprend (par un flashback) que ces cannibales sont des anciens habitants du Terminus, enferm\u00e9s dans un conteneur par des bandits, qui leur ont pris leur sanctuaire et qui les violent, les torturent et les tuent. \u00c0 un moment, l\u2019un d\u2019entre eux dit \u00e0 sa m\u00e8re (qui vient d\u2019\u00eatre viol\u00e9e), qu&rsquo;ils doivent devenir \u00ab\u00a0<em>les bouchers<\/em>\u00a0\u00bb afin de ne plus \u00eatre \u00ab\u00a0<em>le b\u00e9tail<\/em>\u00a0\u00bb, et qu&rsquo;ils doivent reprendre leur sanctuaire [32]. On pense alors \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre maxime de Nietzsche : \u00ab\u00a0<em>Celui qui lutte contre les monstres doit prendre garde \u00e0 ne pas devenir un monstre lui-m\u00eame<\/em>\u00a0\u00bb [33]. Ils deviendront des monstres puisqu\u2019ils tueront des hommes pour les manger. Comme des zombies en quelque sorte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement tout au long de la s\u00e9rie, on comprend que les humains sont bien plus dangereux que les zombies, comme le montre de son c\u00f4t\u00e9 cette sc\u00e8ne surr\u00e9aliste de la s\u00e9rie <em>Fargo<\/em>, o\u00f9 le personnage principal, Lorne Malvo \u00e0 la recherche d\u2019amph\u00e9tamines, rencontre un jeune vendeur ambulant qui essaye de lui refourguer aussi un kit zombie\u00a0[34] :<\/p>\n<div>Vendeur &#8211; <em>What&rsquo;ll it be, Stretch ?<\/em><\/div>\n<div>Lorne Malvo &#8211; <em>Need some Aderall.<\/em><\/div>\n<div>[&#8230;]<\/div>\n<div>V &#8211; <em>How &#8217;bout a zombie kit ? [Un kit zombie, \u00e7a vous tente\u00a0?]<\/em><\/div>\n<div>LM &#8211; <em>What&rsquo;s that, now ? [C\u2019est quoi\u00a0?]\u00a0<\/em><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">V &#8211; <em><em>Zombie kit. shotgun, machete, some Bactine. It&rsquo;s a side business. I make up these knapsacks for the zombie apocalypse. You know, in case the undead come back to life and the world gets all dog eat dog.<\/em><\/em> <em>[Fusil, machette, antiseptique. C\u2019est un boulot d\u2019appoint. Je fais ces sacs pour l\u2019apocalypse des zombies. Au cas o\u00f9 les morts reviennent, que l\u2019homme redevienne un loup pour l\u2019homme.]<\/em><\/div>\n<div>LM &#8211; <em><em>It&rsquo;s already dog eat dog, friend. Not sure what worse a bunch a zombies could do. <\/em>[C\u2019est d\u00e9j\u00e0 le cas, mon ami. Pas s\u00fbr que ce soit pire avec quelques zombies.]<\/em><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout est dit par Lorne Malvo\u00a0: l\u2019homme est un loup pour l\u2019homme, et ce n\u2019est pas s\u00fbr que le monde soit pire avec des zombies.<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00ab\u00a0<em>This isn&rsquo;t a democracy anymore<\/em>\u00a0\u00bb<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la fiction postapocalyptique, l\u2019avenir du survivant semble inextricablement li\u00e9 \u00e0 l\u2019appartenance au groupe. Et pour survivre la solution \u00ab\u00a0<em>consiste \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer le pouvoir \u00e0 l\u2019individu le plus apte \u00e0 l\u2019assumer, un leader qui ne se d\u00e9clare pas forc\u00e9ment comme un d\u00e9mocrate [\u2026], car \u00e0 situation exceptionnelle r\u00e9pond une prise de d\u00e9cision exceptionnelle<\/em>\u00a0\u00bb [35]. C\u2019est le sens des propos de Rick quand il d\u00e9clare au groupe que \u00ab\u00a0<em>ce n\u2019est plus une d\u00e9mocratie<\/em>\u00a0\u00bb [36]. Son devenir \u00ab\u00a0fasciste\u00a0\u00bb se d\u00e9ploie dans la mesure o\u00f9 le groupe est accul\u00e9 \u00e0 la survie et se trouve en permanence dans des situations de menaces, d\u2019urgence et de crise. C\u2019est cette logique qui pr\u00e9vaut dans la mise en place d\u2019un \u00c9tat de s\u00e9curit\u00e9 pour le philosophe italien Giorgio Agemben\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Dans un pays qui vit dans un \u00e9tat d\u2019urgence prolong\u00e9, et dans lequel les op\u00e9rations de police se substituent progressivement au pouvoir judiciaire, il faut s\u2019attendre \u00e0 une d\u00e9gradation rapide et irr\u00e9versible des institutions publiques\u00a0<\/em>\u00bb [37].