
{"id":21184,"date":"2016-03-01T02:00:53","date_gmt":"2016-03-01T01:00:53","guid":{"rendered":"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/?p=21184"},"modified":"2019-03-18T09:38:46","modified_gmt":"2019-03-18T08:38:46","slug":"hollywood-story-frank-capra-marc-hiver","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/hollywood-story-frank-capra-marc-hiver\/","title":{"rendered":"Hollywood Story de Frank Capra &#8211; Marc HIVER"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21184?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21184?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\" ><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\" \/><\/a><\/div><p style=\"text-align: justify;\"><strong>Frank Capra, n\u00e9 en 1897 \u00e0 Palerme, Sicile, Italie, mort en 1991 \u00e0 Los Angeles aux \u00c9tats-Unis, est l&rsquo;incarnation des plus belles ann\u00e9es de la com\u00e9die hollywoodienne. De ses quarante ann\u00e9es de carri\u00e8re, il donne au cin\u00e9ma les films les plus repr\u00e9sentatifs de son art. En 1976 para\u00eet en France la traduction de son autobiographie <em>Hollywood Story<\/em>. Mais quoi de plus suspect qu&rsquo;une autobiographie\u00a0? D&rsquo;autant qu&rsquo;elle se double d&rsquo;un soup\u00e7on quant \u00e0 la th\u00e8se avanc\u00e9e par Frank Capra\u00a0: j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 un pr\u00e9curseur du cin\u00e9ma d&rsquo;auteur au sein des grands studios hollywoodiens [1920 \u2014 1950]. Pourquoi ne pas accepter de le suivre dans sa description dont le m\u00e9rite incontestable, au-del\u00e0 des anecdotes de service, r\u00e9side dans une topologie assez compl\u00e8te des diff\u00e9rentes sph\u00e8res de l&rsquo;industrie cin\u00e9matographique am\u00e9ricaine de l&rsquo;\u00e9poque\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Article interdit \u00e0 la reproduction payante.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Frank Capra &#8211; Autobiographie d&rsquo;un r\u00e9alisateur hollywoodien (syst\u00e8me des studios &#8211; 1920, d\u00e9but des ann\u00e9es 1950)<\/span><\/h2>\n<div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#a09b9b;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#bab5b5;border-color:#ffffff;color:#000000;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">Lire la fiche Frank Capra &#8211; Cin\u00e9math\u00e8que <a href=\"http:\/\/cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr\/index.php?pk=8833\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr\/index.php?pk=8833<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/3u5PEYOFuPU\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Frank Capra, interview, vostf<\/strong><\/span><\/p>\n<\/div><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi de plus suspect qu&rsquo;une autobiographie\u00a0? Mat\u00e9riel anecdotique, justifications r\u00e9trospectives, narcissisme ambivalent, bref, le plus souvent, reconstruction des faits et libert\u00e9 prise avec l&rsquo;histoire. C&rsquo;est justement cette contradiction premi\u00e8re qui s\u00e9duit, d&rsquo;autant qu&rsquo;elle se redoublait aussit\u00f4t d&rsquo;un soup\u00e7on quant \u00e0 la th\u00e8se avanc\u00e9e par Frank Capra dans son livre <em>Hollywood Story<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<em>j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 un pr\u00e9curseur du cin\u00e9ma d&rsquo;auteur au sein des grands studios hollywoodiens<\/em>\u00a0\u00bb. Et il affirme avoir toute sa vie combattu de l&rsquo;int\u00e9rieur pour r\u00e9\u00e9quilibrer le pouvoir en faveur du r\u00e9alisateur. Peu importe qu&rsquo;il se vante ou non\u00a0: pourquoi ne pas accepter, au nom d&rsquo;une d\u00e9marche dialectique, de le suivre dans sa description du syst\u00e8me des studios dont le m\u00e9rite incontestable, au-del\u00e0 des anecdotes de service, r\u00e9side dans une topologie assez compl\u00e8te des diff\u00e9rentes sph\u00e8res de l&rsquo;industrie cin\u00e9matographique am\u00e9ricaine de l&rsquo;\u00e9poque. Chaque citation devra donc \u00eatre doublement mise entre parenth\u00e8ses et faire l&rsquo;objet d&rsquo;un commentaire critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/8Q3Eijj-mls\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>James Stewart, Donna Reed, <em>La vie est belle<\/em>, Frank Capra, 1946<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lutte entre les auteurs et les producteurs est presque aussi vieille que le syst\u00e8me des studios hollywoodiens. D\u00e8s les ann\u00e9es 20, Erich von Stroheim, d\u00e9non\u00e7ait l&#8217;emprise de l&rsquo;industrie sur le cin\u00e9ma, cette \u00e9norme \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/hollywood-machine-fabriquer-saucisses-erich-von-stroheim-marc-hiver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">machine \u00e0 fabriquer des saucisses<\/a>\u00a0\u00bb dont il parlait avec m\u00e9pris et qui l&rsquo;a broy\u00e9, l&rsquo;exilant \u00e0 tout jamais de sa place de r\u00e9alisateur. Car l&rsquo;auteur, dans le syst\u00e8me hollywoodien, celui qui synth\u00e9tise le film et distribue les t\u00e2ches, c&rsquo;est d&rsquo;abord le producteur.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">L&rsquo;industrie cin\u00e9matographique hollywoodienne d\u00e9crite par Frank Capra<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut rappeler, dans le cadre de la production hollywoodienne consid\u00e9r\u00e9e globalement, la s\u00e9v\u00e8re et rigide r\u00e9partition des comp\u00e9tences au sein des grands studios o\u00f9 tous les postes clefs \u00e9taient depuis longtemps occup\u00e9s et contr\u00f4l\u00e9s par des producteurs, seuls responsables pour tout ce qui concernait le film tant sur le plan artistique que sur le plan commercial. Aussi disposaient-ils d&rsquo;une grande autorit\u00e9 sur le r\u00e9alisateur dont le nom correspondait strictement \u00e0 la fonction dans la plupart des cas\u00a0: un ex\u00e9cutant, un technicien de l&rsquo;art. C&rsquo;est-\u00e0-dire un employ\u00e9 d\u00e9pendant, r\u00e9vocable \u00e0 tout moment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour illustrer le climat qui r\u00e9gnait \u00e0 cette \u00e9poque, donnons la parole \u00e0 ce r\u00e9alisateur qui repr\u00e9sente bien Hollywood dans ses contradictions. Il s&rsquo;agit de Frank Capra et de son livre autobiographique\u00a0: <em>Hollywood Story<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Premi\u00e8re \u00ab\u00a0anecdote\u00a0\u00bb alors qu&rsquo;il d\u00e9butait comme monteur sur un film mis en sc\u00e8ne par Bob Eddy\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Je montai les trois com\u00e9dies de Bob Eddy qui suivirent. Je devins pour lui ce que sa couverture \u00e9tait pour le Linus de Peanuts. Pour satisfaire ma curiosit\u00e9, je lui demandai un jour pourquoi il me laissait, moi ou un autre, \u00ab\u00a0composer\u00a0\u00bb ses s\u00e9quences de films. Sa r\u00e9ponse fut br\u00e8ve et s\u00e8che\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Parce que je suis un metteur en sc\u00e8ne, pas un monteur.