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/governor.jpe\" rel=\"attachment wp-att-21837\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-21837\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/governor.jpe\" alt=\"governor\" width=\"300\" height=\"168\" srcset=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/governor.jpe 300w, https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/governor-195x110.jpe 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Dans la s\u00e9rie, on croise aussi un personnage qui a instaur\u00e9 un r\u00e9gime d\u2019exception, le chef de la petite ville fortifi\u00e9e de Woodbury appel\u00e9 le Gouverneur. Il y exerce une autorit\u00e9 tyrannique bienveillante qui contraste avec l&rsquo;utopie anarchiste de soci\u00e9t\u00e9 autog\u00e9r\u00e9e qui s&rsquo;\u00e9tablit dans la prison [38]. Et pour pouvoir vivre (se sentir en s\u00e9curit\u00e9 et manger \u00e0 leur faim), la communaut\u00e9 de Woodbury laisse le pouvoir au Gouverneur, qui tend \u00e0 devenir un seigneur f\u00e9odal et brutal\u00a0[39], conscient que le maintien de son pouvoir passe par l\u2019\u00e9dification d\u2019une communaut\u00e9 repli\u00e9e sur elle-m\u00eame, voire belliqueuse, vis-\u00e0-vis des autres communaut\u00e9s (celle de Rick notamment). Et comme l\u2019Histoire l\u2019a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 par le pass\u00e9, les survivants acceptent ais\u00e9ment de se soumettre \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 qui leur garantit la survie, quels que soient les proc\u00e9d\u00e9s employ\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La remarque ironique de Deanna Monroe (la leader d&rsquo;Alexandria),\u00a0 \u00ab\u00a0<em>Looks like the communists won after all<\/em>\u00a0\u00bb [40], montre qu\u2019il existe aussi, dans ce monde postapocalyptique, une envie de retour en arri\u00e8re. En effet, cette communaut\u00e9 reproduit en miniature la vie d\u2019avant la catastrophe. Dans ce d\u00e9cor de la riche banlieue r\u00e9sidentielle de Washington, les enfants vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole, s\u2019ennuient et jouent m\u00eame aux jeux vid\u00e9o. Les femmes sont insatisfaites, et se font battre par leurs maris alcooliques et violents. La ville est entour\u00e9e par une enceinte qui les prot\u00e8ge des hordes de zombies (l\u2019all\u00e9gorie avec les hordes de r\u00e9fugi\u00e9s est claire). On y organise des soir\u00e9es mondaines entre voisins o\u00f9 les questions que les habitants se posent sont \u00ab\u00a0<em>Que vais-je pr\u00e9parer \u00e0 manger\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>Comment vais-je m\u2019habiller\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb. On pense alors \u00e0 Walter Benjamin qui \u00e9crit \u00ab\u00a0<em>Que les choses continuent comme avant, voil\u00e0 la catastrophe<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><\/a> <\/em>\u00bb. [41]\n<p style=\"text-align: justify;\">De fait, une partie du groupe de Rick comprend que cette communaut\u00e9 est faible et ils ont alors peur d\u2019\u00eatre eux-m\u00eames affaiblis (c\u2019est le cas de Carl, Daryl et Carole notamment). Ce \u00e0 quoi Rick r\u00e9pond, \u00ab\u00a0<em>Nous ne deviendrons pas faibles. Ce n\u2019est plus dans notre nature<\/em>\u00a0\u00bb. Ils vont donc se pr\u00e9parer afin de se prot\u00e9ger des attaques de zombies et surtout des habitants. Dans cette communaut\u00e9 symbolisant \u00ab\u00a0l\u2019avant catastrophe\u00a0\u00bb, ceux qui ont compris le danger repr\u00e9sentent le mouvement survivaliste, qui est \u00ab\u00a0<em>une mouvance dont la doctrine pr\u00eache une pr\u00e9paration \u00e0 toutes formes de situations d\u2019urgence pouvant d\u00e9stabiliser la soci\u00e9t\u00e9 (catastrophes naturelles, d\u00e9sastres industriels, pand\u00e9mies, troubles sociopolitiques, guerres, effondrement g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9). L\u2019autosuffisance s\u2019impose comme le ma\u00eetre mot, impliquant une formation rudimentaire en mati\u00e8re m\u00e9dicale et des connaissances techniques et pratiques de self-d\u00e9fense, auxquelles s\u2019ajoute le stockage de provisions et de mat\u00e9riel de base [\u2026], ainsi que la fabrication d\u2019habitats adapt\u00e9s, comme l\u2019abri souterrain<\/em>\u00a0\u00bb [42]. Ce mouvement divers (qui va de l\u2019extr\u00eame-droite raciste aux anarchistes) est tr\u00e8s important aux \u00c9tats-Unis. D\u2019ailleurs m\u00eame le gouvernement am\u00e9ricain, dans une ironique mise en ab\u00eeme, dispense de la propagande survivaliste : \u00ab\u00a0<em>\u00c0 la fin 2012, le tr\u00e8s officiel Center for Disease Control am\u00e9ricain diffusait, une bande dessin\u00e9e. Son titre\u00a0: <\/em>Preparedness 101\u00a0: Zombie apocalypse<em>. L\u2019id\u00e9e est simple\u00a0: la population doit se tenir pr\u00eate \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9, une catastrophe nucl\u00e9aire ou naturelle, une panne g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du syst\u00e8me ou une insurrection. Le document se concluait ainsi\u00a0: Si vous \u00eates pr\u00e9par\u00e9 pour une apocalypse de zombies, vous \u00eates pr\u00eat pour n\u2019importe quelle situation d\u2019urgence\u00a0<\/em>\u00bb [43]. Comme le concluent les auteurs, tout est bon pour que la population se d\u00e9fende, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9fende le syst\u00e8me. En outre, ce genre de discours cr\u00e9e une familiarit\u00e9 avec la question de la catastrophe, et a pour fonction d\u2019habituation de la population [44].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En reprenant le concept \u00e9labor\u00e9 par <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Georges_Dum%C3%A9zil\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Georges Dum\u00e9zil<\/a> en 1958 sur les fonctions tripartites indo-europ\u00e9ennes [45], et en le comparant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 postapocalyptique de <em>The Walking Dead<\/em>, on se rend compte que la communaut\u00e9 met l\u2019accent exclusivement sur la puissance martiale. Bien s\u00fbr, dans ce monde devenu sauvage, il faut savoir se d\u00e9fendre contre les zombies et contre les humains qui les menacent continuellement. En m\u00eame temps, quand les survivants s\u2019installent assez longtemps dans un endroit, ils s\u2019organisent en vue d\u2019avoir une autonomie mat\u00e9rielle. Par exemple, pendant tout le temps de la prison, les protagonistes de la s\u00e9rie construisent un potager et \u00e9l\u00e8vent des cochons. Mais cette activit\u00e9 est tr\u00e8s restreinte dans la mesure o\u00f9 ils sont condamn\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer continuellement (de fait les d\u00e9placements hors des abris sont souvent motiv\u00e9s pour chercher des vivres). La s\u00e9curit\u00e9 du refuge s&rsquo;oppose alors \u00e0 la dangerosit\u00e9 du monde ext\u00e9rieur. Ce qui manque cruellement \u00e0 cette communaut\u00e9 est la puissance spirituelle. En effet, les survivants ne se projettent jamais dans l\u2019avenir, et ne pensent jamais l\u2019\u00e9poque, car ils sont \u00e9cras\u00e9s \u00e0 la seule question de la survie et \u00e0 aucun moment ils ne peuvent se projeter dans un au-del\u00e0 qui ne serait pas simplement un retour simplement \u00e0 la vie d\u2019antan.<\/p>\n<figure id=\"attachment_21843\" aria-describedby=\"caption-attachment-21843\" style=\"width: 205px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/antechrist.jpe\" rel=\"attachment wp-att-21843\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-21843 size-full\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/antechrist.jpe\" alt=\"antechrist\" width=\"205\" height=\"246\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-21843\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab\u00a0Sermon et les Actes de l&rsquo; Ant\u00e9christ\u00a0\u00bb (d\u00e9tail), Luca Signorelli, 1499-1502.