<\/em>\u00a0\u00bb Personnellement, je trouvai que \u00e7a n&rsquo;avait pas de sens. Et si Beethoven avait confi\u00e9 ses th\u00e8mes originaux \u00e0 un \u00ab\u00a0arrangeur\u00a0\u00bb pour que celui-ci les lui \u00ab\u00a0ordonne\u00a0\u00bb\u00a0? Les symphonies ainsi con\u00e7ues auraient-elles \u00e9t\u00e9 celles de Beethoven ou celles de l&rsquo;\u00ab\u00a0arrangeur\u00a0\u00bb\u00a0? (Hollywood Story p.\u00a059).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes, Frank Capra \u00e9crit son livre apr\u00e8s coup\u00a0: comme toute autobiographie, celle-ci doit \u00eatre utilis\u00e9e avec pr\u00e9cautions, la part \u00e9tant faite de la reconstruction <em>a posteriori<\/em>. Mais ces informations permettent une premi\u00e8re approche d&rsquo;une topologie des \u00ab\u00a0partenaires\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0production cr\u00e9atrice\u00a0\u00bb \u00e0 Hollywood reposant sur une division du travail forcen\u00e9e. Chez Hal Roach, m\u00eame les gagmen n&rsquo;ont pas le droit d&rsquo;entrer sur le plateau. Chez Mack Sennett, interdiction de parler au metteur en sc\u00e8ne sans la permission du patron.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/-ZySmgNTWBU\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Gary Cooper, Barbara Stanwyck,<em> L&rsquo;Homme de la rue<\/em>, Frank Capra, 1941<\/strong><\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les producteurs par Frank Capra<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Capra raconte qu&rsquo;\u00e0 la Metro Goldwyn Mayer\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">&#8230; les producteurs de Mayer n&rsquo;avaient rien \u00e0 envier aux stars en mati\u00e8re de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9\u00a0; Thalberg, Selnick, Mannix, Rapf, Stromberg, Franklin, Wanger, Weingarten, Lewin, Thau, Cummings, etc. tous recevaient un salaire qui \u00e9tait de trois \u00e0 dix fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis. Sous leurs ordres, soixante-quinze sc\u00e9naristes d&rsquo;\u00e9lite noircissaient du papier et quelques vingt metteurs en sc\u00e8ne, repr\u00e9sentant le cr\u00e8me de la cr\u00e8me des cin\u00e9astes d&rsquo;alors, dirigeaient leurs superproductions (&#8230;) Il \u00e9tait curieux de constater \u00e0 quel point ces illustres cin\u00e9astes, s&rsquo;ils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des dieux \u00e0 Hollywood, \u00e9taient inconnus\u00a0du public. C&rsquo;\u00e9taient des \u00ab\u00a0organisateurs\u00a0\u00bb aussi anonymes que les vice-pr\u00e9sidents de la G\u00e9n\u00e9ral Motors. Le slogan, ici, ce n&rsquo;\u00e9tait pas \u00ab\u00a0un homme, un film\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0moult films, moult cha\u00eenes de montage\u00a0\u00bb. Une enseigne pos\u00e9e sur le bureau d&rsquo;Eddy Mannix disait\u00a0: \u00ab\u00a0A la MGM la seule vedette c&rsquo;est Leo le Lion (p\u00a0172-173).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Affirmer, comme le producteur cit\u00e9 par Capra, que Leo le Lion \u00e9tait la seule vedette de la Metro-Goldwyn-Mayer implique une mise en place d&rsquo;un mode de production culturelle, o\u00f9 l&rsquo;effet collectif remplit une fonction de massification.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/yOqrJCwSqn8\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>James Stewart, Jean Arthur, <em>Monsieur Smith au s\u00e9nat<\/em>, Frank Capra, 1939<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;anonymat du produit garantit la contradiction entre son origine mythique (au m\u00eame titre que le <em>star- system<\/em> qui le sous-tend) et son caract\u00e8re de marchandise. Quand le lion rugit sur l&rsquo;\u00e9cran, il biffe du m\u00eame coup l&rsquo;intervalle qui s&rsquo;est \u00e9coul\u00e9 entre deux s\u00e9ances cin\u00e9matographiques, entre ce film-ci et ce film-l\u00e0 du pr\u00e9c\u00e9dent programme. Le rugissement homog\u00e9n\u00e9ise les bandes filmiques \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;un supra-raccord extracin\u00e9matographique. Les notions d&rsquo;auteur, d&rsquo;\u0153uvre, de style sont dissoutes par le mouvement de t\u00eate qui accompagne le logos du Dieu Leo. Tout \u00e9cart diff\u00e9rentiel gomm\u00e9, la r\u00e9ification peut s&rsquo;exercer dans une massification renouvel\u00e9e. Car dans le m\u00eame temps, l&rsquo;impact publicitaire est \u00e9vident et restera toujours au c\u0153ur de la lutte pour le pouvoir cr\u00e9atif\u00a0: qui d\u00e9tient le label\u00a0? Quel est le nom du p\u00e8re qui garantit la continuit\u00e9 et la nature de l&rsquo;enfant orphelin \u00e9lev\u00e9 par un lion comme Mowgli par la panth\u00e8re dans <em>Le Livre de la jungle<\/em>\u00a0? Comme le montage transparent masque les ruptures entre les plans du mat\u00e9riau filmique pr\u00e9servant le lien ontologique entre l&rsquo;image sonore et le r\u00e9el pour le plus grand b\u00e9n\u00e9fice du r\u00e9alisme au service du mythe hollywoodien, le plan du lion de la M.G.M., de la montagne de la Paramount ou la statue de la Columbia comble le blanc qui s\u00e9pare le final pr\u00e9c\u00e9dent et le g\u00e9n\u00e9rique qui commence. Il rassure le consommateur quant \u00e0 la \u00ab\u00a0qualit\u00e9\u00a0\u00bb du produit. Lorsque le collectif se dissout dans l&rsquo;anonymat, lorsque le collectif se transcende en m\u00e9taphysique publicitaire&#8230; cf. Ronald Levaco et Fred Glass\u00a0: \u00ab\u00a0Quia ego nominor Leo\u00a0\u00bb in <em>Le Cin\u00e9ma am\u00e9ricain<\/em> (Paris, Flammarion, 1980).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21471\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/MGM-Logo.gif\" alt=\"Capra\" width=\"300\" height=\"170\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les syndicats am\u00e9ricains et le <em>statu quo<\/em> dans l&rsquo;art<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Partenaire de la \u00ab\u00a0production cr\u00e9atrice\u00a0\u00bb \u00e0 Hollywood, les syndicats. Dans le monde du cin\u00e9ma, les syndicats am\u00e9ricains remplissent l\u00e0 aussi une fonction strictement corporatiste. On peut m\u00eame dire qu&rsquo;ici ce caract\u00e8re est particuli\u00e8rement exacerb\u00e9. Bien entendu, ils vont participer \u00e0 la lutte pour le pouvoir cr\u00e9ateur \u00e0 Hollywood.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Capra rappelle\u00a0: \u00ab\u00a0<em>En arrivant \u00e0 Lakehurst, nous avions trouv\u00e9 six dirigeants syndicalistes de New York qui nous attendaient pour nous dicter leur \u00ab\u00a0loi\u00a0\u00bb<\/em> (p.\u00a0181).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, en 1935, ils vont contribuer \u00e0 un recentrage dans le conflit qui oppose les \u00ab\u00a0artistes\u00a0\u00bb aux producteurs.<br \/>\nToujours Capra\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Mais, en 1935, le conflit-patronat-artistes \u00e9tait \u00e0 son apog\u00e9e. L&rsquo;acteur Ronald Reagan, le sc\u00e9nariste John Lawson et le metteur en sc\u00e8ne King Vidor menaient la lutte pour leurs associations respectives (p.\u00a0248).<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On sait o\u00f9 cela a entra\u00een\u00e9 l&rsquo;acteur en question dans sa carri\u00e8re politique&#8230;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"> Les agences et les acteurs<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les fameuses stars, aux images gonfl\u00e9es par une publicit\u00e9 tapageuse, dans l&rsquo;enceinte des studios, \u00e9taient soumises au bon vouloir des producteurs. Ainsi, pour punir Clark Gable coupable de \u00ab\u00a0n&rsquo;en avoir fait qu&rsquo;\u00e0 sa t\u00eate\u00a0\u00bb, Louis B. Mayer le for\u00e7a \u00e0 accepter un r\u00f4le chez les \u00ab\u00a0pouilleux\u00a0\u00bb (entendons une maison de production moins importante \u00e0 laquelle il avait \u00e9t\u00e9 sous-lou\u00e9 comme un demi-esclave)\u00a0: son r\u00f4le dans <em>Autant en emporte le vent<\/em>\u00a0! \u00c0 la MGM, on disait\u00a0: \u00ab\u00a0envoyer en Sib\u00e9rie\u00a0\u00bb les vedettes qui se montraient trop difficiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/R_eATDSON8Q\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Clark Gable, Claudette Colbert,<em> New York &#8211; Miami<\/em>, Frank Capra, 1934<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus tard, par un de ces jeux de pouvoir qui sourdaient \u00e0 Hollywood, les acteurs recentr\u00e8rent la cr\u00e9ation autour de leurs noms au sein des productions ind\u00e9pendantes quand les grosses compagnies commenc\u00e8rent \u00e0 perdre des plumes. En 1948 un conflit historique opposa la direction des majors aux ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les agences d&rsquo;acteurs impos\u00e8rent de plus en plus leur loi. Citons deux des plus importantes\u00a0: la Music Corporation of America et, bien s\u00fbr, l&rsquo;agence William Morris.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Les syndicats<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Partenaire institutionnel \u00e0 Hollywood, les fameuses \u00ab\u00a0guildes\u00a0\u00bb, meilleurs garants pour les producteurs du respect des codes cin\u00e9matographiques et extra cin\u00e9matographiques.<\/p>\n<div class=\"su-note\"  style=\"border-color:#a09b9b;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\"><div class=\"su-note-inner su-u-clearfix su-u-trim\" style=\"background-color:#bab5b5;border-color:#ffffff;color:#000000;border-radius:3px;-moz-border-radius:3px;-webkit-border-radius:3px;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour soumettre un document \u00e0 une compagnie signataire, un studio par exemple, il faut \u00eatre un <em>professional writer<\/em>. Le MBA (Minimum Basic Agreement) le d\u00e9finit comme une personne ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e par un studio de t\u00e9l\u00e9vision ou de cin\u00e9ma pendant treize semaines au moins, ayant \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9e au g\u00e9n\u00e9rique d\u2019un film ou d\u2019un t\u00e9l\u00e9film (s\u00e9ries incluses), ou ayant re\u00e7u un cr\u00e9dit, une mention pour une production professionnelle de th\u00e9\u00e2tre ou une nouvelle publi\u00e9e. Pourtant, le <em>Writers&rsquo; Guild<\/em> ne requiert pas automatiquement ces crit\u00e8res pour en devenir membre. (<a href=\"http:\/\/www.courte-focale.fr\/cinema\/dossiers\/combien-de-scenaristes-faut-il-pour-ecrire-un-film-a-hollywood\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.courte-focale.fr\/cinema\/dossiers\/combien-de-scenaristes-faut-il-pour-ecrire-un-film-a-hollywood\/<\/a>)<\/p>\n<\/div><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu&rsquo;aucun r\u00e9alisateur ne poss\u00e9dait le statut de cr\u00e9ateur, en amont, l&rsquo;auteur (au sens litt\u00e9raire du terme, au sens o\u00f9 le sc\u00e9nariste a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 bien avant le r\u00e9alisateur d&rsquo;un statut reconnu) \u00e9tait \u00e9clat\u00e9 au sein d&rsquo;une structure coll\u00e9giale o\u00f9 r\u00e9gnait aussi une division du travail et une concurrence interindividuelle forcen\u00e9e dans la chasse aux \u00ab\u00a0id\u00e9es\u00a0\u00bb, aux \u00ab\u00a0gags\u00a0\u00bb, bref \u00e0 des mat\u00e9riaux ponctuels qui occultaient une v\u00e9ritable prise sur le mat\u00e9riau culturel cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 propos des syndicats, il faut insister sur une id\u00e9e-force sans laquelle il n&rsquo;est pas possible de sp\u00e9cifier une esth\u00e9tique du cin\u00e9ma\u00a0: ces diff\u00e9rents partenaires interviennent directement dans la fabrication du produit. En premi\u00e8re analyse, on peut dire que le cin\u00e9ma est un art collectif \u00e0 plusieurs titres\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Par son implication \u00e9conomique\u00a0: la cin\u00e9matique hollywoodienne des studios repose sur des mouvements d&rsquo;appareil sophistiqu\u00e9s et d&rsquo;une grande puret\u00e9 g\u00e9om\u00e9trique, permettant, entre autres, par une codification scrupuleusement respect\u00e9e de la part des r\u00e9alisateurs, ces envol\u00e9es lyriques \u00e0 partir d&rsquo;un J\u00e9sus sur sa croix dans un p\u00e9plum bon teint ou \u00e0 partir du visage de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne morte dans un sombre m\u00e9lodrame\u00a0; tous ces mouvements d&rsquo;appareil imposent une infrastructure lourde, une bonne ma\u00eetrise du studio hollywoodien et la direction d&rsquo;une arm\u00e9e de techniciens. Rien \u00e0 voir avec les mouvements volontairement heurt\u00e9s en cam\u00e9ra port\u00e9e et les encha\u00eenements <em>cut\/faux raccords (jump cut) <\/em>dans les films et les s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Par son implication id\u00e9ologique\u00a0: reconduire le mat\u00e9riau cin\u00e9matographique sans le retravailler pour en figer les codifications. Produire une culture de masse dans le sens o\u00f9 le film ne provoque pas une lecture, une m\u00e9ditation, mais une consommation-reconnaissance d&rsquo;une marchandise pr\u00e9dig\u00e9r\u00e9e. Bien entendu les codifications \u00e9voluaient par un ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;acculturation du public suivant la cr\u00e9ativit\u00e9 des r\u00e9alisateurs et des monteurs pour en renouveler l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, mais aussi parce que toute machine parano\u00efaque, m\u00eame la mieux huil\u00e9e, pr\u00e9sente des failles, des lieux mal-sur-trop-pas assez cod\u00e9s, car, m\u00eame si le parano\u00efaque se prend pour Dieu, m\u00eame s&rsquo;il croit ma\u00eetriser les codes \u00e0 l&rsquo;instar de son divin mod\u00e8le, ce n&rsquo;est pas pour autant qu&rsquo;on doit le prendre au mot. Et puis, ne souffre-t-il pas en cachette d&rsquo;un \u00e9norme complexe d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9\u00a0? .<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21474\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/RKO-logo.gif\" alt=\"Capra\" width=\"300\" height=\"255\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les arch\u00e9types et le mat\u00e9riau dans l&rsquo;Hollywood de Frank Capra<br \/>\n<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu&rsquo;il en soit, le syst\u00e8me des studios hollywoodiens a produit massivement des arch\u00e9types qui se figent tr\u00e8s rapidement.