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se rend compte tout au long de <em>The Walking Dead<\/em> qu\u2019il n\u2019y aura pas d\u2019apr\u00e8s, c&rsquo;est-\u00e0-dire de moment o\u00f9, apr\u00e8s la suspension du cours normal de l\u2019humanit\u00e9 (l\u2019apocalypse), adviendrait le paradis. La notion d&rsquo;apocalypse (dans sa conception religieuse) est ambigu\u00eb, car elle est \u00e0 la fois d\u00e9sir\u00e9e et crainte. En effet, l&rsquo;apocalypse est redout\u00e9e, parce qu&rsquo;elle est synonyme de malheur (c\u2019est l\u2019Ant\u00e9christ qui l\u2019annonce), et elle est d\u00e9sir\u00e9e, car la venue de l\u2019Ant\u00e9christ annonce le retour du Christ, et le millenium (royaume de mille ans pendant laquelle la loi serait d\u00e9faite, et les royaumes existants seraient d\u00e9truits). L&rsquo;apocalyptique est un sentiment fond\u00e9 sur l&rsquo;imminence de la catastrophe, imminence du Royaume, l&rsquo;imminence de la fin certaine. Son temps est un temps obs\u00e9d\u00e9 par ce qui vient, par ce qui doit n\u00e9cessairement arriver, sans souci pour ce qui est pr\u00e9sent. Au contraire de l&rsquo;apocalyptique, dont les regards sont tourn\u00e9s vers le futur, le temps messianique est, comme l&rsquo;\u00e9crit Saint-Paul,\u00a0<em>ho nun kairos<\/em>, un temps-de-maintenant, c&rsquo;est-\u00e0-dire un temps qui se ressaisit de lui-m\u00eame, et qui se place \u00e0 la porte de chaque instant, de chaque <em>kairos<\/em>, pour l&rsquo;ouvrir au messie [46]. L&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de l&rsquo;apocalypse marque le <em>katechon<\/em>, est la puissance qui \u00ab\u00a0retient\u00a0\u00bb (<em>katechein<\/em>, en grec) ; l\u2019av\u00e8nement de la fin des temps, c\u2019est ce que l\u2019ap\u00f4tre Paul, dans sa deuxi\u00e8me <em>\u00c9p\u00eetre aux Thessaloniciens<\/em>, chapitre 2, nommait <em>katechon<\/em> [47]. Pour Carl Schmitt, la puissance katechonique, c\u2019est l\u2019Empire romain (il n\u2019existe pas, pour lui, de concept politique qui ne soit pas une s\u00e9cularisation de concept th\u00e9ologique)[48]. En reprenant cette conception schmittienne, on peut penser que les zombies sont une puissance katechonique, dans la mesure o\u00f9 ils emp\u00eachent le d\u00e9ploiement d\u2019une vie qui serait \u00e0 la fois d\u00e9barrass\u00e9e des autorit\u00e9s (et de la loi) et des zombies. Dans <em>The<\/em> <em>Walking Dead<\/em>, il y a une suspension du cours normal des choses, et il n\u2019y a pas de r\u00e9solution. Il y a donc une attente qui est permanente : \u00ab\u00a0<em>Le <\/em>katechon<em>, qui suspend et retient la fin, inaugure un temps dans lequel rien ne peut vraiment arriver, car le sens du devenir historique, qui a sa v\u00e9rit\u00e9 seulement dans l\u2019<\/em>eschaton<em>, est ind\u00e9finiment diff\u00e9r\u00e9<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><\/a> \u00bb [49]. Difficile alors d&rsquo;imaginer une fin o\u00f9 Rick et sa bande r\u00e9ussiraient \u00e0 se d\u00e9barrasser des zombies, et du monde qui va avec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La puissance pr\u00e9datrice du zombie ne repose pas sur son action individuelle, mais bien sur sa force collective. Il suffit de voir les s\u00e9quences o\u00f9 les <em>walkers<\/em>, d\u00e8s qu&rsquo;ils sont nombreux, deviennent une r\u00e9elle menace (on n&rsquo;\u00e9voque d&rsquo;ailleurs jamais la menace <em>d&rsquo;un<\/em> mort-vivant, mais <em>des<\/em> morts-vivants). Les zombies incarnent pleinement la question du pouvoir destituant, au sens o\u00f9 le d\u00e9finit Giorgio Agamben [50], c\u2019est-\u00e0-dire un pouvoir qui se trouve en dehors de la loi, et qui agit de mani\u00e8re \u00e0 an\u00e9antir la puissance souveraine, plut\u00f4t que de la r\u00e9former. Les hordes de morts-vivants renversent toute l\u2019humanit\u00e9 et toute civilisation sur leur passage. Il ne reste ni soci\u00e9t\u00e9, ni \u00e9conomie, ni agriculture, ni industrie. Rien. On ne per\u00e7oit que le silence de la ville ravag\u00e9e par la catastrophe.<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. John Lloyd Stephens, <em>Aventures de voyage en pays maya 1,<\/em> Copan, 1839, Pygmalion, 1991.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. \u00ab <em>La raison dit aux hommes que la dur\u00e9e du monde n\u2019a d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019autant que les \u00eatres raisonnables qu\u2019il renferme r\u00e9pondent \u00e0 son but final ; d\u00e8s l\u2019instant que ce but n\u2019aurait plus de chance d\u2019\u00eatre atteint, la cr\u00e9ation n\u2019aurait plus d\u2019objet, elle ressemblerait \u00e0 un drame enti\u00e8rement d\u00e9pourvu de toute action intelligible, de tout d\u00e9nouement<\/em> \u00bb. Emmanuel Kant, \u00ab La Fin de toutes choses \u00bb, in <em>Consid\u00e9rations sur l\u2019optimisme, et autres opuscules,<\/em> 1794, Vrin, 1972, p. 217.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. Aussi par extension la production t\u00e9l\u00e9visuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. <em>The Walking Dead<\/em> est une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e d&rsquo;horreur am\u00e9ricaine, adapt\u00e9e par Frank Darabont et Robert Kirkman, cr\u00e9ateur de la bande dessin\u00e9e du m\u00eame nom. Elle est diffus\u00e9e depuis le 31 octobre 2010 sur AMC.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. David Buxton, \u00ab <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/actualites-industries-culturelles-numeriques-26-decembre-2014\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Les zombies postapocalyptiques \u00ab\u00a0mangent\u00a0\u00bb la t\u00e9l\u00e9vision<\/a> \u00bb, <em>Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques<\/em>, d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6. Tout au long des six saisons, le groupe perd certains de ses membres et en rencontre de nouveau ; de plus, les protagonistes changent r\u00e9guli\u00e8rement d\u2019installation (ils vont dans un camp de survivant, le CDC (Center for Disease Control), une ferme, une prison, la petite ville de Woodbury, une \u00e9glise, un h\u00f4pital (dans la saison 5, mais aussi comme premier lieu dans la premi\u00e8re saison), enfin dans la sixi\u00e8me saison, ils s\u2019installent dans une riche banlieue de Washington \u00e0 Alexandria safe zone).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7. Benjamin Campion, \u00ab \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/feuilletons.blogs.liberation.fr\/2012\/02\/17\/the-walking-dead-un-succes-en-trompe-l-oeil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">The Walking Dead\u00a0\u00bb, un succ\u00e8s en trompe-l\u2019\u0153il<\/a> \u00bb, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, mis en ligne le 17 f\u00e9vrier 2012 (mis \u00e0 jour : 20 novembre 2014).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">8. <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">9. \u00ab <em>That&rsquo;s the trick of it, I think. We do what we need to do and then we get to live. But no matter what we find in D.C., I know we&rsquo;ll be okay, because this is how we survive. We tell ourselves that we are the walking dead<\/em> \u00bb. [S5E10].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">10. Maxime Coulombe, <em>Petite philosophie du zombie<\/em>, PUF, Collection La nature humaine, 2013, p. 45.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">11. Giorgio Agemben, <em>Ce qui reste d\u2019Auschwitz<\/em>, Biblioth\u00e8que Rivages, 2003, p. 46.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">12. Tiqqun, <em>Th\u00e9orie du Bloom<\/em>, La Fabrique, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">13. <em>Ibid<\/em>., p. 28.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">14. <em>Ibid<\/em>., p. 104.