<span style=\"background-color: #ff0000;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a un \u00e9quivalent \u00ab\u00a0<em>Commedia dell\u2019Arte<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 cette cr\u00e9ation de grands types de personnages. Pensons \u00e0 celui de la blonde \u00e9cervel\u00e9e et cynique\u00a0: si Marilyn Monroe, dans <em>Les Hommes pr\u00e9f\u00e8rent les blondes<\/em> de Howard Hawks, en est une incarnation \u00e9clatante et Jayne Mansfield, dans <em>La Blonde et moi<\/em> de Frank Tashlin, la caricature assum\u00e9e, elles ne sont ni les premi\u00e8res ni les derni\u00e8res \u00e0 habiter le r\u00f4le qui s\u2019inaugure, pour le parlant, avec <em>Blonde platine<\/em>, Jean Harlow, en1931 de Frank Capra. Plus pr\u00e8s de nous, <em>Une vraie Blonde<\/em> de Tom DiCillo, le r\u00e9alisateur de <em>\u00c7a tourne \u00e0 Manhattan<\/em>, reprend le flambeau. Et que dire d\u2019Alfred Hitchcock avec Grace Kelly ou son clone Tippi Hedren\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/c4_R5cQVU1o\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Jean Harlow, Robert Williams, <em>Blonde platine<\/em>, Frank Capra, 1931<em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Capra donne l&rsquo;exemple du sc\u00e9nariste Myles Connolly qui lui d\u00e9clare \u00e0 propos d&rsquo;un de ses sc\u00e9narios\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Frank, c&rsquo;est facile de voir pourquoi les com\u00e9diens rejettent ton sc\u00e9nario, dit Myles apr\u00e8s l&rsquo;avoir lu. Bien s\u00fbr, tu as quelques bonnes s\u00e9quences comiques, mais tes personnages principaux ne sont pas vraiment sympathiques, pas vraiment int\u00e9ressants. Les gens ne peuvent pas s&rsquo;identifier \u00e0 eux. Prenons la fille, par exemple\u00a0: c&rsquo;est une enfant g\u00e2t\u00e9e, une riche h\u00e9riti\u00e8re. L&rsquo;immense majorit\u00e9 des gens n&rsquo;ont jamais vu une riche h\u00e9riti\u00e8re de leur vie. Et ils se fichent pas mal de ce qui peut leur arriver aux riches h\u00e9riti\u00e8res. Z\u00e9ro pour la fille. Prenons le h\u00e9ros, maintenant\u00a0: c&rsquo;est un peintre de Greenwich Village, un artiste aux cheveux longs. Personnellement, je ne connais pas d&rsquo;artistes aux cheveux longs, et cela m&rsquo;\u00e9tonnerait fort que toi tu en connaisses. Et un type que je ne connais pas est un type qui est susceptible de me d\u00e9plaire, surtout s&rsquo;il n&rsquo;a pas d&rsquo;id\u00e9al, pas d&rsquo;ennemis, pas de dragons \u00e0 pourfendre. \u00c7a fait encore un z\u00e9ro. Et quand un z\u00e9ro rencontre un autre z\u00e9ro, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la chose \u00e9gale z\u00e9ro&#8230; Bon. Ta fille. Il ne faut pas que ce soit une garce parce qu&rsquo;elle est riche, mais parce qu&rsquo;elle en a marre d&rsquo;\u00eatre riche. C&rsquo;est plus sympathique. Quant au gars, il ne faut pas qu&rsquo;il soit du genre artiste sophistiqu\u00e9. Il faut que ce soit un type que nous connaissons tous et que nous aimons bien. Peut-\u00eatre un reporter, un gars qui n&rsquo;a pas froid aux yeux, genre redresseur de torts, trop ind\u00e9pendant pour ne pas \u00eatre \u00e0 couteaux tir\u00e9s avec son grincheux de r\u00e9dacteur en chef. C&rsquo;est plus sympathique. Et quand il rencontre la riche h\u00e9riti\u00e8re&#8230; eh bien\u00a0! c&rsquo;est <em>La M\u00e9g\u00e8re apprivois\u00e9e<\/em>. Mais il faut que la m\u00e9g\u00e8re vaille la peine d&rsquo;\u00eatre apprivois\u00e9e, et le gars qui l&rsquo;apprivoise doit \u00eatre <em>l&rsquo;un de nous<\/em> (p.\u00a0224 \u2014 225).<br \/>\n<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 un exemple \u00e0 peine caricatural de ce qu&rsquo;on appelait le canevas ou arch\u00e9type narratif d&rsquo;un bon sc\u00e9nario\u00a0: ici les exemples sont essentiellement extra cin\u00e9matographiques\u00a0: le th\u00e8me id\u00e9ologique de la r\u00e9conciliation de classe, la guerre des sexes, le sujet libre, solitaire assoiff\u00e9 de justice, enfin \u00ab\u00a0la sc\u00e8ne \u00e0 tourner\u00a0\u00bb la rencontre de deux personnages aux caract\u00e8res excessifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant la rh\u00e9torique de Connolly quand il sermonne Capra est exemplaire\u00a0: l&rsquo;interpellation de l&rsquo;auteur par ses personnages doit fonctionner sur le mode de l&rsquo;identification, du jeu de la sympathie et de l&rsquo;antipathie et surtout de l&rsquo;int\u00e9gration\u00a0: int\u00e9grer l&rsquo;autre comme il le faudra\u00a0; sur un plan plus sp\u00e9cifiquement cin\u00e9matographique, int\u00e9grer le mat\u00e9riau\u00a0: car <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/adorno-2-forme-esthetique-contenu-social-sedimente-marc-hiver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">le social ne se s\u00e9dimente pas seulement dans les th\u00e8mes<\/a>, mais aussi dans les mouvements d&rsquo;appareil\u00a0: tel effet grue, cod\u00e9 par la <em>Loi<\/em> (la loi du studio bien entendu) int\u00e9grera lui-m\u00eame la typologie id\u00e9ologique des personnages et la place de l&rsquo;instance filmique sur eux\u00a0: pas le regard d&rsquo;un auteur sur ses cr\u00e9atures, mais le regard anonyme, plongeant, de l&rsquo;auteur hollywoodien, masque sous lequel il n&rsquo;y a rien, sinon le regard de Dieu\u00a0: omnipr\u00e9sent et sup\u00e9rieur. Le studio lui-m\u00eame permet le simulacre de cette g\u00e9om\u00e9trie visuelle trop euclidienne pour \u00eatre honn\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/GLzWGnBqumk\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Gary Cooper, Jean Arthur, <em>L&rsquo;Extravagant Mr\u00a0Deeds<\/em>, Frank Capra, 1936<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois la machine se prend franchement au jeu de sa parano\u00efa et cela donne l&rsquo;anecdote rapport\u00e9e par Luis Bu\u0148uel dans <em>Mon dernier soupir<\/em> lors de son s\u00e9jour \u00e0 Los Angeles\u00a0: invit\u00e9 \u00e0 une <em>sneak-preview<\/em> du film <em>Dishonored<\/em>, avec Marl\u00e8ne Dietrich, Bu\u0148uel se dispute avec le producteur du film quant \u00e0 la pr\u00e9tendue originalit\u00e9 du sujet\u00a0: Marl\u00e8ne Dietrich y joue le r\u00f4le d&rsquo;une <em>Mata Hari<\/em>, et \u00e0 la fin du film, Sternberg la fait mourir fusill\u00e9e, bafouant, dit le producteur heureux de la nouveaut\u00e9, toutes les r\u00e8gles. du star-system. Bu\u0148uel propose de s&rsquo;en remettre au jugement de son ami Ugarte, romancier espagnol, travaillant pour Hollywood\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Nous entrons et je monte r\u00e9veiller mon ami Ugarte. Je lui dis\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 Descends, j&rsquo;ai besoin de toi.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> En maugr\u00e9ant, les yeux frip\u00e9s de sommeil, il descend en pyjama, je le fais asseoir en face du producteur et je lui dis lentement\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 \u00c9coute-moi bien. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un film.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 Oui.