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">15. Johnny n\u2019arr\u00eate pas de se moquer de sa s\u0153ur qui a toujours eu peur des cimeti\u00e8res. \u00c0 la vue de l\u2019homme \u00e9gar\u00e9, il fait peur \u00e0 sa s\u0153ur \u00ab <em>They\u2019re coming for you ! Look ! There goes one them now !<\/em> \u00bb. Finalement le zombie se jettera sur eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">16. Maxime Coulombe, <em>op. cit.<\/em>, p. 50.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">17. M\u00eame si les racines du mot \u00ab zombie \u00bb sont incertaines on sait qu\u2019elles se trouvent dans la culture vaudou ha\u00eftienne : certains sp\u00e9cialistes \u00e9voquent la possibilit\u00e9 que son \u00e9tymologie puisse provenir du fran\u00e7ais \u00ab les ombres \u00bb ou de l\u2019arawak zemi (un peuple indig\u00e8ne d\u2019Ha\u00efti) \u00ab esprit \u00bb, mais il est plus probable que le mot soit issu des langues d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, la zone fournissant les esclaves import\u00e9s en Ha\u00efti \u00e0 partir du d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle. Dans les dialectes de la r\u00e9gion, on retrouve ndzumbi (un cadavre), nzambi (l\u2019esprit d\u2019un mort), nsumbi (diable) ou encore zumbi (un f\u00e9tiche, ou un revenant) d\u2019apr\u00e8s Julien B\u00e9tan et Rapha\u00ebl Colson, <em>Zombies\u00a0!<\/em>, Les moutons \u00e9lectriques, 2009, p. 4.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">18. Julien B\u00e9tan et Rapha\u00ebl Colson, <em>op. cit.<\/em><em>, <\/em>p. 326.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">19. Jean-Baptiste Thoret, <em>Politique des zombies &#8211; L\u2019Am\u00e9rique selon G. A. Romero<\/em>, Ellipses, 2015, pp. 8 et 9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">20. [S03E01].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">21. \u00ab <em>This place can be a goldmine!<\/em> \u00bb dit Rick Grimes [S03E01].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">22. Giorgio Agemben, <em>Homo sacer &#8211; Le pouvoir souverain et la vie nue<\/em>, Ed. du Seuil, 1998, voir le chapitre 7. Le camp comme \u00ab\u00a0nomos\u00a0\u00bb de la modernit\u00e9 p. 179.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">23. L\u2019analogie avec le zombie est claire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">24. Wendy Brown, <em>Murs. Les Murs de s\u00e9paration et le d\u00e9clin de la souverainet\u00e9 \u00e9tatique<\/em>, Les Prairies ordinaires, 2009, p. 17.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">25. On peut entendre \u00ab l\u2019apr\u00e8s \u00bb comme le synonyme de purgatoire pour l\u2019humanit\u00e9 d\u00e9chue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">26. La fin d\u00e9signe \u00e0 la fois l\u2019ach\u00e8vement et le but.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">27. Selon Thomas Hobbes (1588-1679), l\u2019un des premiers philosophes \u00e0 introduire cette notion, afin d\u2019imaginer ce que serait l\u2019homme en l\u2019absence de toute d\u00e9termination sociale (et donc de toute loi), cet \u00e9tat de nature s\u2019apparente \u00e0 un \u00e9tat de guerre permanente de tous contre tous. John Locke (1632-1704), autre th\u00e9oricien du contrat social, envisage en revanche l\u2019\u00e9tat de nature comme un \u00e9tat d\u2019\u00e9galit\u00e9 et da paix, o\u00f9 les hommes se portent mutuellement secours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">28. \u00ab <em>The hell is this? Oh, come on, don&rsquo;t be stupid. I owe you guys. I can help protect what you&rsquo;ve got. Why would you save my life just to kill me by leaving me here? One guy&#8211; one guy can&rsquo;t make it alone. That&rsquo;s why I was with those dudes. I was alone. Don&rsquo;t be stupid! I&rsquo;m not like them! I&rsquo;m just some guy! I used to watch football and screw around on the Internet. I lived with my mom! I lost her like you lost people. I went to school with Maggie for God&rsquo;s sake!<\/em> \u00bb \u2014Randall \u00e0 Rick Grimes et Shane Walsh, plaidant pour sa vie [S02E10].