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 Ambiance viennoise.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 Oui.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 \u00c9poque\u00a0: La Grande Guerre.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 Oui<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\">\u2014 Au d\u00e9but du film, on voit une putain. Et on voit clairement qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une putain. Elle racole un officier dans la rue, elle&#8230;<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\">Ugarte se rel\u00e8ve en b\u00e2illant, m&rsquo;interrompt d&rsquo;un geste et sous les yeux tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9s \u2014 mais rassur\u00e9s, au fond \u2014 du producteur, il remonte se coucher en me disant\u00a0:<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"> \u2014 Arr\u00eate. Elle est fusill\u00e9e \u00e0 la fin (Mon dernier soupir, p.\u00a0160 \u2014 161).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, il faut compter avec le sens de l&rsquo;humour de Bu\u00f1uel mais l&rsquo;histoire recoupe bien des t\u00e9moignages de l&rsquo;\u00e9poque. Le cin\u00e9aste espagnol affirme qu&rsquo;il avait imagin\u00e9 et fabriqu\u00e9 pendant sa p\u00e9riode d&rsquo;oisivet\u00e9 \u00e0 Hollywood un tableau synoptique du cin\u00e9ma am\u00e9ricain\u00a0: sur un grand carton, des colonnes mobiles, \u00e0 tirettes, faciles \u00e0 man\u0153uvrer. Dans la premi\u00e8re colonne, on pouvait lire, par exemple, les ambiances\u00a0: ambiance parisienne, de western, de gangsters, etc. Dans la deuxi\u00e8me, les \u00e9poques, dans la troisi\u00e8me les personnages principaux, et ainsi de suite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce au syst\u00e8me de tirettes, il pouvait reconstituer la quasi-totalit\u00e9 des canevas des films hollywoodiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21493\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Century-Fox-logo.gif\" alt=\"Capra\" width=\"300\" height=\"170\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Les distributeurs et le public\u00a0: la massification<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi lier distributeur et public\u00a0? Parce que dans le processus de massification inh\u00e9rent \u00e0 Hollywood, le \u00ab\u00a0public\u00a0\u00bb correspond \u00e0 un certain nombre de crit\u00e8res d\u00e9finis par la publicit\u00e9\u00a0: cible, \u00e9tude de march\u00e9, etc. Aussi, plut\u00f4t que d&rsquo;\u00e9tudier ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait dans d&rsquo;autres ouvrages, il convient de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 ce qui correspond \u00e0 l&rsquo;axe de cette recherche\u00a0: <em>non pas la place du cin\u00e9ma dans la soci\u00e9t\u00e9 et son rapport au public via les distributeurs, mais plut\u00f4t, en inversant le rapport et pour ce qui concerne le public, la place de celui-ci dans le film m\u00eame<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;intervention est double. D&rsquo;abord, par une int\u00e9riorisation <em>a priori<\/em> des go\u00fbts du public avec, pour r\u00e8gle, une constante des id\u00e9ologies dominantes\u00a0: plaire, flatter l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9. L&rsquo;industrie de la culture pr\u00e9sente un plaisir imm\u00e9diat, une vision obligatoirement h\u00e9doniste de l&rsquo;art avec pour corollaire une adh\u00e9sion sans distance critique, articulant celle-ci par un r\u00e9seau de m\u00e9diations institutionnalis\u00e9es, lui-m\u00eame inscrit dans les conditions de diffusion sonore, visuelle et tous les autres c\u00e9r\u00e9monials du cin\u00e9ma s\u00e9v\u00e8rement codifi\u00e9s par les distributeurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/7mA0ozPIrTE\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>James Stewart, Jean Arthur, <em>Vous ne l&#8217;emporterez pas avec vous, <\/em>Frank Capra, 1938<em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;int\u00e9riorisation va parfois tr\u00e8s loin, et Capra d\u00e9voile comment il s&rsquo;y prenait lui-m\u00eame pour remanier un de ses films juste apr\u00e8s une <em>preview<\/em>, avant de le livrer aux distributeurs\u00a0: pendant cette s\u00e9ance et devant un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif du public il enregistrait, synchrones, les r\u00e9actions de rire, d&rsquo;\u00e9motion (silence sans bruits de fesses sur les si\u00e8ges, etc.). Puis, sur une table de montage, il pouvait se repasser le film et juger des passages \u00e0 couper ou \u00e0 remanier&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais \u00ab\u00a0le public\u00a0\u00bb intervient aussi par la censure des groupes de pression, les fameux lobbies, si puissants aux \u00c9tats-Unis. On peut voir ici encore un bel exemple de surd\u00e9termination d&rsquo;un jeu de pouvoir sur la cr\u00e9ation. Premi\u00e8re d\u00e9termination\u00a0: la place du m\u00e9chant dans le canevas hollywoodien (qui renvoie d&rsquo;ailleurs \u00e0 une tradition extra cin\u00e9matographique beaucoup plus ancienne et permanente). Les meilleurs \u00ab\u00a0auteurs\u00a0\u00bb s&rsquo;y r\u00e9f\u00e8rent\u00a0: Hitchcock ne dit-il pas que le choix et la force cin\u00e9matographique du m\u00e9chant constituent, par le jeu du suspense, la clef de vo\u00fbte de ses films\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est dans ces conditions int\u00e9ressant de lire sous la plume de Capra le regret de cet \u00e2ge d&rsquo;or, o\u00f9 l&rsquo;on pouvait fabriquer de bons gros m\u00e9chants\u00a0: sous la pression des lobbies, il constate (surd\u00e9termination du canevas) <em>\u00ab\u00a0Pour \u00e9viter d&rsquo;offenser qui que ce soit, notre \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00a0\u00bb devait \u00eatre un riche play-boy, de race blanche, sans emploi d\u00e9fini, sans domicile fixe \u2014 une esp\u00e8ce de personnage mythique et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9, vide de toute signification et de toute port\u00e9e (p.\u00a0424).\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21484\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/paramount-logo.gif\" alt=\"Capra\" width=\"300\" height=\"170\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Le partenaire cach\u00e9<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et m\u00eame aux beaux jours des producteurs de cin\u00e9ma, dans l&rsquo;ombre, une force qui alimente l&rsquo;industrie culturelle \u00e0 partir de l&rsquo;industrie tout court\u00a0: \u00ab\u00a0<em>ces gars de New York\u00a0\u00bb, ces industriels du textile ou de la m\u00e9tallurgie qui faisaient si peur de la \u00ab\u00a0C\u00f4te Est\u00a0\u00bb aux vieux briscards de la \u00ab\u00a0C\u00f4te Ouest<\/em>\u00a0\u00bb. Car le cin\u00e9ma, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, est une s\u00e9rieuse source de revenus, mais aussi un moyen de reproduire sur le plan culturel un public que l&rsquo;on retrouvera sur les cha\u00eenes de montage r\u00e9concili\u00e9 avec le mode de production capitaliste dominant (c&rsquo;est du moins le d\u00e9sir patronal, mais il faut insister sur ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment des machines parano\u00efaques\u00a0: aussi fortes soient les r\u00e8gles et les codifications, elles ne sont pas la loi d&rsquo;un dieu omnipr\u00e9sent et omnipotent).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une phrase de Marcel Dassault \u00e0 TF1 r\u00e9v\u00e8le un \u00e9tat d&rsquo;esprit qui subsistait en France dans les ann\u00e9es 1970 sous un autre ciel et dans un autre contexte. Il d\u00e9clarait \u00e0 propos d&rsquo;<em>\u00c0 nous les petites Anglaises<\/em> ou autre <em>H\u00f4tel de la plage<\/em> dont il \u00e9tait le producteur et&#8230; l&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0l&rsquo;id\u00e9e originale\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Je crois que ma mission ne consiste pas seulement \u00e0 donner du travail aux jeunes dans le cadre des <em>Avions Marcel Dassault<\/em>, mais il faut que je m&rsquo;occupe aussi de leurs loisirs en produisant de jolies histoires sur le plan culturel&#8230;\u00a0\u00bb (je ne peux garantir le mot \u00e0 mot).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-21472\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Columbia-Pictures-logo.gif\" alt=\"Columbia-Pictures-logo\" width=\"300\" height=\"125\" \/><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La consommation cin\u00e9matographique<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors\u00a0? Les voil\u00e0 r\u00e9unis ces \u00ab\u00a0partenaires\u00a0\u00bb comme on dit aujourd&rsquo;hui dans les associations de consommateurs. Les voil\u00e0 r\u00e9unis pour se disputer un pouvoir dont le symbole est d&rsquo;abord le label publicitaire\u00a0: qui va donner son nom au film, ou plus exactement quel (s) nom (s) va (vont) \u00eatre attach\u00e9 (s) \u00e0 la cr\u00e9ation\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lion Leo, symbole de l&rsquo;auteur anonyme et paravent du pouvoir des producteurs\u00a0? La star\u00a0: ne va-t-on pas voir un film \u00ab\u00a0de\u00a0\u00bb Greta Garbo comme le disaient nos grands-parents\u00a0? Ou le r\u00e9alisateur dont le nom est doublement gomm\u00e9 par une habile division du travail et par l&rsquo;id\u00e9ologie m\u00eame de la transparence du travail impos\u00e9e par les codes hollywoodiens\u00a0?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La notion d&rsquo;auteur dans l&rsquo;Hollywood des studios<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autobiographie \u00e9tant prise comme point de d\u00e9part de cet article, il faut essayer de la prendre au pi\u00e8ge de son propre jeu, au lieu du plus fort narcissisme, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;auteur se flagorne ou se flagelle \u00e0 tort ou \u00e0 raison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;abord, une autobiographie de r\u00e9alisateur est le produit d&rsquo;une lutte comme on dit dans le discours politique, une tension qui a revaloris\u00e9 le statut du r\u00e9alisateur en lui conf\u00e9rant le statut d&rsquo;auteur. Capra le revendique hautement ce statut, il se pr\u00e9sente m\u00eame comme un de ses champions historiques. Il \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Pour moi, c&rsquo;\u00e9tait le concept \u00ab\u00a0un homme, un film\u00a0\u00bb qui prenait corps, et ce \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le contr\u00f4le du pouvoir administratif n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 aussi puissant. J&rsquo;\u00e9tais un franc-tireur qui demandait carte blanche (p.\u00a0246).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette \u00ab\u00a0carte blanche\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas aussi vierge qu&rsquo;il le dit\u00a0: un r\u00e9alisateur capable d&rsquo;enregistrer les r\u00e9actions d&rsquo;une <em>preview<\/em> a trop bien assimil\u00e9 la le\u00e7on hollywoodienne de son temps&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ajoute\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> L&rsquo;id\u00e9e \u00ab\u00a0un homme, un film\u00a0\u00bb concr\u00e9tisait peu \u00e0 peu, malgr\u00e9 l&rsquo;opposition farouche des bureaucrates, et de nos jours, bien des metteurs en sc\u00e8ne constituent une \u00ab\u00a0valeur\u00a0\u00bb commerciale aussi s\u00fbre, sinon plus s\u00fbre, que les vedettes (p.\u00a0247).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hitchcock en fournit un tr\u00e8s bon exemple. Mais ce qui se dessine mieux au travers de la revendication de Capra c&rsquo;est une prise de pouvoir commerciale sur le film. Le cin\u00e9ma co\u00fbte de l&rsquo;argent, l&rsquo;argent entre dans la composition du film lui-m\u00eame. Chaque \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;un film est souvent quantifiable\u00a0: telle poursuite de western comprend vingt chutes d&rsquo;Indiens \u00e0 cheval \u2014 tant de dollars. Dix chutes d&rsquo;Indiens et des chevaux \u2014 tant de dollars, etc. De m\u00eame les mouvements d&rsquo;appareil\u00a0: rails, grues, etc. C&rsquo;est pourquoi le r\u00e9alisateur \u00e0 Hollywood devient aussi peu \u00e0 peu producteur pour garder la ma\u00eetrise de son travail. Et l\u00e0 encore Capra se veut un pr\u00e9curseur\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">[La position de Capra] attira aussi l&rsquo;attention de tous les cin\u00e9philes du monde sur le fait de plus en plus \u00e9vident qu&rsquo;il n&rsquo;y avait \u00e0 pr\u00e9sent que deux \u00e9coles distinctes \u00e0 Hollywood\u00a0: l&rsquo;\u00e9cole du producteur-r\u00e9alisateur, fond\u00e9e par Capra, et l&rsquo;\u00e9cole du \u00ab\u00a0comit\u00e9 [collectif]\u00a0\u00bb qu&rsquo;affectionnaient les grandes maisons de production, fond\u00e9es par Louis Mayer (p.\u00a0263).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et \u00e0 la fin de son livre, il termine par cette envol\u00e9e lyrique<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">J&rsquo;avais contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or du cin\u00e9ma, l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 les cin\u00e9astes de l&rsquo;Hollywood des ann\u00e9es 30 et 40 \u2014 Cecil B. de Mille, John Ford, Henry King, Leo McCarey, Georges Cukor, Sydney Franklin, Victor Fleming, W. S. Van Dyke, Clarence Brown, Ernest Lubitsch, William Wellman, Mervyn Le Roy, Frank Borsage, Billy Wilder, Michael Curtiz, Alfred Hitchcock, Howard Hawks, William Wyler, King Vidor et Georges Stevens \u2014 savaient prendre un public par la peau du cou et le faire hurler de rire, pleurer de chagrin ou d\u00e9faillir de terreur (p.\u00a0437-38).