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">29. [S03E04].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">30. Sigmund Freud, \u00ab Un enfant est battu \u00bb, <em>N\u00e9vrose, psychose et perversion<\/em>, PUF, 1973, pp. 219-243.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">31. [S02E11].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">32. [S05E01].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">33. Friedrich Nietzsche, <em>Par-del\u00e0 le bien et le mal<\/em>, 1886, GF Flammarion, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">34. <em>Fargo<\/em> [S01E03].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">35. Julien B\u00e9tan et Rapha\u00ebl Colson,<em> op. cit.<\/em>, p. 345.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">36. [S02E13]. Rick appara\u00eet au d\u00e9but de la s\u00e9rie plut\u00f4t comme un guide politique naturel parce qu&rsquo;il continue d&rsquo;incarner le souvenir d&rsquo;une autorit\u00e9 l\u00e9gitime rationnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">37. Giorgio Agamben , \u00ab De l\u2019\u00c9tat de droit \u00e0 l\u2019\u00c9tat de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 23 d\u00e9cembre 2015, <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2015\/12\/23\/de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-securite_4836816_3232.html#7f4cMWOcD10GJzd7.99\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2015\/12\/23\/de-l-etat-de-droit-a-l-etat-de-securite_4836816_3232.html#7f4cMWOcD10GJzd7.99<\/a>, consult\u00e9 le 28 d\u00e9cembre 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">38. \u00ab<em> La prison, une fois \u00ab nettoy\u00e9e \u00bb de ses \u00e9l\u00e9ments subversifs ressemble beaucoup aux cit\u00e9s id\u00e9ales que l&rsquo;on trouve dans la litt\u00e9rature politique classique, de Saint-Augustin \u00e0 Thomas More, et peut-\u00eatre plus encore au phalanst\u00e8re de Fourier<\/em> \u00bb in Jean-Philippe Zanco, \u00ab <em>The Walking Dead<\/em>. De la crise de la d\u00e9mocratie au retour de la horde primitive \u00bb in <em>Le Monde<\/em>, 26 avril 2014, <a href=\"http:\/\/seriestv.blog.lemonde.fr\/2014\/04\/26\/the-walknig-dead-de-la-crise-de-la-democratie-au-retour-de-la-horde-primitive\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/seriestv.blog.lemonde.fr\/2014\/04\/26\/the-walknig-dead-de-la-crise-de-la-democratie-au-retour-de-la-horde-primitive\/<\/a>, consult\u00e9 le 15 janvier 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">39. Voire compl\u00e8tement psychopathe. En effet, il entrepose les t\u00eates des r\u00f4deurs et des humains qu&rsquo;il a tu\u00e9s dans une petite pi\u00e8ce ferm\u00e9e \u00e0 cl\u00e9 de son appartement. Il garde aussi captive sa petite fille, Penny, qui a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en zombie. Il se comporte comme un v\u00e9ritable p\u00e8re en la coiffant et en prenant soin d&rsquo;elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">40. Deanna Monroe : <em>Absolutely amazing to me how people with completely different backgrounds and with nothing in common can become that. Don&rsquo;t you think?<\/em>\u00a0 <em>[Je trouve merveilleux comment des gens de milieux totalement diff\u00e9rents avec rien en commun peuvent devenir ainsi. N&rsquo;est-ce pas ?]<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rick Grimes : <em>Everybody said you gave them jobs. [Tout le monde dit que vous leur avez donn\u00e9 du travail].<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deanna Monroe :<em> Mm-hmm. Yeah. Part of this place. Looks like the communists won after all. [Hmm, ouais. Une partie de cet endroit. Il semble que les communistes ont gagn\u00e9 apr\u00e8s tout]. <\/em>[S05E12].<\/p>\n<p>41. Walter Benjamin, <em>Charles Baudelaire<\/em>, Payot, 1982, p. 342.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">42. Julien B\u00e9tan et Rapha\u00ebl Colson, <em>op. cit.<\/em>, p. 310.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">43. Comit\u00e9 invisible, <em>\u00c0 nos amis<\/em>, La Fabrique, 2014, p. 26.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">44. Fr\u00e9d\u00e9ric Neyrat, \u00ab Biopolitique des catastrophes. <em>\u00bb, Multitudes<\/em> 1\/2006 (n\u00b0 24), p. 107-117.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">45. Ces soci\u00e9t\u00e9s (qu\u2019elles soient grecques, arm\u00e9niennes, celtes, indo-iraniennes, baltes, germaines, slaves ou latines) distinguent l&rsquo;activit\u00e9 en trois fonctions politiques, correspondant aux domaines religieux, guerrier et \u00e9conomique, qui sont exerc\u00e9es comme des pouvoirs s\u00e9par\u00e9s et hi\u00e9rarchis\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">46. Giorgio Agamben, <em>Le temps qui reste<\/em>, Rivages poche, 2000, p. 110.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">47. Carl Schmitt, <em>Le Nomos de la Terre. Dans le droit des gens du <\/em>Jus Publicum Europaeum, PUF, Collection Quadrige, 2008, p. 64.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">48. \u00ab <em>Tous les concepts pr\u00e9gnants de la th\u00e9orie moderne de l&rsquo;\u00c9tat sont des concepts th\u00e9ologiques s\u00e9cularis\u00e9s. Et c&rsquo;est vrai non seulement de leur d\u00e9veloppement historique, parce qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s e la th\u00e9ologie \u00e0 la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00c9tat&#8230; L&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;\u00c9tat de droit moderne s&rsquo;impose avec le d\u00e9isme, avec une th\u00e9ologie et une m\u00e9taphysique qui rejettent le miracle hors du monde <\/em>\u00bb, Carl Schmitt,<em> Th\u00e9ologie politique<\/em>, Gallimard, 1922,\u00a0 p.15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">49. Giorgio Agamben, cit\u00e9 par Peter Szendy, \u00ab Le feuillet\u00e9 du cin\u00e9monde \u00bb, in <em>L\u2019apocalypse cin\u00e9ma<\/em>, Capricci, 2012, p. 79.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">50. Giorgio Agamben, <em>\u00c9tat d&rsquo;exception<\/em>, Seuil, 2003.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/author\/anne-lise-melquiond\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lire d&rsquo;autres articles d&rsquo;Anne-Lise Melquiond<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7069\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\" alt=\"bouton citer\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a>MELQUIOND, Anne-Lise<\/strong>, \u00ab The walking dead &#8211; Anne-Lise-Melquiond \u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2016, mis en ligne le 1er avril 2016. URL : http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/the-walking-dead-anne-lise-melquiond\/<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:5px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la cinqui\u00e8me saison de la s\u00e9rie, \u00e0 un moment o\u00f9 tout espoir a disparu, le leader des survivants, l&rsquo;ex-sh\u00e9rif Rick Grimes d\u00e9clare \u00e0 son groupe \u00ab We are the walking dead \u00bb. <\/p>\n","protected":false},"author":758,"featured_media":21857,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,900,3,14,10],"tags":[720,899,87,825],"coauthors":[558],"class_list":["post-21297","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-cultural-studies","category-industries-culturelles","category-serie-tv","category-television","tag-alterite","tag-apocalypse","tag-capitalisme-tardif","tag-serialite"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21297","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/758"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21297"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21297\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21857"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21297"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21297"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21297"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=21297"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}