<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rapport auteur-public d\u00e9fini par Capra est remarquable\u00a0: prendre le public \u00ab\u00a0par la peau du cou\u00a0\u00bb. On ne peut pas \u00eatre plus direct dans la d\u00e9termination imm\u00e9diate. La strat\u00e9gie du plaisir reste englu\u00e9e dans une probl\u00e9matique du faire ou ne pas faire plaisir, dans cette <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/adorno-1-plaisir-reve-et-imaginaire-marc-hiver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">vision h\u00e9doniste de l&rsquo;art<\/a>, compl\u00e8tement int\u00e9gr\u00e9e par le cin\u00e9aste hollywoodien du syst\u00e8me des studios, aussi \u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb soit-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reconnaissance, adh\u00e9sion, r\u00e9conciliation, fondent l&rsquo;interpellation signifiante du sujet-auteur au sujet-r\u00e9cepteur et consommateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et toujours ce probl\u00e8me lancinant du pouvoir. L&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;auteur doit prendre le pouvoir dans la structure de production culturelle, prendre le leadership sur l&rsquo;\u00e9quipe, prendre le pouvoir sur la distribution en imposant son nom comme image de marque du film\u00a0; et prendre le pouvoir sur le public en le fascinant, en gommant les effets critiques du rapport visible et sonore au mat\u00e9riau cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;id\u00e9e que le pouvoir n&rsquo;est pas seulement une condition de l&rsquo;exercice de la production cr\u00e9atrice, mais lui est consubstantielle\u00a0: cr\u00e9er c&rsquo;est prendre le pouvoir en un certain lieu sur cette esp\u00e8ce de trou noir que constitue la fonction d&rsquo;auteur (o\u00f9 s&rsquo;affrontent d&rsquo;autres d\u00e9terminations) pour les unifier\u00a0: \u00ab\u00a0Un homme, un film\u00a0\u00bb. Cette maxime r\u00e9v\u00e8le cette volont\u00e9 monarchique absolue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La topique auteur-collectif ne peut se r\u00e9duire \u00e0 l&rsquo;opposition entre le sujet individuel cr\u00e9ateur face \u00e0 l&rsquo;institution ennemie qui r\u00e9activerait les vieux d\u00e9mons de la mythologie romantique de l&rsquo;auteur maudit et de la belle \u00e2me solitaire. La dimension collective s&rsquo;inscrit elle aussi en place et lieu de la fonction d&rsquo;auteur. Elle implique une mani\u00e8re critique (comme la notion d&rsquo;auteur poss\u00e8de aussi historiquement son propre poids critique) d&rsquo;interroger la fonction d&rsquo;auteur au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9lie Faure l&rsquo;\u00e9crivait dans <em>Fonction du cin\u00e9ma<\/em>\u00a0: le cin\u00e9ma est un art collectif par excellence. Et il faut se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence\u00a0: on ne peut, sans tomber dans une m\u00e9taphysique de l&rsquo;auteur, m\u00e9conna\u00eetre des films qui se sont faits autrement, o\u00f9 la fonction d&rsquo;auteur a \u00e9t\u00e9 remplie coll\u00e9gialement (c&rsquo;est l&rsquo;objet de l&rsquo;interrogation du Groupe de recherches d&rsquo;esth\u00e9tique du CNRS, sous la direction de Ren\u00e9 Passeron, dans l&rsquo;ouvrage commun sur diff\u00e9rentes sph\u00e8res artistiques\u00a0: <em>La Cr\u00e9ation collective<\/em>).<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Cin\u00e9ma et id\u00e9ologie<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/yBUKRAE2O9c\" width=\"425\" height=\"350\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Frank Capra, <em>Pourquoi nous combattons, <\/em>1942-1945<em><br \/>\n<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la base de cette topologie des partenaires de l&rsquo;industrie et de la consommation cin\u00e9matographique hollywoodienne, la tentation est forte d&rsquo;\u00e9viter le probl\u00e8me esth\u00e9tique en le rabattant sur l&rsquo;\u00e9conomique, le sociologique ou le politique. Pourtant, cette premi\u00e8re approche a permis de faire quelques incursions dans les proc\u00e9d\u00e9s de fabrication de la machine et pas seulement d&rsquo;en d\u00e9crire les rouages\u00a0: canevas st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, arch\u00e9types des personnages, g\u00e9om\u00e9trisation de l&rsquo;espace filmique, autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui appartiennent au mat\u00e9riau, m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit de ses manifestations les moins artistiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si la seule question qui se pose \u00e0 un authentique artiste est\u00a0: comment faire fonctionner autrement le mat\u00e9riau, celui-ci se pr\u00e9sente d&rsquo;abord comme ce face \u00e0 quoi le cin\u00e9aste doit se mesurer dans ses \u00e9l\u00e9ments les plus progressistes, mais surtout se confronter dans ses aspects les moins cr\u00e9atifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0\u00a0partir de la th\u00e8se adornienne\u00a0: <em>\u00e9tudier la place de la soci\u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;art et non celle de l&rsquo;art dans la soci\u00e9t\u00e9<\/em>, il est possible, dans une perspective politique, d&rsquo;examiner non pas ce qu&rsquo;on appelle trop rapidement \u00ab\u00a0le cin\u00e9ma politique\u00a0\u00bb \u2014 les films \u00e0 contenu politique ou qui interviennent sur des probl\u00e8mes politiques \u2014, mais les effets mesurables dans les \u0153uvres d&rsquo;une tension sp\u00e9cifique (qu&rsquo;on ne peut r\u00e9duire m\u00e9caniquement \u00e0 la lutte de classes g\u00e9n\u00e9rale) intra cin\u00e9matographique ou tout au moins intra culturelle dont l&rsquo;enjeu est la prise de pouvoir sur la production cr\u00e9atrice d&rsquo;un film en particulier. M\u00e9thodologiquement, <em>on ne peut r\u00e9duire l&rsquo;art \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie<\/em> et on doit prolonger la question dialectique de l&rsquo;auteur et du collectif, de la dimension collective dans les concepts de la <em>Th\u00e9orie esth\u00e9tique<\/em>\u00a0: forme, technique, mat\u00e9riau, industrie. Il faut encore interroger <em>la dialectique de la cr\u00e9ation artistique et de la production culturelle<\/em> dans l&rsquo;industrie cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car la notion d&rsquo;auteur, m\u00e9diation subjective de l&rsquo;\u0153uvre, op\u00e8re sur une histoire qui lui pr\u00e9existe. Ainsi, il ne faut pas oublier la logique qui pr\u00e9side la position d\u2019Adorno et Horkheimer\u00a0: \u00ab\u00a0<em>L\u2019id\u00e9e d\u2019un style comme coh\u00e9rence purement esth\u00e9tique est un r\u00eave romantique tourn\u00e9 vers le pass\u00e9. (La Dialectique de la raison, p.\u00a0139).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019o\u00f9 le corr\u00e9lat de leur th\u00e8se\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> Les grands artistes n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 ceux qui incarnaient le style le plus pur et le plus parfait, mais ceux qui, dans leurs \u0153uvres, utilis\u00e8rent le style pour se durcir eux-m\u00eames contre l\u2019expression chaotique de la souffrance comme v\u00e9rit\u00e9 n\u00e9gative. (<em>Ibid<\/em>., p.139)<br \/>\n<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela explique leur conclusion que la recherche forcen\u00e9e du style rejoint <em>in fine<\/em> la pr\u00e9occupation marchande de l\u2019industrie culturelle d\u2019identification du produit ce \u00ab\u00a0succ\u00e9dan\u00e9 d\u2019identit\u00e9\u00a0\u00bb (<em>Ibid.<\/em>, p.\u00a0140), et de son auteur\u00a0: cette \u00ab\u00a0pseudo-individualit\u00e9\u00a0\u00bb (<em>Ibid.<\/em>, p.\u00a0163)\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> C\u2019est ainsi que l\u2019industrie culturelle, qui est le plus rigide de tous les styles, appara\u00eet comme l\u2019objectif m\u00eame du lib\u00e9ralisme auquel on reproche l\u2019absence de style. (<em>Ibid.<\/em>, p.\u00a0140)<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, Ernst Lubitsch, leur compatriote, l\u2019\u00ab auteur \u00bb n\u00e9 \u00e0 Berlin de <em>To be or not to be<\/em>, de <em>Ninotchka<\/em>, de <em>The Shop around the corner<\/em> (<em>Rendez-vous<\/em>), v\u00e9n\u00e9r\u00e9 par La Nouvelle Vague, notamment Truffaut qui d\u00e9marque dans <em>Jules et Jim<\/em> la \u00ab <em>Lubitsch touch<\/em> \u00bb de <em>S\u00e9r\u00e9nade \u00e0 trois<\/em>\u00a0? Ex\u00e9cut\u00e9 au d\u00e9tour d\u2019une phrase contre le r\u00e8gne de la pseudo individualit\u00e9, de la recherche du style comme valeur marketing\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> La particularit\u00e9 du moi est un produit brevet\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9, et que l\u2019on fait passer pour naturel. Elle se r\u00e9duit \u00e0 la moustache, l\u2019accent fran\u00e7ais, la voix grave de la femme fatale, la \u00ab\u00a0patte\u00a0\u00bb de Lubitsch\u00a0: il en est comme des empreintes digitales sur des cartes d\u2019identit\u00e9 qui, par ailleurs, sont exactement les m\u00eames et sur lesquelles la vie et le visage de chacun \u2014 de la star \u00e0 l\u2019inculp\u00e9 \u2014 sont transform\u00e9s par le pouvoir de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 (<em>Ibid<\/em>. p.\u00a0163).<br \/>\n<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.youtube.com\/embed\/u_wuc4JDUok\" width=\"300\" height=\"270\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 10pt;\"><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00c9volution du logo <\/span><em><span style=\"font-size: 8pt;\">Universal, <\/span><\/em><span style=\"font-size: 8pt;\">1926-2013<\/span> <\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ADORNO, T. W., <em>Th\u00e9orie esth\u00e9tique<\/em>, Paris, Klincksieck (traduction fran\u00e7aise Marc Jimenez), 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ADORNO, T. W., HORKHEIMER, M., <em>La Dialectique de la raison<\/em>, Paris, Gallimard, \u00ab Tel \u00bb (traduction fran\u00e7aise Eliane Kaufholz), 1974.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BERG\u00c9, Tristan, <em>Combien de sc\u00e9naristes faut-il pour \u00e9crire un film \u00e0 Hollywood\u00a0?<\/em> URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.courte-focale.fr\/cinema\/dossiers\/combien-de-scenaristes-faut-il-pour-ecrire-un-film-a-hollywood\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.courte-focale.fr\/cinema\/dossiers\/combien-de-scenaristes-faut-il-pour-ecrire-un-film-a-hollywood\/<\/a> 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BU\u039dUEL, Luis, <em>Mon dernier soupir<\/em> (Robert Laffont), 1982.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CAPRA, Frank, <em>Hollywood Story<\/em>, Paris, Stock, (traduction fran\u00e7aise Ronald Blunden), 1976.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FAURE, \u00c9lie, <em>Fonction du cin\u00e9ma<\/em>, Paris, Gonthier, collection \u00ab\u00a0M\u00e9diations\u00a0\u00bb, 1964.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HIVER Marc, \u00ab Adorno #2\u00a0: la forme esth\u00e9tique comme contenu [social] s\u00e9diment\u00e9 &#8211; Marc HIVER \u00bb, Articles [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2013, mis en ligne le 1er octobre 2013. URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/adorno-2-forme-esthetique-contenu-social-sedimente-marc-hiver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/adorno-2-forme-esthetique-contenu-social-sedimente-marc-hiver\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">HIVER Marc, \u00ab Hollywood\u00a0: \u00ab\u00a0La machine \u00e0 fabriquer des saucisses\u00a0\u00bb, Erich von Stroheim \u2014 Marc HIVER \u00bb, Articles [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2015, mis en ligne le 1er juillet 2015. URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/hollywood-machine-fabriquer-saucisses-erich-von-stroheim-marc-hiver\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/hollywood-machine-fabriquer-saucisses-erich-von-stroheim-marc-hiver<\/a><\/p>\n<p>HIVER Marc, \u00ab Adorno #1\u00a0: plaisir, r\u00eave et imaginaire &#8211; Marc HIVER \u00bb, Articles [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2013, mis en ligne le 1er juillet 2013. URL\u00a0: <a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/adorno-1-plaisir-reve-et-imaginaire-marc-hiver\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/adorno-1-plaisir-reve-et-imaginaire-marc-hiver\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LEVACO, Ronald, GLASS, Fred\u00a0: \u00ab Quia ego nominor Leo \u00bb in <em>Le Cin\u00e9ma am\u00e9ricain, <\/em>Paris, Flammarion, 1980.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Groupe de recherches d&rsquo;esth\u00e9tique du C.N.R.S. sous la direction de Serge Passeron \u2014 <em>La Cr\u00e9ation collective<\/em> (Paris, Clancier-Guenaud, Recherches po\u00ef\u00e9tiques, 1981).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/author\/mariv\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Lire d&rsquo;autres articles de Marc Hiver<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-7069\" src=\"http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/bouton-citer.jpg\" alt=\"bouton citer\" width=\"150\" height=\"93\" \/><\/a>HIVER Marc, \u00ab Hollywood Story de Frank Capra &#8211; Marc HIVER \u00bb, <em>Articles<\/em> [En ligne], Web-revue des industries culturelles et num\u00e9riques, 2016, mis en ligne le 1er mars 2016. URL\u00a0: http:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/hollywood-story-frank-capra-marc-hiver\/<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"su-divider su-divider-style-default\" style=\"margin:15px 0;border-width:3px;border-color:#999999\"><a href=\"#\" style=\"color:#999999\">Aller en haut<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Frank Capra, n\u00e9 en 1897 \u00e0 Palerme, Sicile, Italie, mort en 1991 \u00e0 Los Angeles aux \u00c9tats-Unis, est l&rsquo;incarnation des plus belles ann\u00e9es de la com\u00e9die hollywoodienne. <\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":21321,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1018,11,3],"tags":[894,896,895],"coauthors":[928],"class_list":["post-21184","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-article","category-cinema","category-industries-culturelles","tag-frank-capra","tag-hollywood","tag-systeme-des-studios"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21184"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21184\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21321"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21184"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/industrie-culturelle.fr\/industrie-culturelle\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=21184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}